Revue de Presse du 8 avril 2019

Libye : 35 morts depuis le début de l’offensive de Haftar, selon Tripoli (nouveau bilan)
Au moins 35 personnes ont été tuées depuis le début le 4 avril d’une offensive du maréchal Haftar contre la capitale libyenne, selon un nouveau bilan arrêté dimanche soir par le ministère de la Santé du Gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli. Le ministre, qui évoque aussi une quarantaine d’autres blessées, fait état de 14 morts pour la seule journée de dimanche. Le ministre de la Santé, A’Hmid Omar a précisé que plusieurs civils comptaient parmi les victimes, sans en préciser le nombre. AFP

Libye : la France embarrassée par son soutien au maréchal Haftar
L’offensive sur Tripoli du maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne, donne un sérieux coup au processus politique porté par l’émissaire spécial des Nations unies, Ghassan Salamé. Et représente un important revers pour Paris, la capitale la plus engagée pour une solution négociée de la crise libyenne. C’est en effet en bonne part grâce aux autorités françaises que l’homme fort de l’est du pays, ex-proche de Khadafi, avait réussi à se crédibiliser comme un protagoniste incontournable de la crise libyenne. A Tripoli, les médias soutenant le gouvernement d’« union nationale » (GNA) de Faïez Sarraj évoquent l’irritation de ce dernier face à ce qu’il considère être le soutien français au maréchal.  Le Monde

Libye : malgré les appels internationaux, les combats continuent
L’appel au calme lancé par une partie de la communauté internationale ne semble pas avoir été entendu en Libye. Dimanche, les forces du maréchal Khalifa Haftar ont poursuivi leur combat pour tenter de conquérir Tripoli, la capitale du pays. De violentes confrontations ont eu lieu avec les troupes du gouvernement d’union nationale (GNA). Une situation qui inquiète, les États-Unis ayant notamment demandé l’« arrêt immédiat » de l’offensive diligentée par le maréchal Haftar. Pourtant, à l’ONU, les grandes puissances de ce monde ont échoué à trouver une position commune sur la crise que traverse actuellement la Libye. Le Point

Le mouvement de protestation s’embrase au Soudan
Rien ne les avait arrêtés. Ni les barrages des forces de sécurité – éléments issus des services de renseignement ou de différentes milices proches du pouvoir –, qui avaient bloqué les ponts de la capitale soudanaise, ni la menace de violences, d’arrestations ou de tirs. Des dizaines, peut-être des centaines de milliers de personnes ont déferlé dans Khartoum pendant tout un week-end, les 6 et 7 avril, pour se regrouper devant le quartier général des forces armées et appeler la troupe , dans une ambiance de célébration, à rejoindre le mouvement de protestation initié le 19 décembre et réclamant le départ du président, Omar Al-Bachir, ainsi que l’instauration d’une transition. Le Monde

Soudan: l’armée déploie des troupes devant son QG, les manifestants déterminés
L’armée soudanaise a déployé lundi des troupes autour de son quartier général à Khartoum, devant lequel sont rassemblés pour le troisième jour consécutif des milliers de manifestants réclamant la démission du président Omar el-Béchir, selon des témoins. « Quand l’armée est là, nous n’avons pas peur », ont scandé les manifestants, en faisant le V de la victoire. Depuis l’éclatement de la contestation au Soudan le 19 décembre, l’armée ne s’est pas immiscée dans la répression des protestations, menée par le puissant service de renseignement (NISS) et les forces de police anti-émeute. TV5

Une vaste mobilisation contre l’insécurité au Mali
Des dizaines de milliers de personnes, 200 mille selon certains organisateurs, ont pris part vendredi, à Bamako, la capitale malienne, à une marche organisée par le Haut Conseil islamique du Mali. Les manifestants ont dénoncé l’insécurité dans le centre du pays, où environ 160 civils ont été tués fin mars. Ils ont aussi réclamé la démission du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga et des membres de son gouvernement. « IBK dégagez ! », « Soumeylou dégagez ! » ont lancé certains manifestants au début de la marche.  BBC

Côte d’Ivoire: le président Ouattara souffle le chaud et le froid sur un 3e mandat
En Côte d’Ivoire, la 12e édition du forum Mo Ibrahim s’est achevée en musique ce dimanche 7 avril avec un concert d’artistes africains comme les stars sénégalaise, Youssou N’Dour et congolaise Fally Ipupa. Durant le week-end, au Sofitel d’Abidjan, les différents débats se sont concentrés sur la migration et l’emploi pour la jeunesse africaine. Samedi soir, les sessions de discussions se clôturaient avec un échange entre le milliardaire Mo Ibrahim et le président Alassane Ouattara. Le chef d’État ivoirien a saisi l’occasion pour revenir sur ses intentions concernant un troisième mandat. RFI

Génocide des Tutsis au Rwanda: 25 ans après, la difficile réconciliation
Commémorations au Rwanda du génocide des Tutsis au Rwanda. 25 ans après, le pays se souvient de l’indicible. Des cérémonies commémoratives ont eu lieu ce dimanche à Kigali avec notamment un discours du président rwandais. Paul Kagame a salué la force de son peuple, sorti de l’abîme pour redevenir une famille plus unie que jamais. Un point de vue qui ne fait pas l’unanimité. Ces commémorations du 25e anniversaire organisées par le régime de Kigali ne satisfont pas tout le monde. Faustin Twagiramungu a été le premier chef de gouvernement de l’après-génocide. Opposant au régime de Juvénal Habyarimana, il faisait partie de ce qu’on appelait les Hutus modérés qui ont été fortement ciblés juste après l’attentat contre l’avion présidentiel le 6 avril.  RFI

Génocide Tutsi au Rwanda : des questions toujours en suspens
En cette journée de commémoration du 25e anniversaire du génocide des Tutsis, au Rwanda, France 24 reçoit Jacques Semelin, historien et directeur de recherches au CNRS, spécialiste des processus génocidaires, ainsi que Laurent Larcher, journaliste du quotidien La Croix, auteur de « Rwanda, ils parlent » (Ed. du Seuil, 2019). France 24

Rwanda: les dissidents politiques toujours dans le collimateur de Kagame
Alors qu’on commémore le génocide rwandais, des voix s’élèvent pour condamner les dérives autoritaires du régime à Kigali. Le président Paul Kagame, au pouvoir depuis la fin du génocide, ne tolère aucune dissension, selon ses opposants. Il y a 2 ans, Paul Kagame a été réélu à 98% pour un 3e mandat, face à une opposition politique qui a été quasiment laminée, dans les rangs de la majorité hutue, mais également parmi les anciens alliés du régime, partis en exil.  RFI

Tshisekedi promet de « déboulonner le système dictatorial de Kabila »
Le président Félix Tshisekedi a déclaré, jeudi à Washington, qu’il attendait l’appui américain pour se défaire du système dictatorial de son prédécesseur, Joseph Kabila. « Je le dis sans peur. Je suis là pour déboulonner le système dictatorial qui était en place, » a affirmé le nouveau président congolais lors d’une conférence au Council on Foreign Relations, un atelier de réflexion sur la politique étrangère, à Washington D.C. Elu avec 38,5%, le nouveau président congolais dirigera en fait, avec en face de lui, une majorité parlementaire (nationale et au niveau local) constituée de près 90% des membres de la coalition politique de son prédécesseur, M. Kabila.  VOA

Le Sénégal met le cap vers un régime présidentiel
À peine réélu et déjà aux prises avec une réforme de la Constitution. Macky Sall a annoncé samedi 6 avril vouloir renforcer la dimension présidentielle du régime politique en cours au Sénégal en supprimant le poste de Premier ministre, une manière de faire l’économie de procédures allongeant les délais de prise de décision. Figure de modèle démocratique en Afrique, le Sénégal s’était déjà passé de Premier ministre jusqu’en 1970 sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, quand Abdou Diouf avait été nommé à la primature, et sous la présidence d’Abdou Diouf, au début des années 1980. Les contextes étaient alors bien différents. En 1963, alors que ses relations avec Mamadou Dia, président du Conseil (équivalent du poste de Premier ministre, NDLR), battent de l’aile, le président Léopold Sédar Senghor prend plusieurs décisions importantes, dont l’organisation d’un référendum, et supprime le poste de Premier ministre.  Le Point

Tunisie : Béji Caïd Essebsi sème la confusion au congrès de Nidaa Tounes
Mis à jour le 08 avril 2019 à 13h37 Attendu et réclamé par les militants depuis 2014, Nidaa Tounes a démarré son congrès électif le 6 avril à Monastir. Si les travaux doivent se clôturer mardi, le président Béji Caïd Essebsi a toutefois créé la confusion sur sa possible candidature à la prochaine présidentielle et en demandant à Youssef Chahed de réintégrer le parti. Traversé par des courants proposant chacun un leadership différent, le congrès de Nidaa Tounes, dit de la « réforme », est parvenu à un premier compromis concernant l’élection des 217 membres de son comité central et des 32 membres du bureau politique. Jeune Afrique

Le Parlement algérien se réunira mardi pour nommer le président par intérim
Le Parlement algérien se réunira mardi pour nommer le président par intérim, une semaine après la démission d’Abdelaziz Bouteflika. Selon la Constitution, le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, doit assurer l’intérim. Le Conseil de la Nation, chambre haute du Parlement algérien, a annoncé samedi soir que la réunion parlementaire pour nommer le président par intérim aura lieu mardi 9 avril. La Constitution prévoit que cette responsabilité incombe au président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah. « Mardi, le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, présidera la réunion du Parlement pour annoncer la vacance du poste de président de la République et ensuite désigner Abdelkader Bensalah comme chef d’État », a déclaré Salim Rebahi, chargé de la communication de cette chambre.  France 24

Le Zimbabwe va verser des indemnisations aux fermiers blancs expulsés par Mugabe
Le gouvernement zimbabwéen a annoncé lundi qu’il verserait à partir du mois prochain des indemnités aux fermiers blancs expulsés de force lors de la réforme agraire controversée ordonnée par l’ex-président Robert Mugabe il y a une vingtaine d’années. « L’enregistrement et la liste des fermiers devraient être terminés à la fin avril, date à laquelle débutera le versement des paiements partiels aux anciens propriétaires », ont indiqué les ministères des Finances et de l’Agriculture. Au début des années 2000, la presque totalité des 4.500 agriculteurs blancs de l’époque ont été expulsés manu militari de leurs terres au profit de fermiers noirs, sur ordre du gouvernement dirigé par Robert Mugabe. Cette initiative avait pour objectif affiché de corriger les inégalités héritées de la colonisation britannique. TV5



Photo: Adam Jones