Mali: l’ONU «gravement préoccupée» par des informations sur des exécutions extrajudiciaires
L’ONU a fait part mardi de sa profonde inquiétude face aux informations faisant état d’exécutions extrajudiciaires au Mali, en proie à une situation sécuritaire critique après des attaques sans précédent de jihadistes et de rebelles indépendantistes touareg contre le régime militaire. «Des informations très préoccupantes font état d’exécutions et d’enlèvements extrajudiciaires qui auraient été perpétrés par des membres des forces de sécurité à la suite des attaques des 25 et 26 avril», a déclaré aux journalistes à Genève un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits humains, Seif Magango, s’exprimant depuis Nairobi. RFI
Mali : militaires, activistes, politiciens… Ce que l’on sait des arrestations après les attaques du Jnim et du FLA
Comme d’autres opposants ou certains militaires, l’avocat Mountaga Tall, rare voix critique à se faire entendre au Mali, a également été enlevé. Les autorités maliennes affirment que les attaques du 25 avril menées par le Jnim et le FLA ont bénéfcié de complicités au sein de l’armée et de la classe politique.… Au-delà des cercles militaires, l’affaire prend une dimension politique. Le Dr Oumar Mariko, ancien député et président du parti dissous Sadi, est lui aussi cité par le procureur comme soupçonné d’une participation aux attaques.… Dans ce climat tendu, l’arrestation de Me Mountaga Tall, survenue le 2mai à Bamako, est venue ajouter aux craintes d’une purge plus large. L’avocat et figure politique a été «enlevé» par des hommes encagoulés, possiblement liés à l’Agence nationale de la sécurité d’État, les services de renseignements. D’après plusieurs sources locales, la Sécurité d’État a aussi interpellé Moussa Djire – dit «Abba» – , un jeune politicien qui a émis des critiques à l’encontre du pouvoir. JeuneAfrique
Ouganda : le projet de loi sur « la protection de la souveraineté » fait polémique
En Ouganda, un projet de loi suscite une vive inquiétude. Ce texte reprend la notion d’« agents étrangers », déjà utilisée en Russie pour faire taire les opposants. Au cœur de la polémique, le « projet de loi sur la protection de la souveraineté ». Il prévoit de sanctionner toute personne agissant dans « l’intérêt d’un étranger » contre celui de l’Ouganda. Toute personne recevant des financements venus de l’étranger pourrait être qualifiée d’« agent étranger ». Les peines peuvent aller jusqu’à 20 ans de prison. Autre point très controversé, les Ougandais vivant à l’étranger pourraient eux-mêmes être considérés comme des étrangers. Une mesure dénoncée par les ONG, qui redoutent un impact direct sur les transferts d’argent envoyés aux familles. Pour Human Rights Watch, ce texte s’inscrit dans une tendance plus large. Plusieurs pays s’inspirent de lois similaires pour restreindre la société civile et réduire au silence les voix critiques. AfricaNews
Le sort de ces enfants-soldats au Soudan, stars sur TikTok
Les experts et psychologues alertent sur une tendance dangereuse : des enfants-soldats, armes à la main, qui sont acclamés sur les réseaux sociaux. C’est un garçon d’environ douze ans qui court dans les rues, une kalachnikov à la main. Il crie « Allah est grand ! » en arabe. Derrière lui, de nombreux cadavres. Des coups de feu retentissent. La scène est publiée sur TikTok. La vidéo a été diffusée début décembre, peu après que les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont pris la ville de Babanusa, apparemment avec la participation d’enfants-soldats. De nombreuses vidéos du genre sont visualisées sur les réseaux sociaux, notamment sur la plateforme TikTok. La plupart ont été filmées par les enfants eux-mêmes avec des téléphones portables et sont visionnées des millions de fois, selon Sebastian Vandermeersch, journaliste au réseau d’investigation Bellingcat.… « Je pense que c’est précisément là que nous devons clarifier une chose : le cycle de la violence se répète dans cette région, tous les dix à 15 ans – pourquoi ? Parce que beaucoup vivent la guerre lorsqu’ils sont enfants. Leurs parents sont tués et dès qu’ils ont dix à 15 ans de plus et qu’ils sont adultes, ils sont prêts à riposter. Ainsi, le traumatisme et la violence se perpétuent à travers les générations. » DW
Burkina Faso : un comité de l’ONU dénonce des exactions contre les Peuls
Au Burkina Faso, les Peuls sont victimes de violations massives des droits de l’homme, selon des enquêteurs indépendants de l’ONU. Exécutions extrajudiciaires, torture, détentions arbitraires, enlèvements et disparitions forcées se multiplient lors des opérations militaires et sécuritaires menées contre les groupes djihadistes au Sahel, révélant un climat de répression et de violences ciblées. Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale s’est dit profondément préoccupé par les graves abus à l’encontre des Peuls au Burkina Faso. « Ces violations seraient souvent perpétrées par des forces armées nationales, des forces de sécurité intérieure et de leurs auxiliaires, notamment les Volontaires pour la défense de la Patrie, ainsi que par des groupes armés non étatiques », a détaillé le Comité dans un document sur les observations finales relatives sur le rapport présenté par Ouagadougou les 22 et 23 avril dernier à Genève. Les experts indépendants se sont en outre inquiétés du « profilage ethnique » visant les Peuls par les forces de défense et de sécurité, les Volontaires pour la défense de la Patrie, ainsi que par des membres de la Brigade civique pour l’ordre et la discipline (dénommée « Brigade Laabal »). ONU Info
Togo: le militant et poète Affectio, détenu depuis le 24 avril, a été présenté à un juge d’instruction
Au Togo, le poète Affectio a été présenté le 4 mai 2026 à un juge d’instruction. Honoré Sitsopé Sokpor est détenu depuis le 24 avril, arrêté pour avoir pris des photos sur un chantier en construction. Il est soupçonné d’avoir envoyé ces clichés à des personnes dans la diaspora, en l’occurrence le mouvement de la société civile du 6 juin (M66). Affectio avait été incarcéré entre janvier et décembre 2025 à la suite de la publication d’un poème sur les réseaux sociaux dans lequel il dénonçait notamment l’arbitraire. Depuis le mois de décembre, il était sous contrôle judiciaire. Il va retourner en prison, a expliqué Maître Paul Dodji Apevon, son avocat. RFI
RDC : Le PPRD dénonce l’incendie de son siège et accuse le pouvoir de « dérives dictatoriales »
Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) condamne avec fermeté ce mardi 5 mai l’incendie de son siège situé sur le boulevard Sendwe, dans la commune de Kalamu à Kinshasa, survenu lundi en marge d’une marche organisée par l’UDPS, parti du chef de l’État Félix Tshisekedi, et ses alliés de l’Union sacrée de la nation. Cette mobilisation visait notamment à soutenir les sanctions américaines prises contre l’ancien président Joseph Kabila, accusé de liens avec les rebelles de l’AFC/M23. Le PPRD est le parti de l’ex-président Joseph Kabila. … De son côté, la coalition d’opposition Lamuka s’insurge contre ce qu’elle considère comme « une gestion inéquitable des manifestations publiques ». Son porte-parole, Prince Epenge, affirme que les activités de l’opposition et des mouvements citoyens sont régulièrement interdites ou réprimées, contrairement aux manifestations de l’Union sacrée, qui bénéficieraient d’un encadrement des forces de l’ordre. Radio Okapi
Crise diplomatique entre l’Éthiopie et le Soudan: accusations croisées et escalade militaire
La crise diplomatique entre l’Éthiopie et le Soudan s’est intensifiée mardi 5 mai 2026. Addis-Abeba a accusé l’armée soudanaise d’avoir armé et financé des « mercenaires » du Tigré, et Khartoum a rappelé son ambassadeur, accusant l’Éthiopie d’avoir mené une attaque de drone sur l’aéroport de sa capitale, lundi. La crise diplomatique entre l’Éthiopie et le Soudan s’est intensifiée mardi 5 mai 2026. Addis-Abeba a accusé l’armée soudanaise d’avoir armé et financé des « mercenaires » du Tigré, et Khartoum a rappelé son ambassadeur, accusant l’Éthiopie d’avoir mené une attaque de drone sur l’aéroport de sa capitale, lundi. TV5Monde
Mauritanie: deux députées de l’opposition condamnées pour avoir accusé le président de discrimination
Deux députées de l’opposition en Mauritanie ont été condamnées lundi soir à quatre ans de prison ferme pour avoir accusé le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de discrimination raciale envers les Noirs et les descendants d’esclaves dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Mariem Cheikh et Ghamou Achour, qui ont été condamnées par la chambre pénale de la Cour de Nouakchott, étaient poursuivies pour « atteinte aux symboles de l’État et diffusion de propos à caractère raciste ». Il leur était notamment reproché d’avoir qualifié sur les réseaux sociaux le président Ghazouani de mentor de « l’apartheid en Mauritanie ».… Les deux femmes sont membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une organisation des droits humains.… Leur détention et leur procès – qui s’est déroulé sous haute surveillance sécuritaire – ont été vivement dénoncés par l’opposition mauritanienne, qui a dénoncé une « séquestration » et une « utilisation abusive de la procédure de flagrant délit pour contourner l’immunité parlementaire ». TV5Monde
A Madagascar, la Russie en quête d’une nouvelle place forte en Afrique
Après avoir fait irruption aux côtés de la junte, qui a pris le pouvoir en octobre 2025, en lui fournissant des armes et les instructeurs militaires d’Africa Corps, Moscou avance ses pions sur tous les fronts. Il est 9 heures, jeudi 30 avril, et, comme chaque semaine depuis le début du mois, les premières mesures d’En avant la Russie, titre du chanteur populaire russe Oleg Gazmanov, retentissent sur les ondes de la Radio nationale malgache. Elles annoncent le début de « Russamada », la nouvelle émission qui se veut un moment d’apprentissage culturel et de partage d’expériences entre les deux pays.… Le programme au ton convivial s’apparente à une offensive de charme qui contraste avec les livraisons d’armes et l’arrivée des mercenaires russes d’Africa Corps, sous les traits desquels s’est d’abord manifestée l’entrée en scène de la Russie auprès des militaires portés au pouvoir, après la fuite de l’ancien président Andry Rajoelina, le 12 octobre 2025. Celui qui était à la tête du pays depuis 2019 a été exfiltré par la France à l’issue de trois semaines de manifestations conduites par la génération Z. Le Monde
Sénégal: le chef de l’État limoge le porte-parole de la présidence sur fond de tensions avec le Premier ministre
Deux jours après un entretien fleuve avec la presse sénégalaise au cours duquel le chef de l’État a rappelé son pouvoir de remercier son Premier ministre s’il devait ne plus lui faire confiance et évoqué ses points de divergences avec les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye a limogé le porte-parole de la présidence, Ousseynou Ly, militant de la première heure du Pastef, pour le remplacer par Abdoulaye Tine, avocat et coordonnateur de la coalition Diomaye président. Sur les réseaux sociaux, les réactions des militants du Pastef ne se sont pas fait attendre, choqués, pour certains, de voir remercié Ousseynou Ly, fidèle militant de la première heure, qui était aux côtés de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko lors de leur sortie de prison en mars 2024, lors de leur première conférence de presse. « La « dépastefisation » de l’État commence », commente un militant ; d’autres parlent de « ménage » à la tête de l’État. C’est aussi l’analyse d’Alioune Tine, militant des droits humains et défenseur de la candidature d’Ousmane Sonko en 2024, qui voit dans ce limogeage « le premier acte du divorce » institutionnel entre les deux têtes de l’exécutif : « Diomaye moy Sonko », « Diomaye, c’est Sonko » en wolof, ce slogan de la présidentielle « est mort », assure Alioune Tine. RFI
En Centrafrique, le défi de la réintégration des enfants soldats
Sur les bancs d’une école de Bria, dans l’est instable de la Centrafrique, des adolescents apprennent à manier le fil et l’aiguille pour laisser derrière eux la violence des groupes armés qui a marqué leur enfance. « Ce n’est pas facile de leur donner cours. Il y en a qui ont gardé la violence, d’autres qui sont toujours très stressés », observe Christophe Yonaba, leur professeur.… Dans l’est du pays, fracturé par des années de conflits armés, ces adolescents tentent, avec l’aide d’une ONG locale, de surmonter leurs traumatismes pour construire leur avenir en dehors de la violence. « Ils ont tous, à un moment donné, été capturés par des groupes armés », explique l’instructeur de 53 ans, qui leur donne cours depuis trois ans.… En activité depuis 2016, l’association centrafricaine financée en partie par l’Unicef propose aux bénéficiaires un suivi psychosocial, en plus des formations. Et les récentes opérations de désarmement ont contribué à une hausse de la demande: « Avant, on recevait peut-être un appel par mois. Aujourd’hui, c’est chaque semaine », explique Karl Malone, chargé de recenser les nouveaux cas d’enfants soldats dans la région de Bria.… Selon le dernier rapport annuel du Secrétaire général des Nations unies, le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces et groupes armés restent la violation des droits de l’enfant la plus fréquente en Centrafrique, représentant 65 % des cas signalés. D’après l’UNICEF, environ 2.000 enfants centrafricains seraient encore utilisés par des groupes armés. TV5Monde
Centrafrique: report de l’annonce des résultats des législatives, pour cause de mouvement social
En République centrafricaine, alors que le pays attendait, lundi 3 mai, la proclamation des résultats provisoires du second tour des législatives du 26 avril 2026, les résultats n’ont finalement pas été publiés. Selon le code électoral, ces résultats peuvent être rendus publics dans un délai de huit jours après le scrutin. Contactées par RFI, certaines sources internes évoquent un blocage au sein de l’Autorité nationale des élections (ANE). Les informaticiens du centre de traitement des données de cette structure auraient bloqué les résultats. Ils réclament le paiement de deux mois d’arriérés de salaire. Le pays reste donc suspendu à l’attente de ces résultats, dont la publication est désormais reportée à une date ultérieure.… De nombreux observateurs et acteurs de la société civile appellent les autorités ainsi que les partenaires à intervenir pour un règlement rapide de la crise. Malgré les résultats du second tour non publiés, les députés élus au premier tour ont officiellement pris fonction ce lundi 3 mai. Cette session extraordinaire, prévue jusqu’au18 mai, est consacrée à l’installation des députés, à la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale de Centrafrique, ainsi qu’à la formation des commissions permanentes et des groupes parlementaires. RFI
