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Des campagnes de désinformation russes ciblent l’Afrique :
Entretien avec la Dr. Shelby Grossman

La sophistication croissante des campagnes de désinformation russes en Afrique requiert une vigilance accrue de la part des entreprises technologiques, des groupes de surveillance d’Internet et des gouvernements.

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En octobre 2019, Facebook a supprimé des dizaines de faux comptes qui  opéraient de manière coordonnée dans huit pays africains et qui participaient à une campagne de désinformation et d’influence de longue durée ayant pour objectif de promouvoir les intérêts russes. Les comptes étaient liés à Evgueni Prigozhin, un oligarque russe avec des liens de longue date avec le président russe Vladimir Poutine. Prigozhin a été inculpé pour ingérence dans les élections américaines. Prigozhin dirige également le tristement célèbre groupe Wagner, une entreprise de sécurité privée qui a déployé d’anciens militaires russes dans des zones de conflit africaines, dont la Libye, la République centrafricaine, le Mozambique et le Mali.

Les comptes désactivés, qui ciblaient le Cameroun, la République centrafricaine, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, la Libye, Madagascar, le Mozambique et le Soudan, donnent un aperçu du domaine obscur des campagnes de désinformation russes en Afrique.

La Dr. Shelby Grossman, chercheuse à l’Observatoire d’Internet de l’Université de Stanford, dirige l’équipe qui a collaboré avec Facebook pour identifier et analyser les campagnes de désinformation liées à la Russie en Afrique. De telles campagnes sont d’une préoccupation croissante pour les pays africains dont les systèmes d’information sont souvent vulnérables aux  manipulations, en partie en raison de la prévalence de la désinformation—c’est-à-dire le partage, par erreur plutôt qu’intentionné, d’informations inexactes. Le CESA s’est entretenu avec la Dr. Grossman sur ses recherches et leurs implications dans l’identification de la désinformation et la lutte contre elle en Afrique.

Que sait-on des faux contenus publiés sur Facebook et Instagram ?

Toutes les pages supprimées par Facebook provenaient de pages liées à une « société » associée à Evgueni Prigozhin. Nous savons que ces pages sont liées à Evgueni Prigozhin pour deux raisons. La première est un document reçu du Dossier Center, un organisme d’enquête russe fondé par Mikhaïl Khodorkovsky, un oligarque russe tombé en disgrâce auprès de Poutine, qui montrait que les employés de Prigozhin se vantaient d’avoir créé des pages Facebook ciblant la Libye. La seconde source provenait de Facebook. Lorsque nous avons montré ces pages sur la Libye à Facebook, la société nous a répondu qu’elle enquêtait sur des dizaines d’autres pages qui venant aussi de Prigozhin. Facebook nous a également demandé si nous souhaitions nous joindre à leur enquête.

« Le contenu comportait pas mal de « léchage des bottes » concernant le président en exercice »

Les contenu de Facebook et d’Instagram que nous avons analysés était en général favorable au parti au pouvoir dans le pays cible par le page en question. En général, le contenu comportait pas mal de « léchage des bottes » concernant la personne actuellement au pouvoir. L’exemple le plus parlant est celui des pages pour le Mozambique, créées en septembre 2019, un mois seulement avant les élections. Les pages avaient pour but exclusif de promouvoir le Frelimo, le parti au pouvoir. On y trouvait des articles sur le président sortant Filipe Nyusi, le montrant lors d’une manifestation politique rassemblant une très grande foule, ainsi que d’autres contenus du même type.

Article de la page « Libye Kadhafi » du 26 septembre 2019.

Mais ce n’était parfois pas si simpliste. Les pages ciblant la Libye étaient notamment plus  compliquées et tombaient dans deux catégories. Dans la première, on pouvait trouver des pages appuyant Khalifa Haftar, le commandant rebelle soutenu par la Russie qui essaie de saborder le gouvernement reconnu par les Nations Unies et de s’emparer de Tripoli. Les mercenaires du groupe Wagner combattent en ce moment aux côtés des forces de Haftar. Pour cette raison, le contenu comportait du léchage de bottes ainsi que des articles suggérant que Haftar apporterait la paix et sécurité à la Libye.

Mais il existait une autre série de pages consacrées à la nostalgie à Mouammar Kadhafi. Ses articles, dans 90 % des cas, disaient que « Tout allait bien sous Mouammar Kadhafi », avec les 0 % restants consacres à l’un de ses fils, Saïf al-Islam Kadhafi, qui est considéré comme l’un des candidats potentiels à la présidence. Saïf al-Islam Kadhafi a été également mis en accusation par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre. Ces deux types de pages concordent avec ce que l’on sait des intérêts de la Russie en Libye qui soutient activement ces deux personnes (Haftar et Saïf al-Islam Kadhafi). C’est intéressant parce que les deux pourraient devenir des adversaires politiques, bien que, selon certains, les Russes essaient de les rapprocher.

À votre avis, quel a été l’impact de ce contenu ?

C’est bien sûr la question que tout le monde se pose. Quels effets ont-elles eu ? Ce que nous pouvons dire c’est que les internautes y ont montré beaucoup d’intérêt. Presque partout, ces pages ont suscité un niveau de mobilisation élevé. Les 73 fausses pages que nous avons analysées ont été affichées 48 000 fois, ont reçu plus de 9,7 millions interactions et ont obtenu un « like » de plus de 1,7 millions de comptes. On peut donc en déduire que le contenu de ces campagnes a trouvé un bon écho chez la plupart des gens qui, à leur tour, y ont réagi.

« Les pics et les creux simultanés notés dans les « likes » de groupes de fausses pages ciblant certains pays … laissent suggérer qu’il se passait quelque chose d’autre ».

Nous avons également vu des personnes réagissant avec un certain scepticisme à l’égard de ce contenu. Sur les pages nostalgiques consacrées à Mouammar Kadhafi par exemple se trouvaient de nombreux commentaires du type : « Vous vous souvenez comment tout allait très bien sous Kadhafi ? Le système de santé était meilleur, etc. », et certaines personnes répondaient en disant « Qui êtes-vous ? » « Avez-vous réellement vécu sous Kadhafi ? Parce que si c’était le cas, vous ne raconteriez pas de telles sornettes ». Dans une certaine mesure, certains répondaient donc avec scepticisme au faux contenu publié sur ces pages. Et nous avons constaté la même opposition dans d’autres pays. Par exemple, une fausse nouvelle publiée dans les pages du Mozambique prétendait que le parti d’opposition avait passé un accord permettant au gouvernement chinois d’éliminer ses déchets nucléaires au Mozambique, ce qui bien évidemment ne tient tout simplement pas debout. En effet, comment un parti d’opposition pourrait-il signer un contrat avec un autre gouvernement ? Les gens y ont répondu en disant « fausse nouvelle » en portugais. Une personne a même ajouté « Je pense que vous avez des problèmes. Faites-vous examiner la tête. Il n’y a pas une once de vérité là-dedans ». En définitive, même si la majorité des gens ont réagi positivement à ces pages, nous avons quand même pu constater des réponses de personnes faisant preuve de scepticisme.

Il est difficile de dire si tous les comptes qui ont « liké » ces pages et s’y sont intéressés étaient authentiques. Nous avons observé une tendance que l’on représente sous la forme d’une « courbe en escalier », car ces groupes de fausses pages se voient attribuer des « likes » au même moment, ce qui est suspect. Si cette pointe était limitée à une seule page, je pourrais en déduire qu’elle était due à une publicité parue sur la page, et nous savons que les pages en comportaient. Facebook signale que ces pages ont dépensé 77 000 $ en publicités. Cependant, notre suspicion s’est accrue lorsque nous avons remarqué l’existence de pics et creux simultanés dans les « likes » de groupes de fausses pages ciblant certains pays, ce qui laisse suggérer qu’il se passait quelque chose d’autre.

Nombre total de « likes » des pages sur la Libye liées à Evgueni Prigozhin. (Image : CrowdTangle)

Nombre total de « likes » des pages sur la Libye liées à Evgueni Prigozhin. (Image : CrowdTangle)

Les fausses pages et leur contenu étaient-ils le fruit d’une série d’expériences ad hoc, ou faisaient-ils partie d’une stratégie coordonnée plus vaste de désinformation en Afrique ?

La Russie a des intérêts particuliers en Afrique. Prigozhin ayant des intérêts miniers et des liens étroits avec Poutine, on peut, sans faire preuve d’une imagination débordante, en conclure que Poutine s’intéresse à ces investissements miniers. Une explication éventuelle pour la République centrafricaine (RCA) pourrait être que la Russie tentait d’obtenir des droits miniers en soutenant les politiciens actuellement au pouvoir. Une des pages consacrées à la RCA était très étrange puisqu’elle promouvait une société minière malgache avec des liens connus avec une entreprise russe. La page était en fait vide et Facebook n’a pas pu nous donner aucune information sur la raison pour laquelle elle était inclue dans les pages qu’ils nous avaient fournies. Nous savons uniquement que si elle était inclue dans le lot, elle était liée à Prigozhin, ce qui laisse supposer que les intérêts miniers faisaient sans doute partie de ces opérations de désinformation.

« Prigozhin cherche à utiliser davantage d’acteurs locaux pour créer du contenu ».

Je pense qu’il est important de tenir compte de l’ordre dans lequel ces évènements se sont produits. Ces pages ont commencé à apparaître en 2018, juste après que Facebook et Twitter aient fini de supprimer la majeure partie des comptes de l’Internet Research Agency aux États-Unis. (L’Internet Research Agency est une agence de propagande pro-Kremlin accusée par les États-Unis d’avoir tenté d’influencer les élections américaines de 2016.) Il semblerait donc qu’à la suite de la fermeture de bon nombre de leurs activités aux États-Unis, ils aient essayé d’en lancer de nouvelles en Afrique.

Je pense qu’il est possible qu’ils testaient des stratégies tout en poursuivant leurs propres intérêts en Afrique. Dans les pays que nous avons analysés, Prigozhin semble tester une stratégie de « franchisage ». Les stratégies de l’Internet Research Agency qui ciblaient les États-Unis en 2016 avaient toutes pour origine Saint-Pétersbourg, et bon nombre des tweets étaient écrits en mauvais anglais, ce qui n’était pas le cas de l’opération axée sur l’Afrique que nous avons analysée. Prigozhin semble y utiliser davantage d’acteurs locaux pour créer du contenu.

Le franchisage est important parce que :

  1. Il permet de créer du contenu plus authentique au niveau local qui trouve un écho chez les utilisateurs
  2. La qualité de la rédaction est meilleure
  3. Il devient beaucoup plus difficile de détecter ces campagnes de désinformation

Si la désinformation russe vous concerne et que vous souhaitez utiliser la fonction Transparence de la page de Facebook, elle n’est plus infaillible car le franchisage permet de la contourner. Une fois l’analyse des 12 pages consacrées à la Libye terminée, leur lien avec Prigozhin devenait une évidence. Nous avons essayé de déterminer par nous-mêmes l’existence de ce lien avec la Russie, et ce, sans recourir aux documents du Dossier Center. Nous sommes arrivés à la conclusion que cela était impossible. Le travail accompli par le Dossier Center est vraiment exceptionnel. Sans ce document interne ayant fait l’objet d’une fuite, nous n’aurions pas réussi à le déterminer. Il est donc évident qu’un citoyen libyen ordinaire ne pouvait se méfier d’un tel contenu, même s’il s’était servi de la fonctionnalité Transparence , de Facebook. En effet, il aurait vu que les administrateurs étaient basés en Égypte, ce qui n’est pas surprenant en soi car beaucoup de Libyens vivent dans ce pays.

Sample post from Prigozhin-linked Khartoum Star Facebook page.

Exemple d’article de la page Khartoum Star de Facebook liée à Prigozhin.

Une autre stratégie intéressante était que les pages consacrées au Soudan ne contenaient pas de contenu biaisé. Je n’ai pas réussi à trouver un grand nombre de récits faux ou tendancieux sur les pages des journaux soudanais. Les pages consacrées au Soudan ont été créées lorsque le président Omar al-Bachir était encore au pouvoir et sont restées actives pendant et après le coup d’État. Elles existent toujours et du contenu est toujours publié sur des sites Web (les pages de Facebook ont en revanche été retirées), et le ton n’a jamais réellement changé. On aurait pu imaginer que ces gens avaient un agenda à imposer, qu’ils souhaitaient favoriser le conseil militaire de transition ou publier du contenu anti-manifestations. Mais cela n’a pas été le cas, ce qui était déroutant. Nous ne savons toujours pas à 100 % qu’elle en était la raison. Une théorie est que Prigozhin investit dans ces médias à long terme pour qu’ils apparaissent comme des organes de presse crédibles afin qu’en cas d’événement qui intéresse vraiment la Russie/Prigozhin ou à propos duquel ils souhaitent polariser la société, ils puissent y aller en force avec un parti pris certain.

Comment Facebook s’efforce-t-elle de dissuader les futures campagnes de dissuasion russes et de quelle manière Prigozhin combat-il leurs efforts ?

Lorsque nous avons montré à Facebook les fausses pages libyennes, la société enquêtait déjà sur d’autres pages liées à Prigozhin, ce qui est important à noter. La société s’est montrée très proactive et a effectué immédiatement des recherches sur ces pages bien qu’aucune pression politique n’ait été exercée à leur encontre. Facebook dispose d’une équipe importante chargée de détecter la désinformation. Le Blog de Facebook publie un article toutes les deux semaines qui donne un exemple d’un compte attribué à un acteur étatique qu’elle a supprimé. Facebook s’efforce de collaborer avec d’autres groupes de la société civile, comme notre équipe de l’Observatoire d’Internet de l’Université de Stanford, qui se focalisent sur d’autres parties du monde afin de les alerter lorsque certaines choses semblent suspectes.

Un organe de presse lié à Prigozhin, RIA FAN, a publié un article réfutant notre rapport point par point. Ce média avait même inclus une capture d’écran d’un tableau de notre rapport qui donnait la liste de tous les administrateurs des pages libyennes et prétendait que Facebook tentait de censurer les voix africaines et était soi-disant opposant à des Égyptiens gérant des pages de Facebook. Nous avons trouvé ces propos intéressants car le média avait choisi cette stratégie de franchisage pour éviter que les pages soient gérées directement de Russie. Pour moi, c’était encore une preuve d’une stratégie délibérée.

L’une des tendances remarquées par votre équipe est que les campagnes de désinformation avaient général lieu après un événement ou dans la période le précédant comme lors manifestations sur le prix du pain au Soudan ou dans les semaines précédant l’offensive de Haftar en Libye. Comment les utilisateurs des réseaux sociaux peuvent-ils reconnaître les futures campagnes alors même qu’elles sont en cours ? 

C’est plutôt difficile de reconnaître ces campagnes lorsqu’elles sont en cours. Par ailleurs, quand on sait que les chercheurs spécialisés en désinformation ne sont pas en mesure d’identifier quoique ce soit en l’absence de documents internes, il n’est pas raisonnable d’espérer que des personnes ordinaires puissent les déterminer sans le moindre soutien. Des programmes de vulgarisation en ligne sont en cours de développement et il existe certaines précautions à prendre qui sont à la portée de chacun telles que la vérification de l’URL partagée par les comptes de réseaux sociaux. Si les URL des contenus affichés correspondent à celles de Russia Today ou de Sputnik ou d’autres organes de presse douteux, il existe de bonnes raisons d’être suspect. Mais ce n’est jamais si évident.

« Les pages consacrées à la RCA étaient gérées par des administrateurs basés à Madagascar et en RCA. Les pages du Soudan étaient gérées par des personnes vivant au Soudan, en Russie et en Allemagne ».

La fonctionnalité Transparence de Facebook est un outil que tout le monde devrait absolument utiliser parce que, même si la fonctionnalité ne peut pas vous dire exactement qui gère la page, le résultat risque d’être révélateur si vous n’obtenez pas le résultat attendu. Les lieux affichés par l’outil Transparence de la page peuvent être différents de ceux déclarés par les administrateurs. Ils sont déterminés par Facebook, à l’aide des informations dont l’entreprise dispose pour essayer de trouver où les personnes sont réellement situées, même si celles-ci ont essayé de le cacher. Les informations de l’outil Transparence pour les pages consacrées à la Libye font apparaître l’existence de plusieurs administrateurs en Égypte, et pour différentes raisons, nous avons soupçonné une entreprise de marketing numérique égyptienne de les gérer. Les pages consacrées à la RCA étaient gérées par des administrateurs basés à Madagascar et en RCA. Les pages du Soudan étaient gérées par des personnes vivant au Soudan, en Russie et en Allemagne.

Le plugin CrowdTangle du navigateur Internet Google Chrome est un autre outil gratuit très utile. Si vous vous trouvez sur un site Web qui semble suspect, vous pouvez cliquer sur le bouton CrowdTangle pour afficher la liste de tous les comptes de réseaux sociaux qui renvoient au site Web. Si CrowdTangle affiche, par exemple, qu’un groupe d’admirateurs de Vladimir Poutine présent sur Facebook est lié à ce site Web, vous saurez sans hésiter qu’il se passe quelque chose de bizarre sur ce site.

Que peuvent faire d’autre les gouvernements, les entreprises et les citoyens ordinaires d’Afrique pour se protéger des futures campagnes de désinformation ? 

Dans les pays ciblés, comme les pages que nous avons trouvées soutiennent les autorités, il n’est pas évident qu’elles aient grand intérêt à contrer ces fausses informations, aussi fausses soient-elles. Il semble probable que beaucoup d’entre elles savaient ce qui se passait. Des articles publiés à la suite de notre rapport ont tout de même défendu l’idée que les gouvernements africains devraient adopter davantage de lois pour lutter contre la désinformation. Toutefois, comme ils profitent souvent de ces campagnes, il n’est guère évident que ces lois puissent jouer un rôle utile. En général, lorsque les citoyens consomment des informations sur les réseaux sociaux, ils doivent se demander quels sentiments leur inspirent le contenu dont ils prennent connaissance. Et, s’ils estiment que leurs émotions sont en train d’être manipulées, il convient de de s’en méfier.

Un élément révélateur lors de notre enquête sur les pages libyennes est le niveau et l’étendue de l’ingérence étrangère. Il existe six pays au moins qui interfèrent activement et de manière importante dans la politique libyenne, et la plupart de ces pays pratiquent cette ingérence en ligne. Les Libyens ordinaires en sont très conscients et ils sont opposés, dans leur très grande majorité, à toute participation étrangère. Ceci montre que lorsque les gens sont au courant des campagnes de désinformation étrangères, ils réagissent négativement au fait que d’autres pays puissent interférer dans leurs affaires et propager des fausses informations. Khadeja Ramali, l’expert libyen en réseaux sociaux de renommée mondiale, indique que la sphère des réseaux sociaux en Libye est tellement envahie par les acteurs de désinformation étrangers qu’elle en exclut les intervenants locaux. Les Libyens n’aiment pas la situation actuelle, mais il est difficile de la combattre au niveau individuel. Par conséquent, il est absolument critique que les entreprises technologiques redoublent leurs efforts de vigilance dans la lutte contre la désinformation.

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