Revue de Presse du 2 mai 2019

Entre réformer ou poursuivre sur la même lancée, l’Union africaine hésite
La capacité de l’Union africaine à réagir efficacement aux crises politiques a été entravée par des problèmes institutionnels qui existaient bien avant sa création en 2002 pour remplacer l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Destinées à remédier à certaines insuffisances de l’OUA, les réformes qui ont jeté les bases de l’UA étaient basées sur les conclusions d’un groupe spécial de l’OUA qui a enquêté sur les circonstances du génocide de 1994 au Rwanda, les raisons pour lesquelles la communauté internationale n’a pas agi plus tôt et les lacunes institutionnelles qui ont finalement empêché une réponse cohérente de l’OUA et des Nations Unies. En réponse aux conclusions du groupe spécial, la nouvelle UA entreprit trois réformes majeures. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Bénin: barricades dans les rues, le pouvoir dément vouloir arrêter l’ex-président
De violents heurts ont éclaté au Bénin et la capitale économique, Cotonou, était bloquée quelques heures après l’annonce des résultats des élections législatives, marquées par un fort taux d’abstention et par l’absence de l’opposition, ont rapporté des journalistes de l’AFP. Les opposants béninois se sont soulevés craignant l’arrestation imminente de l’ancien chef de l’Etat, Boni Yayi (1996-2006), qui avait appelé au boycottage des élections, puis avait lancé un ultimatum lundi pour demander au président Patrice Talon d’interrompre le processus électoral, qualifié de « coup d’Etat institutionnel ». Les manifestants ont scandé des slogans hostiles à Patrice Talon, promettant de « le faire partir », avant d’être dispersés par des jets de gaz lacrymogène. Ils ont mis le feu à une station-service proche du palais présidentiel et ont incendié des commerces privés et des banques. Slate

Patrice Talon, un moderniste qui s’est endurci au pouvoir
Arrivé au pouvoir avec une image de businessman ambitieux fonceur et moderniste le président du Bénin, Patrice Talon, est désormais accusé d’avoir engagé le Bénin dans un tournant autoritaire après des législatives où l’opposition n’a pu présenter de candidats. Les deux seuls partis en lice proches du pouvoir sont assurés de gagner le scrutin. Mais pour le chef de l’Etat, qui rêvait d’être « porté en triomphe » à l’issue de son mandat, cette victoire pourrait être la plus grande défaite politique de son mandat. Le Bénin a boudé les urnes dimanche à plus de 75%, selon des résultats préliminaires, à l’appel de l’opposition qui protestait contre son éviction du scrutin.  AFP

Bénin: tensions autour du domicile de Boni Yayi
Le 1er mai a été chaud à Cotonou où les proches de Boni Yayi ont annoncé dans l’après-midi que la police avait encerclé la maison de l’ancien président. Le bruit se répand que l’on est venu l’arrêter, selon ses partisans. Les autorités démentent catégoriquement. Mais la journée a été émaillée d’incidents. Que s’est-il passé mercredi après-midi devant le domicile de l’ancien président Boni Yayi, dans le quartier Cadjehoun à Cotonou ? Selon ses partisans, vers 15h, sa maison s’est retrouvée encerclée par les forces de l’ordre. RFI

L’UA donne aux militaires soudanais 60 jours pour remettre le pouvoir aux civils
L’Union africaine a donné un nouveau délai de 60 jours aux militaires soudanais à la tête du pays depuis la destitution du président Omar el-Béchir pour remettre le pouvoir aux civils menaçant sinon de suspendre le Soudan de l’organisation. Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA (CPS) indique dans un communiqué publié mardi qu’il entend accorder « un nouveau délai allant jusqu’à 60 jours pour que les militaires au Soudan remettent le pouvoir à une autorité civile de transition ». Avec la même menace de sanction, l’UA avait déjà le 15 avril donné 15 jours pour que le pouvoir soit transféré aux civils à la suite du renversement du président soudanais par les militaires après trois décennies au pouvoir et des mois de manifestations populaires. VOA

Soudan du Sud: réunion capitale à Addis pour l’avenir de l’accord de paix
Les belligérants au Soudan du Sud sont réunis jeudi et vendredi à Addis Abeba, à l’appel du bloc régional est-africain Igad, pour relancer l’accord de paix signé en septembre 2018 dans la capitale éthiopienne, actuellement dans une impasse. Cet accord prévoyait une période de transition s’achevant le 12 mai à l’issue de laquelle un gouvernement d’unité nationale devait être formé. Mais sa mise en oeuvre a pris beaucoup de retard, et gouvernement et rebelles sont en profond désaccord sur l’attitude à adopter. Le gouvernement, dont le porte-parole Ateny Wek Ateny a fait savoir que le président Salva Kiir ne se rendrait pas à Addis Abeba, est déterminé à ce que le calendrier initial soit respecté et entend faire porter la responsabilité d’un échec à la rébellion. VOA

Le retour toujours en suspens de Riek Machar à Juba
Au Soudan du Sud, on s’approche de la date fatidique du 12 mai. Ce jour-là, selon l’accord de paix signé en septembre devant mettre fin à la guerre civile, Riek Machar doit rentrer au pays pour devenir premier vice-président. Mais le chef rebelle refuse pour l’instant de rentrer disant que les conditions de sécurité ne sont pas réunies et que l’accord a accumulé trop de retard. Le 12 mai si tout va bien, Riek Machar rentrera à Juba. Un nouveau gouvernement d’union sera nommé, et une période de transition de trois ans s’ouvrira jusqu’à de nouvelles élections.  RFI

Soudan: le précieux soutien de la diaspora à la contestation
Alors que les négociations entre militaires et civils pour un Conseil conjoint sont dans l’impasse, l’Union africaine a lancé un nouvel ultimatum au Conseil militaire au pouvoir. Pendant ce temps, la mobilisation continue à Khartoum et le mouvement bénéficie du soutien de la diaspora. L’Union africaine a fixé un nouvel ultimatum de 60 jours au Conseil militaire qui dirige le Soudan depuis la chute d’Omar el-Béchir pour transférer le pouvoir aux civils. Un premier délai de 15 jours avait déjà été fixé, mais les négociations entre militaires et les civils pour composer un Conseil conjoint qui gouvernera le pays sont dans l’impasse. Les manifestants, eux, n’abandonnent pas et continuent d’occuper la place qui fait face au quartier général de l’armée. RFI

Au Soudan, une nouvelle « marche du million » pour maintenir la pression sur le Conseil militaire
Les meneurs de la contestation au Soudan ont appelé à une nouvelle « marche du million » jeudi à Khartoum, alors que les négociations avec les militaires sur un transfert du pouvoir aux civils piétinent. La pression contre le pouvoir militaire se poursuit au Soudan. Les manifestants sont attendus en grand nombre jeudi 2 mai à Khartoum pour « une marche d’un million » de personnes. Cette mobilisation répond à l’appel des meneurs de la contestation qui entendent maintenir la pression sur les militaires alors que les négociations sur un transfert du pouvoir aux civils piétinent. Après la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir par l’armée sous la pression d’un mouvement de contestation inédit lancé en décembre, un Conseil militaire de transition a pris le pouvoir pour deux ans. France 24

Vague de sanctions contre les médias en Ouganda
Les autorités ougandaises ont ordonné à 13 radios et télévisions de suspendre un certain nombre de journalistes pour des reportages sur un leader de l’opposition. La Commission des communications de l’Ouganda (UCC) a ordonné à 13 organes de presse, dont des chaînes de télévision et des stations de radio, de suspendre leurs principaux producteurs et directeurs d’informations et de programmes en raison de la façon dont les médias ont couvert une manifestation de partisans de Bobi Wine et son arrestation, lundi dernier. L’autorité ougandaise de régulation des médias déclare que les stations de radio et de télévision doivent suspendre les trente-neuf employés dans un délai de trois jours. BBC

Niger: les attaques jihadistes plongent les populations dans la précarité à Diffa
Les Nations unies ont décompté 116 incidents, et 85 civils morts suite à des attaques de Boko Haram, sur le seul mois de mars. Depuis le début de l’année, au moins 19 000 personnes ont quitté leurs village pour se réfugier dans la ville de Diffa, où la précarité s’installe davantage.  RFI

Merkel appelle à aider les pays du G5 Sahel dans leur lutte contre les jihadistes
La chancelière allemande Angela Merkel a appelé mercredi à Ouagadougou, les pays européens à consentir plus d’efforts pour les pays du G5-Sahel en première ligne contre les jihadistes, et dont les cinq chefs d’Etats étaient présents dans la capitale burkinabè. « Ce n’est pas uniquement la responsabilité de ces cinq Etats mais c’est une responsabilité qui concerne l’Europe également car si le chaos prend le dessus –ce que nous tenons à éviter à tout prix– cela a également un impact sur d’autres domaines », a affirmé Mme Merkel après une réunion avec les cinq chefs d’Etat du G-5 Sahel. Les présidents malien Ibrahim Boubacar Keïta, mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, nigérien Mahamadou Issoufou et tchadien Idriss Deby sont arrivés dans la matinée pour ce sommet.  VOA

Les dessous de l’opération « mains propres » en Algérie
« Imaginez un peu un magistrat qui a passé quinze ans de sa carrière brimé, saqué, muté loin de son foyer. Qu’est-ce que vous croyez ? Aujourd’hui, c’est lui qui met la pression pour que les dossiers soient traités, pour que les décideurs politiques qui ont menacé sa famille soient entendus par la justice… » Dans les coulisses de la vaste offensive judiciaire lancée par le pouvoir en place depuis le départ d’Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, une source proche de certains dossiers liés à des affaires de corruption s’est confiée au Point Afrique. « Les instructions révèlent chaque jour de nouveaux éléments. Le travail est énorme. Mais il y a eu trop d’argent sale, c’est la survie de l’économie qui est en jeu. »  Le Point



Photo: Adam Jones