Transformer le concept de « botho » du Botswana en une culture du professionnalisme militaire
Depuis leur création, les Forces de défense du Botswana (FDB) ont fait preuve d’un engagement durable en faveur d’une culture du professionnalisme militaire. Cette culture a contribué à ce que les FDB soient régulièrement reconnues comme l’une des armées les plus compétentes, les plus fiables et les plus respectées d’Afrique. Fondée sur les dispositions constitutionnelles et la loi de 1977 sur la défense du Botswana, cette culture est renforcée par des établissements d’enseignement militaire professionnel, l’alignement sur les valeurs culturelles botswanaises, des structures de contrôle civil solides et des partenariats internationaux en matière de sécurité. Les efforts continus du Botswana pour inculquer une telle culture du professionnalisme, bien que uniques, peuvent offrir des enseignements applicables à d’autres contextes. Afin de mieux comprendre comment cette culture a été créée et maintenue, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique s’est entretenu avec plusieurs officiers botswanais qui ont partagé leurs points de vue sur la manière dont la culture du professionnalisme militaire du Botswana a vu le jour. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Le mandat du président nigérien Bazoum, renversé et séquestré depuis 2023, prend fin
Le mandat du président nigérien Mohamed Bazoum, renversé lors d’un coup d’Etat le 26 juillet 2023 par une junte qui le détient depuis, prend fin jeudi, sans perspective immédiate de libération ou d’éventuel procès. M. Bazoum avait été investi président le 2 avril 2021, après sa victoire à la présidentielle avec 55% des voix. Depuis le putsch qui a porté au pouvoir la junte du général Abdourahamane Tiani, il a toujours refusé de démissionner et reste détenu avec son épouse dans une aile du palais présidentiel de la capitale Niamey. Mais pour ses avocats, cette date du 2 avril n’a plus de sens, M. Bazoum n’ayant pu exercer ses fonctions depuis juillet 2023. … Peu probable selon ses avocats: « pour la junte, c’est moins une question de droit que de sécurité: ce qui l’intéresse c’est que le président Bazoum soit un bouclier humain » face à une éventuelle intervention armée, un temps envisagée par les voisins ouest-africains, considère un autre de ses conseils, Me Mohamed Seydou Diagne. Depuis bientôt trois ans, Mohamed Bazoum est « toujours détenu au même endroit et dans les mêmes conditions », sans fenêtres, sorties, ni visites sauf celle de son médecin, rappelle Me Moussa Coulibaly. AFP
Nigeria : une trentaine de morts après une attaque suivie de représailles dans le centre du pays
Des hommes armés non identifiés ont attaqué un bar de Jos, la capitale de l’Etat instable du Plateau, dans le centre du Nigeria, déclenchant des représailles de la part de la foule, selon des sources locales qui ont fait état, auprès de l’Agence France-Presse (AFP), d’une trentaine de morts. Le Plateau est le théâtre de violences récurrentes dans ses campagnes, principalement liées à des conflits fonciers entre agriculteurs et éleveurs. Jos a connu des épisodes de violences par le passé, mais les attaques meurtrières faisant de nombreuses victimes dans cette ville ont été rares ces dernières années. … Dans les campagnes de l’Etat du Plateau, les agriculteurs, en majorité chrétiens, et les éleveurs musulmans, majoritairement peuls, s’affrontent depuis des années au sujet de l’accès à la terre, ce qui dégénère parfois en massacres, des villages entiers étant alors vidés de leurs habitants. … Le Plateau a déjà été le théâtre de violences par le passé, notamment en 2001 et 2008. Mais les chercheurs attribuent la crise actuelle, qui touche principalement les zones rurales, au changement climatique, à l’exploitation minière illégale et à la croissance démographique qui raréfie les terres disponibles. Le Monde avec AFP
Nigéria : hausse du carburant malgré la raffinerie Dangote
Le Nigeria est confronté à une forte hausse des prix des carburants, malgré la mise en service de la raffinerie Dangote, la plus grande d’Afrique. Les prix ont bondi d’environ 65 %, ce qui représente la plus forte hausse parmi les principales économies africaines. La raffinerie devait permettre de réduire les importations et de stabiliser les coûts, mais le Nigeria reste fortement dépendant du pétrole brut étranger. Une grande partie de sa propre production pétrolière est affectée au remboursement de dettes contractées auprès de prêteurs internationaux et de sociétés énergétiques, ce qui limite l’offre locale. La situation a été aggravée par le conflit qui sévit actuellement au Moyen-Orient, lequel a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales et fait grimper le prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril. Pour les Nigérians, les conséquences sont immédiates et graves. Les frais de transport ont augmenté, les prix des denrées alimentaires ont parfois doublé, et les entreprises sont confrontées à une hausse de leurs frais d’exploitation. L’approvisionnement en électricité étant aléatoire dans tout le pays, de nombreux foyers et entreprises dépendent de générateurs à essence, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux hausses de prix. Le gouvernement a choisi de ne pas rétablir les subventions sur les carburants, préférant se concentrer sur des réformes du marché à long terme et sur des mesures d’allègement limitées à court terme. Africanews
Soudan : MSF alerte sur l’ampleur des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre au Darfour
Dans un nouveau rapport, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) documente l’ampleur et la gravité des violences sexuelles au Darfour. Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) et leurs milices alliées multiplient « délibérément » les violences sexuelles dans la région soudanaise du Darfour, afin d’« humilier et de terroriser » la population, dénonce l’ONG mardi 31 mars. … Entre janvier 2024 et novembre 2025, au moins 3 396 survivants de violences sexuelles, parmi lesquels 97 % de femmes et de filles, ont sollicité un traitement dans les structures soutenues par MSF dans le nord et le sud du Darfour, a déclaré l’organisation. Un nombre qui ne représente qu’une « fraction de la réalité », insiste l’ONG. Les combattants des FSR et des milices alliées utilisent les violences sexuelles comme « arme de guerre et moyen systématique de contrôle des populations civiles, en violation du droit international humanitaire », constate MSF. L’ONG a traité 150 victimes de violences sexuelles subies lors de l’assaut par les FSR en avril 2025 du camp de déplacés de Zamzam, qui abritait près de 500 000 personnes. Les violences, notamment des « violences sexuelles généralisées » lors de l’assaut, « visaient souvent spécifiquement les groupes ethniques, en particulier les communautés Zaghawa », selon MSF. Le Monde avec AFP
Au Soudan du Sud, au moins 73 personnes tuées dans l’attaque d’une mine d’or
Au moins 73 personnes ont été tuées lors de l’attaque, par des assaillants non identifiés, d’une mine d’or au Soudan du Sud, a annoncé, lundi 30 mars, le vice-président de ce pays pauvre et instable. Survenue au cours du week-end, l’attaque a visé la zone minière de Khor Kaltan, située à environ 70 km de route au sud-ouest de la capitale, Juba. Le Soudan du Sud, plus jeune pays du monde, né en 2011 de sa partition du Soudan, est le théâtre depuis son indépendance d’une série de conflits meurtriers. Il connaît une recrudescence des combats – principalement dans l’Etat du Jonglei (Centre-Est) – entre forces gouvernementales loyales au président, Salva Kiir, et milices d’opposition fidèles à Riek Machar, vice-président suspendu de ses fonctions et assigné à résidence depuis un an. … Une source sécuritaire ayant requis l’anonymat a confirmé le bilan à l’Agence France Presse (AFP). Une source diplomatique a fait état d’un bilan allant de 75 à 86 morts, ajoutant que les responsables militaires sud-soudanais expliquaient vérifier toujours le nombre de personnes tuées. … Selon cette source, la zone minière de Khor Kaltan a été attaquée à de multiples reprises dans le passé. Après une série d’attaques meurtrières, le gouvernement sud-soudanais avait suspendu les activités minières en 2021, mais celles-ci ont repris en avril 2025. Le Monde avec AFP
Bénin : Nana Akufo-Addo à la tête de la mission d’observation de la CEDEAO
La CEDEAO a annoncé la nomination de l’ancien président ghanéen Nana Akufo-Addo à la tête de sa mission d’observation électorale pour l’élection présidentielle au Bénin, prévue le 12 avril prochain. Selon le communiqué, cette mission sera déployée du 7 au 15 avril, conformément au protocole additionnel de l’organisation sur la démocratie et la bonne gouvernance, qui encadre les processus d’observation électorale dans la région. Près de 7,9 millions d’électeurs béninois sont appelés aux urnes pour élire le successeur du président sortant Patrice Talon, dont le mandat s’achèvera en mai prochain. Deux candidats sont en lice : Romuald Wadagni, représentant du parti au pouvoir, l’Union progressiste le renouveau, et actuel ministre de l’Économie et des Finances, et Paul Hounkpè, candidat du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, ne participe pas à ce scrutin, sa candidature a été rejetée faute de parrainages suffisants. La campagne électorale doit s’achever le 10 avril, deux jours avant le vote. Africanews avec AFP
Attaque de Kafolo en Côte d’Ivoire : perpétuité requise à l’encontre des jihadistes présumés
La prison à perpétuité a été requise, le 30 mars à Abidjan, à l’encontre de cinq hommes accusés d’avoir mené une attaque jihadiste ayant tué quatorze soldats ivoiriens sur un poste frontière en 2020, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire. Sur les quarante-cinq prévenus jugés dans cette affaire, le représentant du ministère public a également demandé vingt ans d’emprisonnement pour vingt-six d’entre eux ayant joué selon lui un rôle secondaire. Il a rappelé devant le tribunal la « gravité exceptionnelle » de cet assaut qui avait été perçu comme une « attaque dans le cœur de la Côte d’Ivoire ». Dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, des hommes armés avaient attaqué un poste militaire à Kafolo, un petit village du nord-est ivoirien à la frontière avec le Burkina Faso. Quatorze soldats avaient été tués. L’assaut n’avait pas été revendiquée, mais elle avait été attribuée à des jihadistes opérant depuis le Burkina Faso, ayant agi en représailles à l’opération Comoé (fleuve entre les deux pays) des armées ivoirienne et burkinabè pour déloger des jihadistes installés dans la région. Jeune Afrique avec AFP
En tournée en Afrique, le vice-président chinois a valorisé le rapprochement de Pékin avec le continent
La diplomatie de Pékin est à l’œuvre en Afrique. Le vice-président chinois, Han Zheng, vient d’achever une tournée dans trois pays, du 24 au 30 mars : le Kenya, l’Afrique du Sud et les Seychelles. Au cœur des discussions menées : le commerce, l’influence et le « partenariat stratégique » avec le continent. Ce fut l’occasion d’un message clair : la Chine accélère son offensive économique et politique en Afrique. À Nairobi, capitale du Kenya, Pékin a dégainé sa nouvelle arme : zéro droits de douane pour 53 pays africains, et ce dès le 1er mai. L’objectif affiché est de booster les exportations vers la Chine, dans un contexte de commerce mondial plus incertain et de tensions commerciales persistantes. Cependant, et en creux, il s’agit aussi pour le géant asiatique de sécuriser ses approvisionnements et d’ancrer un peu plus le continent dans son orbite économique. En Afrique du Sud, poids lourd du continent, Pékin a parlé d’« âge d’or », autrement dit d’alignement stratégique renforcé, mais aussi de coordination diplomatique accrue, pour peser davantage dans les institutions internationales au côté du « Sud global », face aux Occidentaux. Aux Seychelles, petit État mais position-clé dans l’océan Indien, la Chine soigne sa présence avec des projets concrets, visibles, rapidement déployés. Une diplomatie de proximité en somme, jusque dans les moindres détails et au plus près des populations. RFI
L’ACFTA Fest 2026 pour unir l’Afrique par l’innovation et la culture
La première édition de l’ACFTA Fest (du nom de la Zone de libre-échange continentale africaine) s’est déroulée du 26 au 28 mars à Abuja, au Nigeria. Cette célébration panafricaine historique de trois jours a réuni sous un même toit les cultures dynamiques, les innovateurs audacieux et les légendes du sport du continent. Cette plateforme est le premier véritable festival panafricain intersectoriel du continent, mêlant affaires, innovation, culture et sport pour tenter d’unifier l’Afrique. « Quand on dispose d’un système unifié, cela signifie que tout le monde se rassemble pour poursuivre un objectif commun, qui est de développer l’Afrique à travers le commerce, le sport, la culture et de nombreuses innovations, » selon l’économiste Ifeoma Ezike, directrice adjointe du département de politique monétaire à la Banque centrale du Nigeria. Pensé pour être organisé chaque année dans différents pays africains, ce forum vise à autonomiser 1,5 million de jeunes dans les domaines de l’entrepreneuriat, des arts et du sport. « Nous avons constaté qu’il y a de nombreux jeunes et étudiants dotés d’idées innovantes brillantes, mais qu’il n’existe aucun cadre structurel pour les concrétiser, » explique Mandi Anyangwe, cheffe de projet pour l’ACFTA Fest 2026. L’événement a permis un dialogue de haut niveau entre des entrepreneurs africains, des décideurs politiques et des parties prenantes de Zone de libre-échange continentale africaine, afin de discuter des défis et des stratégies pour développer les start-ups sur le continent. Africanews
