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Améliorer la sécurité maritime

Canonnières de la Garde côtière des Seychelles.

Avec 90% du commerce mondial acheminé par voie maritime, la sécurité maritime est cruciale à l’économie mondiale. « Pas de navigation, pas de shopping », résume le professeur adjoint du CESA, Ian Ralby. « Si nous ne sécurisons pas le domaine maritime, tout notre mode de vie va changer. »

Les Seychelles, un archipel de 115 îles dans l’océan Indien, a été à l’avant-garde de la protection du domaine maritime et de la poursuite des crimes maritimes, non seulement dans leurs eaux territoriales, mais aussi sur la majeure partie de la côte Est de l’Afrique. Depuis le premier procès de 11 pirates qui a eu lieu à Victoria en 2010, les Seychelles ont organisé 17 procès et poursuivi un total de 142 pirates ; le plus grand nombre de pirates jugés de tous les pays de la région.

Seychelles locationDu 19 au 23 mars, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique a présenté aux Seychelles la plus récente de sa longue série de programmes de sécurité maritime intitulée Renforcer la Sécurité Maritime (Enhancing Maritime Security), afin de constater de visu l’approche du pays pour combattre la criminalité en mer et discuter des défis communs et des leçons apprises. Plus de 50 responsables de la sécurité maritime de 34 pays et organisations régionales y ont participé.

Les participants ont souligné la valeur d’un dialogue maritime panafricain ; l’importance de maintenir le rythme pour faire face à la nature dynamique de la criminalité maritime au-delà de la piraterie ; le défi de l’aboutissement légal (poursuites, condamnations et détentions réussies) pour dissuader ces crimes ; et l’importance de l’économie marine en tant que moteur de croissance économique non seulement pour les États côtiers, mais aussi pour les pays enclavés qui doivent compter sur leurs voisins côtiers en matière de transport et de commerce.

Parallèlement, les participants ont reconnu que les États africains portent peu d’attention à leur espace maritime en plus de la sensibilisation générale au domaine marin, mais qu’ils étaient grandement inspirés par les efforts des Seychellois pour adopter des approches novatrices sur les deux fronts.

Après son discours liminaire sur l’adjudication et la pénalisation des crimes maritimes (adjudicating and penalizing maritime crimes), le juge Anthony Fernando, qui siège à la Cour d’appel des Seychelles et a présidé 66 affaires maritimes, a accompagné les participants dans une visite du tribunal principal et de la cour de piraterie. Il a été rejoint par la juge en chef de la Cour suprême Mathilda Twomey et le président de la Cour d’appel Francis MacGregor, qui a expliqué comment les affaires sont traitées par le système judiciaire.

Iranian dhow

Un boutre iranien intercepté par la garde côtière des Seychelles. Photo: Seychelles News Agency.

Les participants au programme ont également eu l’occasion de visiter un boutre iranien capturé par la garde côtière des Seychelles lors de la plus grande saisie de drogue jamais effectuée dans les eaux territoriales du pays. Les responsables du Centre régional de coordination des opérations—une union de partage d’informations comprenant les Seychelles, les Comores, la Réunion (France), Madagascar et l’île Maurice—ont expliqué comment les opérations de coopération et la technologie ont amélioré la capacité de la région à suivre les déplacements des navires criminels dans l’océan Indien.

De plus, Philippe Michaud, conseiller principal en matière de pêche auprès du vice-président des Seychelles, a fait un exposé sur la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (illegal, unreported, and unregulated fishing). D’autres sessions du programme ont porté sur les initiatives de sécurité maritime en Afrique, l’harmonisation juridique et les meilleures pratiques actuelles en matière de poursuite des crimes maritimes.

Experts du CESA