L’Initiative de la chaîne d’approvisionnement de l’étain (ITSCI) tente depuis 2009 d’aider les entreprises qui exploitent le tantale, l’étain et le tungstène (3T) de s’assurer que cette chaine ne repose pas sur les groupes armes, le travail de enfants, ou sur des minerais issus de la contrebande illégale de l’est de la RDC. Mais les mécanismes de vérifications sont insuffisants et ils dépendent pour leur fonctionnement du volume de minerais étiquetés, créant ainsi des incitations néfastes. Dans certain cas, seuls 20 % des minerais étiquetés le sont correctement, avec le reste pénétrant donc illégalement la chaine d’approvisionnement.
Des entreprises chinoises qui se sont implantées au Sud Kivu après la découverte de gisements d’or en dehors de tout cadre légal provoquent la colère des populations car leurs exploitations détruisent des champs et polluent des rivières. Les autorités congolaises n’y répondent cependant que de façon contradictoire, démontrant la gouvernance toujours corrompue du secteur minier. Des militaires en assurent également la sécurité, bien que leur présence y soit interdite par la loi, et commettent des abus des droits humains. Pour y remédier, il faudra démanteler les réseaux corrompus, a la fois congolais et étrangers, qui permettent à des intérêts prédateurs d’exploiter ces ressources.
Etat de predation : La République centrafricaine otage des proxys et des profiteurs de guerre
La France et la Russie continuent d’utiliser des proxys armes pour maintenir leur influence en RCA. Le président Toudéra a utilisé son poste, et les vastes ressources en or en diamant du pays, pour alimenter ses réseaux de patronage plutôt que de fournir paix et développement économique à ses citoyens, dont plus de la moitié ne subsistent que grâce à l’aide humanitaire internationales. A l’approche des élections de décembre 2020, le régime a tenté de se maintenir au pouvoir, citant la pandémie de COVID-19 comme une excuse pour repousser le scrutin. L’accord de Khartoum, devenu inutile, ne sert qu’à asseoir l’autorité du régime. L’ONU et l’UE doivent donc prendre des mesures concrètes pour pallier cette économie de guerre.
Le secteur minier de la République Démocratique du Congo est en plein essor mais plus de $750 million de revenus ont disparu entre 2013 et 2015. Les impôts, payés par les exploitants privés au trésor de l’état ont disparu soit dans les comptes de la Gécamines, l’entreprise de l’état soupçonnée d’ingérence, soit dans les divers comptes du trésor public congolais. Ce rapport démontre qu’au moins une partie de ces impôts ont fini dans des comptes du Président Joseph Kabila en personne, ainsi que dans des comptes appartenant à sa famille et à des proches du régime.
Sujets de sécurité : Environnement, ressources naturelles et sécurité