Revue de presse du 2 novembre 2026

Transformer les corridors économiques africains pour une nouvelle ère
L’Afrique dispose de certaines des plus grandes réserves connues au monde de minéraux essentiels tels que le manganèse, les métaux du groupe du platine, le cobalt et le graphite. Le regain d’intérêt mondial pour la sécurisation d’approvisionnements stables en ces minéraux a remis à l’ordre du jour les infrastructures et les corridors logistiques du continent, cers derniers étant souvent considérés comme des obstacles majeurs à la fois à l’accès à l’Afrique et aux investissements sur le continent. … Les corridors économiques existants en Afrique ont été les moteurs de la croissance économique du continent. … Les stratégies africaines de développement des corridors se heurtent à de nombreux défis : une gouvernance nationale et régionale fragmentée, des investissements redondants ou mal coordonnés, des impacts environnementaux et sociaux, ainsi que des systèmes de données défaillants. Les infrastructures matérielles ne suffisent pas à elles seules à garantir la transformation. Pour que les corridors économiques réalisent leur potentiel économique, les pays africains doivent veiller à ce que la participation étrangère à leurs plans de développement de corridors serve les priorités régionales et favorise une gestion saine des corridors, sans porter atteinte à leur autonomie politique ni transformer les infrastructures en simples arènes de rivalités stratégiques. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

L’Ouganda a commencé le retrait de ses troupes de Somalie, annonce son armée
L’Ouganda a annoncé ce 2 novembre 2026 dans un communiqué avoir commencé le retrait de ses troupes déployées en Somalie, où les insurgés shebabs continuent de contrôler des pans de territoires. « Les Forces de défense populaires de l’Ouganda (UPDF) ont entamé le retrait des troupes déployées en Somalie dans le cadre d’accords bilatéraux conclus avec le gouvernement fédéral, avec effet immédiat », a déclaré l’armée dans un communiqué, ajoutant qu’elle achèverait le retrait de toutes ses troupes de Somalie d’ici fin 2027. L’armée ougandaise est présente depuis 20 ans en Somalie dans le cadre d’un accord bilatéral mais aussi via la Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (Aussom), dont elle est une composante majeure. … Le retrait de ces forces se fera en deux temps. D’abord, ce sont les troupes déployées dans le cadre d’accords bilatéraux entre Kampala et Mogadiscio qui rentreront. « Cette opération sera achevée dans les prochains jours », poursuit le communiqué. Ensuite, ce sera le tour des soldats déployés dans le cadre de l’Aussom, dernier nom en date de cette mission de maintien de la paix de l’Union africaine. RFI

Sahara occidental : fin de la MINURSO, l’ONU demeure prête à soutenir les efforts de paix
Faute d’accord au Conseil de sécurité, la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a cessé ses opérations samedi à minuit, après 35 ans de présence. Le Secrétaire général réaffirme l’engagement des Nations Unies à aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. … Vendredi, le Conseil de sécurité n’est pas parvenu à s’entendre sur l’avenir de la mission. Un projet de résolution américain s’est heurté au veto de la Russie, tandis qu’un texte concurrent russe n’a pas recueilli les neuf voix nécessaires à son adoption. Les opérations de la MINURSO ont pris fin, mais les Nations Unies continueront d’œuvrer en faveur d’un règlement pacifique par l’intermédiaire de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura. ONU Info

Burkina Faso: l’imam Mohamed Kindo libéré après plusieurs mois en détention
Au Burkina Faso, l’imam Mohamed Ishaq Kindo a été remis en liberté, selon plusieurs sources, au sein de la communauté sunnite. Soutien du régime dans un premier temps, il a été arrêté fin mai après avoir dénoncé un projet de loi visant à encadrer les libertés religieuses et les pratiques des cultes dans le pays. Son arrestation avait provoqué des manifestations à Ouagadougou pour réclamer sa libération. Plusieurs sources au sein de la communauté sunnite le confirment : l’imam Mohamed Ishaq Kindo est libre. Mais c’est une libération avec beaucoup de restrictions. « Il est placé à l’isolement, dans un lieu de repos, pour éviter un rassemblement devant son domicile », explique un membre de la communauté. Les visites sont interdites, tout comme les photos et les prises de parole publiques, selon les personnes contactées. Un autre membre qui affirme avoir pu le voir assure que l’imam « se porte bien », malgré une perte de poids. Selon lui, ses conditions de liberté s’apparenteraient davantage à une forme de « résidence surveillée ». RFI

Tchad: 25 morts dans des affrontements entre éleveurs et agriculteurs liés à l’eau
Au moins 25 personnes ont été tuées et 22 autres blessées vendredi 30 octobre 2026 dans des affrontements intercommunautaires dans le sud-ouest du Tchad. Le pays est fréquemment affecté par ce type de violences dans certaines zones rurales, où les conflits liés à l’accès aux ressources peuvent prendre une tournure meurtrière. À l’origine du conflit, un étang où un éleveur de la communauté Kreda est venu faire abreuver son bétail, dans la zone de Koula. S’en est suivie une dispute entre cet éleveur et un agriculteur de la région, membre des Kouka. La dispute prend alors une tournure sérieuse lorsque l’éleveur sort son arme et tire sur le pied de l’agriculteur, ce qui déclenche alors une fusillade entre les deux communautés. … Ces conflits ne sont pas récents, mais de plus en plus meurtriers. En cause, la circulation des armes, explique le Dr. Yamingué Betinbaye, politologue spécialiste des conflits au Tchad : « Le fait que des personnes civiles détiennent des armes de guerre, parfois ça leur donne déjà un certain ascendant dans les conflits. Et cela les met en confiance lorsque des affrontements éclatent. Donc, chacun va mobiliser les armes qui sont à sa disposition, ce qui amplifie très rapidement les conflits et ce qui aggrave aussi les bilans. RFI

Le Niger signe un protocole d’accord de coopération en Libye avec le clan Haftar
Le Niger et le clan Haftar, qui contrôle l’est de la Libye, ont signé un protocole d’accord pour renforcer leur coopération, a annoncé le Premier ministre nigérien dimanche 1er novembre en visite à Benghazi. Cette visite marque un rapprochement avec Benghazi, même si le Niger entretient des relations avec les deux pouvoirs libyens. Le Niger partage une frontière de plus de 340 km avec la Libye, pays divisé en deux exécutifs rivaux : l’un à Tripoli (Ouest), dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU, l’autre basé à Benghazi (Est), contrôlé par le puissant maréchal Khalifa Haftar et son clan. Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a annoncé sur sa page Facebook avoir été reçu dimanche par le général Saddam Haftar, vice-commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL) et fils de Khalifa Haftar. … Mais le Niger entretient également des liens avec Tripoli. Mi-juin, Ali Mahaman Lamine Zeine avait été reçu par Abdelhamid Dbeibah, avec qui il s’était entretenu « sur les enjeux sécuritaires, économiques et régionaux », selon les médias officiels nigériens. Jeune Afrique avec AFP

Djibouti-Somalie : Guelleh reçoit le président du Parlement somalien
Le président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, a reçu lundi au Palais de la République le président de l’Assemblée nationale somalienne, Abdoulkader Mohamed Nour, en visite officielle de quatre jours à Djibouti, a annoncé la présidence djiboutienne. Cette audience de courtoisie a été l’occasion pour le responsable somalien de transmettre la reconnaissance de son pays au chef de l’Etat djiboutien pour son engagement en faveur de la réconciliation et de la reconstruction de la Somalie. Abdoulkader Mohamed Nour a notamment salué le rôle joué par Ismaïl Omar Guelleh dans le processus de restauration de l’Etat somalien, citant particulièrement la conférence d’Arta, qu’il a présentée comme une étape historique dans le rétablissement des institutions nationales. Le responsable somalien a également évoqué la signature d’un mémorandum d’entente avec son homologue djiboutien, Dileita Mohamed Dileita, portant sur le renforcement de la coopération entre les deux institutions parlementaires. Cet accord vise notamment à développer les échanges d’expertise et les partenariats entre les deux Assemblées législatives, a-t-il indiqué, saluant l’accueil réservé à sa délégation. APA

Sécurité : la Cédéao renforce son réseau d’alerte précoce à Praia
La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et le gouvernement du Cabo Verde ont franchi un pas décisif dans la prévention des crises régionales en inaugurant, le 30 octobre 2026 à Praia, le Centre national de coordination du Mécanisme d’alerte précoce (CNMAP). La présidence de la cérémonie a été assurée conjointement par le Général Birame Diop, président de la Commission de la Cédéao, et le Dr Manuel Augusto Amante da Rosa, ministre caboverdien des Affaires étrangères, des Communautés et de la Défense nationale. Cette nouvelle infrastructure constitue le neuvième centre national du genre déployé au sein de l’espace communautaire. Elle vise à consolider les capacités nationales et régionales d’anticipation face aux menaces sécuritaires, tout en promouvant la sécurité humaine. … Sur le plan technique, cette structure vient dynamiser le Réseau d’alerte précoce et de réponse de la Cédéao (ECOWARN). En ancrant l’analyse des risques au plus près des réalités locales et des communautés, le centre garantit une meilleure transmission des données stratégiques vers les instances décisionnelles régionales. APA

Du péril de la traversée à celui de la guerre, les réfugiés pris au piège au Yémen
Plus de 65 000 réfugiés et demandeurs d’asile voient leurs conditions de vie se dégrader rapidement au Yémen. Intensification des combats, effondrement économique et restrictions de l’accès humanitaire menacent leur sécurité et leur survie. Malgré ces dangers, des milliers de personnes continuent pourtant de traverser la mer depuis la Corne de l’Afrique pour rejoindre le pays. La situation est particulièrement préoccupante dans le camp de Kharaz, situé dans le gouvernorat de Lahj, au sud-ouest du Yémen. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), quelque 9 500 personnes originaires de Somalie et d’Éthiopie y vivent, à quelques dizaines de kilomètres des zones de combat, dans un territoire contrôlé par le gouvernement. Si aucune victime parmi les réfugiés n’a été confirmée à ce stade, les bombardements à proximité ont perturbé les services et entravé les déplacements. ONU Info

Sept migrants sont morts lors d’une traversée à bord d’un bateau pneumatique faisant route vers les Canaries
Les corps de deux personnes ont été retrouvés dans une embarcation qui tentait de rejoindre l’archipel espagnol des Canaries, et cinq autres migrants seraient morts pendant la traversée, ont annoncé, lundi 2 novembre, les services de secours en mer. A 6 h 30, un navire espagnol a porté secours à un bateau pneumatique qui se dirigeait vers les îles Canaries avec 132 personnes à son bord – 120 hommes et 12 femmes –, a expliqué la même source. « Deux corps ont été retrouvés sans vie à bord et, selon les informations fournies par les rescapés, cinq autres corps ont été jetés à la mer pendant le voyage », a-t-on ajouté. … Cet archipel constitue l’une des principales portes d’entrée en Europe pour les migrants qui fuient la pauvreté, les conflits et les persécutions, les autres itinéraires possibles étant ceux en Méditerranée vers l’Italie ou la Grèce. Le long voyage à partir de l’Afrique de l’Ouest est extrêmement dangereux en raison des forts courants et de l’état des embarcations, généralement fragiles et surchargées. Le Monde avec AFP

Ebola en RDC : le taux de létalité dépasse les 50 %, avec 5 372 décès recensés
Le bilan de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) s’est alourdi à 5 372 morts vendredi, portant le taux de létalité à 51,6 %, selon le dernier rapport officiel publié dimanche. D’après le bulletin de situation de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le pays avait enregistré, au 30 octobre, un total de 10 414 cas confirmés d’infection par le virus Ebola. Dans un communiqué, les autorités ont précisé que cette hausse importante du nombre de décès recensés résultait d’une mise à jour rétrospective des données, effectuée conjointement par l’équipe locale chargée du traitement des informations et celle responsable de la gestion de l’épidémie dans la province de l’Ituri. Elles ont ainsi souligné que cette augmentation ne correspondait pas à une flambée soudaine des décès en une seule journée, mais à une correction des données précédemment enregistrées. Africanews avec AP