Revue de Presse du 25 février 2019

La menace complexe et croissante des groupes islamistes militants au Sahel
Le nombre d’événements violents signalés liés à l’activité d’un groupe islamiste militant au Sahel a doublé chaque année depuis 2016 (de 90 en 2016 à 194 en 2017 à 465 en 2018). Les décès signalés liés à des groupes islamistes militants ont également doublé ces dernières années (de 218 en 2016 à 529 en 2017 à 1 110 en 2018). La violence à l’encontre des civils s’est également accrue. Les actes de violence à l’encontre de civils signalés sont passés de 18 en 2016 (soit 20% de tous les épisodes de violence) à 39 en 2017 et ont atteint 160 en 2018. La violence à l’encontre de civils a représenté environ 34% de tous les actes de violence signalés liés à des groupes islamistes militants au Sahel en 2018. Le Mali reste le foyer le plus important de ces violences, représentant environ 64% des événements signalés au Sahel en 2018. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Présidentielle au Sénégal : Macky Sall revendique la victoire, l’opposition réclame un second tour
Au Sénégal, 6,6 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche. Premières tendances, réactions, analyses… Retour sur une soirée électorale tendue, alors que les chiffres officiels ne sont pas encore connus. Le Premier ministre a affirmé que Macky Sall avait remporté la présidentielle dès le premier tour, « avec un minimum de 57% des voix ».  Idrissa Seck et Ousmane Sonko, les deux candidats de l’opposition que les tendances donnent derrière le président sortant, dénoncent une « confiscation » du second tour. Les chiffres officiels ne sont pas connus. Les Commissions départementales de recensement des votes (CDRV), constituées de magistrats, les examinent et les compilent. Elles ont jusqu’à mardi pour transmettre ces résultats à la Commission nationale de recensement des votes (CNRV), à Dakar. Jeune Afrique

Les Sénégalais ont voté pour ou contre un second mandat de Macky Sall
Les Sénégalais se sont mobilisés dimanche à l’élection présidentielle pour accorder un second mandat à Macky Sall ou au contraire le lui refuser, ce qui serait une première dans l’histoire de ce pays féru de joutes démocratiques. Face à Macky Sall, 56 ans, largement en tête dans de nombreux bureaux de vote selon de premiers résultats parcellaires égrenés par les médias locaux dans la soirée, seuls l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, 59 ans, et le député « antisystème » et ex-inspecteur des impôts Ousmane Sonko, 44 ans, paraissaient en mesure de se qualifier pour un éventuel second tour. Les deux autres candidats, le président d’université privée Issa Sall, 63 ans, proche d’un mouvement religieux issu de la confrérie tidiane, et l’ex-ministre Madické Niang, 65 ans, apparaissaient très nettement distancés, selon ces mêmes données partielles. TV5

Les deux camps clament déjà victoire après la présidentielle au Nigeria
Le décompte des voix entre les deux favoris de la présidentielle, le chef de l’Etat sortant Muhammadu Buhari et l’opposant Atiku Abubakar, se poursuivaient dimanche au Nigeria, sans qu’aucun résultat officiel ne soit annoncé, même si les deux camps se proclamaient déjà vainqueur d’un scrutin généralement calme. Les données recueillies dans les quelque 120.000 bureaux de vote des 36 Etats devaient être lentement centralisés vers la capitale Abuja, où le président de la Commission électorale Mahmood Yakubu devrait annoncer des résultats dans quelques jours. « Bonjour chers Nigérians et merci encore d’avoir voté pour le président Buhari hier », écrivait sur Twitter son conseiller en communication Bashir Ahmad, du Congrès des Progressistes (APC). « Les résultats arrivent un à un et ils sont époustouflants. Le président a remporté la majorité et #BuhariIsWinning! (Buhari est en train de gagner) ». VOA

Soudan: le Premier ministre prête serment, nouvelles manifestations
Le nouveau Premier ministre soudanais a prêté serment dimanche alors que les manifestants sont une nouvelle fois descendus dans la rue pour réclamer le départ du président Béchir, qui a imposé l’état d’urgence dans l’ensemble du pays et limogé le gouvernement. Mohamed Taher Ela, ancien gouverneur de l’Etat agricole d’Al-Jazira, a prêté serment en tant que nouveau Premier ministre, selon un photographe de l’AFP présent lors de la cérémonie. Vendredi, le président Béchir, confronté à une contestation déclenchée il y a plus de deux mois, a décrété l’état d’urgence pour une durée d’un an et annoncé « la dissolution du gouvernement aux niveaux fédéral et provincial », affirmant que le pays a besoin de « gens qualifiés ».  TV5

Soudan: après les annonces d’el-Béchir, l’opposition prête à aller jusqu’au bout
Au Soudan, la contestation se poursuit malgré les mesures prises par le chef de l’Etat vendredi soir. Omar el-Béchir a annoncé la dissolution du gouvernement et a décrété l’état d’urgence. Le président dit vouloir résoudre la crise que traverse le pays. « Des paroles en l’air ». Voilà ce que pensent les opposants du régime soudanais de la déclaration du président Omar el-Béchir. Pour Rashid Said Ahmad, membre du Parti communiste, c’est même un aveu de faiblesse du régime. « Ce régime n’a aucun moyen de sortir du bourbier dans lequel il s’est enfoncé au cours des 30 dernières années. Face au soulèvement populaire, Omar el-Béchir n’a plus beaucoup d’options », soutient-il. RFI

Présidentielle au Sénégal : l’UE émet des réserves sur le contrôle des votants
Après trois semaines d’une campagne animée, malgré un nombre inhabituellement bas de candidats, plus de six millions de Sénégalais votent dimanche pour reconduire le président sortant Macky Sall ou lui préférer un de ses quatre adversaires. Africa News

RDC : la Céni rejette les accusation de corruption contre ses dirigeants
La Commission électorale (Céni) de la République démocratique du Congo a rejeté samedi les accusations de corruption et de violation des droits humains contre trois de ses dirigeants par les autorités américains après les scrutins ayant consacré Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle contestés par l’opposant Martin Fayulu. Le gouvernement américain a accusé vendredi le président de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa, son vice-président, Norbert Basengezi et un conseiller du président, Marcellin Mukolo Basengezi, de s‘être “enrichis personnellement par l’usage de la corruption” et d’avoir violé les droits humains. Le président de l’ancienne Assemblée nationale congolaise, Aubin Minaku, le chef des juges de la Cour constitutionnelle et les trois responsables précités de la Céni sont interdits d’accès au territoire américain. Africa News

L’Afrique fait-elle marche arrière en matière de démocratie ?
Même si des études montrent que la plupart des Africains veulent vivre dans des pays démocratiques, un nombre croissant d’Etats instaurent des régimes autocratiques. Au cours des trois dernières années, les pays africains ont connu un net recul en ce qui concerne la participation citoyenne à la politique et l’État de droit, selon les analystes. « Aujourd’hui, il y a presque autant de démocraties défectueuses (15) que de régimes autocratiques (16) parmi les 54 États du continent », observe Nic Cheeseman, professeur à l’Université de Birmingham (Angleterre). BBC

Malgré la police, nouvelle manifestation à Alger contre un 5e mandat de Bouteflika
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche, malgré un important dispositif policier, dans le centre d’Alger pour s’opposer à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, qui, selon le site Alg24, est arrivé à Genève dans la soirée pour des examens médicaux. En ce premier jour de semaine, la mobilisation a été bien plus faible que lors des manifestations massives de vendredi, qui ont surpris par leur ampleur et ont marqué les esprits. Des dizaines de milliers de personnes, répondant à des appels lancés par des anonymes sur les réseaux sociaux, étaient alors descendues dans la rue, notamment dans la capitale, où les manifestations sont pourtant strictement interdites et où la police, débordée par le nombre, n’avait pu les en empêcher. TV5

Mali: Paris annonce l’élimination du chef jihadiste d’Aqmi Yahia Abou Hamman
L’armée française annonce avoir éliminé Djamel Okacha, connu sous le nom de Yahia Abou Hamman, chef jihadiste d’al-Qaïda dans le Sahel. Ce jeudi 21 février dans l’après-midi, des véhicules suspects ont été repérés au nord de Tombouctou. Après des échanges de tirs, les hélicoptères de la force Barkhane, en appui des commandos terrestres, ont neutralisé ces véhicules. Bilan : onze terroristes mis hors de combat, des pick-up et de l’armement ont également été saisis. Les corps de Yahia Abou Hamman et de ses deux principaux adjoints ont pu être formellement identifiés, selon l’état-major de l’armée française. Une annonce qui intervient le jour de la visite attendue au Mali du Premier ministre français Edouard Philippe.  RFI

Edouard Philippe au Mali: « Le combat n’est pas terminé »
Le Premier ministre français termine, ce dimanche 24 février, sa visite au Mali. Il s’est rendu à Bamako puis à Gao, dans le nord du pays, où il a passé la nuit aux côtés des troupes françaises de l’opération Barkhane. C’est l’occasion pour Edouard Philippe de faire un bilan de cette intervention, lancée il y a maintenant six ans contre les groupes terroristes. Edouard Philippe sera resté une quinzaine d’heures dans l’immense base française de Gao, une ville de tentes et de préfabriqués dans les sables du Sahel où 2 700 hommes et femmes sont positionnés. RFI

Mali: des blessés dans une attaque contre un camp de formation militaire
De présumés jihadistes ont mené une attaque dimanche 24 février contre un camp militaire situé à une cinquantaine de kilomètres de Bamako, au Mali. Le camp abritait des militaires maliens, mais également des formateurs. Deux militaires maliens ont été blessés et au moins deux terroristes tués. Dans la localité de Koulikoro, située à 50 km de Bamako, l’armée malienne cohabite dans un camp militaire avec des instructeurs de l’Union européenne présents dans le cadre de la formation de soldats maliens. RFI

Décès de Gizenga, ancien Premier ministre et compagnon de Lumumba
Antoine Gizenga, compagnon du tout premier chef du gouvernement de la République démocratique du Congo, Patrice Lumumba, et ex-Premier ministre nommé par l’ancien président Joseph Kabila, est décédé dimanche à l’age de 93 ans à Kinshasa. « Le président Kabila nous a confirmé le décès aujourd’hui (dimanche) à Kinshasa de Papa Gizenga. Comme il fut un ancien Premier ministre, le gouvernement sortira le programme des obsèques », a déclaré Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement et du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition des pro-Kabila. « Notre chef Joseph Kabila a demandé aux élus du FCC de garder une minute en mémoire de ce membre éminent de notre famille politique au cours de la réunion de prise de contact physique avec les 340 députés du FCC à Kingakati », la ferme de l’ancien chef de l’Etat. VOA

Au Cameroun anglophone, séparatisme rime avec kidnapping
« J’ai été enlevé par des séparatistes », raconte encore choqué à l’AFP Macmillan Ambe Awa, un journaliste camerounais kidnappé par des séparatistes anglophones jeudi et libéré vingt-quatre heures plus tard. Un témoignage presque banal dans les deux régions camerounaises anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où, pour des rançons ou comme un symbole, les enlèvements sont devenus récurrents et inquiètent les habitants. Macmillan Ambe Awa explique avoir subi un « traumatisme psychologique » mais n’a « pas été violenté ». Jeune Afrique

Les hommes de l’ombre de la crise libyenne
Ils ne disposent pas de mandat, ni de poste officiel mais pèsent sur des dossiers internationaux hautement sensibles. La crise libyenne, qui se prolonge notamment du fait de la rivalité entre leaders politiques, a donné matière à agir à ces hommes d’influence, affairistes, lobbyistes, intermédiaires et autres consultants. « C’est de la diplomatie parallèle », tranche Jean-Yves Ollivier, dans une interview accordée à JA en août 2018, lorsqu’on lui demande de définir son rôle de médiation entre les parties libyennes. L’homme d’affaires français, proche du président congolais Denis Sassou-Nguesso, est à l’origine d’une initiative de dialogue inter-libyen et défend l’idée d’une réconciliation nationale préalable à toute sortie de crise. À travers sa « Fondation Brazzaville », il organise des rencontres avec différents protagonistes de la crise libyenne entre 2017 et 2018, comme à Dakar en mai 2018. Jeune Afrique



Photo: Adam Jones