Nouvelles frappes des États-Unis et du Nigeria contre le groupe État islamique
Le Nigeria et les États-Unis ont mené de nouvelles opérations contre le groupe État islamique dans le nord-est du Nigeria où sévit une insurrection jihadiste depuis dix-sept ans. Dans un communiqué, publié ce lundi 18 mai, Africom – le Commandement des États-Unis pour l’Afrique – confirme avoir effectué de nouvelles frappes aériennes, dimanche 17 mai, 24 heures après avoir éliminé un haut responsable de l’organisation EI dans le pays. Depuis plusieurs mois, la coopération militaire entre Washington et Abuja s’est renforcée pour lutter contre les jihadistes. … Les frappes se sont concentrées autour de Metele et Dogon Chukwu, au nord de l’État de Borno, à la frontière avec le Niger et le Tchad. Une vingtaine de membres du groupe État islamique (EI) ont été éliminés, dont un haut responsable de l’État islamique en Afrique de l’Ouest, Abu-Bilal al-Minuki, et plusieurs de ses lieutenants. … La branche Afrique de l’Ouest du groupe État islamique est aujourd’hui considérée comme la plus active et la plus compétente du groupe djihadiste. RFI
Ebola en RDC: l’ampleur et la rapidité de l’épidémie a poussé l’OMS à sonner l’alerte
En République démocratique du Congo (RDC), l’épidémie d’Ebola aurait déjà fait 131 morts et plus de 513 cas suspects. L’ampleur et la rapidité avec lesquelles Ebola se propage a poussé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à déclarer dès dimanche l’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) sans attendre les recommandations de son comité d’experts. C’est une première dans l’histoire de l’organisation. Le comité d’urgence doit se réunir dans la journée pour préciser les recommandations à prendre face à la souche Bundibugyo qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC). Et contre laquelle il n’existe aucun traitement ni vaccin. Mais ce n’est pas la seule raison qui a conduit le patron de l’OMS, le Dr Tedros Ghebreyesus, à déclencher dès dimanche l’alerte rouge. Il l’a expliqué ce mardi matin devant les États membres lors de l’Assemblée générale de l’OMS. « La deuxième raison, c’est qu’on a recensé des cas dans zones urbaines ; troisièmement, du personnel de santé a été contaminé, a-t-il déclaré. Ce qui indique qu’il y a une transmission dans ce contexte là. Quatrièmement, il y a beaucoup de mouvement de populations dans l’est de la RDC. Et vous savez ce que ça veut dire avec Ebola. » Il y a près de 2 millions de déplacés rien qu’en Ituri et au Nord-Kivu, beaucoup plus si on ajoute le Sud-Kivu. RFI
L’EAC active son réseau de laboratoires et renforce la surveillance transfrontalière contre Ebola
Face à la propagation de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo déclarée dans l’est de la République démocratique du Congo, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a appelé, lundi 18 mai, ses États membres à renforcer d’urgence leur préparation. Cette décision intervient après la confirmation de cas en Ouganda. Dans un communiqué publié depuis son siège à Arusha, en Tanzanie, l’organisation régionale a exhorté les pays membres à intensifier la surveillance épidémiologique et à renforcer la coordination transfrontalière. L’urgence est d’autant plus grande que l’Ouganda voisin a déjà enregistré deux cas confirmés liés à des voyageurs en provenance de la RDC, dont un décès survenu à Kampala, la capitale ougandaise. … Pour contenir les risques de propagation à l’échelle régionale, l’EAC a activé son réseau régional de laboratoires de référence. L’organisation demande instamment aux États membres de : Activer leurs plans nationaux et transfrontaliers de préparation d’urgence ; Intensifier le dépistage obligatoire et le contrôle sanitaire aux différents points d’entrée ; Équiper adéquatement les équipes sanitaires mobiles et de réponse rapide sur le terrain. Radio Okapi
Mali: après son père, un fils de l’avocat Mountaga Tall enlevé à son tour
Au Mali, après l’enlèvement de Maître Mountaga Tall par la Sécurité d’État, dans la nuit du 2 au 3 mai, c’est le fils aîné de l’avocat qui est porté disparu, depuis samedi 16 mai après-midi. Cheick Mamadou Tall était parti pour apporter des affaires à son père, détenu dans un lieu inconnu, en dehors de toute procédure légale. Il n’est jamais rentré chez lui. Son entourage dénonce un « moyen de pression » destiné à extorquer des aveux à Maître Mountaga Tall. Cheick Mamadou Tall, informaticien et fils aîné de Maître Mountaga Tall, reçoit, samedi, un premier appel téléphonique, au cours duquel son interlocuteur lui permet de parler avec son père, à moins, s’interroge un proche a posteriori, qu’il ne se soit agi d’une voix créée par intelligence artificielle. Lors d’un second appel, le mystérieux interlocuteur demande à Cheick Mamadou Tall de rassembler des affaires pour les remettre à son père : lunettes, vêtements, médicaments. « Ordre est également donné de garder le secret », confie le même proche. Un rendez-vous est fixé, en début de soirée, dans le quartier bamakois d’ACI 2000. Le fils de Mountaga Tall se met en route vers 17h30. Depuis, sa famille est sans nouvelles et le téléphone de Cheick Mamadou Tall est éteint. … L’avocat et homme politique malien [Mountaga Tall] a été enlevé, il y a plus de deux semaines, par des hommes armés et cagoulés. Plusieurs personnalités politiques et proches d’opposants en exil ont également été enlevés, suivant le même mode opératoire, classique de la Sécurité d’État. RFI
L’Alliance des Etats du Sahel à l’épreuve de la crise malienne
La charte fondatrice de l’AES, adoptée par ses trois membres le 16 septembre 2023, stipule que « toute atteinte à la souveraineté et à l’intégrité du territoire » de l’un d’entre eux est « considérée comme une agression contre les autres » et engage « un devoir d’assistance et de secours » militaire mutuel. Pourtant, il n’y a pas eu d’intervention militaire des pays voisins pour soutenir les forces armées maliennes, débordées par leurs ennemis. Le Burkina Faso et le Niger se sont manifestés par un communiqué signé de la Confédération des Etats du Sahel, diffusé dans la nuit du 26 au 27 avril, soit après la perte de Kidal, fief des rebelles touareg, dans le nord du Mali, et l’attaque contre Kati, ville garnison et bastion du pouvoir militaire, à une vingtaine de kilomètres de Bamako, fatale au général Sadio Camara. … Dans les jours qui ont suivi, des drones burkinabés et nigériens ont mené quelques frappes dans les régions de Sévaré (centre) et de Kidal (nord). « Elles ont été faites trop tardivement et n’ont pas eu d’impact opérationnel significatif. Il s’agissait surtout d’une réponse politique, pour respecter l’engagement de défense mutuel inscrit dans notre charte », estime un officier burkinabé. … La force unifiée de l’AES, officiellement lancée en décembre 2025 et aux effectifs annoncés de 6 000 hommes, n’a, elle, pas envoyé d’éléments en renfort sur le terrain. … « La réalité est que nous sommes tous débordés. Toutes nos unités sont déjà engagées et mobilisées contre les groupes terroristes. Nous n’avons pas de moyens à envoyer chez les autres », ajoute un autre gradé burkinabé. … Unis en façade, les putschistes sahéliens n’en nourrissent pas moins certaines divergences. Le Monde
Au Mali, les civils dans l’horreur des crimes de l’armée et des Russes
Arrivée au pouvoir par un coup d’État en 2020 en promettant de rétablir la sécurité sur le territoire, la junte du général Assimi Goïta s’est éloigné de la France pour faire appel à la milice russe Wagner, devenue depuis Africa Corps, rattaché au ministère de la Défense russe. Les exactions du groupe ont été largement documentées. Selon des données analysées par l’AFP de l’ONG Acled, spécialisée dans l’observation des conflits, les actions lancées depuis 2020 par les forces officielles maliennes, accompagnées ou non par les paramilitaires russes, ont fait plus de 8.500 morts, dont la moitié sont des civils. Lorsque les Russes accompagnent les forces gouvernementales, la proportion des civils parmi les tués monte à 60%, et dépasse 90% quand ils sont seuls, d’après les données d’Acled. … [Nédoune, réfugié touareg d’une cinquantaine d’années,] raconte avoir ensuite été torturé par des Russes pendant quatre jours au camp de Bapho (centre), à peine nourri d’un peu de pain et d’eau. « On te mouille le corps avant de t’introduire les fils dans les oreilles et d’envoyer la charge électrique, puis tu t’évanouis », explique-t-il. « Les questions portaient toujours sur les jihadistes: +Les connaissez-vous? Qui sont-ils? Où sont-ils ?+ » Il sera finalement libéré en payant 310.000 francs CFA (472 euros), une petite fortune dans ce pays pauvre. AFP
La Russie va poursuivre sa coopération militaire avec la Guinée équatoriale
Le ministre des Affaires étrangères de la Guinée équatoriale, Simeon Oyono Esono Angue, s’est rendu à Moscou lundi et a rencontré son homologue russe, Sergueï Lavrov. Au cours de la rencontre, M. Lavrov a déclaré que la Russie était prête à poursuivre sa coopération militaro-technique avec la Guinée équatoriale. … Au cours du mois d’août 2024, la Russie a déployé jusqu’à 200 soldats dans le cadre du Corps africain afin de contribuer à la formation de la garde présidentielle d’élite et d’assurer la protection du dictateur de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, notamment dans les villes de Malobo et de Bata. Les experts estiment que la présence croissante de la Russie en Guinée-Équatoriale pourrait être considérée comme une stratégie à deux volets mûrement réfléchie, alliant diplomatie culturelle et renforcement de sa présence en matière de sécurité. Alors que le gouvernement de la Guinée-Équatoriale nie toute présence russe, des témoignages oculaires font état de militaires en uniforme arborant des insignes russes opérant à Malabo et à Bata. Ce déploiement fait suite à de multiples échanges diplomatiques, notamment trois visites du président Obiang en Russie et plusieurs séjours à Malabo du vice-ministre russe de la Défense, Yunus-bek Yevkurov, chargé d’étendre les opérations du Corps africain à l’ensemble du continent. La Russie a soutenu la création d’une nouvelle brigade d’intervention rapide forte de 684 membres en Guinée équatoriale. Africanews avec AP
Après un an de tensions, le Niger se réaccorde avec Pékin sur le pétrole
Le Niger et plusieurs sociétés chinoises qui exploitent du pétrole dans le pays ont conclu une série d’accords pour relancer la production et les exportations de brut, a annoncé lundi le ministre nigérien des Affaires étrangères, un an après un épisode de tensions. Le régime militaire du Niger, arrivé au pouvoir en juillet 2023, mène une politique souverainiste, en particulier pour ses matières premières − le pétrole et l’uranium −, et reprochait aux entreprises chinoises leur « mépris » de la réglementation nationale et le manque de valorisation des salariés nigériens. Trois dirigeants et des travailleurs chinois de sociétés pétrolières avaient été sommés de quitter le pays il y a un an. Selon des sources proches du dossier, les dirigeants ont été remplacés. Plusieurs accords ont été signés lundi 18 mai lors d’une cérémonie à Niamey en présence de responsables chinois et nigériens, dont le Premier ministre du Niger, Lamine Zeine. Ils concernent notamment la relance de deux projets pétroliers. … Les discussions amenant à ces accords ont été entamées en juin 2025 en Chine, lors d’échanges avec des autorités chinoises, précise le ministère dans un communiqué. La Chine extrait l’or noir du Niger depuis 2011. Mais ces dernières années, une brouille diplomatique avec le Bénin voisin avait fortement perturbé l’exportation de pétrole. Jeune Afrique avec AFP
Maurice: vers une instance pour proposer des changements majeurs à la Constitution?
À Maurice, c’est un chantier institutionnel inédit qui s’ouvre. Pour la première fois, depuis l’indépendance en 1968, la Constitution du pays pourrait être profondément remaniée. Un projet de loi présenté, ce mardi 19 mai, au Parlement prévoit la création d’une instance chargée de proposer des réformes majeures. Le gouvernement affirme vouloir moderniser le texte fondateur de la République qui, selon lui, « ne répond plus aux défis de l’île Maurice moderne ». Le projet de loi marque une étape importante dans la vie politique mauricienne. Présenté par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, le texte prévoit la mise en place d’une commission indépendante chargée de proposer des amendements constitutionnels en profondeur. À la tête de cette instance figure l’ancien chef juge, c’est-à-dire l’ancien numéro 1 de la Justice mauricienne, Bernard Sik Yuen, entouré de juristes, universitaires et anciens hauts responsables publics. La commission devra consulter la population, avant de remettre ses recommandations. Le mandat couvre un champ très large. Il prévoit notamment l’introduction de nouveaux droits liés à la vie privée, à la santé, à l’éducation ou encore au numérique. Le texte évoque aussi la reconnaissance des « droits de la nature », une disposition encore rare dans les constitutions contemporaines. Parmi les autres pistes étudiées, on y trouve la création d’une Cour constitutionnelle, davantage de garanties pour l’intégrité des élections, ainsi que l’introduction d’un mécanisme permettant à la population de révoquer un élu, en cas de faute grave. RFI
Ouganda: la nouvelle loi anti-ingérence suscite des inquiétudes
En Ouganda, la nouvelle loi anti-ingérence promulguée dimanche 17 mai par le président Yoweri Museveni continue d’inquiéter. Le gouverneur de la Banque centrale avait alerté sur un possible « désastre économique » pour le pays. Si plusieurs dispositions controversées ont été amendées avant la signature du texte, des économistes craignent encore une application floue et sélective de la loi, susceptible d’inquiéter investisseurs, ONG et diaspora ougandaise. Pour l’économiste Fred Muhumuza, « il y a des zones grises dans cette loi ». « N’importe qui peut envoyer de l’argent pour investir, puis l’État peut interpréter cela comme relevant de cette loi. Il y a une crainte parce qu’on ne sait pas exactement qui est visé, et beaucoup de définitions ne sont pas très claires », explique-t-il, au micro de Christina Okello, du service Afrique de RFI. « Quelqu’un peut envoyer de l’argent pour soutenir un orphelinat, des veuves, la santé maternelle ou l’éducation des jeunes filles — et cela peut malgré tout être interprété comme un acte politique, parce que l’idée centrale derrière cette loi, c’est la non-ingérence : nous ne voulons pas que des gens envoient de l’argent ici pour s’ingérer dans la vie politique. Mais bien sûr, nous savons que la politique et le développement social sont étroitement liés. RFI
