Revue de presse du 13 mars 2026

Congo-Brazzaville : Un pays riche en ressources mais fragile
A l’approche de l’élection présidentielle du 15 mars, où l’octogénaire Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis plus de quarante ans au total, brigue un nouveau mandat, voici des éléments clés pour comprendre le Congo-Brazzaville, pays d’Afrique centrale riche en ressources mais confronté à d’importants défis économiques et sociaux, selon l’AFP. Troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne derrière le Nigeria et l’Angola, le Congo souvent appelé Congo-Brazzaville pour le distinguer de la République démocratique du Congo (RDC) a commencé à produire du gaz naturel liquéfié (GNL) en 2024, principalement destiné à l’exportation. Début 2025, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’atteindre, d’ici trois ans, une production de 500.000 barils équivalent pétrole par jour. Le pétrole reste le pilier de l’économie nationale : il représente environ la moitié du PIB et près de 80 % des exportations, selon la Banque mondiale. Malgré cette richesse, près d’un habitant sur deux vits sous le seuil de pauvreté. … La population est très jeune, près d’un habitant sur deux ayant moins de 18 ans. L’accès à l’électricité reste très inégal : environ 67 % des citadins en bénéficient, contre à peine plus de 12 % dans les zones rurales. Sahel Intelligence

Tillabéri, « la région la plus meurtrière » du Niger, épicentre d’une décennie de violences jihadistes
Ils « tuent, pillent, rançonnent »: la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger, à la frontière du Mali et du Burkina Faso, est devenue en une décennie l’épicentre d’attaques de groupes jihadistes. La junte militaire qui dirige le Niger depuis un coup d’Etat en juillet 2023 peine à endiguer les violences qui frappent depuis 2017 Tillabéri, où opèrent des jihadistes de l’Etat islamique au Sahel (EIS) et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). En 2025, cette vaste zone est même devenue « la région la plus meurtrière du Sahel central » où « les civils ont été les plus ciblés », indique l’ONG Acled, qui recense les victimes de conflits à travers le monde. « La situation reste encore dramatique, les bandits (jihadistes) tuent, pillent, rançonnent. Des écoles et des dispensaires sont fermés et des marchés ne sont plus animés », confirme à l’AFP Amadou Arouna Maiga, coordonnateur de l’association « Union Tillabéri pour la paix et la sécurité ». L’année dernière, la région de Tillabéri a concentré près de 1.300 morts sur les 1.939 tués dans des violences recensés par Acled au Niger. Parmi ces 1.300 morts, environ la moitié a péri dans des affrontements entre groupes jihadistes et forces nigériennes, et l’autre dans des violences visant des civils, précise à l’AFP Héni Nsaibia, analyste pour cette ONG. … Si l’ONG accuse principalement les jihadistes, l’armée nigérienne est aussi pointée du doigt dans certaines violences contre des civils. Cette explosion de la violence à Tillabéri s’explique par sa position stratégique dans la zone tri-frontalière Niger–Mali–Burkina Faso, où les groupes jihadistes opèrent également, explique Héni Nsaibia. AFP

La CEDEAO déploie une mission d’évaluation des différends frontaliers opposant la Guinée au Liberia et à la Sierra Leone
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé le déploiement d’une mission technique chargée d’évaluer la situation née du regain de tensions noté entre la Guinée et ses voisins du Liberia et de la Sierra Leone, au sujet de différends frontaliers. Une certaine tension a dernièrement reparu dans la zone frontalière de la Guinée et du Liberia d’une part, et de la Guinée et de la Sierra Leone, d’autre part, au sujet de revendications territoriales dans le bassin du fleuve Mano. Les tensions, récemment exacerbées par des accusations réciproques d’incursions militaires, étaient même montées d’un cran à la suite de la capture, puis de la libération de policiers et militaires sierra-léonais par soldats guinéens. “En réponse à ces développements, la Commission de la CEDEAO déploie une mission d’évaluation technique afin d’évaluer la situation entre la Guinée et la Sierra Leone dans la zone frontalière de Yenga”, fait savoir l’organisation sous régionale dans un communiqué. La CEDEAO admet dans le document rendu public jeudi que les récents développements le long de la frontière de Lofa entre la Guinée et la Liberia, ont contraint sa Commission à élargir le mandat géographique de cette mission technique. L’organisation communautaire assure en même temps avoir entrepris des démarches diplomatiques supplémentaires afin de garantir une évaluation complète de toutes les zones de friction actuelles et potentielles. APS

Des tirs de sommation à la frontière entre la Guinée et le Liberia
Des tirs de sommation ont eu lieu mercredi matin 11 mars à la frontière entre la Guinée et le Liberia, dans la localité de Kiéssènèye, près de la ville de Guéckédou. Des tirs de sommation suite à de vives tensions sur le tracé de la frontière. Les deux pays revendiquent leur souveraineté sur une même portion de territoire. La situation semble s’être calmée. La responsabilité de cet incident demeure floue. Selon une source locale libérienne, plusieurs tirs ont été effectués par l’armée guinéenne en direction de civils libériens rassemblés près du fleuve Makona. Des tirs qui auraient fait un blessé, transporté à l’hôpital JFK de Monrovia. Une version de l’incident, réfutée par plusieurs sources guinéennes présentes sur place ce mercredi au moment des tirs. Selon elles, les coups de fusil venaient bel et bien du côté libérien, alors que les forces de l’ordre guinéennes tentaient de maintenir le calme dans la zone. Ces tirs sont la suite de tensions grandissantes à la frontière commune, où une partie du territoire, côté libérien du fleuve, est disputée. Des soldats guinéens auraient traversé la frontière pour tenter de hisser leur drapeau, nous explique-t-on au Liberia. Nos sources guinéennes affirment de leur côté que mardi, ce sont des civils libériens qui ont amené leur propre bagnère à quelques mètres de celle de la Guinée dans l’intention de revendiquer cette partie du territoire. Pris à partie, les soldats guinéens auraient quitté la zone. Contactées, les autorités guinéennes n’ont pas donné suite pour le moment. Côté libérien, le ministère de l’Information confirme dans un communiqué vouloir régler cet incident de manière diplomatique. RFI

Plus de 6 000 violations des droits de l’homme documentées en 2025 en RDC
Dans son rapport annuel publié jeudi 12 mars à Kinshasa, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) affirme avoir documenté 6 169 cas de violations des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC) en 2025. Le document fait état d’une hausse de 24 % par rapport à l’année 2024, dans un contexte de détérioration de la situation sécuritaire, particulièrement dans l’Est du pays. Selon le BCNUDH, ces violations ont fait plus de 18 000 victimes, dont 2 806 femmes et 1 394 enfants. Les groupes armés sont responsables de 71 % des violations enregistrées, avec en tête le mouvement AFC/M23, cité comme principal auteur. Les agents de l’État sont impliqués, eux, dans 28 % des cas. Le rapport souligne également une forte degradation sécuritaire dans l’est du pays après la prise de Goma et Bukavu, ainsi que de larges zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, par l’AFC/M23 et l’armée rwandaise. Autre tendance préoccupante : les violences sexuelles liées au conflit ont augmenté de 59 %, avec 1 479 victimes documentées. Le document met aussi en garde contre un rétrécissement de l’espace civique, marqué par des pressions accrues sur les défenseurs des droits humains, les journalistes et certains membres de l’opposition. Radio Okapi

Libye : un remaniement gouvernemental suscite la polémique
Le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah conserve les portefeuilles de la Défense et des Affaires étrangères. Cependant, la désormais ex- ministre de la Culture, Mabrouka Tougi, refuse de quitter ses fonctions, estimant que son limogeage ne respecte pas les procédures institutionnelles prévues par les accords politiques régissant l’exécutif libyen. Cette situation pourrait ouvrir un nouveau front de tension entre les différentes factions gouvernementales. En effet, les relations entre le Premier ministre et certains responsables clés s’étaient déjà récemment dégradées, notamment avec Mohamed el-Menfi, président du Conseil présidentiel représentant les trois régions du pays, et Mohamed Takala, chef du Haut Conseil d’État, qui fait office de chambre haute. Les désaccords portent sur la répartition des postes officiels entre les régions occidentale, orientale et méridionale de la Libye. Malgré ces tensions, Mohamed el-Menfi et Mohamed Takala ont participé à la première réunion du gouvernement de l’année, organisée après l’annonce du remaniement. « Le but n’est pas le changement pour le changement, mais d’accélérer la prestation de services aux citoyens », a déclaré Abdulhamid Dbeibah dans un message publié sur les réseaux sociaux. Le nouveau gouvernement ne compte qu’une seule femme : Randa Ghareb, nommée ministre de la Condition féminine. Africanews

L’Afrique du Sud saisit 4 navires de pêche chinois
L’Afrique du Sud a déclaré avoir saisi quatre navires de pêche chinois après que ceux-ci eurent pénétré sans autorisation dans sa zone économique exclusive, ce qui a déclenché une intervention interinstitutionnelle. Ces navires, appartenant à la société Shenzhen Shuiwan Pelagic Fisheries, ont été interceptés et placés sous surveillance au Cap, a indiqué jeudi le ministre des Forêts, de la Pêche et de l’Environnement, Willie Aucamp, dans un communiqué. Les navires ont demandé le « droit de passage inoffensif » le 23 février, affirmant qu’ils quitteraient les eaux sud-africaines avant le 3 mars, mais quelques jours plus tard, ils ont sollicité une autorisation de navigation hors des limites portuaires sans les documents requis, a-t-il précisé. Au cours de cette période, ils ont à plusieurs reprises désactivé les transpondeurs de leur système d’identification automatique alors qu’ils se trouvaient déjà dans les eaux territoriales sud-africaines. Ils ont été détectés à moins de 12 milles marins de la côte du KwaZulu-Natal, puis suivis alors qu’ils se dirigeaient vers le sud le long du littoral du Cap-Oriental. « L’Afrique du Sud ne tolérera pas l’utilisation illégale de ses zones maritimes », a déclaré M. Aucamp. Ils ont été condamnés à une amende de 400 000 rands (24 000 dollars), qui a été rapidement payée, et les navires ont été libérés et ont depuis quitté les eaux sud-africaines. Africanews avec AFP

Tunisie : les avocats et les proches de la militante antiraciste Saadia Mosbah réclament sa libération
Les avocats et proches de la militante antiraciste tunisienne Saadia Mosbah, emprisonnée depuis près de deux ans, ont réclamé sa libération lors de son procès jeudi 12 mars 2026 à Tunis, invoquant « un dossier vide » et un état de santé dégradé. Saadia Mosbah, une ancienne hôtesse de l’air elle-même noire, connue pour avoir été à l’origine de l’adoption en 2018 d’une loi pionnière pour le Maghreb contre les discriminations raciales, était présente à l’audience, selon une journaliste de l’AFP. La présidente de l’association M’nemty, 66 ans, et plusieurs autres membres sont accusés de blanchiment d’argent et d’enrichissement illégal. Elle avait été en première ligne pour défendre les migrants provenant d’Afrique subsaharienne, après un virulent discours en février 2023 du président tunisien Kaïs Saïed, dans lequel il dénonçait l’arrivée de « hordes de migrants clandestins » et un complot « pour changer la composition démographique » du pays. Son avocate, Ibtissem Jebabli, a évoqué « un dossier vide et sans preuves ». « Les membres de l’association, les volontaires ont fait un rêve, ont créé M’nemty, mais ce rêve est devenu un cauchemar », a-t-elle dit. L’état de santé de Mme Mosbah est « très dégradé » tout comme son moral, a ajouté l’avocate, soulignant qu’elle avait été privée de sa pension de retraite et que son fils Fares avait perdu son travail à cause du procès. Une demande de libération provisoire formulée par ses avocats en attente du verdict a été refusée par le tribunal, qui a fixé une prochaine audience au 19 mars, selon Monia El Abed, une autre avocate. Jeune Afrique avec AFP

Décès de Boubacar Ould Messaoud, figure de la lutte antiesclavagiste en Mauritanie
Le militant mauritanien des droits humains Boubacar Ould Messaoud, fondateur de l’ONG SOS Esclaves, est décédé jeudi 12 mars 2026 à Nouakchott à l’âge de 80 ans, a annoncé à l’AFP un responsable de son organisation. Il avait fondé SOS Esclaves, qui œuvre pour l’éradication de l’esclavage en Mauritanie et le soutien à la réintégration des victimes d’esclavage dans la société, en 1995. L’organisation avait fonctionné pendant des années sans reconnaissance officielle, avant d’obtenir un statut légal en 2005. Officiellement aboli en 1981, l’esclavage perdure en Mauritanie, bien que les sanctions aient été durcies en 2015. Boubacar Ould Messaoud a milité au sein de plusieurs formations politiques, dont le mouvement antiesclavagiste « El Hor », qu’il avait intégré en 1975. Il s’était ensuite consacré au combat pour les droits humains et la lutte pour l’éradication de l’esclavage. Boubacar Ould Messaoud avait notamment reçu en 2023 la médaille d’officier du mérite national, le Prix des droits de l’homme de la République française en 2010 et l’Anti-Slavery International Award en 2009. Jeune Afrique avec AFP

« Le pape vient rencontrer tout le peuple algérien »: le programme de la visite de Léon XIV en Algérie
C’est une première dans l’histoire contemporaine de l’Église. Un pape se rend en Algérie. Le cardinal Jean-Paul Vesco et archevêque d’Alger milite depuis le premier jour de l’élection du nouveau pape Léon XIV pour cette visite. Léon XIV sera donc bien en Algérie les 13 et 14 avril. Et le programme sera chargé. « Il vient rencontrer tout le peuple algérien, dont l’écrasante majorité musulman », explique le cardinal Jean-Paul Vesco dans un entretien publié ce mardi 10 mars au quotidien français Le Parisien. Selon le cardinal, le pape Léon XIV suit la volonté du défunt pape qui désirait également se rendre en Algérie, pour « qui l’ouverture aux autres était fondamentale » . Léon XIV connait bien l’Algérie pour s’y être rendu plusieurs fois. Il devrait se rendre à Annaba où se trouvent les reliques de Saint-Augustin. … À Alger, il ira prier dans la chapelle des « dix-neuf bienheureux martyrs », des catholiques assassinés durant la guerre civile, dont les sept moines de Tibhirine, lors de la décennie noire, la guerre civile de 1992 à 2002 en Algérie. Cet hommage sera également dédié aux Algériens musulmans tués durant cette décennie de terrorisme. « Le message de Tibhirine, c’est que des chrétiens ont été tués avec les musulmans, avant d’être tués par des musulmans… Cent imams ont aussi été assassinés à l’époque », rappelle Jean-Paul Vesco. Le deuxième jour sera consacré à sa visite à Annaba où vivait Saint-Augustin, un des pères de l’Église et amazigh au IVème siècle. TV5

Côte d’Ivoire: défections au sein du PDCI, quatre députés quittent le groupe parlementaire
En Côte d’Ivoire, remous internes au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). Alors que le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny a vu le nombre de ses députés divisé par deux lors des dernières législatives, quatre députés annoncent la suspension de leur participation. Il y a quelques semaines, trois autres députés avaient également annoncé leur retrait. En Côte d’Ivoire, depuis le 6 mars, quatre députés ont notifié la suspension de leur participation au groupe parlementaire du PDCI. Ils affirment protester ainsi contre la gestion de ce groupe par Me Chrysostome Blessy. En cause : « le défaut de concertation, (…) le déficit de communication, (…) l’exclusion des anciens députés des postes du bureau de l’Assemblée », écrit Me Athanase Kouamé, un des quatre députés. Pour ce parlementaire, ce geste vise à « éclairer un dysfonctionnement qui porte préjudice à notre cohésion » au sein du groupe parlementaire. « Le silence et l’inaction ne peuvent plus être une option », affirme sur la même lancée Eliane N’Zi N’da, députée de Bocanda. Cette responsable évoque de manière plus large de « graves dysfonctionnements dans l’organisation et la stratégie » du parti, suite à l’échec aux législatives de décembre. … Ces nouveaux remous surviennent alors que le parti envisage la tenue cette année d’un bureau politique, pour toiletter les textes du parti et mener une introspection. RFI