Épidémie d’Ebola en RDC : explication
La dernière épidémie du virus Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) — la 17ème que connaît le pays depuis 1976 — a entraîné plus de 1 000 cas confirmés et plus de 500 décès. Le nombre de cas a augmenté plus rapidement lors de cette épidémie que lors de toute autre épidémie d’Ebola à ce jour. La Croix-Rouge indique que l’épidémie n’a pas encore atteint son pic et pourrait durer un an. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ont estimé que, dans le pire des cas, et en l’absence d’intervention, l’épidémie pourrait atteindre au moins 20 000 cas. Les zones les plus exposées sont les provinces voisines de l’est de la RDC, le Soudan du Sud voisin et les régions frontalières de l’Ouganda. L’épidémie se concentre dans le nord-est de la RDC, avec plus de 97 % de l’ensemble des cas recensés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Seuls 19 cas ont été signalés en Ouganda voisin, et ils concernent principalement des personnes ayant voyagé depuis les régions touchées de la RDC. Le système de santé publique ougandais a réagi activement à l’épidémie — tant en Ouganda qu’au-delà de la frontière, en RDC — en soutenant la surveillance, le dépistage et la prise en charge. Outre l’absence de vaccin éprouvé contre le variant Bundibugyo, la riposte actuelle à Ebola est particulièrement difficile en raison de l’éloignement de la région et de l’insécurité persistante causée par des dizaines de groupes armés opérant dans la zone. On estime que l’épidémie circulait au sein de la communauté depuis des semaines, voire des mois, avant d’être détectée et confirmée le 15 mai 2026. Aujourd’hui, les responsables de la santé publique s’empressent d’endiguer la propagation, de prodiguer des soins, de retracer et de suivre les contacts, et de déployer des campagnes de communication sanitaire dans toute la région et dans les pays voisins. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Bujumbura : Ndayishimiye prône le dialogue et l’unité autour de la crise congolaise
Le Président burundais et Président en exercice de l’Union Africaine, Evariste Ndayishimiye, a échangé ce lundi 7 juillet à Bujumbura avec une délégation en provenance de la République Démocratique du Congo, rapporte la Présidence burundaise. Cette délégation était composée des responsables des partis politiques d’opposition ainsi que des leaders des principales confessions religieuses de ce pays. « Le Président Ndayishimiye reconnaît la volonté commune, manifestée au cours de ces échanges, en faveur de la stabilité, de la paix et de la sécurité en République démocratique du Congo et dans la région », indique le compte X de la Présidence burundaise. Le Chef de l’Etat burundais a exprimé sa satisfaction quant à la qualité des échanges menés dans un esprit d’ouverture et de confiance. Il insiste sur l’importance d’un dialogue constructif et l’unité. L’opposition politique congolaise et les responsables religieux séjournent depuis samedi 4 juillet à Bujumbura pour des consultations sur la crise politique, sécuritaire et institutionnelle en RDC. Cette initiative, portée par le président burundais Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, vise à favoriser un dialogue entre acteurs politiques et religieux autour de la situation du pays. Parmi les participants figurent notamment des représentants de la Coalition C64 ainsi que des délégués de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) et de la Plateforme des confessions religieuses et des Eglises du réveil en RDC. Pour l’opposition C64, elle assiste à ses consultations avec un seul message : la constitution ne peut être changée. Radio Okapi
Au Mali, les rebelles harcèlent le pouvoir central qui peine à contrôler le pays
Au lendemain de nouvelles attaques coordonnées des jihadistes et de leurs alliés touareg à travers le territoire malien, la junte au pouvoir semble plus que jamais menacée et isolée à Bamako et dans son fief voisin, la ville garnison de Kati. Un peu plus de deux mois après avoir mené une vaste offensive fragilisant les militaires au pouvoir, les jihadistes du JNIM et les indépendantistes du FLA (Front de Libération de l’Azawad), ont mené de nouvelles attaques du nord au sud du pays, démontrant leur capacité de harcèlement du pouvoir central sur l’étendue de ce vaste pays sahélien difficile à contrôler. Les rebelles ont attaqué samedi plusieurs localités clefs du nord et du centre ainsi qu’une des plus grandes prisons du pays, à quelques dizaines de kilomètres au sud de la capitale. Dans la région de Kidal, le FLA a revendiqué le contrôle de la ville de Anéfis où des paramilitaires russes sont toujours retranchés dans le camp militaire. Des combats étaient en cours dimanche matin. Anéfis et Aguelhok sont les derniers lieux où l’armée malienne est présente dans la région de Kidal, depuis les attaques des 25 et 26 avril. … Arrivés au pouvoir par un double coup d’Etat en 2020 et 2021, les militaires avaient promis de rétablir la sécurité et de conserver l’intégrité territoriale de ce vaste pays désertique en proie à une insurrection jihadiste et aux revendications indépendantistes de groupes touareg. La junte du général Assimi Goïta a tourné le dos à l’ancien colonisateur français présent militairement au Mali, pour faire appel aux paramilitaires russes du groupe Wagner, devenu Africa Corps. Face à cette stratégie d’attrition des emprises du pouvoir central à travers le pays, la junte peine à garder le contrôle sur son territoire. AFP
Burkina Faso: au moins une cinquantaine de soldats et de VDP tués dans plusieurs attaques terroristes
Au Burkina Faso, au moins une cinquantaine de soldats et de volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ont été tués samedi 4 juillet lors d’attaques complexes menées par le Jnim. Ces attaques ont visé plusieurs localités du pays : au nord, au nord-ouest et au sud-ouest. Plusieurs camps ont été pillés et des armes emportées par les jihadistes. Pour l’instant, aucune réaction des autorités, mais le Jnim a revendiqué ces attaques dont les images font le tour des réseaux sociaux. L’attaque a commencé samedi matin autour de 5h. Les combattants du Jnim ont pris d’assaut le camp militaire de Di, dans la province du Sourou au nord-ouest du pays. Après de violents combats, ils ont réussi à pénétrer le camp avant de se retirer. Au cours de ce raid, selon notre source, au moins 23 militaires et 11 volontaires pour la défense de la patrie ont été tués. De son côté, le Jnim affirme dans une vidéo avoir vu 22 corps de militaires et VDP burkinabè avant leur retrait de la ville de Di. Il revendique aussi deux autres attaques au sud-ouest et centre-ouest du pays à Dalan et Tiéré. Au moins 18 soldats ont été tués lors de ces assauts. Plusieurs autres sources confirment d’importants dégâts matériels dans ces deux localités. Dans la même journée, samedi dernier, les jihadistes ont attaqué Thiou et Séguénéga dans le nord du pays. Pas de perte en vies humaines cette fois, mais de nombreux véhicules civils ont été incendiés selon des témoignages. Pour l’instant, il n’y a eu aucune réaction, ni de l’armée, ni du gouvernement burkinabè sur ces différentes attaques. RFI
Il n’y a plus de diplomates français au Burkina Faso
Tous les diplomates français en poste au Burkina Faso sont rentrés en France « en fin de semaine dernière » et le personnel diplomatique du Burkina doit quitter la France d’ici le 6 juillet au soir, a indiqué à l’AFP le ministère français des Affaires étrangères. Le chargé d’affaires du Burkina Faso à Paris a été convoqué au ministère français le 29 juin, après l’annonce le 26 juin de la décision unilatérale des autorités locales de rompre les relations diplomatiques avec la France. Le ministère français a démenti tout soutien français aux groupes terroristes, des allégations « complètement fausses » qui ont notamment été invoquées par les autorités de Ouagadougou pour la rupture des relations avec Paris, a-t-il réagi. « Nous condamnons fermement toutes les attaques terroristes, ainsi que les exactions commises à l’encontre des civils au Sahel et réitérons notre plein soutien aux populations, qui sont les premières victimes de la crise en cours », a-t-il ajouté. Le ministère des Affaires étrangères rappelle que l’engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme à travers le monde « est connu de tous, et elle en a lourdement payé le tribut ». « Dans ce contexte particulier, nous appelons les ressortissants français à une vigilance renforcée », poursuit-il. Jeune Afrique avec AFP
Maroc: nouveau démantèlement d’une cellule terroriste présumée, dix personnes interpellées
Au Maroc, une cellule terroriste présumée vient d’être démantelée, a annoncé le Bureau central d’investigations judiciaires dans un communiqué publié lundi 6 juillet. Dix personnes ont été interpellées. Lors de perquisitions, un véhicule modifié pouvant servir pour un attentat-suicide a été découvert, ainsi que des armes blanches. L’enquête a été placée sous la supervision du parquet anti-terroriste. Cette cellule aurait reçu des instructions directes de la part de responsables de la branche sahélienne de l’organisation État islamique, leur demandant de commettre des attaques au Maroc. C’est ce qu’indiquent les premiers éléments de l’enquête, selon le communiqué du Bureau central d’investigations judiciaires. S’il ne révèle aucun détail sur les cibles potentielles, les préparatifs étaient assez avancés. Le chef présumé de la cellule terroriste avait ainsi commencé à répartir les rôles parmi ses membres, certains chargés justement de sélectionner des objectifs. Un autre groupe était affecté à la reconnaissance et à la surveillance. Une troisième équipe était chargée de l’approvisionnement en matériel. Parmi les dix personnes arrêtées, neuf sont toujours en garde à vue. Un mineur a été placé sous surveillance. Ce coup de filet mené par les autorités marocaines a concerné plusieurs villes simultanément, du nord au sud du pays, dont Casablanca et Agadir. RFI
Le président béninois en visite officielle en Mauritanie sur fond de défis sécuritaires régionaux
Le président béninois Romuald Wadagni était en visite officielle en Mauritanie où il s’est entretenu avec son homologue Mohamed Ould Ghazouani, lundi 6 juillet 2026. Si la rencontre n’a débouché sur aucune grande déclaration, elle a donné lieu à des discussions denses centrées sur la sécurité régionale et la recherche de nouvelles alliances alors que le Bénin subit la menace terroriste et entretient des relations complexes avec certains de ses voisins sahéliens. Le nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni, a achevé lundi 6 juillet une visite officielle en Mauritanie qui a notamment été marquée par un long tête-à-tête avec son homologue, Mohamed Ould Ghazouani. Si elle n’a débouché sur aucune déclaration publique, elle a donné lieu à des discussions au menu desquelles il y avait une urgence majeure, à savoir la crise sécuritaire régionale. … Une instabilité qui frappe directement le Bénin, confronté ces dernières années à une poussée des attaques du Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (Jnim) dans sa partie nord. Pour endiguer cette menace commune à tout le golfe de Guinée, Cotonou veut s’en remettre au modèle mauritanien, assure Backary Gueye : « La Mauritanie est très bien cotée sur le plan de la lutte contre le terrorisme. Elle a une expertise qu’elle pourrait partager. Elle abrite notamment le Collège de défense du G5 Sahel [créé en 2018 à Nouakchott à l’initiative des États membres du G5 Sahel, une organisation sous-régionale aujourd’hui moribonde, NDLR], une école de très haute facture qui pourrait éventuellement accueillir des officiers supérieurs béninois pour une consolidation de leur formation ». Au-delà de la formation militaire, ce partenariat naissant devrait rapidement se traduire par un partage direct de renseignements. RFI
Disparitions forcées en Guinée : 24 personnalités accusées
« Les personnes figurant sur la liste ci-jointe, doivent être tenues responsables des enlèvements, des disparations forcées, des séquestrations et des tortures infligées à des honnêtes citoyens … » C’est sur ce ton que Sekou Koundouno, le responsable des stratégies du Front National pour la Défense de la Constitution, FNDC, vient de rendre publique une liste de 24 personnalités. Il les présente comme responsables de violences visant des leaders de la société civile, des responsables politiques et des militants pro-démocratie en République de Guinée. La liste cite en premier le président : le général Mamadi Doumbouya. Ancien chef de la junte militaire, c’est lui qui a renversé le président Alpha Condé en septembre 2021, avant d’être investi à la magistrature suprême du pays à la faveur de la présidentielle contestée de décembre dernier. Ensuite viennent des haut gradés de l’armée et des membres du gouvernement guinéen comme le ministre secrétaire général à la présidence, le général Amara Camara, considéré comme le bras droit de Mamadi Doumbouya, ou encore le Premier ministre, Amadou Oury Bah, pourtant membre fondateur de l’Organisation guinéenne pour la défense des droits de l’Homme. Sur la liste figure aussi le nom du haut commandant de la gendarmerie, Balla Samoura, celui du procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, ainsi que plusieurs officiers des forces de défense et de sécurité. A leurs côtés sont cités aussi des opérateurs économiques proches du pouvoir en place, à l’image de Taliby Dabo. Dans ce document publié ce lundi à Conakry, le FNDC estime que ces actes constituent de « graves violations des droits humains ». Il rappelle les engagements internationaux de la Guinée en matière de protection des droits fondamentaux. L’organisation accuse également les autorités de rétrécir l’espace civique et politique et de recourir à la justice pour réprimer les voix critiques. DW
Tanzanie : des dizaines d’arrestations à la veille de manifestations
Les autorités tanzaniennes ont arrêté des dizaines de personnes à la veille de manifestations antigouvernementales prévues, dans le cadre d’une répression visant les appels en faveur de réformes démocratiques et de la libération d’une figure clé de l’opposition. Sylvester Mangure, porte-parole de l’armée, a mis en garde dimanche contre toute manifestation, suite à l’interdiction des rassemblements politiques prononcée la semaine dernière par le gouvernement. Il a également accusé « certaines personnes », qu’il n’a pas identifiées, de « recruter des jeunes » pour qu’ils se joignent aux manifestations, ces derniers affirmant que l’armée du pays soutenait les manifestations prévues. Les jeunes ont appelé à manifester mardi, jour du 72e anniversaire de la création du parti au pouvoir, pour réclamer des changements démocratiques et la libération du leader de l’opposition Tundu Lissu, arrêté pour trahison après avoir appelé à des réformes électorales avant les élections législatives de l’année dernière. … Selon une commission nommée par le gouvernement, plus de 500 personnes ont été tuées au cours de trois jours de manifestations violentes contestant le processus électoral. Les organisations de défense des droits de l’homme et les dirigeants de l’opposition affirment que le bilan est bien plus lourd. Africanews avec AP
Kenya: les forces de l’ordre empêchent une marche contre les violences policières
Les forces de l’ordre kényanes ont embarqué plusieurs personnes parvenues à se rassembler dans le centre de Nairobi, malgré l’interdiction d’une marche notamment contre les violences policières mardi, date traditionnelle de cortèges commémorant l’anniversaire de manifestations prodémocratie en 1990. Un groupe appelé Mouvement pour la justice économique avait appelé les Kényans à marcher pacifiquement en ce 7 juillet, appelé Saba Saba (7/7 en swahili), pour protester contre les violences policière ainsi que contre les promesses non tenues du président William Ruto, élu en 2022, et une corruption endémique. La Journée de Saba Saba commémore chaque année les manifestations du 7 juillet 1990 ayant réclamé l’instauration du multipartisme sous le régime autocratique de Daniel arap Moi (1978-2002). Mardi, une dizaine de manifestants ont réussi à se rassembler dans le centre-ville, où la police était déployée en masse, mais ils ont été encerclés alors qu’ils tentaient de prendre la parole. Une journaliste de l’AFP a constaté qu’au moins trois d’entre eux avaient été embarqués de force, l’un dans un fourgon de police et les autres chargés par des policiers en civil dans des voitures banalisées. AFP
Guinée-Bissau : Un référendum constitutionnel prévu le 30 août
Les autorités de transition en Guinée-Bissau ont fixé au 30 août prochain la tenue d’un référendum sur une réforme de la Constitution, selon un décret signé par le président de transition, le général Horta N’tam. Les électeurs seront appelés à se prononcer sur un projet de nouvelle Constitution déjà adopté à l’unanimité par l’organe législatif en janvier dernier. Cette réforme prévoit une transformation majeure du système politique, avec le passage d’un régime parlementaire à un régime présidentiel. Le texte accorderait de larges prérogatives au chef de l’État, qui serait notamment habilité à nommer le Premier ministre et les membres du gouvernement, ainsi qu’à dissoudre le Parlement. La réforme prévoit également de rebaptiser l’Assemblée nationale populaire, qui porterait désormais le nom d’« Assemblée nationale ». Dans son décret, le général Horta N’tam précise que la décision d’organiser ce référendum fait suite à un avis favorable de la Cour suprême. Cette consultation populaire s’inscrit dans le calendrier de la transition annoncé par les autorités militaires. En janvier, le président de transition avait fixé au 6 décembre 2026 la tenue des élections présidentielle et législatives, censées marquer le retour du pouvoir aux autorités civiles. La Guinée-Bissau est dirigée par une transition militaire depuis la destitution du président Umaro Sissoco Embaló, le 26 novembre 2025, peu après l’élection présidentielle. À la suite de cette intervention, l’armée avait suspendu le processus électoral et annoncé la prise du contrôle du pays pour une période d’un an. Sahel Intelligence
