Revue de Presse du 22 février 2019

La nature évolutive des Forces démocratiques alliées
La forte augmentation des activités violentes des Forces démocratiques alliées (ADF) témoigne de la virulence croissante de ce groupe mystérieux qui opère aux frontières de l’Ouganda et de la République démocratique du Congo (RDC). Le nombre d’incidents violents liés aux ADF a triplé en 2018, atteignant 132 contre 38 en 2017. Le nombre de victimes a doublé, atteignant 415 personnes au cours de la même période. Ce chiffre inclut les meurtres des soldats de la paix de la Mission de l’organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), et de civils le long de la frontière entre la RDC et l’Ouganda. Au total, les ADF sont responsables de la mort de 700 civils depuis 2014. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

La police congolaise accusée d’exécution sommaire
Human Rights Watch accuse la police congolaise d’avoir exécuté sommairement au moins 27 personnes, lors de répression de gangs dans la capitale. Les crimes auraient été commis entre mai et décembre 2018 dans le cadre de l’opération « Likofi 4 » visant des membres de gangs présumés selon un rapport de Human Rights Watch. La police en République démocratique du Congo nie ces allégations. Le chef de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo, accusé dans le rapport d’être impliqué de près dans l’opération, a réfute les allégations. BBC

Goma en proie à la violence armée (vidéo)
En RDC, au moins cinq personnes ont été tuées la nuit dernière à Goma par des hommes armés, intervient quelques jours après une tuerie dans les mêmes quartiers de la ville. Des tireurs non identifiés ont abattu huit civils. Des habitants se disent exaspérés par la léthargie des autorités.  VOA

La RDC toujours sans gouvernement 4 semaines après l’investiture de Tshisekedi
En République démocratique du Congo, les ministres annoncent leur démission les uns après les autres. L’Assemblée nationale leur laissait jusqu’à minuit pour dire s’ils souhaitaient rester membres du gouvernement ou siéger au Parlement. Mais il s’agit d’une simple formalité. Si certains espéraient que cela précipite la nomination d’un nouveau gouvernement, il n’en est rien. Quatre semaines après l’accession au pouvoir de Félix Tshisekedi, il y a toujours un flou sur la gestion du pays. Quatre semaines après l’investiture de Félix Tshisekedi, le Premier ministre Bruno Tshibala n’a toujours pas remis la démission de son gouvernement, ce qui lui était pourtant demandé. Les membres du gouvernement, élus députés, se retrouvent donc aujourd’hui obligés de signifier individuellement leur démission. RFI

Les attaques jihadistes augmentent de façon « exponentielle » au Burkina Faso
Les attaques jihadistes augmentent de façon « exponentielle » au Burkina Faso et s’étendent géographiquement à des zones jusque là épargnées sous les yeux des forces de sécurité incapables de faire face, soulignent des experts à la veille de l’ouverture du grand festival international de cinéma de Ouagadougou, le Fespaco. Depuis qu’elles ont débuté il y a quatre ans, les attaques islamistes au Burkina ont fait plus de 300 morts (plus de 500 selon certaines sources) et sont d’intensité croissante. Depuis début décembre 2018, une quinzaine d’attaques ont été perpétrées dans des régions du nord et de l’est du pays, tuant 80 personnes, civils et membres des forces de l’ordre, selon un décompte de l’AFP.  TV5

1135 écoles fermées en raison du ‘terrorisme’ au Burkina
Selon les chiffres révélés par le ministre de l’Education nationale Stanislas Ouaro, ces fermetures d’écoles concernent 154 233 élèves et 5032 enseignants à la date du 15 février. Les menaces contre le système éducatif ont commencé en 2016, mais se sont aggravées depuis l’année dernière, notamment dans les provinces du Soum (région du Sahel), du Yatenga et du Loroum (région du Nord). En 2018, les perturbations se sont étendues aux régions de l’Est, de la Boucle du Mouhon et du Centre-est du pays. BBC

Au Sénégal, l’influence des confréries musulmanes sur la présidentielle
Le premier tour de l’élection présidentielle sénégalaise a lieu dimanche 24 févier. Le quatrième épisode de notre série de reportages tournés par nos correspondants, Sarah Sakho et William De Lesseux, s’intéresse aux confréries musulmanes, les Mourides, les Tidjanes ou encore les Layènes, qui ont eu une grande influence au cours de la campagne. Ces confréries aux chefs religieux influents sont très présents dans la vie des populations, et la politique n’échappe pas à cette règle. Depuis la fin des années 1980, les confréries ne donnent plus de consigne de vote officielle, mais leur influence reste bien réelle. Alors en cette période électorale, les candidats se pressent auprès des califes. France 24

Sénégal: faute de débat, des candidats de l’opposition face à un panel citoyen
Deux des quatre candidats d’opposition à la présidentielle au Sénégal de dimanche ont répondu jeudi, séparément, aux questions d’un panel citoyen, faute d’un grand débat commun auquel avait refusé de prendre part le président sortant Macky Sall. L’ancien Premier ministre Idrissa Seck et le candidat du Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR), Issa Sall, qui avaient donné leur accord de principe, se sont finalement désistés pour des contraintes d’agenda, selon les organisateurs, le mouvement Y’en a marre. Le député Ousmane Sonko, 44 ans, a ouvert le bal pendant plus d’une heure sous une tente dressée dans les jardins ombragés de la maison de la culture Douta Seck, dans un quartier populaire de Dakar, devant quelques dizaines de participants. L’événement était retransmis en direct sur la télévision privée 2STV. TV5

Présidentielle au Sénégal: l’ex-président Abdoulaye Wade calme le jeu
L’ancien chef de l’Etat Abdoulaye Wade calme le jeu dans un communiqué publié jeudi 21 février au soir, à trois jours de la présidentielle. De retour au Sénégal depuis le début de la campagne, le chef de file du Parti démocratique sénégalais n’appelle plus à brûler les bulletins de vote le jour du scrutin. Dans sa déclaration, il appelle maintenant à résister pacifiquement à une élection qu’il juge « truquée » par Macky Sall, tout en maintenant son appel au boycott. RFI

Elections au Nigeria: un pays entre attente et désillusion à la veille du vote
Les Nigérians ont été assez dépités suite au report de dernière minute des élections présidentielle, législatives et sénatoriales samedi dernier. Les scrutins ont été reportés à la dernière minute par la Commission électorale, préoccupée par des soucis logistiques. Désormais, les électeurs doutent jusqu’à la dernière minute de la tenue du scrutin ce 23 février alors que les candidats multiplient les appels à la mobilisation. Des citoyens, qui comme en 2015, ont des attentes très fortes. Notamment en milieu rural.  BBC

Présidentielle au Nigeria : la difficile bataille contre les « fake news »
Fausses accusations, photos détournées, vidéos fabriquées… Jusqu’au scrutin du 23 février, la campagne présidentielle aura été émaillée par une propagation de fake news sans précédent dans le pays. Et ce, en dépit des efforts des plateformes de « fact-checking », fruits de la collaboration entre les médias et les réseaux sociaux. On l’annonçait démissionnaire à près de 48 heures du scrutin. Mahmood Yakubu, le président de la Commission électorale indépendante (INEC), aurait-il réellement quitté son poste ce 21 février, comme l’indiquait certains internautes sur les réseaux sociaux ? Bien au contraire. Loin d’annoncer son départ, le président de la commission a en réalité assuré ce jour-là que les élections auraient bien lieu le samedi 23 février. Jeune Afrique

Soudan: une vingtaine de leaders de l’opposition arrêtés avant une manifestation
Plusieurs dirigeants de partis politiques ont été arrêtés jeudi 21 février à Khartoum alors qu’ils s’apprêtaient à manifester contre le régime. Les manifestations pour demander le départ du président Omar el-Béchir sont quasi quotidiennes. Plusieurs centaines de manifestants ont été arrêtés depuis le début du mouvement il y a deux mois. Mais c’est la première fois que les forces de sécurité interpellent autant de dirigeants. Parmi la vingtaine de leaders de l’opposition arrêtés, le secrétaire général du Parti communiste soudanais, Mokhtar al-Khatib, la vice-présidente du principal parti d’opposition Umma, Mariam Sadiq al-Mahdi, ou encore Youssef al-Mustapha, porte-parole de l’Association des professionnels soudanais, le principal organisateur de ces manifestations. Tous des figures emblématiques de l’opposition au régime d’Omar el-Béchir, depuis trente ans au pouvoir au Soudan. RFI

Les Nigérians appelés à choisir leur président dans un climat d’incertitude totale
Le Nigeria vote samedi pour élire son prochain président, après un report d’une semaine du scrutin qui a attisé les tensions dans cette course serrée entre le président sortant Muhammadu Buhari et son principal rival Atiku Abubakar. Après le report surprise pour des raisons logistiques du scrutin quelques heures à peine avant l’ouverture des 120.000 bureaux de vote, près de 84 millions d’électeurs sont donc rappelés aux urnes samedi, dès 08H00 (07H00 GMT). Autre enjeu de ce vote, les 360 sièges de la Chambre des représentants et les 109 du Sénat doivent également être renouvelés.  VOA

Algérie : la contestation monte contre le cinquième mandat de Bouteflika
En pleine campagne de collecte de signatures pour les candidats à la candidature à l’élection présidentielle, l’Algérie est secouée par des manifestations d’ampleur diverse contre le cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Rien que le week-end dernier, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs wilayas du pays. Et ce vendredi 22 février, plusieurs manifestants à visages découverts se sont déjà mobilisés dans les principales villes comme le rapporte le site TSA. « À Annaba, où se tient le rassemblement le plus important pour le moment, plusieurs centaines de manifestants ont répondu aux appels anonymes à manifester et se sont rassemblés, dès le début de la matinée, sur la place principale du centre-ville. Drapeaux algériens et des pancartes avec, inscrits dessus, des chiffres 5 barrés, en signe de rejet du cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, sont brandis par les manifestants », écrit le site dans son édition spéciale. Le Point

Libye : pourquoi l’Égypte d’Abdel Fattah al-Sissi soutient le maréchal Haftar
Surnommé « le Sissi libyen » par ses opposants, le maréchal Khalifa Haftar est épaulé par le président égyptien depuis des années. Si les deux partagent la même conception du pouvoir militaire et leur opposition aux Frères musulmans, Abdel Fattah al-Sissi prône la stabilisation du pays voisin en vue d’une coopération plus étroite. Des soldats égyptiens se battent sur le front dans la vieille ville de Derna, dans l’est du pays. On ignore s’il s’agit de membres de l’armée officielle ou de mercenaires, mais leur uniforme et leur dialecte ne laissent planer aucun doute sur leur origine. C’est en tout cas ce que montre une vidéo postée mardi 19 février sur les réseaux sociaux et reprise par les sites d’information libyens. Ces images (que nous avons décidé de ne pas diffuser, en raison de leur violence) font polémique. Jeune Afrique

Cinéma: le Fespaco de Ouagadougou fête son cinquantenaire sous tension
Le plus grand festival de cinéma africain, le Fespaco de Ouagadougou, célèbre à partir de samedi son cinquantenaire, avec pour thème « la mémoire et l’avenir » du 7e art sur le continent, dans un contexte tendu par la multiplication des attaques jihadistes au Burkina Faso. Quelque 165 films ont été sélectionnés pour cette 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), dont 20 longs métrages de fiction en compétition pour l’Etalon d’or de Yennenga, la récompense suprême. Pendant huit jours, du 23 février au 2 mars, le festival présentera aussi courts métrages, documentaires, séries télé, films d’animation, ainsi que des films d’écoles africaines de cinéma, en compétition dans les différentes sections. TV5

 



Photo: Adam Jones