Revue de Presse du 8 juin 2017

Attaque d’une base militaire en Somalie
Les islamistes somaliens shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont attaqué mercredi matin la base militaire d’Af-Urur, dans le nord du pays. Cette attaque a occasionné des « pertes importantes » dans les deux camps, selon des sources sécuritaires. La base militaire de Af-Urur est située dans la région semi-autonome du Puntland (nord). BBC

Onze morts dans une attaque de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria
Onze personnes ont été tuées lors d’une attaque sur la grande ville de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, lancée mercredi soir vraisemblablement par le groupe jihadiste Boko Haram. Dix civils ont été tués dans trois attentats suicide coordonnés et un autre dans le quartier de Jiddari Polo, alors que les habitants tentaient de fuir les assaillants, a expliqué le commissaire de police pour l’Etat de Borno, Damian Chukwu. Un des trois kamikazes s’est fait exploser dans le quartier de Goni-Kachallari alors que des fidèles musulmans sortaient de la mosquée. « Le kamikaze est mort, de même que six autres personnes », a-t-il indiqué. VOA

Le Sénégal rappelle son ambassadeur au Qatar
Le Sénégal a annoncé mercredi le rappel de son ambassadeur au Qatar. Dakar marque ainsi sa solidarité avec des pays de la péninsule arabique et l’Egypte qui ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha en l’accusant de « soutien au terrorisme ». « Le Sénégal décide, à compter de ce jour mercredi 7 juin 2017, de rappeler en consultation son ambassadeur au Qatar », affirme un communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères. Les autorités sénégalaises déclarent suivre « avec une vive préoccupation, la situation en cours dans la région du Golfe » et expriment « leur solidarité agissante à l’Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et à l’Egypte », ajoute le communiqué. BBC

Qatar: les pays africains se positionnent dans la crise diplomatique
La crise diplomatique autour du Qatar a gagné l’Afrique. Après la rupture des relations diplomatiques de l’Arabie saoudite avec l’émirat, plusieurs pays du continent ont, à leur tour, pris position. D’abord la Mauritanie mardi, puis les Comores mercredi ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha. Nouakchott accuse le Qatar de « soutenir des organisations terroristes, de propager des idées extrémistes et de semer l’anarchie ».  Ensuite, c’est le gouvernement sénégalais, solidaire de l’Arabie saoudite, qui a rappelé son ambassadeur au Qatar. Un geste fort qui ne rompt pas pour autant tous liens avec les Qatariens. Dakar dit vouloir consulter son diplomate sur les suites à donner à cette crise. RFI

Bénin: l’absence de Talon fait débat
Au Bénin, l’absence du président Patrice Talon suscite de nombreuses spéculations. Dans la capitale Cotonou, l’opinion publique s’interroge sur cette absence du président. Le conseil des ministres, réunion hebdomadaire du gouvernement, n’a pas eu lieu en raison de l’absence du président béninois. Le ministre des Affaires étrangères a déclaré mercredi que le président se porte bien. « Il séjourne à Paris. Il profite de son séjour pour faire un bilan de santé », a expliqué le ministre des Affaires étrangères Aurélien Agbénonci. BBC

Tunisie: le parti islamiste Hizb et-Tahrir de nouveau suspendu par la justice
La justice tunisienne a décidé de suspendre une nouvelle fois les activités du parti islamiste Hizb et-Tahrir. Le parquet de Tunis reproche à cette petite formation politique, légalisée après la révolution de 2011, de prôner l’instauration d’un califat en Tunisie, et d’inciter à la haine. Des ambitions incompatibles avec la République et la démocratie, selon le porte-parole du tribunal. Hizb et-Tahrir tire son nom d’un mouvement international né dans les années 1980 d’une scission avec les Frères musulmans. Cette franchise tunisienne, créée clandestinement sous la dictature, en a gardé les principales idées : l’instauration d’un califat, et l’application de la loi islamique (la charia). Conséquence directe de ce programme, le petit parti rejette la République, et a même appelé à enterrer la démocratie lors de son dernier congrès, en avril. RFI

Tchad: la colère des ex-casques bleus déployés au Mali
Au Tchad, quelque 2500 ex-casques bleus lancent un cri d’alarme. Depuis leur retour au pays, il y a plus d’un an, ils affirment n’avoir jamais perçu ni salaire ni prime pour leur travail sous le drapeau onusien au Mali. Leur lettre à la mission de l’ONU au Mali et démarches auprès des autorités tchadiennes seraient à ce jour restées sans réponse. Résultat: ces ex-casques bleus ont décidé de protester et de tenter de se faire entendre en brûlant les bérets de l’ONU. RFI

Convocation d’un référendum constitutionnel pour le 9 juillet au Mali
Le gouvernement malien a convoqué pour le 9 juillet un référendum sur un projet de révision de la Constitution, qui intègre notamment des dispositions clés de l’accord de paix de 2015, selon un communiqué diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi. Cette révision de la Constitution de 1992, la première depuis 25 ans, vise notamment à « mettre en oeuvre certains engagements de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali » signé en mai-juin 2015, et prévoit également la création d’un Sénat et d’une Cour des comptes, selon le communiqué du Conseil des ministres. La convocation de ce référendum intervient à un moment où la communauté internationale manifeste de plus en plus ouvertement son impatience envers les signataires de l’accord de paix – dont le gouvernement – face aux retards accumulés dans son application. VOA

Le chef de l’opposition zambienne sera jugé pour trahison
Un tribunal zambien a ordonné jeudi que le chef de l’opposition Hakainde Hichilema, incarcéré depuis près de deux mois, soit jugé pour trahison par une juridiction supérieure du pays. M. Hichilema, 54 ans, avait été arrêté début avril et inculpé de « trahison » pour avoir entravé le déplacement du convoi du chef de l’Etat, son rival à la présidentielle, Edgar Lungu. « Je renvoie l’accusé devant la haute cour pour un procès dès que possible », a déclaré le juge David Simusamba, sans préciser de date. VOA

Crise au Burundi: sur le front diplomatique aussi
Le Burundi, pays des Grands lacs africains, qui traverse une grave crise politique depuis plus de deux ans, s’en est pris très violement à l’Union européenne, son principal bailleur de fonds, qui lui a imposé des sanctions budgétaires depuis plus d’une année. S’appuyant sur des documents qui ont fuité dans la presse sur le financement de défenseurs de droits humains, le pouvoir s’en est pris violemment à l’UE accusée pour cela d’avoir participé et même financé une déstabilisation du pays, alors qu’il s’était contenté d’attaques plutôt voilées jusqu’ici. Une charge qui ressemble fort à une manœuvre de diversion aux yeux de nombreux observateurs alors que le pays traverse une zone de fortes turbulences. RFI
Afrique du Sud: l’image de l’ANC ternie par les affaires de corruption
Gwede Mantashe, le secrétaire général du Congrès national africain, au pouvoir en Afrique du Sud, a reconnu mercredi que les multiples scandales de corruption qui entourent le chef de l’Etat Jacob Zuma abîmaient l’image du parti. Depuis des mois, Jacob Zuma est fragilisé par une série de scandale politico-financiers. Il est accusé notamment de favoriser les intérêts privés d’une fratrie d’hommes d’affaires, les Gupta. La semaine dernière, l’ANC avait exigé du gouvernement des explications sur des milliers d’e-mails publiés dans la presse révélant des échanges confidentiels entre les Gupta et plusieurs ministres, notamment autour de l’attribution de marchés publics et de pots-de-vin. TV5

En Ethiopie, une famine qui ne dit pas son nom
La hutte est minuscule et délabrée, le vent chaud passe au travers. Bisharo Choukiri n’a presque plus rien. De maigres possessions et cinq chameaux. Et la cinquantaine d’autres, les quatre cents chèvres et les quarante moutons ? Morts. « Avant, j’étais riche. Maintenant, je n’ai plus rien », soupire cette grande dame maigre, mère de neuf enfants, le visage entouré d’un foulard. Autour d’elle, des centaines de huttes et de tentes recouvertes de plastique et de bouts de tissu forment le camp de Yohob dans la région Somali, dans le sud-est de l’Ethiopie, où s’entassent des milliers de déplacés de la sécheresse en ce printemps. La région Somali, qui compte plus de 5 millions d’habitants, n’a pas toujours été une terre d’accueil. Frontalière de Djibouti et de la Somalie, elle a longtemps été le théâtre d’une insurrection sanglante menée par le Front national de libération de l’Ogaden (FNLO). Ce groupe séparatiste, aujourd’hui qualifié de « terroriste » par le gouvernement éthiopien, s’est constitué après la guerre de l’Ogaden, vieille de quarante ans, qui opposait la Somalie du président Siad Barre à l’Ethiopie de Mengistu Haïlé Mariam, finalement victorieuse. Le Monde

Emmanuel Macron en visite officielle au Maroc les 14 et 15 juin
Le président français Emmanuel Macron se déplacera au Maroc les 14 et 15 juin, selon une source proche du mouvement La République en Marche contactée par Telquel.ma, qui nous confirme une information révélée par nos confrères L’économiste et atlasinfo. Cette visite sera son premier déplacement au Maghreb. Emmanuel Macron quittera Paris juste après le conseil des ministres de la matinée. Il retournera en France le lendemain après une conférence de presse. Lors de sa venue, le président français abordera « les questions d’intérêts » commun dans la région avec Mohammed VI, selon le360.ma. Sa visite interviendra quatre jours avant le deuxième tour des élections législatives françaises où deux macronistes se font face dans la 9e circonscription des Français de l’étranger qui comprend le Maroc. Pendant la campagne présidentielle, la visite d’Emmanuel Macron avait été reportée « pour des questions d’agenda » alors qu’il s’était rendu en Algérie en février. TelQuel

Vidéo : découverte au Maroc du premier homme, vieux de 315 000 ans
Des restes d’Homo sapiens qui ressemblent à l’homme d’aujourd’hui ont été mis au jour au Maroc et datés de 300 000 ans: «un coup de vieux de 100 000 ans» pour notre espèce qui semblait, déjà à cette époque, dispersée sur le continent. «Cette découverte représente la racine même de notre espèce, l’Homo sapiens le plus vieux jamais trouvé en Afrique ou ailleurs», explique le Français Jean-Jacques Hublin, directeur du département d’Evolution humaine à l’Institut Max Planck de Leipzig, en Allemagne, et coauteur des travaux. «Le nid de restes humains», «dont des découvertes tout à fait remarquables, notamment une face humaine et une mandibule, probablement la plus belle mandibule d’Homo sapiens d’Afrique» a été découvert lors de fouilles entreprises en 2004 sur le site de Jebel Irhoud dans le nord-ouest du Maroc. France 24

Chibanis, les travailleurs oubliés des Trente Glorieuses
Le Monde Afrique a rencontré à Gennevilliers (92) d’anciens travailleurs marocains et algériens arrivés dans les années 1970 pour travailler comme ouvriers dans l’industrie française. Aujourd’hui retraités, ils racontent leur quotidien et leur rapport à la France. Nous les avons rencontrés par l’intermédiaire d’Abdallah Moubine, vice-président de l’association des travailleurs maghrébins de France à Gennevilliers, une association qui accompagne ces anciens ouvriers dans leurs démarches administratives et pour la reconnaissance de leurs droits. Le Monde



Photo: Adam Jones