Revue de Presse du 7 février 2018

Report du discours de Zuma devant le parlement
Le parlement sud-africain a reporté le discours annuel que devait prononcer jeudi le président Jacob Zuma, un report survenu au moment où le parti au pouvoir, l’ANC, discute d’un départ anticipé du chef de l’Etat. « Nous avons pensé qu’il était nécessaire d’assurer un climat politique plus propice » au discours présidentiel sur l’état de la nation, a déclaré Baleka Mbete, la présidente du parlement. « Une autre date sera annoncée très bientôt », a-t-elle dit à la presse, au Cap. Les leaders de l’ANC se réuniront de nouveau mercredi, pour discuter de son éventuel départ anticipé. BBC

Chirac et Sarkozy accusés dans un scandale de vente d’armes en Afrique du Sud
Lors de rencontres en 2004 et 2008 avec leurs homologues sud-africains, les deux présidents français auraient fait pression pour que la compagnie française d’armement Thales (ex-Thomson-CSF) ne soit pas poursuivie dans une retentissante affaire de corruption. Ces accusations ont été exposées, lundi 5 février, par l’ex-avocat de la firme. La scène a eu lieu au Cap en 2008, assure l’ancien avocat Ajay Sooklal. “Sooklal a assisté à une réunion où, à l’en croire, Sarkozy a demandé à Zuma de ‘faire disparaître’ l’enquête sur Thales”, rapporte le Mail & Guardian. Courrier International

Zimbabwe : Tsvangirai « gravement malade »
Le chef de l’opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, est hospitalisé dans un état critique, en Afrique du Sud. Sa santé s’est rapidement détériorée lundi, selon ses proches. L’ancien Premier ministre âgé de 65 ans souffre d’un cancer. Sa maladie a entraîné des divisions au sein de son parti, le Mouvement pour le changement démocratique, qui devrait prendre part aux élections de cette année, contre la Zanu-PF notamment, le parti au pouvoir. Les partisans de Morgan Tsvangirai « se préparent au pire », rapporte l’agence Reuters, ajoutant que l’opposant zimbabwéen est en Afrique du Sud où il reçoit un traitement contre le cancer du côlon depuis janvier. BBC

Kenya: la confrontation politique se déplace sur le terrain judiciaire
Depuis une semaine et la prestation de serment de l’opposant Raïla Odinga, qui s’est autoproclamé président du peuple, le pouvoir kényan serre la vis, les autorités s’en prennent à sa coalition Nasa. Mais les juges kényans ne l’entendent pas de cette oreille. Les juges prouvent depuis une semaine qu’ils constituent un véritable contre-pouvoir au Kenya. Les magistrats ont fait relâcher sous caution les opposants Tom Joseph Kajwang et George Aladwa. Quant au cas du troisième interpellé, Miguna Miguna, le pouvoir a montré un visage inquiétant. A trois reprises, la Haute Cour de Milimani, à Nairobi, a ordonné sa libération sous caution. Mais les autorités ont refusé de coopérer. Miguna Miguna a même été présenté en catimini à un tribunal de banlieue. RFI

Burundi: l’ONU finance la radio de la fondation de la première dame
Est-ce bien le rôle des Nations unies de financer une radio qui appartient à la première dame du Burundi ? C’est tout l’objet d’une nouvelle polémique. Cette chaîne, c’est la radio-télévision Buntu, une station qui émet depuis Buye en province de Ngozi. Elle est lancée par la fondation de Denise Nkurunziza, l’épouse du président burundais. Elle a été inaugurée samedi dernier par le couple présidentiel et l’on apprend que le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) a octroyé à cette radio en novembre un don en équipement d’une valeur de 106 millions de francs burundais, soit 49 000 euros. RFI

Le président nigérien Mahamadou Issoufou prend la tête du G5 Sahel
Après les chefs d’état-major des pays du G5 Sahel, lundi 5 février, ce sont les chefs d’Etat qui sont réunis à Niamey depuis ce matin. De nombreux partenaires de l’organisation participent aussi à ce nouveau sommet qui devrait notamment permettre de faire un point sur le financement de la force militaire. Les chefs d’Etat vont plancher sur la recherche de financements complémentaires. En janvier, à Bamako, ils ont décidé de mettre en place un fonds fiduciaire pour accueillir les contributions, mais malgré les engagements de l’Union européenne et de plusieurs pays, comme l’Arabie saoudite, le compte n’y est toujours pas. RFI

Coup de froid diplomatique entre Kinshasa et Bruxelles
La République démocratique du Congo a pris lundi de nouvelles mesures visant la Belgique en demandant la fermeture de consulats dans les deux pays et la baisse de la fréquence des vols de la compagnie Brussels Airlines vers Kinshasa. Les tensions diplomatiques entre la Belgique et la République démocratique du Congo (RD Congo) sont encore montées d’un cran lundi 5 et mardi 6 février. France 24

Qui est Fridolin Ambongo, le successeur de Mgr Monsengwo à Kinshasa ?
Mgr Fridolin Ambongo, nommé archevêque coadjuteur de Kinshasa par le pape François, sera le successeur du cardinal Laurent Monsengwo, bientôt à la retraite. Agé de 57 ans, le nouvel archevêque coadjuteur de Kinshasa, a officiellement été présenté mardi aux médias dans la capitale congolaise. Il aura la tâche de prendre la relève du très influent cardinal Monsengwo qui, âgé de 79 ans, prendra bientôt sa retraite. VOA

« Discussions constructives » entre Zuma et son possible successeur en Afrique du Sud
Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), qui devait se pencher mercredi sur un départ anticipé du président Jacob Zuma, a reporté sa réunion extraordinaire à la suite de « discussions constructives » mardi soir entre le chef de l’Etat et son possible successeur, Cyril Ramaphosa. Zuma, aurait pu décider mercredi de forcer le président à la démission, un scénario humiliant pour le chef de l’Etat. Mais coup de théâtre mardi soir, cette réunion a été reportée aux 17 et 18 février en raison de « discussions fructueuses et productives » entre les deux principaux acteurs de la crise, a annoncé l’ANC, sans donner plus de précisions. VOA

Sénégal: Procès de la caisse d’avance/ Khalifa Sall – «Jugez-moi seul. J’assume tout»
Le député-maire de Dakar, Khalifa Sall, s’est prononcé pour la première fois devant le Tribunal de grande instance statuant en matière correctionnelle dans le cadre de l’affaire relative à la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Devant la barre, Khalifa Sall a demandé au tribunal de libérer tous les co-prévenus parce qu’ils n’ont rien fait, a qualifié ce procès de politique et s’est dit prêt à tout assumer seul. Invité par le président du tribunal sur demande de Me Khoureichi Ba, un de ses avocats, à faire sa déclaration luminaire tout juste avant le début des auditions de ses co-prévenus hier, lundi 5 février, Khalifa Sall a demandé au tribunal de libérer toutes les personnes poursuivies avec lui parce qu’elles n’ont rien fait avant de qualifier le procès de politique et de se dire prêt à tout assumer seul. «Je ne me connais pas en procédure, mais je sais pourquoi je suis là. Sud Quotidien

Côte d’Ivoire : le PDCI et le RDR en rangs dispersés pour les élections locales ?
Depuis l’extrême-nord de la Côte d’ivoire, Bruno Nabagné Koné, vice-président du RDR [Rassemblement des républicains], a été on ne peut plus clair sur la question. Devant des militants de base sortis nombreux écouter le message de la haute direction de leur parti, samedi 3 février 2018, le porte-parole du gouvernement a indiqué que « quel que soit le cas de figure, le RDR souhaite rester le premier parti de la région de la Bagoué et de la Côte d’Ivoire ». Et Koné de préciser : « Nous nous préparons à aller au parti unifié comme le demande notre président d’honneur, le président Alassane Ouattara et, en même temps, nous nous préparons à l’hypothèse où nous pourrions être obligés d’aller [aux élections] en tant que RDR. Là aussi, nous nous préparons à être efficaces, à gagner là où il le faut, pour demeurer le premier parti de Côte d’Ivoire ». Jeune Afrique

Soupçons de fraude électorale en Guinée : « Nous attendons les preuves »
Contestation des résultats par l’opposition, faible participation, délai de publication des résultats… Au lendemain des premières élections locales depuis 2005, le climat est tendu en Guinée. Amadou Salif Kébé, président de la Commission électorale indépendante, revient pour Jeune Afrique sur les principaux points de crispation et assure, malgré les nombreuses critiques, que les élections se sont globalement bien déroulées. Alors que l’opposition proteste violemment contre le déroulement du scrutin de dimanche – des élections locales plusieurs fois repoussées -, le président de la Ceni a appelé les différentes parties au calme, dans l’attente de la publication effective des résultats officiels, qu’il promet pour ce vendredi. Jeune Afrique

Reportage : les ex-passeurs d’Agadez confrontés au mirage de la reconversion économique
La colère monte chez les anciens passeurs d’Agadez, au Niger, qui se sont regroupés au sein d’une association pour demander à l’Union européenne d’augmenter son financement des activités de reconversion économique. Reportage. Boubous brodés, capes de laine couleur sable et turbans pour les hommes ; robes et voiles aux couleurs chatoyantes pour les femmes. Tous les notables de la région d’Agadez, au Niger, sont venus parés de leur tenue traditionnelle, jeudi 1er février, pour assister à la session extraordinaire du Comité régional de paix. France 24

En Algérie, la débandade d’Al-Qaida au Maghreb islamique
Les aveux d’impuissance des chefs djihadistes sont rares. A l’été 2017, pourtant, Abd­­­elmalek Droukdel, l’émir algérien d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), ne cachait pas un certain désarroi en décrivant la situation du groupe en Algérie. Interrogé par le magazine Inspire, la revue en anglais de la branche yéménite d’Al-Qaida, le chef de la filiale maghrébine se montrait lucide : « L’aura et le nombre de moudjahidine s’accroissent en Libye, dans le Sahel et le Sahara. A l’exception du front algérien, où nous sommes embourbés dans une longue guerre. [Ce] front souffre de la rareté, et parfois de l’absence presque totale de soutiens à l’intérieur et à l’extérieur. » Le Monde

« Emmanuel Macron saura-t-il éviter le piège de l’unilatéralisme en Afrique ? »
En critiquant sur le sol africain, qui plus est devant les parlementaires d’un pays voisin (la Tunisie), l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011, le président français, Emmanuel Macron, a accompli, jeudi 1er février, un geste diplomatique fort. Mais pourra-t-il vraiment échapper à ce qui ressemble à une forme de fatalité pour la France en Afrique : l’unilatéralisme, même contre son gré ? Depuis des années, en effet, la France affirme haut et fort que l’époque où elle tenait le rôle de « gendarme de l’Afrique » est révolue, sans parvenir dans les faits à tourner la page. En Côte d’Ivoire de 2002 à 2011, en Libye en 2011, au Mali et en Centrafrique en 2013 : la liste des interventions françaises – certes sous parapluie du Conseil de sécurité de l’ONU – continue de s’allonger. Le Monde

« Daech n’a pas disparu, il s’est délocalisé vers le Sahel », selon le patron de l’antiterrorisme marocain
Directeur du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), une structure créée par le Maroc en 2015 pour lutter contre le terrorisme et le crime transnational, Abdelhak Khiame revient sur la politique antiterroriste du royaume, la radicalisation de jeunes binationaux d’origine marocaine en Europe et sur les mutations de la menace djihadiste. Abdelhak Khiame Après les attentats de 2003 à Casablanca, on s’est aperçu que les kamikazes avaient profité de plusieurs lacunes du système. Tous venaient d’un quartier marginalisé et ont été endoctrinés en l’absence d’un encadrement du champ religieux par l’Etat. Sa Majesté le roi a appelé à adopter une nouvelle stratégie de lutte contre le terrorisme : pas seulement sécuritaire mais qui intègre aussi la religion et le développement. Le Maroc a ainsi organisé le quadrillage de son champ religieux à travers la création du Conseil supérieur des oulémas et le ministère des affaires religieuses, qui contrôle les lieux de culte. Nous avons lancé l’Initiative nationale pour le développement humain pour améliorer les conditions de vie. Le Monde



Photo: Adam Jones