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Le conflit du Sud-Soudan entraîne un mouvement massif de population

Les atrocités commises en masse, notamment assasinats, viols, tortures et destruction de biens, ont fait fuir un Soudanais du Sud sur trois.

Alors que le conflit qui dure depuis quatre ans au Soudan du Sud se poursuit sans relâche, la situation humanitaire du pays a atteint des niveaux d’urgence et continue de s’aggraver. Ceux qui ont fui leur foyers témoignent d’atrocités, y compris des exécution sommaires, des viols en masse, des actes de torture, des détentions arbitraires, des pillages et des incendies de biens. Un mouvement de population de cette ampleur, avec des majorités de certains groupes ethniques déplacés, pourrait causer des dommages massifs et durables au tissu social du pays, ainsi que sa viabilité en tant qu’État souverain. Quelques chiffres donnent une perspective à l’échelle de la crise:

  • On estime que 4 millions de personnes sur les 12 millions d’habitants que compte le Soudan du Sud ont été déplacées de force par la violence.
    Une personne déplacée de force sur cinq en Afrique est sud-soudanaise.
  • Les réfugiés ont fui vers tous les pays voisins du Soudan du Sud, y compris la République Centrafricaine et la République Démocratique du Congo, qui connaissent tous les deux des conflits.
  • On estime que 17 000 enfants sud-soudanais ont été recrutés en tant que combattants armés. Près des trois quarts des enfants sud-soudanais ne vont pas à l’école. Plus de 100 enfants non accompagnés traversent quotidiennement l’Ouganda.
  • Le nombre de réfugiés sud-soudanais en Ouganda a dépassé le million, contre 250 000 en août 2016. Le camp de réfugiés de Bidi Bidi, qui n’existait pas il y a un an, est aujourd’hui le plus grand camp du monde avec 285 000 habitants.
  • Chaque État du Soudan du Sud connaît des niveaux de crise ou d’urgence d’insécurité alimentaire. Plus de la moitié des personnes déplacées du Soudan du Sud déclarent devoir se rendre un ou plusieurs jours sans nourriture. La violence ayant perturbé le calendrier agricole, on s’attend à ce que des pénuries alimentaires généralisées persistent.

Experts du CESA