Soudan: l’envoyé spécial de l’ONU à Khartoum pour relancer un dialogue national inclusif
L’envoyé spécial de l’ONU au Soudan, Pekka Haavisto était à Khartoum pour sa deuxième visite où il s’était déplacé en mars. Le responsable onusien a également rencontré le premier ministre et d’autres responsables politiques et militaires à Khartoum. … Ce qui a été discuté cette fois-ci à Khartoum, ce sont, selon lui, « les mesures concrètes pour créer un environnement propice à la paix ». L’envoyé spécial a expliqué qu’il a informé le général al-Burhan des efforts du Mécanisme des cinq, qui réunit l’Union africaine, l’IGAD, la Ligue arabe, les Nations Unies et l’Union européenne. Il lui a détaillé les progrès réalisés la semaine dernière dans les consultations organisées par ce Mécanisme. Ces discussions qui ont rassemblé les principaux partis et coalitions politiques soudanais ont débattu des voies les plus efficaces pour lancer un dialogue national inclusif. L’envoyé a assuré les responsables soudanais à Khartoum que le « processus politique appartiendra aux Soudanais », et que l’ONU défendra toujours « l’unité et l’intégrité du Soudan » demandant au général al-Burhan de soutenir ses efforts. Le Mécanisme des cinq a annoncé dans un communiqué le 5 juin, que les discussions d’Addis-Abeba ont réalisé une avancée vers un dialogue soudanais et que les participants commencent à préparer leur copie de travail pour les prochaines discussions. Un Comité préparatoire sera bientôt mis en place pour désigner les membres du dialogue national afin de lancer un processus politique et parvenir à un consensus qui mettrait fin à la guerre. RFI
Au Mozambique, le régime impose un blackout aux journalistes
À la fois terrain de jeu des majors pétro-gazières qui y multiplient les méga-projets et théâtre d’un conflit qui a déjà fait plus de 6000 victimes et un million de déplacés entre les islamistes du groupe Al Shabaab et l’Etat mozambicain, il est également le cinquième pays le plus pauvre du monde. Le gouvernement y est dirigé sans partage par le même parti depuis un demi-siècle et les dernières élections générales d’octobre 2024 sont contestées par l’opposition et critiquées par des observateurs internationaux. Elles ont provoqué le soulèvement inédit d’une partie de la population. Depuis ce scrutin, la répression s’est intensifiée dans le pays, où les membres de l’opposition et les journalistes tombent les uns après les autres, dans l’indifférence manifeste des autorités publiques. … C’est au Cabo Delgado que la situation est la plus préoccupante. Les autorités tentent d’imposer un black-out médiatique sur le conflit. « Les médias n’ont pas vraiment pu couvrir la situation correctement. Les journalistes locaux qui essaient sont pris pour cibles », dénonce le CPJ. « Le système en place restreint davantage l’espace civique au Mozambique », ajoute Wilker Dias, directeur de l’ONG DECIDE, spécialisée dans le soutien à la société civile, qui assure aussi avoir été empoisonné lors d’un séjour à Maputo en 2024. … C’est pour briser ce silence que Forbidden Stories publie « Mozambique Exposed ». Près d’une centaine d’interviews, 10 médias, 30 journalistes et cinq mois de travail. Forbidden Stories
Tunisie : grêve de la faim du journaliste Mourad Zeghidi, en détention depuis deux ans
[Vidéo] En Tunisie, le journaliste Mourad Zeghidi emprisonné depuis deux ans et vingt-cinq jours s’est mis en grève de la faim depuis quatre jours pour protester contre l’acharnement judiciaire dont il fait l’objet, selon ses mots, et contre deux années de privation de liberté de l’exercice journaliste. Condamné à trois ans et demi de prison pour blanchiment d’argent et évasion fiscale. France 24
Comment les agents de santé en RD Congo soignent le virus Ebola et assurent leur sécurité
Les agents de santé de l’est de la République démocratique du Congo font une course contre la montre pour aider les patients atteints d’Ebola à gérer leurs symptômes, à assurer leur sécurité et à prévenir le risque de propagation du virus, alors que le nombre de cas continue d’augmenter. Tous les patients, qu’ils soient suspects ou confirmés, sont isolés et toutes les personnes qui entrent en contact avec eux sont censées porter un équipement de protection individuelle (EPI) complet et utiliser d’autres équipements pour minimiser la transmission. L’un de ces appareils est le Cube, une « unité de traitement autonome pour les maladies hautement infectieuses » transparente qui permet à un patient de recevoir un traitement médical sans contact direct avec le personnel médical. Créées à la suite de l’épidémie d’Ebola de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, l’Alliance pour l’action médicale internationale (Alima) les a conçues pour permettre au personnel médical de traiter les patients de l’extérieur, à l’aide de gants attachés en forme de tunnel. … Bien que les patients atteints d’Ebola doivent être isolés pour éviter la transmission, Lame a souligné l’importance du bien-être psychologique des individus, auquel le Cube contribue. Le design du Cube permet aux gens de rendre visite à leurs proches, a-t-il expliqué, expliquant que lors des précédentes épidémies, « les patients étaient séparés de leur famille et de leur communauté et étaient souvent réticents à se faire soigner ». BBC
« Nous travaillons toujours du matin au soir »: en RD Congo, comment les mines d’or ont joué un rôle dans la propagation d’Ebola
L’épidémie d’Ebola, pour l’instant la troisième plus importante qu’a connu le pays, a été déclarée le 15 mai par les autorités congolaises. Elle a en réalité débuté bien avant, estiment des experts cités par le journal américain The New York Times, dès février, dans les mines d’or de l’Ituri. La ville de Mongbwalu, en particulier, est l’épicentre de l’épidémie. Si cette ville est à ce point touchée par le virus, c’est parce qu’elle est située dans la ceinture aurifère du Kilo-Moto, où les colons belges ont ouvert les premières mines il y a plus d’un siècle. Aujourd’hui, l’exploitation minière de la ville repose sur plusieurs mines informelles en périphérie. Beaucoup de mineurs viennent d’autres provinces du pays pour y travailler, et l’or est souvent envoyé à l’étranger par la suite. … L’exploitation aurifère continue donc aujourd’hui de propager l’épidémie dans la région. C’est cette industrie qui alimente le flux de personnes, travailleurs, commerçants, contrebandiers ou encore prostituées venus du reste du pays ou des pays voisins. … La province de l’Ituri, où se trouve Mongbwalu, concentre à elle seule 90% des cas confirmés et 76% des décès, selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CACM). De l’autre côté de la frontière nord-est, en Ouganda, 16 cas ont été confirmés, dont un décès. TV5 Monde
Est de la RDC: au Togo, les différents médiateurs dans cette crise évaluent tous les progrès à accomplir
Lomé a accueilli les 7 et 8 juin 2026 la réunion semestrielle d’évaluation du processus de médiation africain pour l’est de la RDC. Les représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC, Southern African Development Community), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et les envoyés spéciaux de l’ONU ont passé deux jours à faire le point autour du médiateur togolais. Il s’agissait d’abord d’une réunion d’évaluation. Les participants étaient venus mesurer les progrès accomplis depuis janvier dernier, quand une première réunion dans cette même capitale togolaise avait adopté une architecture révisée de la médiation, avec un panel de cinq facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, et un secrétariat conjoint indépendant. … Les participants ont discuté de l’état d’avancement de la feuille de route de l’Union africaine (UA), mais aussi des deux autres processus en cours, Washington et Doha. … Un accord de paix des gouvernements congolais et rwandais a été signé en juin 2025 à Washington, puis une déclaration de principe avec le M23 signée au Qatar en juillet 2025 « en faveur d’un cessez-le-feu permanent », mais la violence persiste. RFI
Au large de la Mauritanie, plus de 1 000 migrants ont été sauvés au cours des dix derniers jours
Plus de mille migrants ont été secourus au large des côtes mauritaniennes en dix jours, signalant une reprise des flux migratoires sur la dangereuse route Atlantique, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès des gardes-côtes mardi 9 juin. Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années la migration clandestine des côtes de leurs pays en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique pour gagner l’Europe, principalement via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes. … Ces départs ont eu lieu quelques jours après la grande fête musulmane de la Tabaski (Aïd-el-Kébir), à la fin de mai, après une période d’accalmie de plusieurs mois des sauvetages en mer. Les huit pirogues interceptées venaient de Gambie et du Sénégal voisins, sans que les nationalités de leurs passagers aient été révélées, a précisé à l’AFP Pierre Beziz, diplomate européen en poste à Nouakchott, la capitale. … « Dans le même temps, il y a eu zéro arrivée aux Canaries, alors qu’on s’attendait à ce qu’il y ait une quantité égale qui y arrive », a insisté Pierre Beziz. Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a conduit les départs des pirogues clandestines vers les Canaries à se déplacer vers le sud, notamment au départ des côtes de Gambie et de Guinée Conakry, rallongeant le temps passé en mer et augmentant les dangers. Le Monde avec AFP
Génocide des Tutsis au Rwanda: procès en appel pour Eugène Rwamucyo, condamné à 27 ans de prison
Ce mardi 9 juin 2026 s’ouvre à Paris le procès en appel d’Eugène Rwamucyo, ancien médecin rwandais de 67 ans. Il avait été condamné, fin octobre 2024 à 27 ans de réclusion criminelle notamment pour complicité de génocide et complicité de crimes contre l’humanité, lors du génocide des Tutsis en 1994. Pour ce deuxième procès, Eugène Rwamucyo a totalement changé de conseils, alors qu’il entend bien clamer de nouveau son innocence, malgré les différents éléments à charge qui ont conduit à sa condamnation en première instance devant la Cour d’assises de Paris. En 2024, cet ancien praticien et intellectuel proche du pouvoir Hutu, avait été reconnu coupable de complicité de génocide, de complicité de crimes contre l’humanité – et de participation à une entente en vue de la préparation de ces crimes. Son rôle lors de l’enfouissement de dizaines de milliers de cadavres dans les fosses communes de Butare, a notamment été longuement discuté lors du premier procès. Eugène Rwamucyo était aussi accusé d’avoir participé à l’exécution de blessés et d’avoir incité la population de s’en prendre aux Tutsis lors du génocide de 1994. Mais le tribunal avait finalement estimé qu’Eugène Rwamucyo n’était pas un acteur direct du génocide des Tutsis, même si sa participation à l’enfouissement de cadavres a été considéré comme un acte génocidaire justifiant une lourde condamnation. 530 parties civiles seront à nouveau représentées lors de ce procès en appel, qui doit s’achever le 17 juillet prochain. RFI
Côte d’Ivoire: une coalition de partis propose la création d’un Haut conseil électoral
En Côte d’Ivoire, un mois après la dissolution de la Commission électorale indépendante, une dizaine de partis politiques suggèrent la création d’un « Haut conseil électoral ». Cet organe indépendant serait composé de 11 membres recrutés suite à un appel d’offre transparent. Cette initiative a été dévoilée ce lundi 8 juin au cours d’une conférence de presse par Simone Ehivet, l’ex-première dame, qui a participé à l’élaboration de cette proposition adressée au gouvernement. Cette proposition émane de dix partis politiques. Elle est portée par l’ancienne Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Ehivet, qui bénéficie aussi du soutien de l’ancien ministre Charles Blé Goudé, ou encore d’Ahoua Don Mello. Dans leur esprit, le Haut conseil électoral serait composé de 11 membres, recrutés suite à un appel d’offre et après avoir été validés par l’Assemblée nationale. Ces 11 personnalités seraient issues du patronat, du milieu agricole, du Barreau. Bref, de plusieurs strates de la société. Aucun représentant de partis politiques y siégerait. Les membres de cet organe seraient nommés à vie et auraient pour rôle, de conduire les élections et de réviser chaque année la liste électorale. Une proposition similaire a déjà été formulée il y a trois ans. Elle est restée sans suite. … Les deux principales formations de l’opposition, à savoir le PDCI et le PPA-CI, ne sont pas impliquées dans cette démarche. RFI
