Revue de presse du 8 juillet 2026

Mali : comment djihadistes et indépendantistes se sont alliés pour faire tomber la junte
Samedi 4 juillet, deux mois et demi après leur vaste offensive conjointe du 25 avril, durant laquelle ils ont conquis Kidal, dans le nord du Mali, et tué le général Sadio Camara, ministre de la défense et numéro deux du pouvoir militaire bamakois, les deux groupes armés ont de nouveau uni leurs forces face à leurs adversaires communs. Plusieurs localités du nord, du centre et du sud du pays ont été attaquées simultanément par le FLA et le GSIM. Parmi elles, Anéfis, à environ 120 kilomètres au sud de Kidal, où des combats continuent à opposer les indépendantistes et les djihadistes à l’armée malienne et à ses supplétifs russes, retranchés dans le camp militaire de la ville. Sa perte serait un coup dur pour la junte du général Goïta : dernière base malienne importante dans la région de Kidal, sanctuaire des rebelles touareg, Anéfis est un verrou sur la route allant vers Gao et Tombouctou, les deux plus importantes agglomérations du septentrion malien. … Le tournant intervient en avril 2024. Après une énième bataille sanglante dans la forêt de Wagadou, près de la frontière avec la Mauritanie, certains cadres de la communauté touareg – dont plusieurs membres ont basculé vers le djihadisme, à commencer par Iyad Ag Ghali, ancien chef rebelle respecté devenu émir du GSIM – estiment que ces affrontements entre leurs « fils » n’ont que trop duré. Une commission de bons offices rassemblant des chefs de tribus est mise en place sous l’égide de Mohamed Ag Intalla, l’aménokal (roi traditionnel) de l’Adrar des Ifoghas, dont le petit frère, Alghabass Ag Intalla, commandant du FLA, est partisan d’une réconciliation avec son cousin, Iyad Ag Ghali. … Le processus de réconciliation est lent, mais il finit par aboutir. Chaque camp fait un pas vers l’autre : le FLA accepte l’application de la charia (loi islamique), à condition que ce soit sous une forme modérée et avec des cadis (juges musulmans) indépendants des djihadistes ; le GSIM consent, lui, à se concentrer sur un agenda malien et à prendre ses distances avec Al-Qaida. Bien qu’ils ne se battent pas pour la même cause – les premiers veulent administrer le nord du pays, les seconds imposer la charia à l’ensemble du Mali –, les deux mouvements ont des points de convergence, à commencer par leurs adversaires : le général Goïta et ses protecteurs russes. Le Monde

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov en Éthiopie avant une visite au Niger
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov était mardi 7 juillet à Addis Abeba pour une visite de travail, dans le cadre de sa tournée africaine. Il est attendu ce mercredi au Niger. Lors de son passage en Éthiopie durant sa tournée africaine, le chef de la diplomatie russe a notamment rencontré son homologue éthiopien Gedion Timothewos. Le principal sujet de discussion entre les ministres a été la coopération énergétique. En mars, les deux pays ont signé une feuille de route portant sur la création d’une centrale nucléaire en Éthiopie. … La coopération militaire est un autre axe du partenariat entre la Russie et l’Éthiopie. … Après ce passage en Éthiopie, Sergueï Lavrov est attendu à Niamey, au Niger, où il doit participer à la deuxième session des consultations des ministres des Affaires étrangères de la confédération de l’AES (Alliance des États du Sahel). RFI

Algérie : L’armée annonce avoir neutralisé 23 terroristes au premier semestre 2026
L’Armée nationale populaire (ANP) a annoncé avoir neutralisé 23 terroristes au cours du premier semestre 2026, selon un bilan publié par le ministère de la Défense. Deux militaires ont été tués et trois autres blessés au cours des opérations. Selon le communiqué, les forces armées ont également arrêté 147 personnes présentées comme des soutiens aux groupes armés et saisi 49 armes à feu de différents types, ainsi que d’importantes quantités de munitions. Dans la lutte contre le crime organisé, l’ANP affirme avoir interpellé 1 092 trafiquants de drogue et mis en échec des tentatives d’introduction de 156,5 quintaux de kif traité à travers la frontière avec le Maroc. Les opérations ont aussi permis la saisie de 730,46 kg de cocaïne et de 25,6 millions de comprimés psychotropes. Le bilan fait également état de l’arrestation de 8 111 personnes impliquées dans des activités de contrebande et d’exploitation illicite des ressources. Les forces de sécurité disent avoir récupéré 159 armes à feu et saisi 856 véhicules, 3 442 marteaux-piqueurs, 6 436 groupes électrogènes, 55 détecteurs de métaux, près de 945 400 litres de carburant, 726 quintaux de tabac et 1 160 tonnes de denrées alimentaires destinées, selon le communiqué, à la contrebande et à la spéculation illicite. Sahel Intelligence

Centrafrique : Plus de 16 000 déplacés après l’attaque d’Am-Dafock
Plus de 16 000 personnes ont été déplacées après l’attaque armée menée le 30 juin contre la localité d’Am-Dafock, dans le nord-est de la Centrafrique, ont indiqué les autorités, qui affirment que les Forces armées centrafricaines (FACA) ont repris le contrôle de cette ville frontalière du Soudan. Selon les autorités, plus de 16 000 déplacés sont regroupés à proximité de la base de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) à Am-Dafock, tandis que plus de 2 000 autres ont trouvé refuge à Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga. « La sécurité est progressivement rétablie grâce aux opérations menées par les FACA et leurs alliés russes. Les forces de défense poursuivent leurs patrouilles dans la ville et ses environs afin de prévenir toute nouvelle attaque », a déclaré le préfet de la Vakaga, le lieutenant-colonel Jude Ngaïyoko, cité par des médias locaux. L’attaque, qui a visé cette localité stratégique située à la frontière avec le Soudan, a fait des victimes parmi les militaires des FACA, les forces de sécurité et les civils, sans qu’aucun bilan officiel n’ait été communiqué. Trois Casques bleus zambiens de la MINUSCA ont également été blessés, selon les mêmes sources. … Le gouvernement centrafricain a annoncé un renforcement du dispositif sécuritaire dans la Vakaga avec le déploiement de nouveaux éléments des FACA, l’intensification des patrouilles et une présence accrue de l’État dans cette région, régulièrement confrontée aux incursions de groupes armés opérant de part et d’autre de la frontière dans le contexte du conflit qui secoue le Soudan depuis avril 2023. Sahel Intelligence

En Guinée, l’épouse de Marouane Camara réclame la vérité
Cela fera bientôt deux ans qu’en Guinée les activistes Oumar Sylla, dit Foniké Mengué, et Mamadou Billo Bah, tous deux membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), ont disparu. Un autre cas de disparition continue également de susciter de vives inquiétudes dans le pays : celui du journaliste Habib Marouane Camara, introuvable depuis la fin du mois de décembre 2024. Malgré l’ouverture d’une enquête par les autorités guinéennes, aucune avancée significative n’a été enregistrée à ce jour, laissant sa famille dans une profonde angoisse. DW s’est entretenue avec Mariama Lamarana Diallo, l’épouse de Habib Marouane Camara. Mariama : Ce jour-là, mon mari et moi étions en contact en permanence jusqu’à 19 h 05. Il m’a écrit pour me faire savoir qu’il avait rendez-vous avec l’homme d’affaires KPC. J’ai attendu jusqu’à 20 heures. … Quelques minutes plus tard, j’ai reçu l’appel de son grand frère, qui m’annonçait la mauvaise nouvelle. Nous sommes repartis sur les lieux pour essayer d’en savoir plus. À notre arrivée, des vigiles nous ont expliqué que des gendarmes, lourdement armés, étaient déjà sur place à bord d’un pick-up, tandis qu’un autre véhicule les suivait. Lorsque la voiture de mon mari est arrivée, ils l’ont interceptée. … Par la suite, nous avons multiplié les alertes et les démarches, mais elles sont toutes restées vaines. … DW : Habib Marwane Camara, votre époux, fait partie cette année des journalistes d’investigation ayant reçu le Prix Mohamed Maïga, décerné il y a quelques semaines par l’Association Mohamed Maïga en collaboration avec Reporters sans frontières. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ? Mariama : Ce prix est arrivé à point nommé. Après plus d’un an et demi sans nouvelles de lui, sans savoir où il ne se trouve ni ce qui lui est arrivé, cette distinction nous a apporté un peu de réconfort. Cela a été une journée vraiment marquée par la joie. DW

Tanzanie: derrière le calme du «Saba Saba», une nouvelle stratégie de contestation
En Tanzanie, les appels à manifester pour la défense des libertés lancés mardi à l’occasion du « Saba Saba », cette journée qui commémore la création en 1954 du parti ayant conduit le Tanganyika à l’indépendance, ont donné lieu à une mobilisation timorée. Le gouvernement y voit un échec de la contestation. Les activistes, eux, revendiquent une victoire d’un autre type : ils estiment avoir ralenti l’activité économique et promettent déjà de poursuivre la mobilisation. À Dar es Salaam, beaucoup d’habitants ont préféré rester chez eux, mardi 7 juillet, par crainte d’une répétition des violences qui avaient marqué les manifestations post-électorales du 29 octobre dernier en Tanzanie. Une prudence qui s’explique notamment par des raisons économiques, selon l’analyste tanzanien Thomas Kibwana. L’absence de soutien du principal parti d’opposition, Chadema, a elle aussi pesé sur cette faible mobilisation. Mais pour la spécialiste de la Tanzanie, Michaela Collord, cette journée marque surtout un changement de discours chez certains activistes. « Les manifestations n’ont finalement pas vraiment eu lieu, constate-t-elle. En revanche, la mise à l’arrêt de l’activité, elle, semble avoir été efficace, et les activistes la présentent comme une victoire. On observe effectivement un changement de discours. Les activistes disent : « Nous avons réussi à mettre le pays à l’arrêt. » Leur idée est que si l’activité économique est paralysée, les recettes fiscales diminuent et cela finira par affaiblir le gouvernement. » RFI

Kenya : l’association CPJ de défense de la presse dénonce la tentative de rapt d’un journaliste
Les autorités kényanes doivent enquêter sur la présumée tentative d’enlèvement d’un responsable éditorial du quotidien The Standard, en conflit ouvert avec le président William Ruto, réclame le Comité de protection des journalistes (CPJ) dans un communiqué reçu mardi par l’AFP. … Alex Kiprotich, adjoint à la rédaction en chef du Standard, a raconté au CPJ que le 27 juin, alors qu’il conduisait près de Nakuru, à environ 150 km au nord de Nairobi, sa voiture a été bloquée par un véhicule dont sont sortis des hommes en civil, armés de fusils d’assaut. Le journaliste a indiqué être parvenu à s’enfuir après avoir verrouillé les portes et redémarré. Le CPJ affirme que l’enquête menée par le groupe Standard, propriétaire du quotidien, avait révélé que le véhicule des kidnappeurs présumés appartenait au Service de renseignement et de recherche criminels de la police (Crib). … La police a récemment à nouveau nié, comme par le passé, jouer un quelconque rôle dans les disparitions, parfois après leur arrestation, de voix critiques du gouvernement. Le 27 juin, dans un tweet, M. Ruto, à la tête du Kenya depuis 2022, s’était déchaîné publiquement, sur un ton inhabituel, contre le très respecté Standard, le plus vieux quotidien Kenya, et contre Gideon Moi, fils de l’ex-autocrate (1978-2002) Daniel arap Moi, décédé en 2020, dont la famille est l’actionnaire majoritaire. … Le Standard a récemment multiplié les titres-choc contre le bilan de M. Ruto, à environ un an de la présidentielle prévue en 2027. KTN, télévision du groupe Standard, a de son côté diffusé une émission intitulée « le musée des mensonges de Ruto ». AFP

Ituri : le chef de Bahema-Boga part en guerre contre la désinformation sur Ebola
Face à la prolifération de rumeurs et de théories complotistes autour de l’épidémie d’Ebola dans la chefferie de Bahema-Boga, au territoire d’Irumu, en Ituri, le chef John Kabarole Tibasima III a lancé, lundi 6 juillet, une mise en garde sévère contre toute propagation de fausses informations concernant la maladie. Il promet de traduire en justice les auteurs de ces rumeurs, alors que cette 17ème épidémie a déjà coûté la vie à plus de 500 personnes dans la province. Cette mise en garde a été faite, lundi, lors de la parade hebdomadaire, devant le bureau administratif de la chefferie, réunissant les leaders communautaires et diverses couches de la population. L’objectif était de mobiliser la communauté autour des réalités de la maladie et d’obtenir une implication collective dans cette région frontalière avec l’Ouganda. Au cours de ce rassemblement, les participants ont été informés sur : L’existence réelle de la maladie à virus Ebola ; Ses modes de transmission ; Les mesures barrières indispensables pour stopper sa progression. Parallèlement à cet effort pédagogique, le chef de l’entité a dénoncé avec vigueur une campagne délétère de désinformation activement relayée sur les réseaux sociaux et au sein des communautés. … L’autorité coutumière a exhorté l’ensemble des habitants et les acteurs de terrain à respecter scrupuleusement les consignes sanitaires. Le respect de ces mesures barrières reste le principal rempart dans une province où l’épidémie a déjà fait 506 morts, frappant durement plusieurs zones de santé. Radio Okapi

Ebola : l’Ouganda déploie environ 50 experts en RDC
Face à l’épidémie Ebola, la RDC et l’Ouganda resserrent leur coopération sanitaire. En visite à Bunia, mardi 7 juillet 2026, le ministre ougandais de la Santé a annoncé le déploiement d’experts, un appui logistique ainsi que la mise en place de centres de traitement dans les zones frontalières. Selon le ministre ougandais de la Santé, Chris Baryomunsi, cette coopération s’appuie sur un protocole d’accord conclu entre les deux pays. Une cinquantaine d’experts ougandais sont déjà déployés sur le terrain, notamment à Aru, où un centre de traitement est opérationnel. Un autre centre est en cours d’installation à Kasenyi, avec un appui logistique destiné à renforcer les capacités de la riposte congolaise. … Le ministre ougandais précise par ailleurs que la réouverture complète des frontières dépendra de l’évolution de la situation sanitaire. En attendant, les passages restent autorisés pour les camions de marchandises, les agents de santé, les humanitaires et les forces de sécurité. Il a enfin invité les médias à diffuser des informations fiables afin de lutter contre la désinformation et d’encourager les populations à respecter les mesures de prévention contre Ebola. La République démocratique du Congo et l’Ouganda avaient lancé mardi 23 juin dernier leur coopération sanitaire transfrontalière pour faire face à cette épidémie d’Ebola. Cette mutualisation sanitaire consiste au renforcement de la surveillance et le deploiement de laboratoires mobiles aux postes frontaliers d’Aru et Kasenyi. Dans le mémorandum signé par les autorités congolaises et ougandaise, les deux parties s’engagent à partager régulièrement les données épidémiologiques entre les deux pays, à renforcer la surveillance sanitaire commune et ouvrir des centres de traitements d’Ebola dans les zones frontalières. Radio Okapi

Le Ghana teste sa riposte aux futures pandémies
Le Ghana a renforcé ses capacités de préparation aux urgences sanitaires en participant à l’exercice mondial de simulation pandémique Polaris II, aux côtés de 25 autres pays des six régions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Organisé dans le cadre du Corps mondial d’urgence sanitaire (GHEC) et des systèmes nationaux d’alerte et de réponse, cet exercice visait à tester la capacité des pays à détecter, analyser et gérer des menaces sanitaires émergentes. La simulation a soumis les participants à un scénario pandémique complexe nécessitant une prise de décision rapide, une coordination efficace et une mobilisation des équipes d’urgence sanitaire. Les exercices ont porté notamment sur la détection des événements, l’évaluation des risques, la gestion des incidents, le partage d’informations, la communication de crise et la coopération internationale. Au Ghana, une trentaine d’experts en santé publique issus des institutions gouvernementales et des organisations partenaires ont pris part à deux jours d’exercices sous la supervision d’un gestionnaire d’incident. Ils ont été confrontés à des situations évolutives destinées à évaluer la réactivité des systèmes nationaux et la coordination entre les différents acteurs. Un débriefing a permis d’identifier les points forts du dispositif ghanéen ainsi que les domaines nécessitant des améliorations. APA

Le Ghana reporte une rencontre bilatérale avec l’Afrique du Sud sur fond de tensions liées aux violences xénophobes
Le Ghana a indiqué mardi avoir demandé le report d’une rencontre bilatérale entre le président ghanéen John Mahama et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, dans un contexte de tensions diplomatiques suscitées par les récentes violences visant les étrangers en Afrique du Sud. Les relations diplomatique entre Accra et Pretoria se sont récemment déteriorées suite aux manifestations anti-migrants en Afrique du Sud, parfois violentes, organisées ces derniers mois. Interrogé sur la radio ghanéenne Joy FM, le ministre ghanéen chargé de la communication gouvernementale, Felix Kwakye Ofosu, a expliqué que la décision a été prise afin d’éviter que le contexte actuel ne domine les échanges entre les deux présidents. « Nous avons envoyé une communication diplomatique au gouvernement sud-africain indiquant que nous estimions qu’il était préférable de reporter leur visite », a-t-il déclaré , estimant que les récentes violences risquaient de « reléguer au second plan » les priorités de la rencontre, initialement prévue pour le mois d’août. AFP