Papier de recherche N° 4

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Fragilité et relations entre l’État et la société au Soudan du Sud

Par Kate Almquist Knopf

30 septembre 2013

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On savait depuis longtemps que le nouvel État du Soudan du Sud devrait relever des défis extraordinaires. Le plus jeune pays du monde est également l’un des plus pauvres, par suite d’investissements insignifiants dans ses habitants et ses infrastructures pendant de nombreuses décennies par l’ancienne autorité gouvernementale qui dirigeait depuis Khartoum. La guerre a ravagé ce pays presque continuellement depuis 1955 et fait plus de 2 millions de morts. De plus, les efforts de construction de l’État du Soudan du Sud sont partis d’une base institutionnelle rudimentaire car il y avait peu de systèmes de gouvernance fonctionnels en place. Les structures de gouvernance qui existaient se cantonnaient dans les anciennes villes de garnison comme Djouba, la capitale, dans un territoire dont la superficie est à peu près la même que celle de l’Afghanistan et dont la population compte 11,8 millions d’habitants. À tout cela s’ajoute le risque très réel de reprise du conflit avec le Soudan et les tracasseries du gouvernement de Khartoum qui cherche à encourager les troubles chez son voisin du sud. Bref, on pouvait s’attendre à ce que le Soudan du Sud ait des problèmes.

En dépit de la voie ardue que doit prendre le Soudan du Sud, les activités du gouvernement de la République du Soudan du Sud (RSS) depuis l’indépendance en juillet 2011 ont provoqué encore plus de difficultés et déçu les Sud-Soudanais aussi bien que les partenaires internationaux. Le président Salva Kiir lui-même s’est élevé contre le détournement de fonds publics, qui pourrait atteindre 4 milliards de dollars É-U. en tout, par d’influents responsables publics et militaires. Les hauts responsables publics sont, de manière générale, soupçonnés d’avoir des comportements répréhensibles, de servir leurs propres intérêts et de ne faire que peu de cas des priorités des citoyens. Par ailleurs, l’autorité de l’État reste extrêmement concentrée entre les mains de l’exécutif, dont les décisions sont souvent prises sans transparence, consultation ou contrôle. En parallèle, certaines sources font régulièrement état de cas de répression par l’armée et la police, ce qui donne l’impression que les responsables publics considèrent que leur objectif est de s’enrichir et rester au pouvoir plutôt que de fournir des services aux citoyens.

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Type de publication : Rapports d'analyse

Sujet(s) de sécurité : Stabilisation des États fragiles