Revue de presse du 9 juillet 2026

Soudan : l’ONU alerte sur des actes pouvant relever du génocide
Les Nations unies ont annoncé mercredi que le dernier rapport de leur Mission internationale indépendante d’enquête sur le Soudan apportait de nouvelles preuves selon lesquelles les crimes perpétrés dans le conflit soudanais répondent aux éléments constitutifs d’un génocide. Lors d’un point de presse à New York, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que le rapport documentait des attaques d’une extrême brutalité menées par les Forces de soutien rapide (FSR) contre des populations civiles, notamment dans la ville d’El-Fasher, au Darfour. Selon la Mission, ces exactions comprennent des massacres, des enlèvements systématiques de femmes et de jeunes filles ainsi que des viols collectifs de grande ampleur. L’ONU affirme également observer des schémas de violence similaires dans la ville d’El-Obeid, où la Mission d’enquête redoute une aggravation de la situation humanitaire et sécuritaire. Face à ces informations, elle a ouvert une enquête urgente sur les violations présumées des droits humains et les exactions qui y auraient été commises. Africanews avec AFP

Mali : comment la bataille d’Anéfis fragilise la stratégie d’Assimi Goïta face au FLA-Jnim
Depuis le 4 juillet, Anéfis est le théâtre d’affrontements d’une rare violence. Si, lors du lancement de cette nouvelle offensive conjointe, les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) ont lancé un assaut coordonné sur plusieurs villes du pays – Gao, Aguelhok, Sévaré et, plus au sud, Kéniéroba – c’est bien Anéfis qui semble avoir été l’objectif principal. Repoussée au bout de quelques heures dans les autres localités ciblées, l’alliance formée par les indépendantistes et les rebelles est parvenue à prendre le contrôle d’une partie d’Anéfis, assiégeant les soldats des Forces armées maliennes (Fama) et les mercenaires russes d’Africa Corps, retranchés dans la base militaire de cette petite ville d’à peine 8 000 habitants, située à un peu plus d’une centaine de kilomètres au sud de Kidal. … Pour l’heure, aucun des deux camps n’a dit avoir pris l’avantage, alors que la bataille d’Anéfis se joue aussi, et peut-être surtout, à plusieurs dizaines de kilomètres de là, sur l’axe reliant la ville à Gao, d’où les Fama tentent d’envoyer des renforts pour briser le siège. … Pour Bamako, une défaite, un peu plus de deux mois après celle subie à Kidal, mettrait un peu plus à mal la crédibilité de sa stratégie face à l’alliance FLA-Jnim. La junte, dirigée par Assimi Goïta, a déjà été fortement fragilisée par les attaques du 25 avril. … Cette nouvelle vague d’attaques coordonnées vient en tout cas démentir de manière spectaculaire le narratif de la junte, qui affirme depuis plusieurs semaines enchaîner les succès tactiques et se préparer à la reconquête des territoires perdus du Nord. Jeune Afrique

Guinée-Bissau: l’opposant et chef du PAIGC, Domingos Simoes Pereira, entendu par un tribunal militaire
Domingos Simoes Pereira a été entendu ce mercredi après-midi par le tribunal militaire. Le président du PAIGC a été notifié dans la matinée par une ordonnance judiciaire. Le tribunal militaire l’a convoqué dans la journée pour être à nouveau entendu dans cette affaire dans laquelle il est accusé d’avoir participé à une tentative de coup d’État en octobre 2025. Dans l’ordonnance, les juges rappellent qu’il est accusé d’avoir « financé la préparation logistique à hauteur de 300 millions de Francs CFA (environ 450 000 euros) ». Et d’avoir « organisé, chez lui, des réunions pour préparer les putsch ». À ce titre, le ministère public demande qu’il soit mis en détention provisoire. Mais au terme de l’audience, Domingos Simoes Pereira a pu rentrer chez lui, dans l’attente d’une décision. Le juge d’instruction a fait savoir que son sort sera connu rapidement « dans les prochaines heures ou les prochains jours ». À la sortie de l’audience, les avocats du président du PAIGC ont dénoncé le « manque d’impartialité » des magistrats militaires. Ils dénoncent d’ailleurs le fait que l’affaire soit encadrée par la justice militaire, et non civile. Dans un communiqué publié ce mercredi, ses avocats ont aussi dénoncé des pressions sur le juge initialement chargé de l’affaire. Selon eux, il a été contraint de démissionner et remplacé par Mamadu Embaló, qu’ils présentent comme un cousin de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, dont plusieurs proches occupent aujourd’hui des postes clés dans le pays. RFI

Guinée: il y a deux ans, l’enlèvement des figures de la société civile Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah
Le 9 juillet 2024, deux figures de la société civile guinéenne disparaissaient sans laisser de trace, enlevés en pleine nuit à Conakry par des hommes armés : le coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), Foniké Menguè, et son responsable de la mobilisation, par ailleurs coordinateur national de Tournons la page Guinée, Mamadou Billo Bah. Alors que ni le lieu de leur détention, ni même le fait qu’ils soient toujours en vie n’ont pu être confirmés, aucune enquête indépendante n’a permis de les retrouver. Quant aux autorités, elles continuent de nier les retenir en détention. Retour sur une disparition devenue l’un des dossiers les plus sensibles de la transition guinéenne. Le début de l’affaire est connu : le 9 juillet 2024, vers 23 heures, des hommes cagoulés et lourdement armés font irruption au domicile de Foniké Menguè, dans la capitale de Guinée. Le coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) – un regroupement civique créé en 2019 contre une révision de la Constitution – est emmené avec Mamadou Billo Bah et un troisième militant, Mohamed Cissé. Ce dernier est relâché le lendemain. À sa sortie, il affirme que les trois hommes ont été conduits sur l’île de Kassa, où ils auraient été interrogés et torturés avant d’être séparés. Depuis, plus aucune nouvelle de Foniké Menguè ni de Mamadou Billo Bah. RFI

Soudan du Sud: quinze ans d’indépendance, mais toujours pas de célébrations
La plus jeune nation d’Afrique fête ses quinze ans ce jeudi 9 juillet 2026. Le Soudan du Sud a obtenu son indépendance après des décennies de guerre avec Khartoum, un accord de paix signé en 2005 et un référendum d’autodétermination en 2011, approuvé par près de 99% des votants du Sud. Mais les espoirs suscités par l’indépendance ont laissé place à une nouvelle guerre. Et cette année encore, il n’y aura pas de célébrations officielles. … Il faut dire que, quinze ans après l’accession à l’indépendance, il n’y a pas vraiment de quoi se réjouir, note Daniel Akech, chercheur à l’International Crisis Group (ICC). « Le pays est quasiment à l’arrêt, rien ne marche, explique-t-il. Il y a une crise économique – raison pour laquelle le gouvernement n’organise pas de célébrations. Le pays n’a pas effectué sa transition comme prévu. Une guerre est en cours, des milliers de personnes sont déplacées, l’insécurité est partout… Les gens sont frustrés, ils veulent voir une transition démocratique pacifique. » Selon le Fonds monétaire international (FMI), le Soudan du Sud est le sixième pays le plus pauvres au monde, avec un PIB par habitant de 470 dollars en 2025. Les revenus du pétrole, principale ressource du pays, ont chuté ces dernières années, notamment en raison de la guerre au Soudan voisin par lequel transitent les exportations sud-soudanaises. … Alors que la guerre a repris et que le procès de l’ancien vice-président Riek Machar traîne, le gouvernement de Juba a annoncé il y a quelques mois la tenue d’élection à la fin de l’année. Elles auront lieu le 22 décembre 2026. RFI

L’opposition zimbabwéenne veut s’opposer à l’allongement du mandat présidentiel
Les principales figures de l’opposition zimbabwéenne ont juré mercredi de contester, dans leur pays et à l’international, les modifications constitutionnelles qui permettent au président Emmerson Mnangagwa de prolonger son mandat de deux ans et de supprimer l’élection présidentielle au suffrage direct. Le chef de l’Etat, âgé de 83 ans, a promulgué ces amendements mardi, après leur adoption sans encombre par le Parlement, dominé par son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980. La toute nouvelle Coalition du peuple – composée de figures éminentes de l’opposition – a appelé les Zimbabwéens à manifester, tandis que des avocats se préparaient à contester la constitutionnalité de la nouvelle loi. « La Cour constitutionnelle examinera le recours », ont-ils déclaré lors d’une conférence de presse, ajoutant : « Le gouvernement a des armes, de l’argent et les médias. Mais le peuple a le nombre ». … Les changements portent la durée des mandats présidentiel et parlementaire de cinq à sept ans. Cela permettrait de fait à Emmerson Mnangagwa de rester au pouvoir deux ans de plus au-delà de la fin de ses deux mandats de cinq ans, limités par la Constitution. … L’opposition au Zimbabwe est affaiblie par des années de répression et des scrutins entachés d’irrégularités, et accuse les autorités d’avoir réprimé les tentatives de mobilisation contre la loi constitutionnelle avant son adoption. AFP

Un lanceur d’alerte à l’origine de révélations sur la machine de propagande russe en Centrafrique se voit refuser l’asile en France
Ephrem Yalike-Ngonzo pensait avoir fait le plus dur en atterrissant à Paris en juin 2024 avec l’accord des autorités françaises. L’avenir de ce « repenti », ancien agent de la machine à propagande du groupe paramilitaire russe Wagner en Centrafrique, s’est assombri. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a en effet rejeté sa demande d’asile. Cette décision notifiée le 20 mars vient d’être rendue publique par la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), qui avait joué un rôle déterminant pour son exfiltration de Centrafrique puis de la République démocratique du Congo. Le requérant débouté a déposé, jeudi 9 juin, un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), afin que la décision de l’Ofpra soit annulée et sa qualité de réfugié, reconnue. … L’Ofpra justifie encore son rejet de la demande d’asile par le fait qu’il a collaboré avec Wagner à une période durant laquelle le groupe de mercenaires commettait des violations graves et répétées des droits humains (exécutions sommaires, actes de torture et détentions arbitraires) contre des populations civiles. Pour l’Ofpra, Ephrem Yalike-Ngonzo porte ainsi une « responsabilité pour ces agissements commis sur la période considérée ». « Il a pris part à certaines opérations d’influence et de propagande, mais c’était une petite main au sein du Groupe Wagner, un subalterne sans autonomie décisionnelle ni capacité d’initiative », relativise Léa Perruchon, de Forbidden Stories, réseau de journalistes d’investigation qui a longuement enquêté sur ce sujet. Le Monde

Ebola en RDC: deux cas détectés à Kisangani, un deuxième test de vérification en cours
En RDC, Ebola continue de s’étendre dans l’est du pays, trois mois après l’annonce d’une 17e épidémie. Le dernier bilan de l’Institut national de santé publique fait état de 1 759 cas confirmés et de 600 décès en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Mais la dernière mise à jour des autorités sanitaires fait également apparaître un développement préoccupant : une ville jusqu’ici épargnée est désormais concernée. Les équipes de riposte y sont déjà déployées, alors que les analyses de confirmation sont toujours en cours. Deux cas ont été détectés à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, dans le nord-est de la RDC, à plus de 500 kilomètres des foyers connus de l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement dans le pays. Les deux patients ont été testés positifs par PCR-Radione, un test moléculaire rapide utilisé sur le terrain. Une confirmation par RT-PCR, la méthode de référence en laboratoire, est désormais en cours. Plus longue, elle est aussi plus fiable. C’est pourquoi ces deux cas ne figurent pas encore dans le bilan officiel de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en RDC. Le premier patient est lié à la zone de santé de Nia-Nia, en Ituri, qui totalise à ce jour 35 cas confirmés et 13 décès. … En revanche, aucun lien géographique n’a encore été établi pour le second patient en dehors de Kisangani. RFI

Xénophobie en Afrique du Sud: près de 78 000 Zimbabwéens ont quitté le pays, selon Harare
Le Zimbabwe a déclaré mardi 7 juillet que près de 78 000 de ses ressortissants avaient quitté l’Afrique du Sud depuis le début de la nouvelle flambée de violences xénophobes qui touche le pays. Une partie de ces personnes ont été rapatriées par le gouvernement zimbabwéen, mais la grande majorité d’entre elles sont rentrées par leurs propres moyens. En effet, si le Zimbabwe dit avoir pris en charge l’évacuation de près de 21 300 de ses ressortissants en un peu plus de cinq semaines, 56 830 sont, eux, rentrés au pays « de manière indépendante » sur la même période. Les autorités sud-africaines estiment quant à elles que 45 000 migrants ont quitté l’Afrique du Sud par le poste de Beitbridge, à la frontière avec le Zimbabwe, depuis le 7 juin. … À ce stade, le Malawi dit avoir rapatrié 22 000 de ses ressortissants, le Ghana a fait rentrer 900 personnes, le Nigeria affirme avoir évacué près de 900 concitoyens et l’Ouganda annonce en avoir rapatrié environ 560. Cet exode a commencé il y a plusieurs semaines, lorsque des groupes marginaux ont exigé le départ avant le 30 juin de tous les immigrés en situation irrégulière, ce qui a causé des troubles ayant provoqué la mort d’au moins quatre étrangers – deux Mozambicains, un Éthiopien et un Malawien -, selon la police. RFI

Le Ghana et la Côte d’Ivoire veulent créer une « OPEP du cacao »
Le Ghana et la Côte d’Ivoire, qui représentent plus de 60 % de la production mondiale de cacao, souhaitent renforcer leur coopération afin d’influencer davantage les prix du cacao sur les marchés internationaux. Alors que les cours du cacao ont fortement reculé après leur record historique de 2024, les deux pays envisagent de relancer une alliance surnommée « l’OPEP du cacao ». L’objectif est d’harmoniser les prix bord champ, de coordonner les calendriers de récolte et de commercialisation, et de renforcer leur pouvoir de négociation face aux acheteurs internationaux. Le Cameroun et le Nigeria ont également été invités à rejoindre cette initiative régionale. L’Afrique produit la majeure partie du cacao mondial, mais la transformation industrielle, les marques de chocolat et les réseaux de distribution restent majoritairement contrôlés hors du continent. Pour les acteurs de la filière, le véritable défi consiste à développer une chaîne de valeur intégrée en Afrique : transformation des fèves, production de beurre et de poudre de cacao, fabrication de chocolat, création de marques locales et montée en gamme des exportations. Cette stratégie permettrait d’accroître la valeur ajoutée, de créer davantage d’emplois industriels et de réduire la dépendance aux exportations de matières premières. Africanews