Référendum constitutionnel en Guinée-Bissau : Explication
En Guinée-Bissau, la junte militaire organise le 30 août 2026 un référendum constitutionnel afin de poser le cadre légal pour des élections prévues en décembre. La trajectoire politique de la Guinée-Bissau est particulièrement confuse depuis le putsch dirigé par le chef d’état-major des armées, le général Horta Inta-A Na Man, le 25 novembre 2025. Ce putsch, le cinquième dans le pays depuis 1980, perpétue le long héritage d’instabilité politique de la Guinée-Bissau. Cette instabilité éclipse les efforts entrepris ces dernières années par la société civile et certains dirigeants politiques pour améliorer le partage du pouvoir, la transparence et la séparation entre les autorités civiles et militaires. … La constitution proposée a pour objectif de consolider le pouvoir au sein de la présidence. … En Guinée-Bissau la question de l’institutionnalisation de la surveillance du pouvoir politique et des relations civilo-militaires est centrale, notamment étant donné le long héritage de putschs, de corruption étatique et de trafic de drogue liés aux dirigeants politiques et militaires et à la violence politique. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Présidentielle en Zambie: le principal opposant interrogé par la police, selon la télévision publique
Le principal opposant zambien, Brian Mundubile, arrivé deuxième à l’élection présidentielle contestée du 13 août, a été placé en garde à vue jeudi sur des accusations de trahison, a indiqué la police. Brian Mundibile s’était rendu plus tôt jeudi après s’être caché pendant deux semaines, selon des médias d’État. La police zambienne avait annoncé la semaine dernière l’avoir convoqué pour l’interroger au sujet d’une supposée « menace contre la sécurité nationale ». Cette accusation avait conduit, au lendemain des élections générales du 13 août, à un raid policier au cours duquel onze membres de son camp ont été arrêtés en sa présence. Un ancien ministre, Mutotwe Kafwaya, a été tué par balle lors de l’opération. Brian Mundubile et son colistier à la vice-présidence, Makebi Zulu, ont été « interrogés par les enquêteurs et se trouvent actuellement en garde à vue », a indiqué la police jeudi dans un communiqué. Cet interrogatoire était « en lien avec une infraction présumée de trahison », a-t-elle ajouté. Brian Mundubile et Makebi Zulu étaient jusqu’à présent sous la protection des Nations unies à Lusaka. … Dénonçant des fraudes, Brian Mundubile avait promis de contester en justice les résultats électoraux. Au dernier jour pour former un recours, le 24 août, le gouvernement avait fermé ses tribunaux en invoquant des « raisons de sécurité ». RFI
Algérie: après la visite du Premier ministre nigérien, Alger se rapproche de deux pays de l’AES
Le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a terminé, jeudi 27 août 2026, au soir sa visite de travail de deux jours en Algérie. Après s’être entretenu avec son homologue Sifi Ghrieb et différents ministres sectoriels, le chef du gouvernement nigérien a été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, pour passer en revue l’avancement des projets communs. Une rencontre qui s’est tenue quelques jours à peine après la réception à Alger du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga. Comme Abdoulaye Maïga, à sa place le 24 août dernier, le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a tenu à rappeler dans son discours au palais présidentiel que l’Algérie est un pays « voisin et frère ». Après trois déplacements de son homologue algérien Sifi Ghrieb au Niger, c’est accompagné de plusieurs ministres qu’Ali Mahamane Lamine Zeine est venu pendant deux jours approfondir le partenariat entre les deux pays. Parmi les thèmes abordés durant la réunion élargie entre les deux délégations : la coopération algéro-nigérienne en matière de sécurité, notamment à la frontière, et les différents partenariats économiques conclus entre les deux pays ces derniers mois, faisant écho à la centrale électrique mise en route à Niamey et au puits de forage à Kafra, dans le nord du pays. Autre axe développé : l’évolution des projets d’intégration, comme le gazoduc transsaharien ainsi que la liaison dorsale de fibre optique, considérés comme des leviers majeurs pour densifier les échanges. RFI
Dialogue national en RDC : Félix Tshisekedi exclut la participation du M23
Félix Tshisekedi a détaillé dans une adresse à la nation diffusée ce jeudi 27 août à la télévision nationale les modalités du dialogue national qu’il entendait ouvrir, en excluant toutefois la participation de l’AFC/M23 « en tant que composante politique ». « Le processus de Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec » l’AFC/M23, « et le dialogue national ne se substituera pas à ce processus », a déclaré le chef de l’État lors de cette allocution, au cours de laquelle il a de nouveau exigé le retrait des « forces étrangères » du territoire congolais. … Le dialogue, d’une « durée maximale de trois mois » sera convoqué par le président à l’issue des travaux d’un comité de préparation qui sera institué « dans les tous prochains jours », a-t-il précisé. Les discussions doivent, selon Félix Tshisekedi, permettre à l’ensemble des Congolais, à l’exception de « ceux qui combattent par les armes l’ordre constitutionnel », d’examiner « avec lucidité » les « fractures » du pays. La feuille de route présentée par le président congolais prévoit que des consultations seront d’abord organisées dans toutes les provinces du pays, puis leurs recommandations seront réunies dans un document qui servira de base à des « assises nationales » prévues à Kinshasa, la capitale. Ces assises aboutiront à l’adoption d’un « pacte national », dont les institutions seront chargée d’appliquer les conclusions, a-t-il indiqué. Jeune Afrique avec AFP
Ebola en RDC: un dispositif pour renforcer les contrôles le long du fleuve Congo
En République démocratique du Congo (RDC), les autorités renforcent la surveillance sanitaire le long du fleuve Congo. Avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 40 points stratégiques doivent être mis en place sur le fleuve et d’autres grands axes de déplacement. Ils serviront à dépister les voyageurs, gérer les alertes et isoler temporairement les cas suspects. … À la mi-juillet, l’OIM soutenait 27 points d’entrée et 76 points de contrôle en RDC. Plus d’1,6 million de dépistages y avaient été réalisés. Ils avaient permis de détecter 74 alertes, dont 61 avaient été vérifiées et orientées. Mais une faille subsistait : l’organisation reconnaissait encore d’importants manques d’informations sur les déplacements par les voies fluviales, les ports informels et les autres points de passage. Or, le fleuve Congo s’étend sur plus de 4 700 kilomètres et relie entre 100 et 150 ports officiels ou informels. Les 40 points stratégiques annoncés doivent donc renforcer le dépistage, la gestion des alertes et le transfert des cas suspects. Le dispositif prévoit aussi des espaces d’isolement temporaire, du matériel de protection et la formation des agents de première ligne. À Kinshasa, des couloirs de dépistage et des stations de lavage des mains étaient déjà en construction à Ndolo et à Beach Onatra. Des évaluations avaient également été menées dans des installations de transport à Kisangani, dans le nord-est du pays. Le projet doit enfin faciliter l’échange d’informations et la coordination avec les pays voisins partageant le corridor fluvial. RFI
Au Burkina Faso, le chef de la diplomatie belge prône «une coopération de respect»
Les trois jours de visites officielles du ministre belge des Affaires étrangères au Burkina Faso ont pris fin ce 28 août 2026. D’abord reçu mercredi à Ouagadougou par son homologue burkinabè, Maxime Prévot s’est ensuite entretenu avec le président du Faso. Une rencontre politique de haut niveau rare de la part d’un représentant d’un État membre de l’Union européenne (UE). Dans un contexte de dégradation des relations entre l’UE et le Burkina, le chef de la diplomatie belge a tenu à insister sur la nécessité de bâtir « une coopération de respect » entre les deux pays. « Je veux contribuer à jeter des ponts et à retisser des liens », malgré « nos divergences » : voici ce qu’a déclaré le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, dans un communiqué que RFI a pu consulter. Dans ce document, le chef de la diplomatie belge regrette « un fossé d’incompréhension entre l’Union européenne et les pays de l’Alliance des États du Sahel ». Cette coopération, nécessaire notamment du point de vue des enjeux sécuritaires, doit pouvoir « s’adapter » lorsque « la réalité change », a-t-il affirmé. … Cette visite officielle de la Belgique intervient deux mois seulement après la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, dans un pays qui, depuis le coup d’État de septembre 2022, s’est plutôt rapproché de la Russie. RFI
Madagascar: des jeunes appellent à la dissolution de l’Assemblée nationale, son président défend son action
À Madagascar, l’Assemblée nationale est réunie depuis le 25 août 2026 en session extraordinaire pour examiner sept projets de loi. L’institution est sous le feu des critiques, en particulier de la Gen Z, qui lui reproche de ne pas jouer son rôle de contre-pouvoir. Alors que les revendications pour sa dissolution se multiplient, le président de la chambre basse a tenté de défendre le travail et l’intégrité des députés en début de semaine. « Les députés ne représentent plus le peuple, l’Assemblée nationale doit être dissoute avant le 25 septembre » : l’appel lancé en début de semaine sur les réseaux sociaux par une vingtaine de jeunes se revendiquant de la Gen Z a aussi été relayé par l’Assedu-Mada, l’une des principales organisations étudiantes de Madagascar. La date choisie correspond au premier anniversaire du début de la mobilisation contre l’ex-président déchu, Andry Rajoelina. « Quel que soit le régime en place, l’Assemblée nationale est chroniquement inutile et toujours à la solde du pouvoir exécutif », dénonce un membre de la Gen Z. En coulisses, des représentants du mouvement ont formellement demandé à la Présidence et à la Primature la dissolution de l’institution. Lors des dernières élections législatives en mai 2024, 84 des 163 députés avaient été élus sous les couleurs de la coalition Irmar, d’Andry Rajoelina, avant qu’une partie d’entre eux ne vote une motion d’empêchement contre leur leader le 14 octobre 2025, puis ne rejoigne une plateforme de soutien au régime de transition, il y a deux semaines. … Seul le chef de l’État, Michaël Randrianirina, peut décider d’une dissolution. RFI
Guinée: pour Paris, il faut une enquête menée en «toute transparence» sur la fosse commune de Forecariah
En Guinée, les suites de la découverte d’une fosse commune à Forecariah : la diplomatie française appelle à une enquête menée en « toute transparence ». Alors que six corps, les mains attachées, les yeux bandés, ont été découverts le 24 août, les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête. Les cadavres ont été transportés à la morgue de l’hôpital de Forécariah. Des autopsies sont prévues. Les autorités judiciaires n’ont fait aucune déclaration pour le moment. À Paris, la diplomatie française n’a pas communiqué directement sur ce dossier judiciaire. Interrogé, c’est lors d’un point presse en ligne que le porte-parole adjoint du quai d’Orsay, Glenn Salic, s’est exprimé à l’écrit. « La France fait part de sa vive émotion à la suite de la découverte de six corps dans une fosse commune », a indiqué le diplomate français avant d’ajouter que la France « appelle à ce que l’enquête qui a été ouverte par la justice guinéenne soit menée en toute indépendance et en toute transparence ». La découverte des six corps a choqué dans tout le pays, particulièrement dans la région de Forécariah, où une première fosse a été mise à jour en octobre 2025. Nombre d’organisations de la société civile, notamment Tournons la page Guinée et le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) ont appelé les autorités à tout mettre en œuvre pour déterminer, dans un premier temps, les identités et les causes de la mort des six personnes découvertes. RFI
Éthiopie: la communauté internationale appelle à relancer le dialogue dans le Tigré
La communauté internationale appelle les parties au conflit dans le Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, à reprendre les discussions. L’Union européenne, ses États membres, le Canada et le Royaume-Uni ont fait part, mercredi 26 août 2026, de leur « grande préoccupation » face à la reprise des combats entre les troupes du Front de libération du peuple tigréen (TPLF) et l’armée fédérale éthiopienne au début du mois. Malgré de nouvelles tentatives de médiation, les initiatives de paix semblent pour l’heure au point mort. Dans leur communiqué conjoint, l’Union européenne et les cosignataires ne comprennent pas l’entêtement des parties au conflit. « Une nouvelle confrontation militaire dans le Tigré, région déjà sévèrement affectée par la sécheresse et d’énormes besoins humanitaires, serait dévastatrice pour le peuple du nord de l’Éthiopie », préviennent-ils. Une inquiétude partagée par l’ambassade des États-Unis en Éthiopie qui, la veille, appelait également les responsables à privilégier la paix. … Lundi 24 août, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l’Union africaine (UA) pour la Corne de l’Afrique, s’est rendu à Mekele, capitale du Tigré. L’ancien président du Nigeria était un des principaux médiateurs des accords de Pretoria signés en 2022 qui avaient mis fin à la guerre entre les forces du Tigré et le gouvernement fédéral d’Abiy Ahmed. La précédente guerre du Tigré, entre 2020 et 2022, a fait jusqu’à 600 000 morts selon certaines estimations et provoqué le déplacement de quelque deux millions de personnes. RFI
Algérie : le témoignage d’habitants sinistrés après des incendies meurtriers
Douze personnes sont mortes et des dizaines d’autres ont été blessées, mercredi 26 août 2026, lors de feux de forêt dans le nord-est de l’Algérie, ont annoncé le ministère de l’intérieur et la protection civile. Des dizaines de personnes ont été évacuées devant la progression des incendies jusque dans des zones résidentielles dans plusieurs wilayas (préfectures), dont Béjaïa et Jijel, selon différentes sources. Chaque été, le nord de l’Algérie est régulièrement touché par des feux de forêt. Ce phénomène est aggravé par des épisodes fréquents de sécheresse et de fortes chaleurs, favorisés par le changement climatique. En juillet 2023, plus de 30 personnes avaient péri dans des incendies qui avaient ravagé la région de Béjaïa, détruisant des milliers d’hectares de forêts et de terres agricoles, ainsi que des centaines de maisons. Le Monde
