Éthiopie et Érythrée s’accusent mutuellement d’agression sur fond de conflit au Tigré
L’Éthiopie a accusé l’Érythrée, qui a déployé ces derniers jours des troupes dans le nord éthiopien, « d’agression flagrante ». De son côté, Asmara réplique que c’est Addis-Abeba qui mène contre elle une « guerre d’agression ». Les deux voisins d’Afrique de l’Est se sont affrontés entre 1998 et 2000 pour des différends territoriaux. Cette guerre avait fait des dizaines de milliers de morts. En 2019, le Premier ministre éthiopien s’était vu décerner le prix Nobel de la paix pour ses efforts de rapprochement avec le président de l’Érythrée, Issaias Afeworki, au pouvoir depuis l’indépendance de son pays en 1993. Un temps qui semble plus que jamais loin, la tension entre les deux États voisins d’Afrique de l’Est étant encore montée d’un cran, ce 9 octobre 2026. … Depuis la fin de la guerre au Tigré en 2022, lors de laquelle les soldats érythréens ont appuyé les forces fédérales éthiopiennes, les relations sont à nouveau virulentes. Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirige de fait – mais illégalement, selon Addis Abeba – le Tigré et contre qui les forces du gouvernement fédéral éthiopien se battent depuis des semaines. La guerre au Tigré, qui a ravagé cette région septentrionale de l’Éthiopie, a été l’une des plus sanglantes récemment survenues dans le monde, faisant au moins 600 000 morts, selon l’Union africaine. Une estimation jugée basse par plusieurs observateurs. RFI
Plus de 20 000 migrants éthiopiens sont entrés à Djibouti depuis septembre : OIM
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé mardi que plus de 20 000 migrants éthiopiens étaient entrés à Djibouti depuis le 10 septembre 2026. Sur leur chemin, ces individus qui empruntent la dangereuse traversée du désert en direction du Yémen, sont rapidement confrontés à de graves pénuries de nourriture et d’eau. Alexandre Coissac, chef de la délégation de l’OIM à Djibouti, a indiqué que les flux migratoires le long de la route de l’Est, se poursuivaient à un rythme soutenu. Cette route, qui relie la Corne de l’Afrique au Yémen et aux pays du Golfe, constitue l’un des itinéraires migratoires les plus dangereux et les plus fréquentés au monde. … Djibouti accueille simultanément des personnes fuyant le Yémen tout en gérant le retour de migrants en provenance de ce pays; l’OIM a enregistré le retour de 539 Éthiopiens depuis le 10 septembre. Ces mouvements simultanés surviennent alors que les combats s’intensifient au Yémen entre les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite et les rebelles houthis, provoquant le déplacement de plus de 184 000 personnes depuis le 1er août, selon les dernières données de l’agence. Africanews
Conflits dans l’est de la RDC: après Goma et Kigali, les facilitateurs de l’UA à Kinshasa
Les facilitateurs de l’Union africaine sont arrivés à Kinshasa. La délégation réunit l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde et les anciens présidents kényan Uhuru Kenyatta et botswanais Mokgweetsi Masisi. Selon la présidence congolaise, Félix Tshisekedi les recevra ce 9 octobre. Cette audience prolonge leurs échanges avec l’AFC/M23 à Goma, puis avec Paul Kagame à Kigali. Aucun accord n’a été annoncé à ce stade. Transmettre les résultats de leurs consultations : c’est la prochaine étape annoncée par les facilitateurs de l’Union africaine (UA). Ils doivent en rendre compte au gouvernement de la RDC, mais aussi au médiateur de l’UA, le Togolais Faure Gnassingbé. Le 7 octobre, à Kigali, ils ont discuté avec le chef de l’État rwandais, Paul Kagame, des prochaines étapes du processus de paix et des causes profondes du conflit, selon la présidence rwandaise. Auparavant, à Goma, ils avaient rencontré le groupe politico-militaire AFC/M23, la Mission de l’ONU au Congo (Monusco), des acteurs humanitaires et le mécanisme de vérification du cessez-le-feu. Le panel en a tiré plusieurs appels : poursuivre de bonne foi les négociations de Doha, respecter le cessez-le-feu et coopérer avec les mécanismes de vérification. RFI
Nigeria : baisse temporaire du prix de l’essence avant la présidentielle
À quelques mois de l’élection présidentielle du 16 janvier, le gouvernement nigérian a annoncé une série de mesures destinées à atténuer l’impact de la hausse des prix des carburants sur les ménages et les entreprises. La principale d’entre elles prévoit une réduction temporaire du prix de l’essence pour les opérateurs de transports publics. Présentée par le ministre des Finances, Taiwo Oyedele, cette initiative s’appliquera dans un premier temps pendant 30 jours. La remise concernera le carburant distribué par la compagnie pétrolière nationale NNPC Limited, qui exploite un vaste réseau de stations-service à travers le pays. … La suppression des subventions sur les carburants, saluée par de nombreux économistes, a toutefois fortement contribué à la hausse du coût de la vie dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Le gouvernement défend ces réformes, estimant qu’elles étaient indispensables pour préserver les finances publiques. Bola Tinubu affirme que le maintien des subventions n’était plus soutenable et qu’elles menaçaient la stabilité économique du Nigeria. … Cette initiative illustre l’équilibre délicat que tente de trouver le gouvernement entre la poursuite des réformes économiques et les attentes d’une population confrontée à une inflation persistante, à quelques semaines d’un scrutin présidentiel décisif. Africanews avec AFP
Soudan du Sud : Ramaphosa pointe l’accord de paix à Salva Kiir
Le président Cyril Ramaphosa a exhorté son homologue sud-soudanais, Salva Kiir, à mettre pleinement en œuvre l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud (R-ARCSS), soulignant qu’un processus électoral inclusif est crucial en vue des élections prévues en décembre dans le pays. Le président Ramaphosa a lancé un appel à Salva Kirr pour le règlement du conflit au Soudan du Sud, lors d’entretiens à Pretoria, mercredi, alors que le chef de l’Etat Sud-soudanais effectuait une visite de travail en Afrique du Sud. Selon la présidence sud-africaine, M. Ramaphosa a insisté sur le fait que la mise en œuvre intégrale de l’accord de paix (R-ARCSS) était essentielle pour faire avancer le processus de paix et consolider les acquis en faveur d’une stabilité durable dans la plus jeune nation du monde. … Négocié sous l’égide de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et soutenu par des partenaires régionaux et internationaux, l’accord a instauré un mécanisme de partage du pouvoir et prévoyait des réformes du secteur de la sécurité, l’élaboration d’une constitution permanente ainsi que la préparation d’élections démocratiques. Toutefois, la mise en œuvre de dispositions clés a été retardée à maintes reprises, suscitant des inquiétudes parmi les instances régionales et les partenaires internationaux quant au rythme de la transition au Soudan du Sud. APA
Bissau: Dakar prône le retour à l’ordre constitutionnel
Le Sénégal appelle les autorités de transition en Guinée-Bissau à engager un dialogue inclusif avec les forces politiques et sociales du pays, alors que des difficultés pourraient compromettre la tenue des élections générales prévues le 6 décembre 2026. Dans un communiqué publié jeudi, le gouvernement sénégalais dit suivre avec attention l’évolution de la situation politique en Guinée-Bissau, notamment les contraintes juridiques, techniques et institutionnelles évoquées par les autorités de transition. Ces difficultés sont susceptibles d’avoir un impact sur le calendrier électoral, selon Dakar, qui réaffirme son attachement à la paix, à la stabilité et au retour à l’ordre constitutionnel dans le pays. Le Sénégal estime que toute modification du calendrier électoral doit être précédée d’une démarche consensuelle, inclusive et transparente, assortie de garanties permettant d’assurer l’achèvement de la transition dans les meilleurs délais. Dakar plaide également pour la levée des restrictions pesant sur les activités politiques et civiles, considérant qu’un environnement plus ouvert est nécessaire à une préparation sereine des prochaines consultations électorales et au rétablissement de la confiance entre les acteurs. Le gouvernement sénégalais invite ainsi les autorités de transition à engager des discussions avec l’ensemble des forces politiques et sociales bissau-guinéennes afin de parvenir à un accord sur les conditions d’un retour effectif à l’ordre constitutionnel. APA
Crise postélectorale au Cameroun : malgré leur condamnation, un « soulagement pour 66 personnes » détenues depuis un an
Soixante-six détenus de la crise post-électorale d’octobre 2025 ont été jugés le 8 octobre devant le tribunal militaire de Yaoundé, capitale du Cameroun. Après les réquisitions du ministère public, ils ont tous été déclarés coupables des infractions retenues contre eux, à savoir : propagation de fausses nouvelles, rébellion, attroupement et défaut de carte nationale d’identité. Ils ont été condamnés à des peines allant de six mois avec sursis pour certains, de six à 15 mois de prison ferme pour d’autres. Maître Ndam, qui fait partie du collectif des avocats de la défense des détenus de la crise post-électorale, souligne au micro de Richard Onanena : « Nous entendons bien sûr exercer toutes les voies de recours à notre disposition pour que nos clients puissent obtenir une meilleure décision. Mais la conséquence directe, immédiate, c’est que certains pourront déjà regagner leur liberté. Et pour ceux qui resteront le plus longtemps en prison, ils seront libérés courant février. » … Quoique relativement clémentes, ces condamnations, feront l’objet d’appels, a déjà prévenu la défense qui conteste leur bien fondé. RFI
Afrique du Sud: violences localisées entre groupes anti-migrants et étrangers
Des violences ont éclaté entre groupes anti-migrants et étrangers en Afrique du Sud jeudi à Soweto, près de Johannesburg, ainsi qu’à Durban, la grande ville de la côte est, selon des journalistes de l’AFP et la police. Des mois après l’ultimatum lancé par des groupuscules xénophobes demandant le départ des migrants en situation irrégulière, qui avait poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir le pays, la situation s’est à nouveau enflammée en raison d’une circulaire ayant provoqué un afflux de demandeurs d’asile devant les bureaux de l’immigration. A Soweto, au moins 10 véhicules ont été incendiés mais aucun blessé n’a été signalé, selon la police. Des petits commerces tenus par des étrangers ont été visés par des activistes anti-migrants, d’après des vidéos diffusées par des médias locaux. AFP
Bénin: RSF dénonce les conditions de détention de deux journalistes
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé jeudi les conditions de détention de deux journalistes écroués au Bénin depuis plus d’un an et demandé « une nouvelle fois leur libération » dans un communiqué. La liberté de la presse a reculé ces dernières années au Bénin. L’ex-président Patrice Talon, qui a passé la main en avril après 10 ans au pouvoir, est accusé d’avoir opéré un virage autoritaire. Il a cédé la place à son dauphin Romuald Wadagni, élu pour sept ans. Le 10 juillet 2025, Hugues Comlan Sossoukpè, directeur de publication d’Olofofo, média critique du pouvoir béninois interdit de diffusion en mars 2025, avait été interpellé à Abidjan, en Côte d’Ivoire, puis extradé au Bénin, où il est depuis détenu à la prison civile de Ouidah (sud). Lors de son arrestation, il participait à un salon de l’innovation numérique sur invitation de la Côte d’Ivoire et avait le statut de réfugié politique au Togo. Six jours plus tard, Ali Moumouni, journaliste accusé d’être son collaborateur, avait été interpellé à Cotonou, la capitale économique béninoise, puis écroué. … Après 15 mois de privation de liberté, nous sommes profondément préoccupés par leurs conditions de détention. Dans l’attente de leur libération, l’accès à leurs proches, aux soins et à des conditions matérielles dignes doit être immédiatement garanti », a réclamé Jeanne Lagarde, responsable de plaidoyer du bureau Afrique subsaharienne de RSF. TV5
Ghana: le FBI annonce l’arrestation de 130 personnes lors du démantèlement d’un réseau de cybercriminels
Les autorités américaines et ghanéennes ont arrêté plus de 130 personnes au Ghana dans le cadre du démantèlement d’un vaste réseau d’escroquerie en ligne, a annoncé jeudi Kash Patel, le directeur du FBI, la police fédérale américaine. Au Ghana comme dans d’autres pays d’Afrique ou d’Asie, des réseaux cybercriminels se sont constitués et opèrent dans de vastes complexes où des centaines de personnes extorquent de l’argent en ligne à des victimes situées à des milliers de kilomètres. Promesses trompeuses d’importants profits, fraudes aux services de paiement ou d’emprunt par téléphone mobile, faux investissements en cryptomonnaies, le tout grâce à des vols massifs de données personnelles en ligne ou de fausses applications mobiles… la palette des moyens utilisés par les escrocs se perfectionne constamment. … Cette intervention fait partie de la vaste « Opération Blackout » du FBI visant des réseaux criminels menant des opérations frauduleuses contre des victimes américaines. AFP
