Les contributions de l’Afrique à la sécurité mondiale
Compte tenu de sa situation stratégique, à la croisée des continents et des voies navigables, l’Afrique se trouve au carrefour de bon nombre de ces menaces transnationales. Bien qu’ils soient souvent la cible de ces forces d’instabilité mondiale, les acteurs africains jouent également un rôle essentiel dans le renforcement de la résilience de l’architecture de sécurité internationale. En réponse aux fermetures répétées du détroit d’Ormuz, les producteurs de pétrole africains, qui représentent environ 10 % de la production mondiale, ont augmenté leurs exportations et leurs volumes d’approvisionnement destinés aux acheteurs internationaux. … Les forces de sécurité africaines ont joué un rôle déterminant dans la lutte contre les réseaux terroristes mondiaux, tels que l’État islamique et Al-Qaïda, qui tentaient d’établir des centres de coordination et de financement sur le continent. … Collectivement, les pays africains sont les plus grands contributeurs de troupes aux opérations de paix régionales et internationales. … Agissant souvent en coulisses, les pays africains et les organismes régionaux ont joué un rôle de médiation essentiel pour mettre fin aux conflits. … Les pays africains contribuent à renforcer la sécurité sanitaire mondiale face à de futures pandémies. … Les pays africains ont également joué un rôle clé en aidant les pays africains touchés par des conflits à traverser la transition, souvent complexe et prolongée, vers la stabilité. … Il reste toutefois beaucoup à faire pour renforcer les capacités africaines et les partenariats de sécurité afin de faciliter la coopération internationale nécessaire pour lutter contre la nature de plus en plus transnationale des menaces sécuritaires contemporaines. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Propagande, recrutement… Le Mali, « un véritable laboratoire de la guerre informationnelle assistée par IA »?
Le centre de recherche Timbuktu Institute a publié ce mercredi 9 septembre un rapport analysant l’utilisation de l’IA par des groupes rebelles au Mali. Le JNIM et le FLA useraient de cette technologie pour tenter d’élargir leur recrutement et de diffuser une « propagande sophistiquée », selon les chercheurs. Un nouveau front s’ouvre dans la guerre contre le djihadisme au Mali. Comme partout sur la planète, l’intelligence artificielle (IA) s’immisce dans les méthodes propagandistes des groupes armés rebelles qui déstabilisent le pays depuis plus d’une décennie. Le centre de recherche sur les enjeux du djihadisme au Sahel, le Timbuktu Institute, basé à Dakar au Sénégal, a publié, ce mercredi 9 septembre, un rapport sur le sujet, nommé « Comment l’IA générative rebat les cartes du conflit malien ». Dans ce document, les chercheurs ont identifié les usages et potentialités dont font preuve des groupes rebelles présents au Mali en matière d’IA. L’analyse se concentre surtout sur le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (le JNIM, affilié à Al-Qaïda) et sur le Front de libération de l’Azawad (FLA), un groupe autonomiste composé en grande partie de Touaregs. … D’emblée, les chercheurs imaginent ce à quoi pourrait ressembler une maîtrise accrue de l’outil par le JNIM. Premièrement, l’utilisation de l’IA pourrait permettre « une augmentation exponentielle du volume de contenu propagandiste diffusé ». Mais aussi, un élargissement du champ de recrutement grâce à la traduction. Le JNIM pourrait « générer instantanément des versions de chaque message de propagande en une quinzaine de langues régionales: hassanya, fulfuldé, bambara, mooré, tamasheq, songhaï, wolof et autres variantes linguistiques et dialectales du Sahel et d’Afrique de l’Ouest », détaille le rapport. TV5 Monde
Guinée : l’ex-magistrat Algassimou Diallo transféré à la prison de Macenta
L’ancien avocat général près de la Cour suprême, Algassimou Diallo, a été transféré à la maison d’arrêt et de correction de Macenta à quelque 700 kilomètres de la capitale, a annoncé l’administration pénitentiaire guinéenne dans un communiqué publié le 6 septembre 2026. M. Diallo a été transféré dans le cadre de la « gestion administrative des établissements pénitentiaires », explique la Direction de l’administration pénitentiaire. Cette dernière précise par ailleurs que l’ex-magistrat demeure détenu en exécution du mandat de dépôt délivré à son encontre. Algassimou Diallo, sous mandat de dépôt, a été révoqué de la magistrature le 20 août 2026. Il était détenu depuis le 27 août 2026 à Coyah (près de Conakry) avant son récent transfert. Il est poursuivi pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, discrimination et participation à une association de malfaiteurs dans une affaire liée à des enregistrements audio attribués à l’ex-magistrat et à l’opposant Cellou Dalein Diallo. Dans un communiqué publié ce 7 septembre 2026, la défense de l’ex-procureur réclame notamment « l’accès de la famille et des avocats à leur client », ainsi que la « communication du fondement légal du transfèrement ». La défense exige également le retour d’Algassimou Diallo à Conakry, où la Cour suprême doit se prononcer ce 8 septembre 2026. Ouestaf
Gambie : des manifestations face à la crise énergétique
La pénurie persistante d’électricité a suscité depuis plusieurs semaines une vive frustration en Gambie, certaines coupures ayant duré plus de 19 heures et affecté les entreprises, les ménages ainsi que les hôpitaux, où des patients seraient morts après des interruptions de courant survenues en pleine intervention. Des manifestations ont eu lieu à Banjul, où des centaines de jeunes ont investi les rues de la capitale, allumé symboliquement des bougies, scandé « à bas le gouvernement » et réclamé un approvisionnement en électricité plus fiable. … Des quartiers entiers de la région urbaine de Gambie ont été plongés dans l’obscurité, alors que la crise de l’électricité s’est aggravée. Des coupures ont également été enregistrées lundi à Basse et Bansang. D’autres interruptions sont à prévoir, notamment dans les villes de l’intérieur du pays, selon le dernier avis de la Compagnie nationale de l’eau et de l’électricité (Nawec). APA
Gambie : la neutralité politique imposée aux militaires
Le commandant de l’Armée nationale gambienne (GNA), le brigadier général Yaya Drammeh, a appelé les militaires à observer une neutralité politique absolue, à l’occasion de sa première adresse aux troupes depuis sa prise de fonction, il y a près de deux mois. Le message du Commandant de la GNA, quant à l’obligation de neutralité politique, a été délivré lors de la tournée nationale du chef d’état-major de la défense (CDS), le major général Ousman Gomez, à laquellele brigadier général Yaya Drammeh a pris part, à travers plusieurs installations militaires du pays. « Maintenez une neutralité politique absolue et un comportement exemplaire, tant sur le terrain que hors de lui », a déclaré le brigadier général Drammeh, en présentant ses principales orientations aux forces terrestres. Il a notamment prévenu qu’aucune tolérance ne serait accordée aux déclarations politiques non autorisées, aux commentaires politiques sur les réseaux sociaux ou à la diffusion publique de plaintes par les militaires. Il a rappelé que toute violation des règlements militaires entraînerait des mesures administratives et disciplinaires conformément à la loi sur les forces armées. Sur le plan opérationnel, il a rappelé que la première mission de l’armée est de protéger la souveraineté territoriale de la Gambie face aux menaces sécuritaires, notamment celles liées aux frontières et à la criminalité transnationale. APA
Est de la RDC: les combats atteignent des zones où l’aide était déjà très insuffisante
Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les combats aggravent une crise humanitaire déjà considérable. Du sud-ouest de Masisi aux hauts plateaux de Fizi, les affrontements se déroulent dans des zones marquées par d’importants déplacements. Dans une communication diffusée dans la nuit, le mouvement AFC/M23 accuse l’armée d’avoir bombardé Minembwe. Les FARDC affirment, eux, conserver Mulima et avoir repris plusieurs positions dans ce secteur. Ces affirmations contradictoires ne sont pas vérifiées indépendamment et les données humanitaires analysées par RFI montrent l’extrême vulnérabilité des populations exposées. Le premier espace est le sud-ouest de Masisi et l’axe conduisant vers Walikale. En juillet déjà, trois alertes de déplacement portant sur plus de 335 000 personnes avaient été enregistrées dans la zone sanitaire de Masisi. … Le deuxième espace concerne les hauts plateaux du Sud-Kivu. À Minembwe, concernée par les combats mardi 8 septembre encore, les déplacements touchaient déjà plus de 33 000 personnes en juillet. Le déficit de réponse humanitaire y atteignait 96 % et la situation se détériore davantage. RFI
Tunisie: rassemblement de soutien au journaliste Mohamed Yousfi, du média d’investigation Al Qatiba
En Tunisie, les journalistes se sont mobilisés pour leur confrère Mohamed Yousfi interrogé hier, mardi, par le pôle judiciaire économique et financier pour soupçons de blanchiment d’argent. Il a été arrêté et placé en garde à vue vendredi 4 septembre alors qu’il s’apprêtait à donner une interview radio sur les problèmes hydriques du pays. À l’issue de l’interrogatoire qui a été interrompu par un malaise du journaliste, le juge d’instruction a émis un mandat de dépôt à son encontre. … Amine, militant de la société civile, est venu se joindre au mouvement, il a préféré garder l’anonymat. « Mohamed Yousfi est un journaliste qui travaille depuis des années sur des questions sociales, des questions parfois politiques aussi. Aujourd’hui, son arrestation pose beaucoup de questions. Attendons de voir, espérons sa libération, sinon pour quelles raisons il a été vraiment arrêté. » Le syndicat des journalistes a mentionné que lors de sa garde à vue, Mohamed Yousfi a été surtout interrogé sur la ligne éditoriale d’Al Qatiba. Arrêté alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission de radio sur la crise de l’eau en Tunisie, il a été placé en garde à vue pour des faits présumés d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent selon une source judiciaire. RFI
Nouvelles technologies: un sommet Corée du Sud-Afrique largement consacré à l’IA
En Corée du Sud, les délégations de 54 pays africains sont réunies à Séoul pour le sommet Koafec, une rencontre économique entre la Corée du Sud et le continent africain. Du 9 au 11 septembre, les représentants coréens et africains vont s’entretenir sur des projets de développement commun, notamment en matière de haute technologies et d’intelligence artificielle. Une rencontre qui a débuté ce mercredi matin. Développer les économies africaines à l’heure de l’IA, c’est tout l’enjeu de cette rencontre à Séoul. La Corée du Sud, l’un des champions mondial des hautes technologie souhaite apporter son savoir-faire en la matière aux continent africain, comme l’explique la Première ministre sud-coréenne Han Seongsook, lors de la cérémonie douverture de la conférence. « Si nous partageons cette expérience avec l’Afrique, et si la technologie d’IA et les capacités numériques de la Corée se combinent avec le riche potentiel de croissance du continent, cela deviendra une force puissante pour accélérer ensemble la grande transition numérique de l’Afrique et pour porter un essor remarquable ». … Une intégration de l’IA dans des domaines clés comme la santé, l’éducation ou l’agriculture sera discutée au cours de cette semaine pendant laquelle les rencontres ministérielles vont se multiplier. RFI
Tchad: Abdoulaye Miskine condamné à 15 ans de prison ferme
Au Tchad, la cour criminelle du palais de justice de Ndjamena déclare le général Miskine coupable d’association de malfaiteurs, de sévices graves, de torture et d’assassinat et ses coaccusés sont reconnus complices de toutes ces infractions. Les parties civiles se réjouissent de voir Abdoulaye Miskine condamné et reconnu coupable. Ils se disent « soulagés » et prêts désormais à faire leur deuil. En revanche, leur avocat, Me Ahmat Adberhamane, est déçu de la somme qui sera versée aux victimes. Les avocats des parties civiles avaient demandé 25 milliards de dommages et intérêts, et la Cour ne leur accorde donc qu’un milliard. Un autre point de frustration pour Me Ahmat Adberhamane : les accusés n’ont pas été jugés pour crimes contre l’humanité par une cour pourtant compétente en la matière, selon lui. … Abdoulaye Miskine a déjà donné son accord pour porter l’affaire face à la cour suprême. Me Benjamin Mamgo Dibaye annonce déposer le recours contre cette décision dès ce jeudi 10 septembre dans la matinée. RFI
Madagascar: un climat d’intimidation contre la Gen Z ?
[Vidéo] Des membres du mouvement Gen Z, des juristes ou des personnes se présentant comme des lanceurs d’alerte disent avoir été intimidés ou persécutés par les autorités de transition. TV5
