Le 16 mai 2025, l’amicale béninoise de l’Association des anciens auditeurs du Centre d’études stratégiques de l’Afrique (ABECESA), en collaboration avec le Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA), a organisé un symposium national de haut niveau à Cotonou focalisant sur : « Prévenir l’extrémisme violent au Bénin : collaboration entre les forces de défense et de sécurité (FDS) et les organisations de la société civile (OSC) ».

Ce symposium a suivi une table ronde régionale sur la prévention de l’extrémisme violent dans les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, coorganisée plus tôt dans la semaine par le CESA et le Centre de lutte contre le terrorisme de l’Union africaine (AUCTC). Tirant des conclusions de ce forum régional, le symposium du Bénin s’est concentré sur reliant des enseignements tirés en stratégies concrètes adaptées au contexte sécuritaire spécifique du pays.
L’événement a réuni plus de 60 parties prenantes nationales—notamment des anciens auditeurs du CESA, des responsables de la défense et de la sécurité, des dirigeants de la société civile, des institutions gouvernementales, des universitaires, des partenaires internationaux et des représentants du gouvernement américain—offrant une plateforme dynamique pour le dialogue, le partage de stratégies et l’action coordonnée.
Une plateforme pour des solutions localisées
Deux panels d’experts ont abordé le besoin urgent d’une approche globale de la prévention de l’extrémisme violent, fondée sur l’établissement d’un climat de confiance, l’engagement civique et la coordination des efforts en matière de sécurité. Des panélistes issus des forces armées béninoises, des douanes, de l’agence de gestion des frontières, des services forestiers et des commissions nationales sur les armes légères et la radicalisation du Bénin ont partagé leurs points de vue sur les défis opérationnels, en particulier dans les régions forestières et frontalières qui sont surtout vulnérables.
Les dirigeants des OSC ont souligné leur rôle important dans les campagnes de sensibilisation, l’alerte rapide, l’engagement des jeunes et la médiation communautaire. Ils ont mis l’accent sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de collaboration formels, de renforcer les capacités et d’être reconnus comme partenaires dans les efforts de sécurité nationale.
Recommandations principales d’action
Le symposium s’est conclu par une série de recommandations concrètes visant à renforcer la résilience nationale et la coordination intersectorielle :
- Mettre en place des cadres formels pour la collaboration entre les forces de sécurité et les organisations de la société civile
- Étendre la formation des organisations de la société civile sur la dynamique de la sécurité et l’extrémisme violent
- Cultiver les initiatives conjointes dans les zones à haut risque, en particulier les forêts et les communautés frontalières
- Renforcer les systèmes d’alerte précoce de la base
- Intensifier les efforts de sensibilisation inclusive du public, en particulier parmi les groupes vulnérables
- Promouvoir un engagement responsable des médias pour contrer les discours extrémistes
- Augmenter la participation des jeunes, des femmes et des chefs traditionnels aux efforts de prévention
- Intégrer la gouvernance environnementale dans les stratégies de paix et de sécurité
Ces recommandations reflètent un large consensus sur l’importance d’approches inclusives et communautaires qui renforcent la légitimité de l’État et la confiance sociale dans le gouvernement.
Conclusion : S’appuyer du dynamisme régional
S’appuyant sur les bases jetées par la table ronde régionale organisée par le CESA et l’AUCTC, le symposium des anciens auditeurs béninois a avancé le débat sur les stratégies nationales de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Il a souligné le rôle central de la société civile et la nécessité d’une réponse coordonnée et multipartite aux menaces sécuritaires en évolution constante.
Alors que le Bénin fait face à la réalité complexe des activités des groupes islamistes militants sur son territoire et dans la région, ce symposium a marqué une avancée significative dans l’élaboration de solutions intégrées— et il a réaffirmé l’engagement des acteurs nationaux à travailler ensemble dans la poursuite de paix et de résilience.