Revue de Presse du 7 mars 2016

Soudan: l’opposant Hassan al-Tourabi est mort
Hassan al-Tourabi est décédé, le samedi 5 mars, à l’âge de 84 ans, « victime d’un infarctus », selon des sources médicales. Allié, puis rival du président Omar el-Béchir, celui qui est devenu une figure de l’opposition soudanaise a été également membre des Frères musulmans. La vie politique d’Hassan al-Tourabi a été mouvementée. A ses débuts, le Soudanais tout juste diplômé en droit apparaît comme un solide allié d’Omar el-Béchir lors du coup d’Etat de juin 1989 qui le portera au pouvoir. A l’époque, l’idéologue du régime devient très vite le mentor du président.  RFI

Sous mandat d’arrêt international, le président soudanais a voyagé dans 21 pays en sept ans
C’est une date d’anniversaire que les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ne veulent sans doute pas fêter au champagne. Ce 4 mars 2016, cela fait pile sept ans que la CPI, qui juge les responsables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité à travers le monde – mais un peu plus souvent en Afrique qu’ailleurs – a émit un mandat d’arrêt international contre le chef d’Etat soudanais Omar el-Béchir. Slate

Faute de cartes d’électeurs, près de 500 000 béninois pourraient être privés de vote
Plus le temps passe, moins ils sont certains d’obtenir le sésame avant le scrutin présidentiel du dimanche 6 mars. A Lokossa, à 104 km à l’ouest de Cotonou, comme dans plusieurs autres localités du Bénin, les électeurs comptent profiter du vendredi décrété chômé et payé pour pouvoir retirer le précieux document. Seulement, les centres de distribution ne sont toujours pas ouverts. « De toutes les façons, la Cour constitutionnelle a fait savoir qu’on peut voter avec nos anciennes cartes que j’ai toujours en ma possession. Je ne m’inquiète pas », affirme un étudiant venu assister à un meeting de Sébastien Ajavon, le roi de l’agroalimentaire, l’un des cinq favoris du premier tour. Si le jeune homme détient toujours l’ancienne carte qui lui a notamment permis de voter aux communales et aux législatives en 2015, d’autres n’ont pas la même chance et ne la retrouvent plus. Or, il en faut obligatoirement une pour se rendre aux urnes dimanche. Le Monde

Bénin. Présidentielle : le bal des mousquetaires
Trente-trois mousquetaires pour un fauteuil, ainsi peut-on dire de la présidentielle au pays de Mathieu Kérékou. En effet, 33, c’est le nombre de candidats à la conquête du fauteuil présidentiel dans ce pays. Les Béninois devront choisir qui de ces prétendants les aura séduits le plus avec son projet de société. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du nouveau dans l’establishment politique béninois avec l’arrivée en force d’un nouveau personnel politique. Cette présidentielle est ouverte dans la mesure où le président sortant, Boni Yayi, entre-temps soupçonné de vouloir s’accrocher au pouvoir, n’est finalement pas candidat à sa propre succession. Certes, il soutient son Premier ministre, Lionel Zinsou, candidat du camp présidentiel à ce scrutin. Mais le simple fait qu’il ne soit pas lui-même candidat, laisse plus de place au suspense. Courrier International

Le Bénin a voté dans le calme pour élire son nouveau président
Les Béninois ont voté dans le calme dimanche pour choisir le successeur du président Thomas Boni Yayi, qui se retire après deux mandats, conformément à la Constitution de ce petit pays d’Afrique qui fait figure de bon élève démocratique. Les bureaux de vote, qui avaient ouvert aux alentours de 7H00 (6H00 GMT) ont fermé vers 16H00 et les opérations de dépouillement ont pu débuter dans l’ensemble du pays. Les premiers résultats sont attendus dans les trois jours après le scrutin. « Aucun incident majeur n’a été signalé » dans la journée, a précisé le général Mathieu Boni, un des responsables d’une plateforme de la société civile qui avait déployé plus de 3.000 observateurs. VOA

De nouvelles tueries en RCA
Les victimes ont été tuées lors de manifestations violentes, qui ont commencé jeudi, près de Bambari. Cette ville était quadrillée par des éléments liés aux rebelles Séléka, qui contrôlaient le pays en 2013, a dit l’un de ses habitants à la BBC. Ces nouvelles violences mettent en exergue le défi qui attend le nouveau président du pays, Faustin-Archange Touadéra, élu en février. La fin des violences communautaires, entre chrétiens et musulmans surtout, était l’un des enjeux de l’élection présidentielle centrafricaine. Un quart de la population de la République Centrafricaine s’était réfugié dans les pays voisins, à cause des tueries de 2013-2014.  BBC

Présidentielle au Congo : Denis Sassou Nguesso promet de l’emporter au premier tour
Le président congolais Denis Sassou Nguesso, qui brigue un troisième mandat, a promis samedi, en campagne à Pointe-Noire (sud), de remporter la présidentielle du 20 mars dès le premier tour face à huit adversaires. « Le 20 mars, ça sera un penalty tiré et marqué et puis c’est la victoire », a déclaré M. Sassou Nguesso devant des milliers de militants, arborant des tee-shirts et autres gadgets à son effigie. Il a présenté son nouveau projet de société baptisé la marche vers le développement. Ce projet sera exécuté au cours des cinq prochaines années. « Il mettra l’accent sur l’agriculture, le social et l’emploi des jeunes », a affirmé M. Sassou Nguesso, annonçant la construction d’un barrage de 1 000 mégawatts dans la région du Kouilou qui abrite Pointe-Noire. Jeune Afrique

Projet d’attentat du 19 février: Les terroristes voulaient utiliser de « dangereuses » armes chimiques
Le département d’expertise scientifique affiliée à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) constate que « les produits chimiques, saisis par le BCIJ lors de l’arrestation des dix membres de la cellule terroriste (liée à Daech) qui se préparait à réaliser des attentats-suicide dans plusieurs villes du royaume, contenaient des substances toxiques extrêmement nocives. » Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, « ces substances sont classées par les grandes instances internationales de santé dans la catégorie des armes chimiques dangereuses, et ce, en raison de l’effet d’une quantité minime de ces substances qui peut anéantir le système nerveux et provoquer le décès de la personne qui en serait atteint ». De même, « ces poisons peuvent porter atteinte à l’environnement en cas de contact avec l’air ou l’eau », indique le texte qui ne précise pas la nature de ces substances. TelQuel

Les armées du Mali et du Burkina Faso se joignent pour patrouiller leur frontière
La zone est désertique, les pistes d’accès difficilement praticables. A dix kilomètres au nord, le Mali, dont la frontière est réputée pour sa porosité. Pas vraiment la configuration sécuritaire idéale pour les 1,2 million d’habitants du Sahel burkinabè. Aussi, depuis le 22 février et jusqu’au 6 mars, les armées du Mali et du Burkina ont-elles lancé une nouvelle opération militaire baptisée « Gabi », avec le soutien des Français de la force Barkhane. Le Monde

Sahara occidental : Ban Ki-moon demande à son émissaire de relancer la médiation
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a annoncé dimanche à Alger avoir demandé à son émissaire pour le Sahara occidental de reprendre ses tournées dans la région pour tenter de relancer les pourparlers entre Rabat et le Front Polisario. « J’ai demandé à mon envoyé spécial Christopher Ross de reprendre ses tournées afin de créer une atmosphère propice à la reprise des pourparlers » entre le Maroc et le mouvement indépendantiste du Polisario qui se disputent depuis 40 ans l’ancienne colonie espagnole, a déclaré M. Ban lors d’une conférence de presse. Selon lui, Rabat et le Polisario « n’ont fait aucun progrès réel dans les négociations devant aboutir à une solution juste et acceptable par tous, fondée sur l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». M. Ross, auquel le Maroc avait un temps retiré sa confiance en 2012 en l’accusant de « partialité », a repris ses efforts diplomatiques en février 2015. Il avait visité la région fin septembre et fin novembre sans grand succès. VOA

L’alliance entre Boko Haram et le groupe Etat islamique est-elle une coquille vide ?
L’allégeance prêtée l’an dernier par le groupe islamiste nigérian Boko Haram à l’Etat islamique (EI) a fait craindre que l’insurrection dans le nord-est du Nigeria, qui a fait au moins 17.000 morts depuis 2009, ne prenne une dimension internationale. Depuis, de nombreuses hypothèses ont circulé sur de possibles rapprochements entre les deux groupes – notamment en Libye et dans la région du Sahel – et sur l’arrivée potentielle dans les pays riverains du lac Tchad de combattants étrangers, aggravant un conflit jusqu’à présent localisé. Mais un an plus tard, rien de tel ne s’est produit. Au contraire, Boko Haram semble considérablement affaibli par la contre-offensive lancée par l’armée nigériane. Celle-ci a revendiqué de nombreuses victoires contre les insurgés ainsi que la libération de centaines d’otages. Les autorités nigérianes pressent maintenant les deux millions de déplacés du conflit de rentrer chez eux.  VOA

Les autorités égyptiennes veulent punir les parents des terroristes
Depuis l’arrivée au pouvoir d’al-Sissi au pouvoir, l’Egypte assiste au retour d’un régime autoritaire qui jette des centaines d’opposants en prison, interdit tout rassemblement en mémoire des cinq ans de la révolution de 2011 et réduit au silence tout un pan de la presse. La justification pour expliquer ce rétablissement d’un Etat policier? La lutte anti-terroriste. «La situation des droits humains s’est dégradée de manière continue et dramatique après la destitution du président Mohamed Morsi, en juillet 2013. Le gouvernement a imposé des restrictions sévères à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Des milliers de personnes ont été arrêtées et placées en détention lors d’une vague de répression qui s’est abattue sur l’opposition; certaines ont été soumises à une disparition forcée», affirmait l’ONG Amnesty International dans son dernier rapport sur les droits humains dans le pays. Slate

Le pot de poulet frit de KFC, nouvel index pour mesurer la valeur des monnaies en Afrique
Dans 51 pays africains, il est impossible de trouver un McDonalds. La célèbre chaîne de restauration rapide américaine n’est implantée que dans trois Etats sur le continent: Afrique du Sud, Maroc et Egypte. Une absence d’une large partie de la carte qui soulève un problème auquel on ne pense pas forcément en se rasant le matin: l’indice Big mac mis au point par le magazine The Economist en 1986 pour mesurer les variations par rapport au «bon taux de change» entre les monnaies. «Ce qui donne à toutes les monnaies le même pouvoir d’achat d’un pays à l’autre», explique Jeune Afrique. Slate

Les rebelles de la LRA continuent les enlèvements de civils, selon deux ONG
Les rebelles de la LRA font moins parler d’eux et sont plus faibles qu’il y a quelques années, mais ils n’ont pas disparu. C’est ce qui ressort d’un rapport publié par les ONG The resolve et Invisible children. Créée dans les années 1980 en Ouganda, l’Armée de résistance du Seigneur est toujours active, essentiellement en Centrafrique et en République démocratique du Congo. Selon ces deux ONG, la LRA est capable de reconstruire une force de combat, si on lui en laisse l’occasion.  RFI

Burundi: les défis de la Commission vérité et réconciliation
A Kayanza dans le nord du Burundi, Pierre Nkurunziza a lancé en grande pompe, vendredi 4 mars, la phase opérationnelle de la Commission vérité et réconciliation (CVR), créée par une loi votée en mai 2014. Les travaux des onze commissaires (six Hutus, quatre Tutsis et un Twa) vont couvrir la période de 1962 à 2008. Mise en place dans la contestation par l’opposition et la société civile burundaises et accusée d’être l’émanation de la « justice du vainqueur », la CVR aura fort à faire pour convaincre. RFI

Djibouti : climat de tension avant l’élection présidentielle du 8 avril
A Djibouti, l’élection présidentielle du 8 avril prochain se prépare dans un climat tendu. Alors que le président, Ismaïl Omar Guelleh, brigue un quatrième mandat, le pays vit sous l’état d’urgence depuis fin novembre et une partie de l’opposition prône le boycott de l’élection l’estimant jouée d’avance. Parmi les sujets de discorde figure l’accord-cadre, signé en 2014, entre le gouvernement et l’opposition et qui prévoyait notamment une réforme de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). « Une réforme qui n’a pas eu lieu », dénonce l’opposition. RFI

Tunisie : la traque avortée des avoirs du clan Ben Ali à l’étranger
Si tous les biens du clan Ben Ali en Tunisie sont devenus propriété de l’État, il n’en a pas été de même pour leurs avoirs à l’étranger. Entamée dès le 15 janvier 2011, la traque du trésor, évalué alors entre 5 et 10 milliards de dollars par l’association Sherpa, a fait chou blanc. Cette estimation a même été revue à la hausse en 2014 par l’organisation Transparency International, passant à 13 milliards de dollars d’avoirs, dont 5 milliards pour le seul président déchu. Concrètement, la Tunisie n’a, à ce jour, rien perçu. Un jugement en cassation l’oblige même à restituer les 24,5 millions d’euros détenus par Leïla Ben Ali sur des comptes au Liban et qui avaient été versés à l’État en 2014.  Jeune Afrique

Égypte : Le Caire accuse le Hamas d’être impliqué dans le meurtre de son Procureur général
L’Égypte a accusé dimanche le mouvement islamiste palestinien Hamas d’être impliqué, avec les Frères musulmans, dans l’attentat qui a coûté la vie en 2015 au Caire à son Procureur général Hicham Barakat. « Ce complot a été exécuté sur l’ordre des Frères musulmans (…) en étroite coordination avec le Hamas qui a joué un rôle très important (…) dans l’assassinat du Procureur général et a supervisé l’opération du début à la fin », a déclaré au cours d’une conférence de presse le ministre égyptien de l’Intérieur, Magdy Abdel Ghaffar. Jeune Afrique



Photo: Adam Jones