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Conflit et insécurité alimentaire au Soudan du Sud

La situation humanitaire au Sud-Soudan continue de se détériorer alors que le conflit persiste sans relâche. Quatre ans de violence généralisée ont laissé 6 millions de personnes - la moitié de la population dans une insécurité alimentaire grave.

Food Insecurity in South SudanCliquez ici pour la version PDF

Le Sud-Soudan connaît une catastrophe humanitaire qui résulte presque entièrement de conflits, et la situation continue de se détériorer alors que la violence persiste sans relâche. Le nombre de personnes gravement touchées par l’insécurité alimentaire est passé de 5,5 millions en mai à 6 millions en juin, soit près de la moitié de la population. Dans tous les États du pays, l’insécurité alimentaire est en situation  de crise ou d’urgence. La situation sur le terrain peut même être bien pire, car l’accès à certaines des zones les plus touchées est restreint. Le conflit qui a éclaté en décembre 2013 a tué des dizaines de milliers de personnes. Les décès  en raison de maladie, de malnutrition et d’autres facteurs attribuables au conflit sont innombrables. Quatre millions de personnes ont été déplacées, et pour la plupart plus d’une fois. Au Soudan du Sud, les conflits et les besoins humanitaires sont inextricablement liés:

  • Les conflits ont étouffé la production alimentaire, contribuant aux prix historiquement élevés et à l’hyperinflation. Ce qui limite l’accès des ménages aux aliments pendant la récolte de septembre. On s’attend à ce que la nutrition et la sécurité alimentaire se détériorent davantage si le conflit persiste. À Juba, un kilogramme de sorgho coûte 343 pour cent de plus qu’il y a un an.
  • Le nombre de réfugiés du Sud Soudan a augmenté de 1 million depuis juin 2016, lorsque des combats intenses ont englouti les Equatorias. L’Ouganda abrite aujourd’hui 950 000 réfugiés. Environ 2 000 réfugiés y arrivent tous les jours.
  • La violence a coupé les principales routes commerciales. On estime que les marchés dans certaines parties de l’État de l’Unité et Western Bahr el Ghazal ont épuisé leurs approvisionnements.
  • Mai à été le premier mois de 2017 les Nations Unies n’ont pas signalé la mort d’un agent de secourisme. Cependant, les enlèvements continuent, et les combats ont forcé le déplacement du personnel d’aide, ce qui a perturbé l’aide aux régions les plus touchées. L’instabilité à Jonglei a entraîné la fermeture d’un tiers des sites de traitement de la malnutrition de l’État ces derniers mois.
  • L’épidémie actuelle de choléra au Sud-Soudan est l’épidémie la plus longue, la plus répandue et la plus meurtrière dans le pays depuis son indépendance de 2011, avec 5 000 cas signalés depuis janvier. L’insécurité a entravé la capacité des groupes d’aide à apporter une réponse adéquate.

Experts du CESA

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