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Botswana : octobre

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Les élections générales du Botswana s’annoncent comme les plus compétitives de l’histoire du pays.

Longtemps considéré comme l’une des démocraties multipartites les plus stables et les plus anciennes d’Afrique, le Botswana s’apprête en octobre à organiser des élections générales. Le président du Botswana est élu indirectement par l’Assemblée nationale pour un maximum de deux mandats de 5 ans.

La compétitivité accrue renforce le système multipartite du pays.

Quatre dirigeants du Botswana se sont engagés à quitter le pouvoir à l’issue de leur mandat constitutionnel, à commencer par Ketumile Masire, qui a succédé à Seretse Khama lors de son décès en tant que premier président du Botswana. Cette impressionnante tradition de succession distingue le Botswana de nombreux autres pays du continent.

L’indépendance judiciaire du Botswana est également remarquable : les juges ont statué contre le gouvernement dans plusieurs affaires très médiatisées.

Le président Mokgweetsi Masisi sera candidat à sa réélection en tant que porte-drapeau du parti démocratique du Botswana (BDP) au pouvoir. Malgré les solides références démocratiques du Botswana, le BDP détient la majorité parlementaire depuis le premier scrutin d’apres l’indépendance en 1969.

Election professionals gather in Gaborone, Botswana.

Des jeunes professionnels des élections se réunissent à Gaborone, au Botswana. (Photo: Commonwealth Secretariat)

La coalition d’opposition Umbrella for Democratic Change (UDC), formée dans la perspective des élections de 2019 et dirigée par Duma Boko, représente le défi le plus fort à ce jour pour le BDP, resté longtemps au pouvoir. L’opposition historiquement fragmentée et faible du Botswana a connu un regain de confiance depuis sa victoire aux élections partielles de 2022. L’une des propositions de l’UDC consiste à mettre en place un régime national d’assurance maladie qui fera de l’accès à des soins de santé de qualité une priorité.

Le soutien du BDP a été affecté par une querelle personnelle entre Masisi et son prédécesseur, l’ancien président Ian Khama. M. Khama vit en Afrique du Sud depuis qu’il a quitté ses fonctions et risque d’être arrêté sur la base d’accusations de possession d’armes à feu jugées recevables par le tribunal. Une série de revirements politiques et de changements de personnel sous le gouvernement de Masisi ont incité Khama à soutenir le Front patriotique du Botswana, parti d’opposition, afin de renverser le président actuel.

A polling officer verifying the ballots as they arrive at the Gaborone City Council Hall

Un agent électoral vérifie les bulletins de vote à leur arrivée à la salle du conseil municipal de Gaborone, le 23 octobre 2019. (Photo: AFP/Monirul Bhuiyan)

Le mandat de Masisi a été marqué par des résultats mitigés. Le taux élevé de chômage des jeunes et la détérioration des infrastructures publiques ont suscité une attention accrue de la part du public. Toutefois, la liberté de la presse s’est considérablement améliorée pendant le mandat de Masisi, alors que l’espace médiatique s’était détérioré sous Khama. L’adoption du projet de loi sur l’association des professionnels des médias en 2022 a constitué une étape importante vers le renforcement de l’indépendance des médias que les défenseurs de la liberté de la presse recherchaient depuis longtemps, même si certains ont exprimé des inquiétudes quant à la création d’un registre officiel pour les journalistes.

Quel que soit le parti qui sortira vainqueur des élections au Botswana, la compétitivité accrue renforce le système multipartite du pays. Elle incite tous les partis à proposer des politiques novatrices qui répondent aux intérêts de la population et à remettre en question les attitudes d’avoir droit qui peuvent s’installer dans les systèmes de partis dominants.