Revue de presse du 8 mai 2026

Des dizaines de morts dans des attaques djihadistes contre des villages du centre du Mali
Des dizaines de personnes auraient été tuées lors d’attaques contre deux villages du centre du Mali, l’assaut le plus meurtrier depuis que des groupes armés ont lancé une offensive coordonnée dans le pays le mois dernier. Au moins 30 personnes ont été tuées lorsque des djihadistes ont attaqué les villages de Korikori et de Gomossogou, dans la région de Mopti, selon des sources citées par l’agence de presse AFP. D’autres sources diplomatiques et humanitaires ont déclaré séparément à l’agence de presse Reuters que le bilan des attaques simultanées de mercredi s’élevait à au moins 50 morts. Le groupe JNIM, lié à Al-Qaïda, a revendiqué la responsabilité de ces attaques. L’armée malienne a déclaré avoir mené une « opération ciblée » dans la région, au cours de laquelle une douzaine de combattants djihadistes ont été « neutralisés ». BBC

Troubles au Mali : des innocents lynchés et « brûlés vifs » par amalgame après des attaques djihadistes d’ampleur
D’abord, il y a eu un soupçon, puis des cris et enfin le feu : à Bamako, Abdoulaye Diarra a été battu et brûlé vif près de son quartier de Médina Coura, accusé à tort d’être un « terroriste » à cause de ses vêtements usés et de sa longue chevelure, dans une capitale malienne sous tension maximale après des attaques sans précédents de djihadistes alliés à des rebelles touareg. Lors de lynchages de ce type au Mali, plusieurs personnes ont été prises pour cibles en raison de leur apparence, notamment des individus jugés négligés, aux cheveux longs et mal peignés, des personnes souffrant de troubles mentaux ou encore des habitants à la peau claire assimilés aux communautés touareg ou peule, régulièrement accusées de nourrir les rangs des groupes djihadistes.… Dans les grandes villes, les civils se sont mêlés aux opérations antidjihadistes de l’armée, lynchant souvent des islamistes tentant de se dissimuler au sein de la population, mais parfois aussi des civils innocents sur la base de leur apparence physique. RTBF

RDC : au moins 36 civils tués dans de nouvelles attaques des rebelles ADF
Des rebelles affiliés au groupe État islamique ont tué au moins 36 personnes en deux jours d’attaques dans l’est de la République démocratique du Congo, selon des sources locales et sécuritaires. Les attaques, attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF), ont visé plusieurs villages situés entre les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Au moins 21 personnes ont été tuées depuis mardi dans des villages isolés près de Beni-Mbau, tandis que 15 autres ont perdu la vie lors d’une attaque menée jeudi dans la localité de Biakato, en Ituri. Selon des témoins, les assaillants ont surpris les habitants dans leurs maisons avant de les attaquants à coups de balles et de machettes. Parmi les victimes figurent des femmes et un enfant. Plusieurs personnes sont également portées disparues.… Ces nouvelles violences surviennent alors qu’Amnesty International a publié un rapport accusant les ADF de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. L’organisation dénonce notamment des enlèvements, le recrutement d’enfants soldats, le travail forcé ainsi que des violences sexuelles visant les femmes et les filles. AfricaNews/agences

«Mauvaise foi», «cacophonie»: en RDC, l’opposition continue de tancer un éventuel troisième mandat du président
Le chef de l’État congolais a ouvert la porte le 6 mai 2026 à un éventuel troisième mandat à l’issue d’un référendum constitutionnel, et à un report de l’élection présidentielle prévue en 2028 si le conflit dans l’est de la RDC devait se poursuivre. Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi, 62 ans, arrivera au terme de son second mandat en 2028. La Constitution du pays place la limite à deux mandats présidentiels. Ces annonces ont suscité la vindicte de plusieurs partis d’opposition qui ont dénoncé des paradoxes.… En RDC, les précédentes modifications de l’actuelle Constitution ont été adoptées par le Parlement. Mais elles ne concernaient pas les articles dits « verrouillés », notamment ceux liés à la durée et au nombre de mandats présidentiels. D’où l’idée, dénonce l’opposition, de passer cette fois par le référendum. RFI

Les attaques djihadistes résonnent jusqu’à N’Djamena
Après une série d’attaques djihadistes dans le bassin du lac Tchad, des habitants de N’Djamena craignent que la capitale ne soit pas à l’abri. Deuxième jour de deuil national au Tchad, après une nouvelle attaque djihadiste de Boko Haram, ayant fait au moins deux morts au sein de l’armée le mercredi 6 mai, dans le bassin du lac Tchad. Le 4 mai dernier déjà, une première attaque djihadiste avait causé la mort de 24 militaires et fait plusieurs blessés. Dans les rues de N’Djamena, les habitants sont très inquiets de ces menaces et certains observateurs pointent du doigt la défaillance des services de renseignements. Depuis plus d’un mois, les Tchadiens sont fréquemment ciblés par les terroristes dans la province du lac Tchad.… Avec les nouvelles attaques contre l’armée, cette situation inquiète de nombreux Tchadiens dans les rues de N’Djamena. DW

Tchad: le parquet requiert 10 ans de prison contre huit opposants du GCAP
Dix ans de prison ont été requis par le procureur de la République au Tchad à l’encontre des huit opposants du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP). Le verdict sera rendu ce vendredi 8 au Palais de Justice de Ndjamena alors que les deux premiers jours du procès s’étaient déroulés à la maison d’arrêt de Klessoum. Un procès maintenu public, mais dont l’accès a été refusé à la presse et aux proches par le Procureur de la République. Les proches des huit opposants sont dans l’attente du verdict. Certains dénoncent « une réquisition de la honte ». D’autres sont sûres que les présidents du GCAP ne seront pas libérés, mais espèrent que les peines seront allégées. Du côté des défenseurs des droits de l’homme, on affirme qu’une condamnation à 10 ans de prison ferme serait une manière de « décapiter définitivement l’opposition au Tchad ». RFI

Tunisie : l’ONU dénonce un durcissement contre la société civile
Le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a exhorté jeudi les autorités tunisiennes à mettre fin à la répression croissante visant les organisations de la société civile, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les opposants politiques. Dans une déclaration, il a dénoncé une multiplication des poursuites judiciaires et des restrictions administratives qui portent atteinte aux libertés fondamentales « garanties par la Constitution tunisienne et les engagements internationaux du pays ». Parmi les exemples récents cités par M. Türk figure la suspension temporaire de l’organisation internationale Avocats Sans Frontières pour une durée de 30 jours par un tribunal tunisien. Cette décision intervient quelques jours après une mesure similaire visant la Ligue tunisienne des droits de l’homme. Selon le chef des droits de l’homme, les autorités invoquent régulièrement des irrégularités administratives ou financières pour justifier ces suspensions, qui paralysent les activités de défense des droits humains. ONU Info

Burundi: la présidentielle aura lieu le 3 mai 2027, annonce la Commission électorale
Au Burundi, la prochaine présidentielle aura lieu le 3 mai 2027, a annoncé ce vendredi matin la Commission électorale (Céni) au cours d’une réunion boycottée par sept partis d’opposition qui exigent un dialogue en vue de tout remettre à plat. Le pays est dirigé depuis juin 2020 par Évariste Ndayishimiye. RFI

Mort d’un youtubeur critique du pouvoir de Kigali
La mort du youtubeur Aimable Karasira suscite de nombreuses interrogations. Celui-ci est décédé à la veille de sa libération, au terme de cinq années de détention pour trouble à l’ordre public. Aimable Karasira s’était fait connaître sur YouTube et les réseaux sociaux par ses prises de parole critiques, notamment sur l’histoire récente du Rwanda. Ses contenus lui avaient valu plusieurs procédures judiciaires et une condamnation en 2021. Sa mort intervient dans un contexte où les voix critiques en ligne restent étroitement surveillées dans le pays. Mais elle ravive, surtout, le souvenir d’un autre décès marquant : celui du journaliste et youtubeur John Williams Ntwali, mort en janvier 2023 à Kigali, officiellement dans un accident de la route. Ishimwe Normand, président de Jambo ASBL, un think tank sur la politique rwandaise et la région des Grands lacs, basé à Bruxelles, rappelle que plusieurs organisations de défense des droits humains ont alerté sur les conditions de détention d’Aimable Karasira.… Les décès de youtubeurs et journalistes des réseaux sociaux alimentent aujourd’hui les débats sur la liberté d’expression, le traitement des créateurs de contenus critiques et les conditions de détention au Rwanda. Pour les autorités rwandaises, il n’existe aucun lien entre ces affaires et l’activité des personnes concernées. DW

Côte d’Ivoire: après la dissolution de la Commission électorale, l’opposition fixe ses conditions
Le gouvernement a dissous hier la Commission électorale indépendante. Depuis 25 ans, la CEI organise et supervise les scrutins électoraux. Elle était régulièrement l’objet de vives critiques des partis politiques, qui la soupçonnent d’être déséquilibrée et partisane. Après l’annonce de sa dissolution, la classe politique pose des conditions concernant la mise en place d’un nouveau système de gestion des élections. Le PDCI de Tidjane Thiam déplore « une décision unilatérale prise sans concertation avec la classe politique ». Ce parti d’opposition dénonce aussi une « opacité » autour du budget alloué à la révision de la liste électorale en 2026 et demande une fois de plus, un dialogue avec l’ensemble des partis politiques. Ce dialogue permettrait de « définir les modalités du système électoral », insiste Soumaïla Bredoumy, le porte-parole du PDCI.… La question de l’intégrité du futur système de gestion des élections semble donc au cœur des préoccupations de la classe politique. « L’enjeu est de taille, affirme Ahoua Don Mello, candidat malheureux à la présidentielle d’octobre dernier, il ne faut surtout pas remplacer la peste par le choléra ». RFI

Somalie : la sécheresse fait gagner du terrain à la malnutrition
Le triple coup dur des coupes dans l’aide, de la sécheresse et du conflit plonge les Somaliens dans le désespoir. La sécheresse qui touche le pays de la corne de l’Afrique depuis trois ans est passée par là. Faisant doubler le taux de malnutrition.… Plusieurs organisations internationales ont cessé leurs opérations dans le camp de Kismayo. En raison de la réduction de l’aide. À ce jour, seuls 13 % de l’objectif fixé pour cette année ont été collectés.  »Ce à quoi nous assistons dans tout le pays, c’est une crise de malnutrition. Nous n’avons tout simplement pas les ressources nécessaires pour y répondre comme nous le devrions. La situation est aggravée par la crise au Moyen-Orient, qui fait grimper les prix dans tout le pays : le carburant a augmenté de 150 %, et même les denrées alimentaires d’au moins 20 à 30 %. », explique Matthew Hollingworth, directeur exécutif adjoint du PAM chargé des opérations de programme. AfricaNews

La justice sud-africaine rouvre la porte à une éventuelle procédure de destitution du président Cyril Ramaphosa
La Cour constitutionnelle sud-africaine a rouvert ce 8 mai 2026 la porte à une éventuelle procédure de destitution du président du pays, en invalidant un vote de l’Assemblée qui avait coupé court à l’ouverture d’une telle mesure le visant. L’Assemblée nationale, alors sous majorité absolue du parti de Cyril Ramaphosa (ANC), avait rejeté en 2022 un rapport parlementaire ayant conclu que le chef de l’État avait «pu commettre» des actes contraires à la loi. Il était accusé d’avoir caché à la police et au fisc un vol de centaines de milliers de dollars en liquide dans une propriété. Or, le vote de l’Assemblée «est incompatible avec la Constitution, invalide et annulé», a déclaré la présidente de la Cour constitutionnelle qui examinait une plainte déposée entre autres par le parti de gauche radicale EFF. RFI

Kenya : dix-neuf Kenyans tués sur le front en Ukraine
Le ministre kenyan des Affaires étrangères a déclaré jeudi que 19 citoyens avaient trouvé la mort en combattant sur le front ukrainien et que 32 autres étaient portés disparus, alors que les critiques s’intensifient suite à des informations faisant état d’enrôlements forcés de Kenyans dans l’armée russe. S’exprimant lors d’une séance de la commission sénatoriale, Musalia Mudavadi a déclaré que le nombre de Kenyans enrôlés dans l’armée russe était passé de 250 à 291. Les services de renseignement de ce pays d’Afrique de l’Est indiquent que ce chiffre est bien plus élevé, estimant que plus de 1 000 Kenyans ont été recrutés dans l’armée russe après avoir été attirés par des recruteurs leur faisant de fausses promesses d’emplois lucratifs.… De nombreuses enquêtes ont révélé comment la Russie a attiré des hommes originaires de pays africains en leur promettant des emplois lucratifs, pour ensuite les forcer à combattre sur la ligne de front ukrainienne. Ces révélations ont provoqué un tollé au Kenya. AfricaNews/AFP

Togo: détenus politiques, ils témoignent
[Vidéo] Le poète et militant Affectio a de nouveau été écroué. Détenu depuis le 24 avril, il a arrêté pour avoir pris des photos sur un chantier en construction à Lomé et de les avoir envoyé des activistes de la diaspora. TV5Monde

Interpol: l’Afrique en première ligne face au trafic de faux médicaments
90 pays concernés, 269 arrestations et près de 6 000 sites frauduleux fermés. C’est le résultat d’une opération d’Interpol contre le trafic de faux produits pharmaceutiques. L’agence policière intercontinentale a saisi cette année pour 15,5 millions de dollars de produits contrefaits au niveau mondial. Baptisée Pangea, cette grosse opération d’Interpol contre la vente de faux médicaments sur internet a lieu tous les ans dans le monde. Cette année, les conclusions de l’organisation montrent que l’Afrique est surtout ciblée pour les médicaments les plus basiques. Contrairement au reste du monde, surtout concerné par les faux médicaments contre les troubles de l’érection, les sédatifs et les analgésiques. L’Afrique est surtout infestée de contrefaçon d’antidouleurs, d’antibiotiques, et d’antipaludéens. L’enquête d’Interpol indique que ces produits se vendent dans les marchés informels. Le continent étant une des régions du monde où le coût pour la santé reste élevé, même pour les médicaments les plus souvent sollicités. RFI