Revue de presse du 1er septembre 2026

La lutte contre le financement du terrorisme en Afrique de l’Est
Al-Shabaab a mis en place une capacité sophistiquée de génération de revenus qui s’étend bien au-delà des zones sous son contrôle territorial en Somalie. Cela inclut toute une série d’activités criminelles organisées, telles que l’extorsion directe et la perception illicite d’impôts, le commerce illicite, la contrebande et le trafic, ainsi que le blanchiment d’argent, entre autres activités criminelles visant à faire circuler des personnes, des armes et de l’argent à travers l’Afrique de l’Est et au-delà. On estime désormais qu’Al-Shabaab contrôle des revenus annuels pouvant atteindre 200 millions de dollars. Bien que sa génération de revenus initiale ait été opportuniste, Al-Shabaab a évolué pour devenir une entité hybride qui brouille les frontières entre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale. Cette capacité croissante de génération de revenus a été facilitée par les frontières poreuses de la région, la fragilité persistante de l’État, les conflits armés et la corruption. Le gouvernement fédéral de Somalie (GFS) a réalisé des progrès significatifs grâce aux réformes apportées à son cadre de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBC/FT) et à l’adoption de stratégies visant à perturber le financement du terrorisme. Ces mesures ont permis de geler des comptes bancaires liés au terrorisme, de suspendre des comptes de paiement mobile et de poursuivre en justice des personnes accusées de financement du terrorisme. Malgré ces progrès, Al-Shabaab a continué à s’adapter et à maintenir ses flux de revenus. Parallèlement, les lacunes en matière de conformité technique et d’efficacité opérationnelle compromettent les efforts visant à réduire ces sources de financement. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Niger: après la mutinerie à Niamey, les raisons de la colère dans les rangs de l’armée
Au Niger, journée calme ce lundi 31 août à Niamey, après un week-end marqué par des tirs. Ils ont commencé dans la nuit de vendredi à samedi et se sont poursuivis dans la journée de samedi. De violents affrontements ont opposé des soldats mutins, d’un côté, à la garde présidentielle, appuyée par les forces russes de l’Africa Corps, de l’autre. Depuis, aucun bilan officiel n’a été communiqué. Le général Abdourahamane Tiani, à la tête du CNSP, ne s’est pas exprimé publiquement. Les autorités parlent d’un « mouvement d’humeur ». Beaucoup de zones d’ombre persistent, notamment sur les raisons qui ont conduit à ces événements. En l’absence de communication sur les revendications des mutins, plusieurs scénarios circulent pour expliquer leur colère. Parmi eux, celui d’affectations mal acceptées par certains soldats : le fils du général Mody, ministre de la Défense, par exemple, a été envoyé en stage à l’étranger plutôt que de rejoindre une zone très exposée. Plus généralement, plusieurs sources évoquent un ras-le-bol dans les rangs de militaires engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes, qui manquent parfois d’appui aérien et d’équipements adéquats et subissent d’importantes pertes. De l’avis de plusieurs observateurs, les affrontements de samedi témoignent en tout cas de fortes tensions entre la garde présidentielle et le reste de l’armée nigérienne. RFI

Cédéao : Birame Diop prône l’unité pour renforcer l’intégration
Le nouveau président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le général sénégalais Birame Diop, a appelé lundi à Abuja à l’unité, à la solidarité et au respect mutuel pour renforcer l’intégration régionale et l’efficacité de l’organisation ouest-africaine. Dans son discours inaugural lors de sa prise de fonctions, le général Diop a invité les membres du personnel et l’ensemble des parties prenantes de la Cédéao à travailler collectivement à la construction d’une institution « unie, cohérente et efficace », en mesure de répondre aux aspirations et aux défis de la région. … Le nouveau président de la Commission a également appelé à l’ouverture d’une nouvelle page pour l’intégration ouest-africaine, placée sous le signe de la paix, de la dignité et de la prospérité partagée. « Un nouveau chapitre s’est ouvert pour l’intégration ouest-africaine. Travaillons ensemble pour en faire un chapitre de paix, de dignité et de prospérité partagée », a-t-il lancé. La cérémonie de passation a également été marquée par le discours d’adieu du président sortant, le Dr Omar Alieu Touray, qui a exprimé sa gratitude pour l’opportunité qui lui a été donnée de servir la Communauté durant quatre années. … Le passage de témoin entre les deux dirigeants intervient dans un contexte particulièrement exigeant pour la Cédéao, confrontée à d’importants défis en matière de cohésion régionale, de sécurité, d’intégration économique et de coopération entre les États membres. À la tête de la Commission pour la période 2026-2030, le général Birame Diop devra ainsi œuvrer à consolider les acquis de l’organisation tout en répondant aux nouvelles attentes des populations ouest-africaines. APA

En Guinée, des ONG réclament une enquête indépendante après la découverte de six corps dans une fosse commune
Après la découverte de six corps retrouvés ligotés et les yeux bandés, lundi 24 août, dans une fosse commune dans le sud-ouest de la Guinée, 20 ONG de la société civile africaine « exigent une enquête indépendante et transparente » de la justice guinéenne dans un communiqué transmis lundi à l’Agence France-Presse (AFP). Parmi ces organisations se trouvent Afrikajom Center, de la figure de la société civile sénégalaise Alioune Tine, et plusieurs sections de l’organisation Tournons la page (TLP), qui réunit les mouvements citoyens du même nom d’une dizaine de pays d’Afrique. Les six dépouilles, toutes celles d’hommes, avaient été découvertes dans une forêt de la préfecture de Forécariah, en Basse Guinée, par des jeunes qui ramassaient du bois de chauffe. Une enquête a depuis été ouverte. Les 20 ONG « exigent que toutes les hypothèses soient examinées dans le cadre d’une enquête indépendante, impartiale et transparente » et réclament « la reddition de compte immédiate » de cette enquête qui doit être menée « avec l’appui d’experts médico-légaux nationaux et internationaux, afin d’identifier formellement les victimes ». La découverte de cette fosse commune s’ajoute, selon elles, à « au moins 35 cas de disparitions forcées documentés par [l’organisation TLP Guinée] depuis le 5 septembre 2021 ». Pour ces ONG, « les conditions dans lesquelles les corps ont été retrouvés font craindre que les victimes aient pu faire l’objet d’exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ». Le Monde avec AFP

Ebola en RDC : l’épidémie dépasse les 6 000 cas confirmés et les 2 900 morts, annoncent les autorités
Plus de 6 000 cas, et près de 3 000 décès, ont été recensés en République démocratique du Congo (RDC), selon les données publiées lundi 31 août par les autorités congolaises. Le pays fait face à sa 17e épidémie de la maladie, laquelle a dépassé celle qui avait sévi entre 2018 et 2020 dans l’est du pays. Partie de la province de l’Ituri (Nord-Est), la flambée actuelle est causée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n’existe aucun vaccin ou traitement spécifique homologués. Elle s’est rapidement étendue à six provinces dans le nord et l’est du pays, des zones où la présence de l’Etat est fragile et où des groupes armés entretiennent l’insécurité. A ce jour, 2 911 décès et 1 366 guérisons ont été recensés sur 6 041 cas confirmés depuis le début de l’épidémie, déclarée mi-mai, selon les données publiées lundi par les autorités sanitaires de la RDC. La riposte, sous-financée, est dépassée par l’explosion des cas, et se heurte à la défiance d’une partie des communautés. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé jeudi un appel pour réunir 1,1 milliard de dollars (plus de 946 millions d’euros) afin de compléter un plan d’aide pour lutter contre l’épidémie. Le Monde avec AFP

Épidémie d’Ebola en RD Congo: l’Égypte annonce la mise au point d’un vaccin candidat contre le variant Bundibugyo
Aux quatre coins de la planète, l’effervescence a gagné les laboratoires. Une véritable course contre la montre est en cours avec pour objectif de mettre au point un vaccin le plus rapidement possible. Car le temps est compté pour lutter contre le rare variant Bundibugyo qui sévit actuellement en République démocratique du Congo, et contre lequel il n’existe pas à ce jour ni traitement ni de vaccin spécifique disponible. … Face à l’urgence de la situation, pas moins de quatre vaccins étaient déjà en cours de mise au point, aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et à Singapour, tous soutenus par la Cepi, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies, un partenariat international public-privé basé à Olso. Un cinquième candidat s’invite aujourd’hui dans la course. Cette fois, par l’entremise de l’Égypte et le groupe pharmaceutique Minapharm. Le projet, conçu par ProBioGen, la filiale spécialisée du laboratoire basée à Berlin, « recevra jusqu’à 16,5 millions de dollars de la Cepi », ont annoncé les deux organisations dans un communiqué conjoint. … La production sera partagée entre Berlin et Le Caire. La filiale allemande ProBioGen fabriquera dans un premier temps le principe actif, avant que Minapharm ne réalise le produit final en Égypte. Le groupe prévoit ensuite de transférer également au Caire la fabrication du principe actif. TV5 Monde

Au Ghana, une ambition de raffiner localement l’or avec ses limites
Au Ghana, les autorités ont interdit à partir de ce 1er septembre l’exportation d’or artisanal non-raffiné. Le plus gros producteur d’or du continent a indiqué à tous les acheteurs agréés par Goldbod, le régulateur de l’or ghanéen, qu’ils doivent désormais confier leurs minerais à l’une des quatre raffineries autorisées dans le pays, avant de pouvoir les vendre à l’étranger. C’est une nouvelle étape dans la reprise en main d’Accra sur son secteur aurifère artisanal et de petite échelle, avec pour objectif d’en augmenter la valeur ajoutée. Près de 11 milliards de dollars : c’est ce qu’a rapporté le secteur de l’or artisanal et de petite échelle en 2025, selon les chiffres communiqués par Goldbod. C’est aussi cette année que, pour la première fois, la production d’or artisanal a dépassé celle des grandes mines, atteignant un total de 104 tonnes, souligne Victor Cariou. Pour toujours plus capter la valeur issue de ce secteur en pleine progression (+63% en un an, selon la Chambre des mines du Ghana), le régulateur de l’or ghanéen souhaite donc maintenant s’attaquer à un nouveau pan du secteur : le raffinage. La stratégie est claire : afin d’alimenter les quatre raffineries agréées sur le sol ghanéen, les acheteurs d’or autorisés par Goldbod devront désormais transformer localement leurs minerais, avant de pouvoir le vendre à l’étranger. Une étape manquera cependant avant que cet or ne puisse être accepté sur les principales places financières internationales : la certification LBMA, pour London Bullion Market Association, dont aucune raffinerie ghanéenne ne dispose pour le moment. RFI

En Tunisie, la canicule dure et continue d’alimenter la colère sociale
Alors que la vague de chaleur se poursuit en Tunisie, les files d’attente demeurent devant les magasins pour obtenir de l’eau en bouteille. Face aux problèmes de coupures d’eau persistantes dans certaines régions et à la pénurie en eau minérale, l’armée et la garde nationale ont été déployées depuis le 28 août pour distribuer de l’eau potable en citerne mais la grogne sociale s’amplifie en l’absence de perspective d’un prochain retour à la normale. … Les coupures d’électricité qui ont rythmé tout le mois de juillet dans le cadre de délestage se poursuivent encore, selon les communiqués de la Société tunisienne d’électricité et du gaz qui annoncent chaque jour les régions concernées. L’Association des jeunes médecins a de nouveau dénoncé le silence du ministère de tutelle sur le nombre de morts dues aux vagues de chaleur. Samedi, le président de l’organisation a parlé de treize morts en moins de 24 heures. Le Forum des droits économiques et sociaux, une association tunisienne, a alerté sur une situation qui menace la paix et la sécurité et dénonce une crise sociale structurelle étouffante. Face à cette accumulation de tensions, les producteurs d’eau en bouteilles tentent depuis jeudi d’accélérer et d’augmenter l’approvisionnement de l’eau, avec 3 millions de litres injectés par jour dans la capitale. Mais la pénurie se fait aussi sentir ailleurs et la ruée sur les stocks disponibles est devenue la norme pour beaucoup de consommateurs qui craignent de manquer d’eau. RFI

Kenya : fin de la grève qui a paralysé le principal aéroport du pays
Les employés du secteur aérien kényan ont mis fin mardi à leur mouvement de grève après deux jours de fortes perturbations dans les principaux aéroports du pays. Des milliers de passagers avaient été bloqués dimanche et lundi, notamment à l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi. Les salariés avaient engagé un mouvement de ralentissement des activités pour faire pression sur les autorités et obtenir de meilleures conditions de travail. Les syndicats réclament notamment la conclusion d’un nouvel accord collectif ainsi que la fin du recours à du personnel volontaire. Selon l’Autorité de l’aviation civile du Kenya, un compromis a été trouvé afin de poursuivre les négociations sur cet accord. Les parties se sont également entendues sur le principe de ne pas sanctionner les employés ayant participé au mouvement social. Le secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l’aviation du Kenya, Moss Ndiema, a confirmé la levée de la grève et annoncé le retour progressif à un fonctionnement normal. Le gouvernement kényan a joué un rôle de médiateur dans les discussions. Le ministre des Transports, Davis Chirchir, a toutefois souligné que les pertes provoquées par ces deux jours de perturbations avaient été considérables pour l’économie. La reprise devrait être progressive à l’aéroport international Jomo Kenyatta, principal hub aérien du Kenya et plateforme stratégique pour les liaisons régionales et internationales. Son fonctionnement est également essentiel au secteur touristique, l’un des piliers de l’économie du pays. La compagnie nationale Kenya Airways a annoncé travailler au rétablissement de son programme de vols. Elle prévient cependant que des retards pourraient encore affecter les voyageurs jusqu’à mercredi, le temps de résorber les perturbations accumulées pendant la grève. Africanews

Tripoli : La Syrie rétablit officiellement sa présence diplomatique en Libye
La Syrie a officiellement renoué dimanche avec sa présence diplomatique en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade à Tripoli. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a marqué cette reprise lors d’une visite dans la capitale libyenne. … Il a également été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, à la tête du gouvernement libyen reconnu par l’ONU. La réouverture doit notamment permettre de répondre aux besoins administratifs des Syriens installés en Libye durant les années de conflit. Selon l’agence officielle syrienne Sana, leur nombre est estimé à environ 200.000. Les relations entre les deux pays s’étaient fortement détériorées après le déclenchement de la guerre en Syrie en 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi en Libye. Tripoli avait alors rompu ses relations avec le régime de Bachar al-Assad. Damas souhaite désormais relancer la coopération bilatérale, notamment dans le domaine sécuritaire. Les deux parties sont convenues d’intensifier leur coordination contre l’immigration clandestine, le trafic de stupéfiants et les organisations terroristes, a précisé M. Chaibani. La Libye avait également joué un rôle dans le conflit syrien. Au cours des dernières années de la guerre, des combattants et mercenaires liés aux différents camps syriens avaient été déployés sur le territoire libyen, dans le cadre du soutien apporté par la Russie et la Turquie à des forces rivales. Une délégation envoyée par Damas avait déjà procédé, à la mi-août 2025, à la réouverture de l’ambassade syrienne à Tripoli, fermée depuis 2012. Les services consulaires n’avaient toutefois pas repris immédiatement leurs activités. Sahel Intelligence