Revue de Presse du 7 mars 2018

Elections générales en Sierra Leone: les électeurs affluent en masse
Les Sierra-Léonais ont commencé ce mercredi 7 mars à élire leur nouveau président, un poste qui ne devrait pas échapper à l’un des deux partis qui dominent la vie politique depuis des décennies, à moins qu’un « troisième homme » ne vienne bousculer la donne. Il y a beaucoup de monde dans les bureaux de vote, puisqu’une heure avant l’ouverture des bureaux, une centaine de personnes attendaient devant les grilles de l’école « Vine Memorial » à Congo Cross. Le premier votant était là depuis deux heures du matin. Il y a eu aussi eu quelques moments de tension. Certains agents sont un peu débordés par l’affluence. Des retards d’ouverture de bureau ont été constatés ainsi qu’un manque de matériel, mais dans l’ensemble aucun incident grave n’a été reporté à la mi-journée. RFI

L’opposition togolaise chez Nana Akufo-Addo
Les leaders de 15 partis de l’opposition togolaise, se trouvent à Accra où ils seront reçus ce mercredi par le président du Ghana. Cette rencontre fait partie des initiatives diplomatiques engagées pour une résolution de la crise politique en cours au Togo. Le dialogue politique suspendu le 23 févier dernier devra reprendre dans les prochains jours à la suite de ce voyage effectué par l’opposition togolaise au Ghana. C’est la toute première fois qu’une coalition de quatorze partis de l’opposition se présente au grand complet face au Chef de l’Etat Ghanéen, médiateur du dialogue politique inter togolais. BBC

Tunisie: l’état d’urgence prolongé de 7 mois
Habituellement renouvelé pour un à trois mois c’est la première fois que l’état d’urgence est prolongé pour plus de 6 mois. L’état d’urgence est une mesure d’exception qui accorde plus de pouvoirs aux forces de l’ordre et peut même interdire grèves et manifestations dans le pays . Mardi soir après l’annonce, des citoyens tunisiens n’ont pas tardé à réagir Un citoyen interrogé par notre correspondante a fait remarquer qu’il n’y a pas de différence . Selon lui, la police a toujours été agressive, et sur le plan sécuritaire il y a toujours des problèmes et la police n’est pas toujours là a t-il ajouté. BBC

Une ville géante égypto-saoudienne au Sinaï
L’Egypte va réserver plus de 1.000 kilomètres carrés de terrains dans le sud du Sinaï au projet de ville géante et de zone d’affaires annoncé par l’Arabie saoudite en octobre dernier. Pour ce faire, l’Arabie saoudite et l’Egypte créent un fonds conjoint pour développer une méga-ville dans le sud du Sinaï. L’annonce a été faite à l’occasion de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane au Caire. Pour développer ce territoire le long de la mer Rouge, un fonds commun de plus de dix milliards de dollars (huit milliards d’euros) a été mis en place par l’Egypte et l’Arabie saoudite. BBC

Les jihadistes font-ils payer au Burkina Faso le changement de régime?
Les enquêteurs soupçonnent qu’il y ait eu des complicités dans l’armée pour la préparation de la double attaque qui a frappé Ouagadougou vendredi 2 mars. Sous le régime Compaoré, les liens entre pouvoir et mouvements jihadistes étaient présumées étroits. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) a revendiqué le double attentat de vendredi 2 mars. Dans le communiqué du groupe jihadiste, une phrase retient l’attention : le GSIM écrit que l’objectif de l’attaque était notamment « de rappeler au régime burkinabè la politique du précédent gouvernement qui était restée neutre dans la lutte des moudjahidines contre la France et ses alliés, qu’il ne s’était pas soumis à ces injonctions et a ainsi évité de tomber dans la flaque de sang ». Pour la première fois, un groupe jihadiste pointe clairement le changement intervenu à Ouagadougou. Où l’on reparle des connexions présumées entre par le Malien Iyad Ag Ghali et le régime de Blaise Compaoré. RFI

Burkina Faso: Attaques terroristes à Ouagadougou – Trop de zones d’ombres !
Quatre jours après les attaques terroristes qui ont visé l’Etat-major général des armées et l’ambassade de France à Ouagadougou, les autorités judiciaires sont sorties de leur silence. En effet, au cours d’un point de presse animé hier, 6 mars 2018, le procureur du Faso, Maïza Sérémé, a laissé entendre qu’aucun des assaillants ne portait une tenue militaire. Tous étaient en civil, dit-elle. Toute chose qui relance la polémique sur de présumées complicités dont ont bénéficié les assaillants. Car, comment des gens en civil ont-ils pu avoir accès à la porte arrière de l’Etat-major général des armées. La question reste entière ? Peut-être en saura-t-on plus, puisque le parquet précise que deux militaires en exercice, un radié et des civils sont déjà aux arrêts, dans le cadre de l’enquête ouverte. On attend de voir. Cela dit, peu avant, soit le 5 mars, ce sont les présidents du Togo et du Niger qui avaient fait le déplacement de Ouagadougou pour témoigner de leur solidarité au peuple burkinabè. Le Pays

Burkina Faso/attentat : des militaires burkinabè parmi les suspects arrêtés (procureur)
Parmi les huit suspects interpellés à l’issue du double attentat de vendredi dernier à Ouagadougou figurent entre autres un militaire radié de l’armée et deux en service, a déclaré, mardi la procureure du Burkina Faso, Maiza Sérémé, lors d’un point de presse. Selon la procureure du Burkina Faso, toutes les personnes interpellées dans le cadre de l’enquête sont de nationalités burkinabè et à l’étape actuelle, « on ne peut exclure aucun » en évoquant des éventuels cas de complicité au sein de l’armée. Le bilan actuel de la double attaque contre l’ambassade de France et l’état-major des armées du Burkina Faso est de « 8 militaires burkinabè tués, 8 assaillants abattus, 85 blessés dont 61 militaires burkinabè et 24 civils », a dit la procureure. Xinhua

Trois attaques de Boko Haram font 10 morts au Nigeria
Dix civils ont été tués par Boko Haram depuis le début de la semaine dans le nord-est du Nigeria, ont déclaré mercredi des miliciens luttant contre les insurgés du groupe islamiste armé. Mardi, quatre forestiers sont morts en marchant sur une mine posée par les jihadistes près de Dikwa, à 90 km de la capitale de l’Etat du Borno, Maiduguri, a déclaré à l’AFP Babakura Kolo, un chef de milice de la ville. Ils étaient allés récupérer un véhicule abandonné la veille à la suite d’une attaque de Boko Haram qui avait fait trois autres morts, a ajouté un autre milicien, Ibrahim Liman, confirmant ces informations. VOA

Plusieurs milliers de femmes à une marche contre les violences policières meurtrières en Guinée
Plusieurs milliers de femmes vêtues de blanc –10.000 selon les organisatrices– ont participé mercredi à Conakry à une marche pour dénoncer les violences policières meurtrières lors des manifestations politiques en Guinée. Répondant à l’appel des femmes du principal parti d’opposition, l’UFDG, les manifestantes sont parties en cortège du rond-point Hamdallaye-Concasseur, dans la banlieue de la capitale, occupant la chaussée. Elles devaient se disperser dans le quartier de Bambéto, quelque trois kilomètres plus loin. Les Guinéennes, vêtues de blanc, couleur du deuil, et portant pour certaines un foulard rouge sur la tête pour marquer leur détermination, arboraient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Trop de morts, l’Etat dort encore », « Alpha rime avec crime », en référence au président guinéen Alpha Condé. VOA

Centrafrique: même décimée, la LRA de Kony continue d’inquiéter
Comme chaque matin, Joseph, un paysan centrafricain, enfourche sa moto pour rejoindre son champ de manioc niché dans la brousse luxuriante encerclant la ville d’Obo, à l’extrême sud-est de la Centrafrique. Sa journée commence pleine de menaces: les derniers membres de ce qui reste de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), le redouté groupe armé ougandais de Joseph Kony, rôdent toujours dans la zone, selon des témoignages recueillis par l’AFP. Créée vers 1986 avec l’objectif de renverser le président ougandais Yoweri Museveni, la LRA est considérée comme une des rébellions les plus sanglantes au monde. Selon l’ONU, elle a fait plus de 100.000 morts et enlevé plus de 60.000 enfants en Ouganda, au Soudan du Sud, dans le nord-est de la République démocratique du Congo et en Centrafrique. En 2005, Kony a été inculpé par la Cour pénale internationale. Slate

Restitution des biens culturels pillés par la France : les dirigeants africains sont-ils prêts ?
Lors d’une rencontre avec le président béninois lundi 5 mars à Paris, Emmanuel Macron a lancé une mission pour la restitution aux pays africains d’œuvres pillées par la France. Saluant cette volonté du chef d’État, cet éditorialiste burkinabé se demande toutefois si les dirigeants africains sont soucieux de préserver et de valoriser ces biens. Une fois n’est pas coutume, la culture est au cœur de la visite d’un chef d’État africain dans l’Hexagone. Il s’agit du président béninois, Patrice Talon, reçu le 5 mars à l’Élysée par le locataire des lieux, Emmanuel Macron. Courrier International

Rex Tillerson en tournée en Afrique pour renforcer les liens avec le continent
Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson entame ce mardi 6 mars sa première tournée en Afrique. Il doit se rendre dans cinq pays : l’Ethiopie, Djibouti, le Kenya, le Tchad et le Nigeria. Il s’agit pour le secrétaire d’Etat de renforcer les liens des Etats-Unis avec le continent. La visite de Rex Tillerson intervient quelques semaines après que le président Donald Trump a traité plusieurs nations africaines de « pays de merde ». Le secrétaire d’Etat américain a donc pour mission de recoller les morceaux. Dans un point presse lundi 5 mars, Don Yamamoto, son adjoint aux Affaires africaines, a d’ailleurs fait part de toute sa bienveillance. RFI

Tillerson en Afrique pour rassurer les Africains et contrer la Chine
Rex Tillerson s’envole mardi pour sa première tournée africaine à la tête de la diplomatie américaine, afin de tenter de dissiper les craintes du continent échaudé par le dédain prêté à Donald Trump. Il est attendu, de mercredi au 13 mars, en Ethiopie, en pleine crise politique depuis la démission surprise du Premier ministre Hailemariam Desalegn, et où il rencontrera aussi les dirigeants de la Commission de l’Union africaine (UA), mais aussi à Djibouti, où se trouve la seule base militaire américaine de la région, au Kenya, qui sort d’une période électorale tourmentée, au Tchad — une première pour un secrétaire d’Etat américain dans cette ex-colonie française — et enfin au Nigeria. Jusqu’ici, l’administration du président républicain n’a pas manifesté un grand intérêt pour l’Afrique. TV5

« Les Chinois sont encore très ignorants des cultures du continent africain et de ses diasporas »
En recourant à une comédienne chinoise grimée en Africaine, un sketch diffusé en Chine par la télévision d’Etat a provoqué un tollé. Le sketch fait treize minutes. On y voit l’actrice Lou Naiming le visage recouvert de maquillage noir et affublée d’un postérieur factice. Un plateau de fruits sur la tête, elle lance en mandarin un vibrant « J’aime la Chine ! ». Applaudissements dans la salle. Cette petite comédie est censée promouvoir l’amitié sino-africaine et les investissements grandissants de Pékin dans les infrastructures en Afrique. Il est fait mention à plusieurs reprises de la construction de la ligne de chemin de fer Nairobi-Mombasa. La séquence met aussi en scène un groupe de danseurs noirs arborant pagnes, coiffes à plumes et tam-tams aux côtés d’acteurs déguisés en zèbres, girafes et lions. Un autre personnage grimé en singe gambade sur la scène sous les fous rires des spectateurs. Le Monde



Photo: Adam Jones