Revue de presse du 9 janvier 2026

Législatives en Centrafrique: le parti au pouvoir largement en tête, selon les résultats provisoires
En Centrafrique, l’Autorité nationale des élections (ANE) a proclamé jeudi 8 janvier à Bangui les résultats provisoires des législatives du 28 décembre 2025. Une annonce faite à l’issue du recensement général des suffrages exprimés dans les 144 circonscriptions électorales du pays. Selon ces résultats, le Mouvement cœurs unis (MCU), parti au pouvoir, arrive en tête. Toutefois, plusieurs candidats indépendants ainsi que des formations de l’opposition dénoncent des cas de fraudes et une organisation jugée défaillante. De son côté, l’ANE affirme que les opérations se sont déroulées dans la transparence et sans incident majeur. … Conformément au Code électoral, les candidats et les partis politiques disposent d’un délai de cinq jours pour introduire d’éventuels recours. Les résultats définitifs seront proclamés après examen par le Conseil constitutionnel. L’organisation du second tour interviendra par la suite, à une date qui reste à déterminer. Conformément à la nouvelle Constitution, la composition de l’Assemblée nationale passe de 140 à 144 députés, pour un mandat fixé à sept ans. RFI

Dégradation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC (Rapport de l’ONU)
Le Groupe d’experts des Nations unies a transmis au président du Conseil de sécurité un rapport consacré à la situation en République démocratique du Congo. Ce document met en lumière la dégradation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays. Dans une lettre datée du 30 décembre 2025, les experts affirment que l’AFC/M23 a cherché à se positionner comme une autorité de substitution à l’État congolais dans les zones qu’il contrôle. Le rapport indique que l’AFC/M23 a établi dans ces territoires des structures administratives, judiciaires, budgétaires et sécuritaires, assumant ainsi les fonctions essentielles de l’État. Le rapport souligne que, dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, malgré les avancées réalisées dans les efforts de médiation, la situation sécuritaire s’est détériorée, marquée par de violents affrontements armés. La situation humanitaire a également empiré, avec une multiplication alarmante des attaques généralisées et systématiques contre les civils, ainsi que des violences sexuelles liées au conflit. Selon la même source, l’AFC/M23 a étendu sa campagne militaire dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, avec le soutien de la Force de défense rwandaise. Ce soutien permet à l’AFC/M23 de renforcer son accès aux ressources minières du Sud-Kivu, où il contrôle désormais près de la moitié de la production de cassitérite et de coltan, ainsi que plus des deux tiers de la production de wolframite. Radio Okapi

RDC: Wazalendo, ces « alliés » des FARDC souvent accusés de crimesDans l’est de la République démocratique du Congo, des combats éclatent régulièrement entre les miliciens wazalendo. Ces combats sont le résultat de rivalités entre différentes factions d’une milice qui est une alliée importante de l’armée congolaise, dans sa guerre contre les rebelles du M23. Parfois, les affrontements ont lieu en milieu urbain. C’est le cas dans la ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, où ces miliciens, censés protéger la population, sont devenus une source d’insécurité. Les wazalendo sont composés pour l’essentiel de combattants maï-maï, des groupes d’autodéfense dont les dérives criminelles ont été plusieurs fois documentées par les Nations unies. … Les wazalendo sont essentiellement composés par des anciens maï-maï, des milices d’autodéfense très actives dans l’est du pays. Ceux-ci ont combattu l’armée congolaise pendant des années, avant de se ranger à ses côtés, officiellement adoubés par Kinshasa comme des alliés face aux rebelles du M23. Mais différents rapports de la société civile et des ONG les accusent d’extorsion, d’arrestation illégale, de torture et de pillage des biens de populations. Certains groupes se sont même tournés vers des activités criminelles, comme le trafic de minerais. DW

Présidentielle en Ouganda : arrestation de la militante Sarah Bireete
La tension politique s’intensifie en Ouganda à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 15 janvier. Les autorités ont arrêté Sarah Bireete, directrice exécutive du Center for Constitutional Governance, une ONG basée à Kampala. Elle est accusée d’avoir accédé illégalement au registre électoral national. Mais l’opposition et des organisations de la société civile affirment que les accusations sont politiquement motivées et qu’elles résultent en réalité de son travail de commentatrice publique, souvent critique à l’égard du régime du président Yoweri Museveni. Sarah Bireete avait accordé une interview à l’Associated Press en décembre dernier, dans laquelle elle qualifiait l’Ouganda de « dictature militaire » se faisant passer pour une démocratie et dénonçait une concentration du pouvoir au sein du régime. Le président Museveni, au pouvoir depuis 1986, brigue un septième mandat après la suppression des limites d’âge et de mandat. Son principal adversaire est le musicien devenu politicien Bobi Wine, qui bénéficie d’un fort soutien dans les centres urbains et auprès des jeunes. Des ONG et des défenseurs des droits humains dénoncent une répression accrue contre l’opposition, marquée par des arrestations, des refus de liberté sous caution et ce que certains qualifient de « guerre juridique » visant à affaiblir la crédibilité du scrutin. Africanews

Cameroun: pas de libération provisoire pour les plus de 140 détenus de la crise post-électorale
Plus de 140 détenus de la crise post-électorale d’octobre 2025 ont comparu devant le tribunal militaire de Yaoundé hier, mardi 8 janvier. En détention préventive depuis plus de 2 mois, ils sont jugés pour « propagation de fausses nouvelles, attroupement, rébellion en groupe et défaut de carte d’identité » pour avoir participé aux manifestations de protestations contre les résultats annoncés de la présidentielle du 12 octobre dernier. La cour n’a pas donné suite à la demande de libération provisoire formulée par le collectif d’avocats. … Le mois dernier, une trentaine de prévenus avait été libérée contre caution et, sous garantie, ils comparaissent libres aujourd’hui. Un deux poids, deux mesures qui passe mal pour Maître Ndam, un des avocats du collectif. « C’est une incongruité que nous avons soulignée devant le tribunal, parce que certaines personnes ont été libérées alors qu’elles ont été arrêtées dans les mêmes conditions, leurs dossiers ont connu le même traitement, certains comparaissent libres, d’autres non. Nous nous sommes appuyés sur cet argumentaire pour demander la libération de tout le monde sans condition. » RFI

Des navires chinois, iraniens et russes attendus en Afrique du Sud pour des exercices militaires
Des navires chinois et iraniens sont arrivés près du Cap en Afrique du Sud pour des manœuvres militaires des Brics auxquelles doit participer également la Russie. Baptisé « Volonté de paix », l’exercice doit se tenir pendant une semaine à partir du 9 janvier et aura pour thème les « actions conjointes pour assurer la sécurité du transport maritime », selon un communiqué de l’armée sud-africaine. Ces manœuvres du bloc des pays émergents sont dirigées par la Chine, précise la Défense sud-africaine. Des journalistes de l’AFP ont aperçu deux navires chinois dans le port militaire de Simon’s Town, au sud du Cap, le 7 janvier, rejoints le lendemain par un navire iranien. Des responsables de la marine sud-africaine ont indiqué que des navires de guerre russes devraient également participer aux exercices menés par la Chine. Ces manœuvres, annoncées en décembre, sont axées sur la « sécurité de la navigation et des activités économiques maritimes ». L’objectif est de « renforcer la coopération en faveur des initiatives de sécurité maritime pacifique », précisait le communiqué, ajoutant que l’exercice impliquerait les marines des pays des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud rejoints depuis 2023 par l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie, l’Iran et l’Indonésie). Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : cinq ans de prison requis contre le député malien Mamadou Hawa Gassama
Le procureur a opté pour la fermeté, en requérant à l’encontre de Mamadou Hawa Gassama la peine maximale pour les délits d’« offense » et de « propos outrageants sur internet » envers le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara. En septembre 2022, Gassama s’en était pris au chef de l’État ivoirien lors d’une interview dans un média malien, le qualifiant notamment « d’ennemi du Mali ». Le procureur a dénoncé les « propos inacceptables pour une personne de son rang » et a averti « l’ensemble de l’auditoire » que « toute attaque, tout propos méprisant à l’encontre des institutions sera sanctionné avec la dernière énergie », appelant les internautes à faire « preuve de retenue » sur les réseaux sociaux. Mamadou Hawa Gassama est membre du Conseil national de Transition (CNT), l’organe législatif du Mali voisin dont les relations avec la Côte d’Ivoire sont tendues depuis le double coup d’État de 2020 et 2021 qui a porté au pouvoir le général Assimi Goïta à Bamako. Le président Ouattara s’est toujours montré intransigeant face aux putschs qui ont secoué plusieurs pays sahéliens ces dernières années. Jeune Afrique avec AFP

Mali: colère et incompréhension des Bamakois face au manque d’électricité
Au Mali, les habitants de Bamako n’ont plus que quelques heures d’électricité par jour depuis le début de la semaine. Alors que la pénurie de carburant orchestrée par les jihadistes du Jnim pénalise tout le pays depuis le mois de septembre, les délestages massifs viennent s’ajouter aux difficultés du quotidien, et suscitent à la fois l’incompréhension et la colère des habitants de la capitale. … Ibrahim et sa famille font face, non sans dépit : « Actuellement, nous avons entre trois heures et demie et quatre heures et demie d’électricité par jour, ce n’est pas suffisant. » … Aussi, Yacouba, un autre habitant de la capitale, ne cache-t-il pas sa colère : « Ça me fait au moins vingt-quatre heures sans électricité. On n’a pas de carburant, pas d’électricité, c’est difficile ! Ce que je n’arrive pas à comprendre, poursuit ce Bamakois, c’est qu’on me demande de payer des taxes [sur les services téléphoniques, NDLR]. Toutes les transactions qu’on fait, on paye, mais ils n’arrivent pas à résoudre la situation. Il y a quoi réellement ? Ça ne va pas. Nous sommes en train de subir beaucoup. C’est trop ! » RFI

Madagascar: les pluies et inondations font une dizaine de morts et un millier de sinistrés à Antananarivo
À Madagascar, les fortes intempéries depuis le début de cette saison des pluies ont déjà provoqué 11 décès dans la capitale et ses environs. Les inondations, quant à elles, ont fait plus de 1 000 sinistrés. Un scénario qui se répète année après année. Les eaux de pluie n’arrivent plus à s’évacuer vers les deux rivières de déversement, l’Ikopa et la Mamba, situées autour de la capitale. Les causes de ces inondations sont pourtant bien connues. Ces images de quartiers entièrement sous les eaux n’ont, depuis des années, plus rien d’exceptionnel : à chaque pluie violente, des milliers de mètres cubes d’eau se déversent dans la capitale et affluent vers les zones basses, pour se retrouver bien souvent bloqués dans des quartiers identifiés. Résultat : des inondations à répétition, et un quotidien de plus en plus difficile pour les habitants. RFI

Libye : la renaissance du Musée national
[Vidéo] Fermé pendant quatorze ans en raison de la guerre, le Musée national libyen a rouvert ses portes à Tripoli. L’occasion de redécouvrir un patrimoine exceptionnel qui dépasse les clivages politiques dans un pays encore profondément divisé. TV5Monde