Revue de presse du 18 août 2026

Cartographie des acteurs armés impliqués dans le conflit au Soudan
Le conflit au Soudan est régulièrement présenté comme une lutte entre deux armées : les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF). Cette vision occulte la fragmentation croissante du paysage sécuritaire au Soudan. On estime aujourd’hui à 150 le nombre de milices actives dans le conflit. Composés d’un ensemble de forces militaires et paramilitaires, de milices tribales, de brigades islamistes, de groupes de défense communautaires, de gangs criminels et de mercenaires étrangers, ces acteurs armés représentent un large éventail de motivations, de structures hiérarchiques, de structures organisationnelles et de formations professionnelles. … Les RSF et les SAF soutiennent toutes deux des dizaines de milices pour faire avancer les objectifs militaires et politiques des principaux belligérants. Le caractère de plus en plus transactionnel de ces accords favorise une série de défections et de coalitions en constante évolution. Cela encourage simultanément un comportement prédateur de la part des milices armées qui captent des revenus issus de la contrebande d’or, du vol de bétail, des pillages et du contrôle des principales voies terrestres et de transit. Cela crée de nouveaux facteurs locaux alimentant le conflit. Malgré le rôle crucial que jouent les acteurs extérieurs dans le conflit soudanais, la fragmentation interne de l’environnement sécuritaire du Soudan a des implications profondes sur l’évolution de la guerre — notamment sur les défis sécuritaires, politiques et économiques qui façonneront le paysage une fois le conflit achevé. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Zambie : Hakainde Hichilema réélu président avec 60 % des voix malgré des tensions inédites
Sa victoire était largement attendue. La commission électorale zambienne a annoncé, mardi 18 août au petit matin, la victoire du chef de l’État sortant, en poste depuis 2021, avec environ 60 % des voix. … Son principal concurrent, Brian Mundubile, un ancien ministre du gouvernement d‘Edgar Lungu (2015-2021) était crédité au même moment de près de 38 % des voix, selon la commission. Lundi, Brian Mundubile, 55 ans, a dénoncé des irrégularités dans le dépouillement, affirmant sans fournir de preuves que les documents recensant les résultats avaient été falsifiés – ce qui, selon lui, risquait de compromettre « l’intégrité » du dépouillement. Cette déclaration s’ajoute aux différends qui ont émaillé la campagne, le scrutin du 13 août et l’après, inhabituels pour cette démocratie réputée stable. Des questions entourent ainsi les arrestations la semaine passée de 11 personnes dont six figures de l’opposition, selon l’annonce faite tard dimanche par le gouvernement et venue confirmer les rumeurs. Le gouvernement avance que ce coup de filet s’est tenu le jeudi des élections présidentielle et législatives et visait une milice présumée. Le parti d’opposition NRPUP de Brian Mundubile date, lui, l’opération à vendredi et « rejette catégoriquement ces accusations. Le NRPUP n’a pas de milice », a balayé lundi la formation, selon laquelle un parlementaire a été blessé par balles lors du raid. Jeune Afrique avec AFP

Au Nigeria, au moins 24 morts dans des attaques communautaires dans l’Etat du Plateau
Des hommes armés de fusils et de machettes ont tué au moins 24 personnes, dans la nuit du lundi 17 août au mardi 18 août, dans l’Etat du Plateau situé au centre du Nigeria, ont déclaré des survivants à l’Agence France-Presse (AFP). « Nous dormions, nous avons entendu des bruits, des gens de notre quartier criaient. J’ai regardé par la fenêtre et j’ai vu des hommes armés s’approcher de notre maison. Avant qu’ils n’arrivent, nous avons réussi à nous enfuir », a raconté Mathew Joseph à l’AFP, un habitant du village de Bin-Per, dans la circonscription de Mangu. Il fait état de 24 morts. Un bilan identique à celui donné par Muftwan Yamput, autre résidant qui a déclaré que ses voisins avaient été massacrés. Biplang Moses, agent de la Croix-Rouge locale, a confirmé l’incident sans préciser le nombre de victimes. La police n’a pas répondu à une demande de commentaires. L’Etat du Plateau est en proie à des conflits communautaires récurrents. Les éleveurs itinérants musulmans sont depuis longtemps en opposition avec les agriculteurs sédentaires de la région, dont beaucoup sont chrétiens, au sujet de l’accès aux terres et aux ressources. Le monde avec AFP

Elections partielles au Nigeria: l’opposant Ademola Adeleke a été réélu dans le riche État d’Osun
Au Nigeria, la victoire du gouverneur sortant lors des élections partielles organisées samedi 15 août dans le riche État minier d’Osun, dans le sud-ouest du pays, suscite de nombreuses réactions. Après une campagne électorale houleuse et particulièrement tendue, Ademola Adeleke a remporté le scrutin sous la bannière de l’Accord Party, un résultat qui redonne de l’espoir à l’opposition nigériane avant les élections des gouverneurs, en février 2027 – juste après les élections générales de janvier prochain -, au cours desquelles elle espère conquérir certains Etats fédérés. Pour son deuxième mandat, Ademola Adeleke a choisi de quitter le Parti démocratique populaire (PDP) et de rejoindre l’Accord Party, une formation bien plus modeste, en comptant sur son ancrage local pour contrer le candidat du parti majoritaire, Bola Oyebamiji. Et celui-ci a finalement remporté le scrutin avec 50,8% des voix dans le riche État d’Osun, connu pour ses importantes réserves minières et plus particulièrement pour l’or de son sous-sol. … Bien que le résultat de ce scrutin partiel soit présenté par l’opposition comme une victoire pour le multipartisme au Nigeria, le gouverneur Adeleke a déjà déclaré qu’il soutiendrait la candidature du président Tinubu à sa réélection, en janvier prochain, car c’est un Yoruba, originaire du sud-ouest du Nigeria, comme lui. RFI

Éthiopie: les rebelles Fano annoncent une alliance avec le Front de libération du peuple du Tigré
En Éthiopie, de nombreuses milices armées réparties dans tout le pays et opposées au pouvoir central d’Abiy Ahmed s’unissent pour renverser le Premier ministre. C’est ce qu’a affirmé Zemene Kassie, chef du groupe Fano, qui rassemble des combattants amharas, l’une des ethnies majoritaires du pays, dans une interview accordée, samedi 15 août, au média suisse Le Temps. Inédite, l’annonce est jugée crédible par l’analyste politique américain Yohannes Woldemariam, spécialiste des enjeux éthiopiens. Le chef de la milice Fano, Zemene Kassie, a annoncé officiellement de nouvelles alliances, y compris avec les forces du Tigré, dans le nord du pays. … Lors de la guerre civile, entre 2020 et 2022, dont le bilan humain est estimé à 600 000 morts, les combattants amharas s’étaient en effet joints aux forces du Premier ministre Abiy Ahmed, en poste depuis 2018, contre les soldats tigréens, une hostilité que les groupes armés, autrefois ennemis, semblent donc avoir décidé de mettre en pause. RFI

La Chine veut renforcer l’influence du yuan sur le continent africain
Payer ses importations chinoises, rembourser une dette ou même collecter des impôts en yuans : en Afrique, la monnaie chinoise gagne du terrain. En Zambie, les entreprises minières chinoises peuvent désormais verser taxes et royalties en yuans. Au Kenya, une partie de la dette contractée pour financer le chemin de fer a été convertie du dollar vers la monnaie chinoise. En Angola, une grande banque commerciale s’apprête à rejoindre CIPS, le système de paiement transfrontalier développé par Pékin. Et le mouvement s’accélère. Standard Bank peut déjà effectuer des règlements en yuans dans dix-neuf pays du continent. Pour Pékin, l’équation est simple : la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique, alors pourquoi continuer à passer par le dollar ? Mais cette alternative a ses limites. Le yuan reste étroitement contrôlé par Pékin, n’est pas librement convertible et représente encore une faible part des paiements internationaux. Pour les pays africains, réduire leur dépendance au dollar peut donc aussi signifier accroître leur dépendance à la Chine. C’est précisément l’enjeu pour Pékin : transformer son poids commercial en influence monétaire. Même si la Chine n’est pas encore en mesure de détrôner le billet vert. RFI

Russie-Ghana : le pari d’un rapprochement stratégique
La Russie et le Ghana ont abordé, lundi, les relations bilatérales, le commerce et les investissements lors d’une rencontre à Moscou entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa. … M. Ablakwa a déclaré que le Ghana enregistrait une hausse de ses échanges commerciaux avec la Russie, ainsi qu’une diversification au-delà des exportations traditionnelles. Les deux ministres ont également tenu une conférence de presse conjointe. M. Lavrov a déclaré que le ministère russe de la Défense traitait les demandes du Ghana concernant des mercenaires étrangers portés disparus. Il a ajouté que des demandes similaires avaient été reçues de la part d’autres pays et qu’elles étaient actuellement examinées par un service spécialisé au sein du ministère de la Défense. Le ministre russe des Affaires étrangères a également évoqué les tensions avec le Japon concernant les îles Kouriles. M. Lavrov a déclaré que le Japon avait « dépassé les limites de la décence » en s’opposant à la visite du président Vladimir Poutine dans l’archipel contrôlé par la Russie. Le Japon revendique les quatre îles les plus au sud, qu’il appelle les « Territoires du Nord ». L’Union soviétique s’est emparée de ces îles aux dépens du Japon dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale. Ce différend a empêché les deux pays de signer officiellement un traité de paix. Africanews

SADC: fin du sommet de Durban où la question migratoire a dominé les débats
Le sommet de la SADC, la Communauté de développement d’Afrique australe qui regroupe 16 pays, s’est refermé ce lundi 17 août au soir, à Durban, sur la côte est sud-africaine. La session à huis clos s’est prolongée jusque tard dans la soirée, avant que le président Cyril Ramaphosa ne vienne prononcer son discours de clôture. Et impossible pour lui de ne pas parler de la question migratoire, alors que son pays a été secoué en juin par des manifestations contre les immigrés en situation illégale. … Plusieurs nations membres de la SADC, comme le Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi ou encore la RDC, sont directement concernées, puisque leurs citoyens ont été visés par la colère des manifestants sud-africains et ont été rapatriés en masse. « Nous exprimons aussi du regret face à ce qui nous est arrivé en tant que pays » a ajouté Cyril Ramaphosa, remerciant ses partenaires pour leur compréhension. … Ces tensions se sont également manifestées à proximité du sommet, puisque le groupe « March and March », à l’origine de plusieurs mobilisations anti-sans papiers, avait organisé un rassemblement dans la journée, ce 17 août. Dans son communiqué final, la SADC rappelle en outre sa solidarité avec la RDC pour restaurer la paix et la sécurité, et encourage les différents acteurs de la scène politique malgache à continuer à oeuvrer pour maintenir le calme dans le pays. Enfin, Cyril Ramaphosa a mis l’accent sur l’objectif de développement des infrastructures au sein du bloc, et notamment les corridors régionaux afin de faciliter les échanges. RFI

Au Sénégal, l’Assemblée nationale adopte la loi sur la déclaration de patrimoine des hauts dirigeants
L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, ce lundi 17 août 2026, une loi imposant au président de la République, au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre de déclarer et publier leurs biens au début et à la fin de leurs fonctions. La nouvelle loi vise à renforcer la transparence dans la gestion de l’État, une promesse des autorités aux commandes depuis avril 2024, après douze ans de pouvoir de l’ex-président Macky Sall. Elle a été examinée en plein conflit ouvert entre le président Faye et son ex-Premier ministre Sonko, qu’il a limogé en mai. Les partisans des deux camps, désormais dans deux partis distincts, s’accusent mutuellement d’opacité dans la gestion de l’État. La déclaration de patrimoine est une obligation légale inscrite dans la Constitution sénégalaise depuis 2001, mais jusqu’ici uniquement à l’entrée en fonctions. Le nouveau texte impose son dépôt au Conseil constitutionnel trois mois après la prise de fonction et désormais trois mois après la cessation de ces fonctions. La proposition de loi, réformant l’article 37 de la Constitution, est à l’initiative de la majorité parlementaire dirigée par Ousmane Sonko. Elle ne visait initialement que le président de la République, avant d’être élargie au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre après un amendement du gouvernement. Le texte a été voté lundi par 133 députés sur 165, en plénière au Parlement, en présence du ministre de la Justice, Moussa Sarr. Jeune Afrique avec AFP

Ebola : l’épidémie devient la plus meurtrière de l’histoire de la RDC
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est devenue lundi la plus meurtrière de l’histoire du pays, a confirmé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En trois mois, elle a déjà fait 2.325 morts sur 4.945 cas confirmés, dépassant le bilan de la précédente flambée, en 2018-2020 dans l’est du pays, qui avait tué 2.299 personnes sur 3.381 cas. L’épidémie de 2018-2020 dans l’est de la RDC était considérée jusqu’alors comme la plus meurtrière de l’histoire du pays. Selon l’OMS, la flambée actuelle est « la plus importante » que ce pays de la région des Grands Lacs n’ait « jamais connue », le nombre de nouveaux cas « doublant chaque semaine dans certaines zones particulièrement touchées ». Cette annonce intervient dans un contexte où le virus Bundibugyo « prend le pas sur les mesures de lutte mises en place », a déclaré à ONU info, Tarik Jašarević, porte-parole de l’OMS. La flambée actuelle s’est déjà étendue à 55 zones de santé affectées dans six provinces de ce vaste pays d’Afrique centrale. Partie de l’Ituri (nord-est), elle sévit désormais dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (est), de la Tshopo et du Haut-Uele (nord-est), ainsi que du Bas-Uele (nord). Avec 28 des 36 zones de santé touchées, l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie. Si 730 patients sont en isolement ou hospitalisés, 1.040 personnes ont été guéries dont une trentaine de patients au cours des dernières 24 heures. Le suivi des contacts atteint désormais 85 %. ONU Info