En Guinée, 40 partis politiques dissous par décret
Quarante partis politiques, dont les trois principales formations d’opposition, ont été dissous par décret dans la nuit de vendredi 6 mars à samedi 7 mars, moins de deux mois après l’intronisation du président, Mamadi Doumbouya. Le décret pris par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation ordonne la dissolution des partis pour « manquement à leurs obligations », selon le texte, qui leur retire également le contrôle de leurs ressources. Mamadi Doumbouya, qui dirige d’une main de fer la Guinée depuis un coup d’Etat militaire en 2021, a été élu en décembre pour un mandat de sept ans au terme d’une élection taillée sur mesure, face à des adversaires sans envergure. Sous sa présidence, plusieurs partis politiques et médias avaient déjà été suspendus, les manifestations ont été interdites en 2022 et sont réprimées, et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil. Les trois principaux partis visés par ce texte sont l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo et suspendue en août 2025 ; le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), de l’ex-président Alpha Condé, suspendue en mars 2025 ; et l’Union des forces républicaines (UFR), de l’opposant Sidya Touré. Ces trois responsables vivent en exil. Le Monde avec AFP
Burkina Faso: des dizaines de morts dans une attaque contre un détachement de police à Yamba
Au Burkina Faso, une nouvelle attaque a eu lieu contre les forces de sécurité, vendredi 6 mars. Ce sont les policiers du GUMI (groupement des unités mobiles d’intervention) de la police, détachés à Yamba, à une vingtaine de kilomètres de Fada N’Gourma dans l’est du pays, qui ont été ciblés. Leur base a été pillée et incendiée. Il n’y a pas encore de bilan officiel, mais de sources sécuritaires, au moins une trentaine de policiers ont été tués dans cette attaque. Les assaillants sont arrivés en grand nombre et à moto dans l’après-midi du vendredi 6 mars. L’attaque a duré au moins deux heures, raconte une source sécuritaire. Le camp a été saccagé et une partie du matériel emportée par les terroristes, poursuit-elle. Une autre source précise que les alertes se sont multipliées, mais que les renforts ne sont pas arrivés à temps. L’attaque a eu lieu au moment où une nouvelle équipe venait de relever celle qui était en place. Aucun bilan officiel n’est disponible pour le moment. Les sources contactées évoquent plusieurs dizaines de morts et de blessés dans les rangs des policiers. Le ratissage se poursuit pour retrouver ceux qui manquent toujours à l’appel. Le camp avait subi une attaque similaire l’an dernier, quasiment à la même période. Depuis le début de l’année, la région de l’Est au Burkina Faso, frontalière du Bénin, du Togo et du Niger, est la cible des groupes terroristes. Il y a deux semaines, une unité des gardes forestiers de Tandjari a subi une attaque qui a, là aussi, fait des dizaines de morts. RFI
Une centaine de personnes kidnappées au Nigeria
Des djihadistes présumés de Boko Haram ont attaqué le village de Ngoshe, dans le nord-est du Nigeria, enlevant plus de 100 personnes, selon les autorités locales. Plusieurs civils et soldats ont également été tués lors de l’assaut contre ce village dans l’Etat de Borno, a déclaré Shuaibu Dabawa, porte-parole de la localité de Ngoshe, à l’agence de presse allemande, la dpa. Le sénateur de l’Etat de Borno, Ali Ndume, a confirmé l’attaque. Les combattants armés ont pris d’assaut la localité mardi soir et ont ouvert le feu. Des milliers d’habitants ont fui. Les assaillants ont enlevé plus de 100 personnes et ont également attaqué une base militaire située à l’extérieur du village de Ngoshe, dans le district de Gwoza, en délogeant les soldats après d’intenses échanges de tirs. Au moins 18 personnes dont sept soldats ont été tuées. L’armée a confirmé l’attaque. L’armée aurait repoussé les assaillants dans les forêts avoisinantes. Un rapport sur la sécurité préparé mercredi pour les Nations unies et consulté par l’AFP indique que l’armée nigériane a tué « plus de 50 terroristes » lors de frappes aériennes mardi soir contre des repaires jihadistes à Ngoshe, tandis que d’autres ont pris la fuite. Cette frappe pourrait être une réponse au raid sur la base. DW
Niger : attaque terroriste contre la base aérienne 401 de Tahoua
La base aérienne 401 de l’aéroport de Tahoua a été la cible d’une attaque terroriste dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars 2026. Plusieurs assaillants ont été neutralisés et cinq suspects arrêtés. Le gouverneur de la région s’est rendu sur place pour constater les dégâts et saluer le professionnalisme des forces de sécurité. Le gouverneur de la région de Tahoua (centre-ouest), Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, s’est rendu lundi sur les lieux de l’attaque terroriste qui a visé dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars 2026, vers 3h05 (heure locale), la base aérienne 401 de l’aéroport de Tahoua, selon l’Agence nigérienne de presse (ANP). Des individus armés, arrivés à motos, ont endommagé plusieurs hangars de drones et ouvert le feu sur les installations militaires. Des impacts de balles et des douilles ont été relevés sur le site. La riposte rapide des forces de défense et de sécurité (FDS) a contraint les assaillants à se replier. … Cet incident survient après l’attaque du 28 janvier 2026 contre la base aérienne 101 de Niamey, revendiquée par l’État islamique via son agence de propagande Amaq, lors de laquelle 20 assaillants avaient été neutralisés et 11 interpellés. Le président du Niger, général Abdourahamane Tiani, avait alors mis en cause la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin, qu’il avait présentés comme commanditaires des assaillants — accusations fermement démenties par Abidjan et Cotonou. APA
UA–Cédéao: Tangara à Abuja autour de la concertation sur le Sahel
Le représentant spécial de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel et chef de la Mission de l’UA pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), Mamadou Tangara, a effectué vendredi une visite à la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à Abuja, dans un contexte de recomposition des relations entre l’organisation régionale et les pays de la Confédération des États du Sahel (AES). Reçu au siège de la Commission à Asokoro par son président, Omar Alieu Touray, le diplomate gambien a évoqué le renforcement de la coordination entre l’Union africaine et la Cédéao face aux défis sécuritaires et politiques dans le Sahel. Les discussions ont notamment porté sur la consolidation de la coopération institutionnelle en matière de prévention des conflits, de consolidation de la paix et de développement régional. La rencontre s’inscrit dans les efforts diplomatiques engagés par l’Union africaine pour maintenir un dialogue entre les organisations régionales et les États sahéliens, alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement quitté la Cédéao en janvier 2025 pour former la Confédération des États du Sahel. … La visite de Mamadou Tangara à la Commission de la Cédéao illustre ainsi la volonté de l’Union africaine de maintenir un cadre de concertation entre les acteurs régionaux, alors que les impératifs sécuritaires et économiques continuent d’imposer une coopération transfrontalière dans l’espace ouest-africain. APA
« Malgré tout je tiens »: le défenseur togolais des droits humains, Abdoul Aziz Goma témoigne de ses conditions de détention
[Vidéo] Après huit années passées en détention au Togo, le citoyen togolais et irlandais Abdoul Aziz Goma est en quelque sorte devenu le visage ou l’un des visages d’une opposition réprimée au Togo. TV5 Monde
Sénégal: « Nous avons conquis le pouvoir avec vous », Diomaye Faye lance officiellement sa coalition
Au Sénégal, la coalition « Diomaye Président » a tenu samedi 7 mars à Dakar sa première assemblée générale. L’événement officialise l’autonomie politique du chef de l’État vis-à-vis du Pastef, le parti de son Premier ministre Ousmane Sonko, après des mois de tensions au sommet de l’État. La coalition « Diomaye Président » a franchi samedi 7 mars un cap symbolique. Cinq cents partisans réunis à Dakar ont participé à sa première assemblée générale, en présence du président de la République, rapporte RFI. L’alliance avait été créée pour rassembler des soutiens à la candidature de Bassirou Diomaye Faye à la présidentielle de 2024. … Trois cents élus locaux ont rejoint la coalition ces dernières semaines, selon RFI. Une série de textes fondateurs a également été adoptée lors de l’assemblée. … Les tensions entre les deux hommes s’accumulent depuis novembre 2025. Le président Faye avait alors limogé Aïssatou Mbodj, proche du Premier ministre et coordinatrice de la coalition, pour la remplacer par sa propre conseillère Aminata Touré. Sonko, officiellement en congé, n’avait pas participé au Conseil des ministres le lendemain et publiquement rejeté cette décision, affirmant que Faye n’en avait pas le pouvoir. TV5Monde
« Supercherie diplomatique », « refuge politique »: un collectif du Sénégal s’oppose à la candidature de Macky Sall à l’ONU
Un collectif se présentant comme celui familles des victimes de la répression sous l’ex-président sénégalais Macky Sall a annoncé vendredi 6 mars s’opposer à sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU, « au nom de la mémoire des victimes, de la vérité et de l’exigence de justice ». « Les Nations unies ne sauraient être un lieu de refuge politique pour Macky Sall, ou un lieu de réhabilitation de son image », déclare Boubacar Seye, président du collectif des « Familles de martyrs » lors d’une conférence de presse à Dakar. Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, est accusé par les nouvelles autorités d’avoir réprimé les violentes manifestations politiques ayant fait, entre mars 2021 et février 2024, des dizaines de morts et d’avoir dissimulé des chiffres économiques importants, comme la dette publique. Lors de la conférence de presse, le collectif des « Familles de martyrs » a lu les noms de 68 personnes décédées « avec des preuves à l’appui » des causes et circonstances de leur mort. La candidature de Macky Sall pour le poste de secrétaire général de l’ONU n’a pas été soumise par son pays, le Sénégal, comme c’est souvent l’usage, mais par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine (UA). … Les nouvelles autorités sénégalaises, au pouvoir depuis avril 2024, avaient annoncé en août 2025 avoir ouvert des enquêtes « sur les crimes contre l’humanité » présumés commis lors des violences entre 2021 et 2024 sous M. Sall. TV5 Monde avec AFP
RDC: l’UDPS évoque un projet de troisième mandat pour Félix Tshisekedi, l’opposition s’indigne
Le débat sur une révision de la Constitution a été relancé en République démocratique du Congo (RDC), depuis que l’UDPS au pouvoir depuis 2019 a annoncé son intention de « toucher » à la Constitution, ce qui devrait permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Ce dernier est censé quitter son poste en 2028. Le deuxième vice-président du Sénat Modeste Bahati, lui, s’est publiquement prononcé contre cette éventualité, tout comme l’opposition, qui s’indigne. Pour des caciques du régime, Félix Tshisekedi ne remplit pas un mandat, mais une mission. D’autres suggèrent qu’il n’y ait quasiment plus d’élections jusqu’à la fin des violences dans l’est du pays. Samedi 7 mars, le chef du parti présidentiel UDPS, Augustin Kabuya, a donné le ton face aux cadres et militants réunis au siège du parti : « Mobutu a révisé la Constitution 17 fois, Laurent-Désiré Kabila l’a touchée trois fois, Joseph Kabila l’a retouchée. Au nom de quel principe allez-vous interdire à notre régime d’y toucher ? Soyez calmes et que les choses soient claires, nous allons toucher à cette Constitution. » Le même jour, le ministre des Sports Didier Budimbu, allié du président, a enfoncé le clou lors d’un rassemblement à la sortie de Kinshasa : « Qu’on ne se voile pas le visage. Nous n’allons pas faire du genre les deux mandats prennent fin, puis on cède le pouvoir, pour le donner à qui ? Et pour que celui à qui on le donne en fasse quoi ? Nous allons tout droit vers un troisième mandat, nous n’aurons pas honte. » RFI
Kenya: le bilan des inondations grimpe à 45 morts, selon la police
Au moins 45 personnes ont péri dans des inondations consécutives à des pluies torrentielles à travers le Kenya, ont indiqué lundi les forces de l’ordre. La police avait déploré samedi au moins 23 personnes mortes dans la seule capitale Nairobi, alors que des équipes de secours continuaient d’extraire des corps et de porter assistance à des personnes coincées. Dimanche, le quotidien kényan The Standard, citant un responsable gouvernemental, rapportait 26 tués dans la capitale, plus de 50.000 déplacés à travers le pays et plusieurs disparus. Lundi, Michael Muchiri, porte-parole de la police kényane, a fait état dans un bref message à l’AFP de « 2.224 personnes déplacées » et « 45 cas de noyade » recensés pour le moment dans l’ensemble du pays, sans donner de détails supplémentaires. Les violentes précipitations qui se sont abattues vendredi soir avaient transformé les principaux axes de Nairobi en torrents qui ont inondé des milliers de domiciles et de commerces. Des journalistes de l’AFP ont fait état d’importants dégâts sur les infrastructures et routes, que ce soit dans les vastes bidonvilles ou dans les quartiers résidentiels plus huppés. AFP
