Liens entre extrémisme violent et activités illicites en Côte d’Ivoire
La corruption, l’impunité, un manque de coopération contribuent tous au revers subis par la Force Multinationale Mixte et les forces de sécurité nigérianes face à Boko Haram. Longtemps défini comme un groupe djihadiste, il serait mieux compris comme une insurrection. Les décès civils souvent attribués aux insurgés seraient le fait d’exactions commises par forces de sécurité et de milices associées. La difficulté d’identifier des interlocuteurs crédibles pour négocier et la fragmentation des allégeances au sein des familles présentent des défis pour la paix et la réconciliation dans une région où la pauvreté et la mauvaise gouvernance alimentent l’insurrection.
Les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Nouvelle terre d’expansion des groupes djihadistes sahéliens?
La dégradation de la situation sécuritaire dans les régions de l’Est et des Cascades au Burkina Faso et de Sikasso et de Kayes au Mali, régions qui servent aujourd’hui de base arrière a des groupes islamistes militants tels que le JNIM, menace maintenant le nord de la Côte d’Ivoire et du Benin, et pourrait aussi s’étendre au Togo, au Ghana, au Sénégal et en Guinée. Si le menace reste contenue dans ces pays côtiers, éviter qu’elle ne se propage requiert des États que leurs réponses civiles et militaires soient adaptées et qu’ils évitent les erreurs de leurs voisins du nord, notamment en matière de gouvernance, d’accès aux ressources, de stigmatisation communautaire, de dépendance sur des groupes d’autodéfense traditionnels et de respect des droits humains.
Les groupes djihadistes au Sahel : Une communication globale à l’épreuve des réalités locales
La résilience des groupes djihadistes en Afrique subsaharienne s’explique davantage par leur exploitation de dynamiques locales que de connexions opérationnelles ténues avec le monde arabe. En effet, les groupes tels que la Katiba Macina, AQMI, EIGS, Boko Haram, ou même les ADF de l’est congolais ou les Chebab de Somalie ou du Mozambique justifient leurs actions du fait de la mauvaise gouvernance et de la faiblesse des États de la région. Ils tirent aussi parti de dynamique économique, de logiques communautaires, et de porosité des frontières pour faciliter le mouvement des combattants.
Les multiples défis—démographiques, économiques, climatiques et migratoires— qui caractérisent la bande sahélienne ouest africaine sont aussi présents dans le Nord de la Côte d’Ivoire. Dans la région de Bounkani, les violences intercommunautaires ont augmenté depuis 2016, notamment entre agriculteurs et éleveurs. Pour éviter que ces violences se transforment en conflictualité terroriste, il faudra reconnaitre qu’une réponse uniquement sécuritaire, étant donné la prédation des forces de sécurité, ne fera que confirmer que l’État n’est pas en mesure de protéger les citoyens.
Boko Haram et les limites du tout-repressif au Nigeria : de nouvelles perspectives ?
La corruption, l’impunité, un manque de coopération contribuent tous au revers subis par la Force Multinationale Mixte et les forces de sécurité nigérianes face à Boko Haram. Longtemps défini comme un groupe djihadiste, il serait mieux compris comme une insurrection. Les décès civils souvent attribués aux insurgés seraient le fait d’exactions commises par forces de sécurité et de milices associées. La difficulté d’identifier des interlocuteurs crédibles pour négocier et la fragmentation des allégeances au sein des familles présentent des défis pour la paix et la réconciliation dans une région où la pauvreté et la mauvaise gouvernance alimentent l’insurrection.
Parler aux jihadistes au centre du Mali: le dialogue est-il possible?
Le niveau de violence dans le centre du Mali est le plus haut du pays. Des milliers de civils ont été tués depuis 2015. Le conflit entre l’État et la katiba Macina est dans l’impasse mais les violences intercommunautaires augmentent aussi, parfois à la place d’autres conflits. Le gouvernement malien devrait travailler avec les chefs religieux afin d’obtenir un cessez le feu et initier des pourparlers avec les djihadistes et les communautés. De telles communications avec la katiba Macina et ses sympathisants permettraient d’identifier les griefs à l’origine de ces conflits.
Faire la paix et construire l’Etat
De multiples critères, tant internes qu’externes, participent de la fragilité chronique du Mali et du Niger. Comment la combinaison de ces différents facteurs a-t-elle contribué à l’endogénéisation d’un phénomène djihadiste proprement sahélien? Si le Niger et le Mali partagent des configurations territoriales et des trajectoires historiques à première vue assez similaires, une analyse plus fine de leurs structures met en lumière des différences majeures, notamment dans l’approche suivie par ces deux Etats dans la (re)construction de la paix après des périodes de rébellion. C’est ainsi qu’au Niger, la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) a joué un rôle majeur dans la promotion de la paix, en permettant l’accès aux services publics dans certaines régions reculées et en créant un lien social entre ces territoires et l’Etat central.
Sujets de sécurité : Contrecarrer l’extrémisme