Revue de presse du 7 avril 2026

Soudan : l’ONU intensifie ses efforts diplomatiques sur fond de crise humanitaire qui s’aggrave
Des signes d’ouverture émergent dans les efforts diplomatiques visant à désamorcer le conflit au Soudan, a indiqué lundi le porte-parole de l’ONU. À Nairobi, l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Soudan, Pekka Haavisto, a rencontré le chef des Forces de soutien rapide, le général Mohamed Hamdan Hemedti, après des échanges récents à Khartoum avec le général Abdel Fattah Al-Burhan.… Si ce signal est jugé encourageant, l’Organisation souligne la nécessité de résultats rapides : cette dynamique « doit se traduire rapidement par des progrès concrets pour mettre fin aux souffrances de tous les Soudanais, une fois pour toutes ».… [P]us de 1,6 million de personnes sont revenues dans la capitale ces derniers mois, malgré les risques liés aux restes explosifs de guerre et aux infrastructures gravement endommagées. L’ONU réitère son appel à « la protection des civils et des infrastructures civiles, y compris les établissements de santé », ainsi qu’à « une cessation immédiate des hostilités » et à un accès humanitaire « rapide, sûr, sans entrave et durable ».… Avec plus de 33,7 millions de personnes ayant besoin d’une aide vitale, le pays fait face à « l’une des crises humanitaires et sanitaires les plus graves au monde aujourd’hui ». ONU Info

Après le Burkina Faso, le Niger crée des milices pour lutter contre les djihadistes
Trois mois après avoir décrété la mobilisation générale, le gouvernement nigérien a annoncé la création de milices pour aider l’armée à lutter contre les groupes djihadistes dans le pays. Le 27 mars, le conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance qui institue des « organisations territoriales d’autodéfense », nommées « Domol Leydi » (« gardiens de la terre », en fulfuldé). Ces « auxiliaires » des Forces de défense et de sécurité (FDS) seront chargées de « missions de sensibilisation, de renseignement et d’autodéfense », selon les termes de la déclaration du gouvernement nigérien. Formées de volontaires rémunérés en « avantages sociaux et pécuniaires », elles seront dotées « d’armements et d’équipements dont la gestion est assurée par l’Etat ». En août 2025, la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani, au pouvoir depuis 2023, avait fait un premier pas dans cette direction, annonçant la création du programme « Garkouwar Kassa » (« bouclier de la patrie », en haoussa), pour former de jeunes volontaires à patrouiller avec les FDS. S’il ne s’agissait pas explicitement d’autodéfense, ce tournant amorcé avait déjà soulevé des inquiétudes, alors que l’armée nigérienne restait jusque-là opposée à l’idée de travailler avec des milices. Le Monde

Attaque d’une église au Nigeria : la version de l’armée contestée
Une vive controverse secoue le nord du Nigeria après l’attaque d’une église survenue dans le village d’Ariko, situé dans le district de Kachia, dans l’État de Kaduna. Dimanche, l’armée nigériane a affirmé avoir secouru 31 civils enlevés par des hommes armés lors de l’assaut, tout en faisant état de cinq morts sur les lieux. Cette version a toutefois été fermement démentie lundi par la Christian Association of Nigeria (CAN), principale organisation représentative des chrétiens du pays. Son président pour la région nord, le révérend John Joseph Hayab, a contesté les déclarations de l’armée, assurant qu’aucune libération n’avait eu lieu à ce stade. « Les militaires font de leur mieux pour obtenir leur retour, mais il n’est pas juste d’affirmer que les victimes ont été secourues », a-t-il déclaré. Il a également dénoncé une communication qu’il juge contre-productive, estimant que la diffusion d’informations inexactes risque de favoriser l’impunité des groupes armés. Sur le terrain, les témoignages recueillis auprès des habitants vont dans le même sens.… Cette affaire ravive les interrogations récurrentes sur la communication des autorités sécuritaires au Nigeria. AfricaNews/agencies

Guerre en Ukraine: le Cameroun confirme la mort de 16 de ses ressortissants engagés dans l’armée russe
Le gouvernement camerounais a confirmé lundi 6 avril, par communiqué du ministère des Relations extérieures, le décès de 16 de ses ressortissants engagés dans des opérations militaires aux côtés de l’armée russe. Ni le communiqué ni la note diplomatique ne précisent comment ces 16 hommes se sont retrouvés à combattre pour la Russie, ni les circonstances, le lieu ou la date de leur mort, rapporte l’agence de presse Reuters. Cette annonce est cependant une première pour le pays d’Afrique, rapportent nos confrères de RFI. Les seize noms ont été égrainés à la radio nationale ce même jour, et le ministère invite les familles à se rapprocher des autorités. La note verbale de l’ambassade de Russie à Yaoundé, reçue le 5 mars par le ministère des Relations extérieures, précise que ces seize Camerounais sont morts en « zone d’opération militaire spéciale », la terminologie employée par Moscou pour désigner son invasion de l’Ukraine, lancée en février 2022. Les noms ont été « communiqués à la partie camerounaise par les autorités russes », indique le communiqué. … Ces Camerounais s’inscrivent dans un phénomène qui touche de nombreux pays africains. Le recrutement repose souvent sur de fausses promesses d’emplois civils: agent de sécurité, vendeur, plombier. Une fois arrivés en Russie, les hommes se retrouvent contraints de signer un contrat militaire. TV5Monde

RDC: 42 membres de partis politiques sont actuellement détenus, selon l’ONU
Dans son dernier rapport mensuel, le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme (BCNUDH) en RDC pointe le nombre de membres de partis politiques détenus après avoir été arrêtés par des services de renseignements. En République démocratique du Congo (RDC), le Bureau conjoint des Nations unies (BCNUDH) estime que la situation humanitaire et celle des droits humains a continué à se dégrader dans le pays.… Le Bureau conjoint a par ailleurs documenté les détentions et note que plus de 40 membres de partis politiques étaient détenus par les services de renseignements à la fin du mois de janvier.… Le compte-rendu mensuel du BCNUDH affirme que la majorité de ces personnes sont des membres des partis politiques de l’opposition. Ils seraient 20 du parti de Moïse Katumbi « Ensemble pour la République » et quatre de celui de Joseph Kabila, le PPRD, dont le Secrétaire permanent Emmanuel Shadary et le vice-président Aubin Minaku, détenus respectivement depuis le 16 décembre et le 18 janvier dernier. RFI

Tunisie: le président étrille la télévision publique l’exhortant à «changer de discours»
Le président de la Tunisie, Kaïs Saïed, a critiqué le télévision publique et l’a exhortée à « être au rendez-vous avec l’histoire » durant une cérémonie d’hommage l’un de ces prédécesseurs, Habib Bourguiba.… Sans donner d’exemple concret, il a appelé l’organe médiatique à éviter la propagande trompeuse. … Kaïs Saïed a ajouté, sans développer, que « certains concepts de la télévision nationale sont caducs et que les Tunisiens ne veulent plus les entendre ». Ce n’est pas la première fois que le président tunisien commente le travail des médias étatiques.… Excepté que les journalistes tunisiens et étrangers n’ont toujours pas reçu leur carte de presse officielle pour 2026, et sans compter la quasi-absence de communication entre le gouvernement et les journalistes, ainsi que le retour de l’autocensure dans de nombreux médias tunisiens par peur de représailles. RFI

L’Algérie se prépare à accueillir le pape Léon XIV
À Annaba, dans le nord-est de l’Algérie, les préparatifs s’intensifient à la basilique Saint-Augustin du nom du célèbre théologien et philosophe chrétien Augustin d’Hippone. La ville se prépare à accueillir le pape Léon XIV, l’événement suscite une grande mobilisation au sein de la communauté catholique. Les thèmes de la paix, de la réconciliation, de l’unité et de l’espérance seront au cœur de ce déplacement apostolique. Jamais encore un pape ne s’était rendu en Algérie, où l’islam est religion d’État et où les chrétiens restent une minorité. Dans ce contexte, une visite à la Grande Mosquée d’Alger est également prévue. Le pape Léon XIV y prononcera un discours devant les autorités, les représentants de la société civile et le corps diplomatique, au centre de conférences de l’institution. En se rendant à Annaba, autrefois appelée Hippone, le souverain pontife marchera sur les traces de saint Augustin, figure spirituelle majeure du christianisme. Après l’Algérie du 13 au 15 avril, le Pape Léon XIV se rendra au Cameroun, en Angola puis en Guinée équatoriale. Cette tournée de Léon XIV en Afrique, si tôt dans son pontificat, illustre selon des analystes la place croissante du continent africain dans l’Église catholique. AfricaNews/AFP

Au Bénin, l’heure du choix approche
Le 12 avril prochain, les électeurs devront décider du visage que prendra la Marina pour les sept prochaines années. D’un côté, le duo de la continuité, porté par l’architecte de l’économie béninoise, Romuald Wadagni. De l’autre, un ticket qui se veut le porte-voix de la fibre sociale et de la dissidence, incarné par Paul Hounkpè.… Ministre de l’Économie inamovible depuis 2016, [Wadagni] est le dauphin désigné de Patrice Talon, choisi pour graver dans le marbre l’œuvre du « Nouveau Départ ».… Face à cette machine de guerre, Paul Hounkpè joue une partition complexe. Ancien proche de Boni Yayi, il a rompu les bancs pour porter la bannière de la FCBE. Pour ses partisans, il est le seul rempart crédible ; pour ses détracteurs, il n’est qu’une caution démocratique dans un scrutin verrouillé.… Le contraste va plus loin. Wadagni bénéficie d’une logistique millimétrée, tandis que Hounkpè doit manœuvrer dans une opposition morcelée par la neutralité du parti Les Démocrates. DW

À Djibouti, Guelleh renforce sa campagne à l’approche de la présidentielle
À l’approche de l’élection présidentielle du 10 avril, la campagne entre dans sa phase finale à Djibouti. Le président sortant, Ismaïl Omar Guelleh, redouble d’efforts pour consolider son avance. Au pouvoir depuis 1999, il vise un sixième mandat face à Mohamed Farah Samatar, candidat du Centre démocratique unifié et unique représentant de l’opposition.… De son côté, Mohamed Farah Samatar renforce également sa présence sur le terrain, notamment dans les régions de Tadjourah et d’Obock, sous le slogan « Un autre Djibouti est possible ». En parallèle, 67 observateurs internationaux ont été déployés pour suivre le déroulement du scrutin.… Situé à un emplacement stratégique entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, Djibouti, qui compte près d’un million d’habitants, reste un acteur géopolitique clé dans la Corne de l’Afrique, accueillant plusieurs bases militaires étrangères. ENA

Etude : l’état du fact-checking en Afrique francophone
Une vaste étude montre que la politique et la sécurité sont les thèmes les plus traités par les fact-checkers en Afrique francophone. C’est un document qui appelle les fact-checkers d’Afrique francophone à « engager une véritable pause introspective ». Les initiatives se sont multipliées ces dernières années, à un rythme mondialisé à la faveur notamment de la pandémie de Covid-19 pour lutter contre la désinformation, débusquer le vrai du faux et satisfaire la demande du public d’une information vérifiée. Ainsi, le fact-checking est, selon les auteurs de l’étude, « un rempart essentiel pour les sociétés démocratiques confrontées à des vagues continues de contenus falsifiés ». En Afrique francophone, la PAFF, la Plateforme africaine des fact-checkers francophones, constate une « sophistication croissante” de la pratique et son « intégration progressive dans la formation et la pratique journalistiques ». Toutefois, expliquent les auteurs, il existe peu d’études sur la portée et l’implantation du fact-checking dans cet espace. La PAFF s’est ainsi penchée sur quelque 3.000 articles de 26 organisations de fact-checking dans neuf pays francophones : RDC, Mali, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mali, Centrafrique, Sénégal et Togo. DW

Au Rwanda, des dessins pour rendre hommage aux victimes du génocide des Tutsis de 1994
Au Rwanda, ce 7 avril marque le début des 32e commémorations du génocide contre les Tutsis. Chaque année, pendant 100 jours, le pays rend hommage aux plus de 800 000 personnes tuées au cours du génocide perpétré en 1994. Depuis 2023, à travers le projet Art for Memories, des artistes redonnent vie à de vieilles photos de victimes à travers des dessins. Alors que de nombreuses familles n’ont aucune ou très peu de photos de leurs proches disparus, l’initiative a pour objectif, par le dessin, de leur rendre hommage. RFI