Des drones éthiopiens frappent des troupes érythréennes au Tigré
De nouvelles frappes de drones éthiopiens auraient visé des forces érythréennes dans le nord du Tigré. Selon l’observatoire des conflits ACLED et plusieurs témoins, des troupes et des munitions érythréennes présentes autour d’Adigrat ont été touchées dans la nuit de mercredi à jeudi. Un témoin affirme que plusieurs camions militaires érythréens ont été détruits. Un autre dit avoir entendu une « énorme explosion » et vu des véhicules militaires touchés par un drone. Selon un troisième témoin, les forces érythréennes semblaient commencer à se replier vers le nord. Ces informations interviennent alors que les tensions entre Addis-Abeba et Asmara se sont fortement aggravées ces derniers mois. L’Éthiopie accuse l’Érythrée de soutenir des groupes rebelles dans le Tigré. Asmara, de son côté, accuse Addis-Abeba de soutenir ses opposants et de chercher un prétexte pour intervenir sur son territoire, notamment pour obtenir un accès à la mer Rouge. Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques la semaine dernière. Africanews avec AFP/AP
Éthiopie: des troupes érythréennes se déploient dans le nord du Tigré
L’implication de l’Érythrée dans le conflit qui déchire l’Éthiopie depuis quinze jours est de plus en plus visible. D’après de nombreux observateurs, des soldats se déploient actuellement sur le territoire du Tigré, dans le nord éthiopien, dans plusieurs localités. … Des soldats en patrouille à Rama et autour de Sheraro, deux localités de l’extrême nord de l’Éthiopie situées tout près de l’Érythrée. D’autres encore à Fatsi, près de la ville d’Adigrat, à 40 kilomètres de la frontière : depuis quelques jours, les troupes de l’armée érythréenne prennent position dans plusieurs zones du territoire tigréen. Depuis la reprise de la guerre, Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir les rebelles de la Coalition pour la survie, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). … Après des mois de tensions, les hostilités ont repris le 23 septembre dans le nord de l’Éthiopie entre l’armée éthiopienne et des groupes opposés au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, dont les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui dirigeait de fait l’État régional éponyme depuis avril et défiait l’autorité fédérale. L’Éthiopie accuse l’Érythrée de soutenir le TPLF, sur fond de rivalités régionales, autour notamment de la mer Rouge. RFI
En Egypte, les six journalistes du média d’investigation « Matsadaash » inculpés d’infractions liées au terrorisme
La justice égyptienne a inculpé, mercredi 7 octobre, d’infractions liées au terrorisme six journalistes accusés de travailler pour les Frères musulmans – confrérie interdite – et d’avoir reçu des financements de l’étranger pour diffuser de « fausses informations ». … Créée en 2018 et spécialisée dans le fact-checking, Matsadaash (« N’y crois pas » en arabe) dit être engagée dans une démarche « fondée sur la vérification des informations et la rectification des déclarations trompeuses, quelle qu’en soit la source ». Elle remet souvent en cause les déclarations des autorités et d’organismes gouvernementaux. … L’ONG Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR) a affirmé, lundi, que les six journalistes ont été victimes de « diverses formes de torture et de mauvais traitements » en détention, ce que le ministère de l’Intérieur a démenti. Selon EIPR, le nombre total de journalistes détenus en Egypte en lien avec leur profession s’élève à 26. Le Monde avec AFP
Le journaliste nigérien Moussa Kaka est « en vie » et « détenu » par les autorités, selon Reporters sans frontières
Le journaliste nigérien Moussa Kaka, porté disparu depuis la fin d’août au Niger, est en « vie » et « détenu » par les autorités du pays dirigé par une junte, a annoncé, mardi 6 octobre, Reporters sans frontières (RSF), qui cite le ministre de la justice, Alio Daouda. Le sort de M. Kaka, 66 ans, directeur d’une télévision privée, suscitait de nombreuses inquiétudes depuis sa disparition, le 31 août, quelques jours après une mutinerie qui avait secoué la capitale, Niamey, et que le régime militaire avait finalement déjouée avec l’aide déterminante de son allié russe. « Moussa Kaka est en vie et détenu par les autorités », a affirmé le ministre de la justice, mardi, à RSF, qui rapporte cette déclaration. Les autorités lui reprocheraient d’avoir « commis une infraction » dont il devra « répondre devant les juridictions », d’après RSF qui cite le ministre de la justice, dans le communiqué. « En donnant une preuve de vie du journaliste, les autorités nigériennes confirment leur lien avec sa disparition depuis plus d’un mois », a déclaré Sadibou Marong, directeur du bureau pour l’Afrique subsaharienne de RSF, cité dans le document de l’ONG. … Le Niger est dirigé depuis 2023 par un régime militaire régulièrement accusé par des ONG d’atteintes à la liberté de la presse. Le Monde avec AFP
Guinée: l’opposant Aliou Bah transféré vers une destination encore inconnue
L’opposant Aliou Bah a été transféré dans la nuit du 5 au 6 octobre, de la prison de Coyah, où il était détenu, vers une destination inconnue. C’est son parti, le Mouvement démocratique libéral (Model), qui s’en inquiète, dans un communiqué publié mercredi. Les raisons de ce transfert n’ont pas été communiquées. Ce transfert intervient dans un contexte où l’administration doit lui faire accomplir un « stage civique », après la grâce prononcée par le président Mamadi Doumbouya le 2 octobre. … Selon une source proche, Aliou Bah aurait été extrait de la prison de Coyah, près de Conakry, avec quelques-uns des 216 autres graciés à l’occasion de la fête nationale du 2 octobre. Tous doivent accomplir ce fameux stage de 45 jours pour recouvrer la liberté. Aliou Bah est en détention depuis fin décembre 2024. Il avait été condamné à deux ans de prison pour « offense et diffamation envers le chef de l’État ». La Cour de justice de la Cédéao avait exigé sa libération « immédiate et sans condition » après avoir condamné l’État guinéen dans ce dossier, pour arrestation et détention « arbitraires ». RFI
Conflit dans l’est de la RDC: après Goma, les facilitateurs de l’UA ouvrent un contact sans obtenir de percée
Pour la première fois depuis la création du panel, les facilitateurs se sont rendus à Goma et y ont passé la nuit. Ils ont tenu deux séances de travail avec la direction de l’AFC/M23. Selon plusieurs sources diplomatiques, ils voulaient recueillir les demandes du mouvement, approfondir leur compréhension de la crise et faire le point sur les négociations de Doha. Ils ont aussi rencontré la Monusco, des ONG et la société civile, puis circulé dans la ville. L’étape rwandaise a eu lieu avec la rencontre entre le Kenyan Uhuru Kenyatta et le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe. Aucune avancée concrète n’a été annoncée. Le principal résultat est donc l’ouverture d’un contact direct avec l’AFC/M23. Mais le panel doit encore trouver sa place entre les différentes mediations. La visite de Goma correspond à une première étape de la feuille de route prévue de juillet à décembre. Ce plan prévoit des consultations sur le terrain, un dialogue avec les groupes armés, mais aussi un travail sur la sécurité, l’accès humanitaire, les ressources naturelles et la réconciliation. Après Goma, le programme prévoit une étape à Kigali, puis probablement à Kinshasa. Une nouvelle rencontre entre les parties est attendue en présentiel à Doha à la fin du mois. Le panel pourrait aussi revenir à Goma avant la fin de l’année et une autre réunion d’harmonisation est prévue d’ici décembre à Arusha, en Tanzanie. RFI
Burundi: la prorogation du mandat du Rapporteur spécial de l’ONU « montre que la situation du pays n’est pas oubliée »
Au Burundi, la société civile exprime son soulagement ce mercredi après l’adoption la veille mardi à Genève, par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, d’une résolution sur le pays. Par cette résolution, le Conseil proroge d’un an le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Burundi. Bien que ce dernier ne soit pas autorisé à visiter le pays, ses rapports sont scrutés avec attention et constituent, selon Maître Armel Niyongere, président de l’Association des chrétiens contre la torture (Acat-Burundi), l’un des derniers liens pour éviter que la situation des droits humains dans le pays ne tombe dans l’oubli, alors que les rapports successifs du Rapporteur dénoncent de nombreux cas d’arrestations arbitraires, de tortures, de disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires ou encore la fermeture de l’espace politique, malgré les dénégations de Gitega. … La présidentielle au Burundi, lors de laquelle Évariste Ndayishimiye fait figure de favori pour un second mandat, aura lieu le 3 mai 2027. Il avait été élu en mai 2020. Initialement de cinq ans, le mandat présidentiel a été rallongé à sept ans par une réforme de la Constitution en 2018. Le 18 septembre, le rapporteur Fortuné Gaetan Zongo avait averti que la situation au Burundi avant la présidentielle de 2027 présentait des signes avant-coureurs d’une « crise électorale ». RFI
Guinée-Bissau: la purge de ministres proches d’Umaro Sissoco Embalo se poursuit
Deux membres du gouvernement de transition ont été limogés par le président de la junte au pouvoir, le général Horta N’tam, par décret présidentiel mardi 6 octobre. Dans les deux cas, il s’agit de proches de l’ancien président Umaro Sissoco Embalo. L’ex-président a déclaré être candidat à la présidentielle du 6 décembre prochain, mais a été empêché de revenir à Bissau dimanche dernier par la junte au pouvoir. Le général Mamasaliu Embalo a été démis de ses fonctions de ministre de l’Intérieur, alors que Virginia Maria da Cruz Godinho Pires Correia a été limogée de son poste de ministre de la Pêche et de l’Économie maritime. … Les deux ont été remplacés dans la foulée. L’Intérieur est désormais assuré par Antonio Suca Ntchama, déjà à ce poste en 2013 et accusé d’être impliqué dans un réseau de trafic de citoyens syriens. Fidelis Forbs, lui, hérite du portefeuille de la Pêche. Il était jusqu’à présent conseiller du Premier ministre de transition Ilídio Vieira Té. Dans les deux cas, il s’agit de postes particulièrement stratégiques : l’Intérieur, alors que la junte au pouvoir a promis d’organiser une présidentielle le 6 décembre prochain pour revenir à l’ordre constitutionnel, et la Pêche, qui représente plus de 5 % du PIB et un pilier de l’économie bissau-guinéenne. Après l’interdiction de la junte au pouvoir de laisser l’ex-président Umaro Sissoco Embalo revenir au pays, ces nominations apparaissent comme une nouvelle étape de la recomposition institutionnelle en cours, avec « au centre le Premier ministre Illidio Vieira Té et le chef d’état-major des forces armées, le général Tomas Djassi », analyse un bon connaisseur des rouages politiques en Guinée-Bissau. RFI
L’Union africaine lance une agence de notation pour renforcer la souveraineté financière du continent
L’Afrique se dote d’un nouvel outil pour avoir son mot à dire sur les marchés financiers. L’Agence africaine de notation de crédit a été officiellement lancée mercredi 7 octobre à Maurice, avec l’ambition de proposer une lecture africaine du risque financier. L’enjeu est majeur : le coût auquel les États et les entreprises du continent accèdent aux financements. Pour ses promoteurs, une meilleure prise en compte des réalités économiques africaines pourrait contribuer à attirer davantage de capitaux vers le continent. Reste à établir sa crédibilité. Une agence de notation évalue la capacité d’un État ou d’une entreprise à rembourser ses dettes. Sa note peut influencer les conditions de financement portées par l’Union africaine et le mécanisme africain d’évaluation par les pairs. L’Africa Credit Rating Agency (AfCRA) veut offrir une alternative à Moody’s, SCP et Fitch, avec une évaluation du risque adaptée aux réalités africaines, indique notre correspondant à Port-Louis, Patrick Gilbert. Mais son indépendance est essentielle, explique Sifiso Falala, directeur général par intérim de l’AfCRA : « Le parcours a été assez long du point de vue législatif, du point de vue de l’Union africaine, avec toutes les consultations nécessaires menées au sein des régions et du continent, et cela afin de nous donner les garanties nécessaires que l’AfCRA serait indépendante de l’Union africaine. » RFI
Sierra Leone: l’opposition conteste la réforme constitutionnelle devant la Cour suprême
En Sierra Leone, les règles de la prochaine présidentielle sont au cœur d’un recours devant la Cour suprême. La Cour a commencé mercredi 7 octobre à examiner la réforme constitutionnelle contestée par l’opposition. Le texte abaisserait de 55 % à plus de 50 % des voix le seuil pour être élu dès le premier tour. Mais l’opposition conteste aussi la procédure suivie pour l’adopter au Parlement. Selon l’opposition, le Parlement a adopté cette réforme sans respecter les règles prévues pour modifier la Constitution. Sur le fond, pourtant, elle soutient le principe des réformes. Permettre aux binationaux de devenir députés, par exemple, fait consensus entre les deux camps, mais le nouveau seuil pour gagner la présidentielle divise. … L’unité nationale a été mise à rude épreuve après les élections contestées de 2023. L’opposition avait alors boycotté le Parlement. La réforme devait restaurer la confiance. Mais d’autres mesures divisent. Selon Abdul Kargbo, même avec une majorité nationale, il faudrait obtenir 20 % des voix dans au moins deux districts sur trois pour être élu. Autre désaccord : la proportionnelle aux législatives. Le texte la maintient. Or, selon Abdul Kargbo, plusieurs organisations civiles, religieuses et syndicales l’ont rejetée lors des consultations sur la réforme électorale. RFI
Mauritanie: d’importantes saisies de drogue au port de Nouakchott
En Mauritanie, la police nationale annonce avoir réalisé une importante saisie de drogue en début de semaine et avoir démantelé en même temps un réseau de trafic international au port de Nouakchott. Plus de 150 000 tablettes d’ecstasy ont été saisies et des personnes ont été arrêtées, selon toujours la police. À l’issue de l’enquête, ces dernières ont été remises au procureur général. Dans son communiqué, la Direction générale de la Sûreté nationale assure que ce coup de filet a été possible grâce aux renseignements qu’elle avait obtenus sur l’arrivée imminente au port de Nouakchott de trois véhicules légers, et qui devaient ensuite être transférés vers un pays voisin, qui n’a pas été précisé. Depuis cette alerte, la police avait mis en place une surveillance rigoureuse qui lui a permis l’interception des trois véhicules et l’arrestation sur place de trois personnes de nationalités étrangères impliquées dans cette affaire. Au total, 162 000 tablettes d’ecstasy, classées comme substances psychotropes, ont été saisies, ainsi qu’un quatrième véhicule qui attendait sur place. … [Selon l’expert en sécurité Mansour Ly, la Mauritanie,] en plus d’être une route de transit de cocaïne de l’Amérique latine vers l’Europe, est en train de devenir également un marché local pour ces drogues. RFI
Affaire Kemi Seba : la justice sud-africaine rouvre la voie à une extradition vers le Bénin
La justice sud-africaine a tranché : Kemi Seba ne pourra pas se prévaloir d’un statut diplomatique dans la procédure d’extradition engagée contre lui par le Bénin. … Lors de l’audience de ce 6 octobre, les juges sud-africains ont estimé qu’aucun élément concret ne leur permettait d’accéder à cette requête. Pour Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, cette décision constitue un sérieux revers dans la procédure d’extradition engagée à son encontre par les autorités béninoises. En effet, il ne pourra pas se prévaloir de la protection consulaire. La prochaine audience sur le fond de la demande d’extradition a été fixée au 20 novembre. Les autorités béninoises accusent Kemi Seba d’« apologie de crime contre l’État », d’« incitation à la haine et à la violence » et d’« incitation à la rébellion » pour son soutien aux mutins dans des vidéos diffusées sur ses réseaux sociaux lors de la tentative de coup d’État menée le 7 décembre 2025 contre Patrice Talon par le lieutenant-colonel Pascal Tigri. … Né franco-béninois, Kemi Seba, 44 ans, a été déchu de sa nationalité française en juillet 2024 pour ses positions hostiles à la politique africaine française et ses liens avec Moscou, Paris l’accusant de se faire « le relais de la propagande russe ». Détenteur de la seule nationalité béninoise, la justice sud-africaine ne lui a pas reconnu son statut de diplomate accrédité au nom du Niger, même s’il dispose d’un passeport diplomatique émis par Niamey. Jeune Afrique
