Éthiopie : Abiy reconduit Premier ministre, des frappes au Tigré tuent des déplacés
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a été reconduit à l’unanimité lundi à la tête du gouvernement fédéral d’Éthiopie par la chambre basse du Parlement issue des législatives de juin, contrôlée à 90% par le Parti de la Prospérité (PP) qu’il a fondé et dirige. Sa reconduction intervient alors qu’une source humanitaire et un témoin ont fait état de frappes sur un camp de déplacés ayant fait au moins huit morts au Tigré. Après des mois de tensions, des combats ont repris fin septembre dans le nord de l’Éthiopie, opposant l’armée fédérale aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirigeait de fait cet État régional et défiait à nouveau son autorité. Les affrontements se déroulent dans un contexte de tensions extrêmes avec l’Érythrée voisine, accusée par Addis Abeba de soutenir le TPLF. AFP
Mali : l’armée a repris Kidal, le FLA a quitté la ville
L’armée malienne, appuyée par les militaires russes d’Africa Corps, a repris ce 6 octobre la ville de Kidal dans le nord du Mali. La colonne militaire, partie d’Anéfis dans la matinée, est entrée dans la ville vers 13 heures, heure locale, selon plusieurs sources sécuritaires maliennes contactées par Jeune Afrique. La ville était contrôlée depuis le 25 avril dernier par le Front de libération de l’Azawad (FLA), qui s’en était emparé à la faveur d’une offensive menée conjointement avec les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda. Les combattants du FLA se sont retirés avant l’entrée des forces gouvernementales. Dans un communiqué, le porte-parole du mouvement, Mohamed Elmaouloud Ramadane, qualifie ce départ de « repli stratégique et maîtrisé ». Il précise qu’il s’agit d’une « mesure opérationnelle temporaire », notamment destinée à « préserver intactes les capacités humaines et logistiques » du mouvement. Par ailleurs, le FLA affirme que son retrait s’est effectué « sans aucun combat direct » avec les forces maliennes et leurs alliés russes. Ces derniers jours, l’armée malienne avait intensifié ses opérations dans la région de Kidal et ses environs, notamment en menant plusieurs frappes aériennes. Celles-ci ont également visé des positions dans le secteur de Tinzawaten, à proximité de la frontière algérienne. Jeune Afrique
Mali: cinq mois après l’enlèvement de Mountaga Tall, un ex-ministre de la Justice interpelle les autorités
Au Mali, cela fait désormais plus de cinq mois qu’on est sans nouvelles de Me Mountaga Tall, avocat et ancien ministre, enlevé chez lui début mai par des hommes encagoulés de la Sécurité d’État. Après lui, son fils et plusieurs personnalités engagées pour la défense de la démocratie ont été enlevés par les services maliens. Tous sont détenus dans des lieux inconnus, en dehors de toute procédure légale. Malgré les démarches officielles engagées devant la justice malienne et auprès du Comité des disparitions forcées de l’ONU par les familles des disparus, les autorités de transition – qui se maintiennent au pouvoir sans élection depuis plus de six ans – n’ont communiqué strictement aucune information au sujet de Mountaga Tall et des autres détenus. Pour l’ancien ministre malien de la Justice, Me Mamadou Ismaïla Konaté, le mutisme des autorités est intolérable. Il fait d’abord part de sa « tristesse », après plus de cinq mois à attendre des informations qui ne viennent pas. … « Il faut contraindre ces autorités à donner des informations relativement au lieu de détention de Mountaga Tall, pousser ces autorités à saisir un juge », affirme Me Konaté. RFI
Cédéao : Bassirou Diomaye Faye à Abuja
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao, est arrivé lundi à Abuja pour une visite officielle consacrée aux institutions communautaires et à la prestation de serment des nouveaux juges de la Cour de justice de l’organisation. À son arrivée à l’aéroport international Nnamdi Azikiwe, le chef de l’État sénégalais a été accueilli par le président de la Commission de la CEDEAO, le général Birame Diop, ainsi que par plusieurs responsables de l’institution et des représentants de l’ambassade du Sénégal au Nigéria. Au cours de son séjour, Bassirou Diomaye Faye doit visiter la Commission de la CEDEAO, le Parlement communautaire et la Cour de justice, où il assistera à la prestation de serment des nouveaux magistrats. Cette visite vise notamment à réaffirmer l’engagement des dirigeants communautaires en faveur du renforcement des institutions de la Cédéao et de la consolidation de l’intégration régionale. Elle intervient dans un contexte où l’organisation ouest-africaine poursuit ses efforts en faveur de la paix, de la stabilité, de la coopération et du développement régional. APA
Sahel : une rentrée scolaire sous la menace de l’insécurité
Selon des informations fournies par Cluster Education, un mécanisme de coordination humanitaire inter-institutions pour le secteur de l’éducation en situation d’urgence, 2444 écoles demeurent fermées dans plusieurs régions du centre et du nord du Mali. Conséquence : au moins 733 000 élèves risquent d’être privés d’un droit élémentaire : aller à l’école. Cluster Éducation recense plusieurs causes à la fermeture de ces écoles : les attaques djihadistes qui se multiplient contre des établissements scolaires, des menaces visant des enseignants, des déplacements de populations ainsi que l’occupation de certains établissements scolaires par des familles déplacées. La situation est simliaire au Burkina Faso où, malgré la réouverture annoncée de milliers d’établissements, l’Unicef a récemment rappelé que plusieurs écoles ont été contraintes de fermer leurs portes en raison des violences djihadistes. Le Niger est lui aussi confronté à l’insécurité dans plusieurs régions frontalières. Son système éducatif est fragilisé par les déplacements de populations et les attaques contre les infrastructures scolaires. Plusieurs organisations humanitaires notent que l’ensemble du Sahel central traverse aujourd’hui l’une des plus graves crises éducatives au monde. Pourtant, l’éducation est citée, du moins dans les discours, comme une priorité par les militaires à la tête des pays de l’AES. Mais tant qu’ils n’auront pas régler les problèmes d’insécurité, des millions d’enfants ne pourront pas être scolarisés. DW
Conflit dans l’est de la RDC: rencontre à Goma entre des facilitateurs de l’UA et le groupe AFC/M23
En République démocratique du Congo (RDC), trois anciens chefs d’État africains sont arrivés lundi à Goma, principale ville de l’est de la RDC sous contrôle du groupe politico-militaire AFC/M23 appuyé par le Rwanda. Mis en place en mars 2025 pour représenter l’ensemble du continent, le panel des facilitateurs de l’Union africaine (UA) est composé de l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, de l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi, de l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde ainsi que de la Centrafricaine Catherine Samba-Panza et du Nigérian Olusegun Obasanjo. Ces deux derniers n’ont pas pu faire le déplacement. Le panel, qui s’est déjà rendu à Kinshasa et Kigali, vient pour la première fois dans l’Est congolais. Sous les honneurs militaires, Uhuru Kenyatta, Mokgweetsi Masisi et Sahle-Work Zewde ont ainsi foulé pour la première fois le tapis rouge de Goma, dans le cadre de la médiation africaine qui rassemble les initiatives sous-régionales sous la conduite de Faure Gnassingbé. Le président du Conseil togolais était, lui, représenté par son ministre délégué chargé des Affaires étrangères. RFI
Ebola : le Kenya annonce son premier mort lié au virus
Le ministre de la santé du Kenya, Aden Duale, a annoncé, mardi 6 octobre, la mort d’un Kényan infecté par le virus Ebola, lundi soir, dans un hôpital de la capitale, Nairobi. L’infection et le décès de cet homme, qui vivait en République démocratique du Congo (RDC), sont les premiers à être recensés dans ce pays d’Afrique de l’Est. Aden Duale a déclaré que ce citoyen, arrivé samedi dans le pays en provenance de RDC via l’Ouganda, avait été placé en isolement et pris en charge à l’hôpital de Nairobi. Le patient a été diagnostiqué positif au virus Ebola après avoir développé des symptômes associés à la fièvre hémorragique. Les autorités sanitaires ont placé le pays en état d’alerte maximale et surveillent l’apparition d’éventuels autres cas. … Le ministre de la santé du Kenya a affirmé que 28 personnes ayant été en contact avec le patient, notamment des membres de sa famille et des professionnels de santé qui s’étaient occupés de lui, avaient été identifiées. La recherche de 23 autres passagers ayant voyagé sur son vol en provenance d’Ouganda était en cours. Le Monde avec AP et AFP
Soudan du Sud : le Kenya soutient le processus électoral
Le président kényan William Ruto a réaffirmé, lundi à Nairobi, le soutien de son pays au Soudan du Sud dans la préparation de ses premières élections générales depuis son indépendance, lors d’un entretien avec son homologue Salva Kiir Mayardit à Nairobi. William Ruto et Salva Kiir ont évoqué à Nairobi les relations historiques entre le Kenya et le Soudan du Sud, fondées notamment sur les liens établis durant la lutte de libération sud-soudanaise et consolidées au fil des années par les relations entre les deux peuples. William Ruto a assuré à Salva Kiir, en visite dans son pays, que le Kenya resterait aux côtés du Soudan du Sud tout au long du processus électoral, présenté comme une étape importante pour la transition politique du pays. Les élections sont prévues en décembre 2026, après plusieurs reports depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Leur organisation doit notamment permettre au pays de franchir une nouvelle étape dans la mise en œuvre de l’accord de paix revitalisé de 2018. La rencontre de Nairobi intervient dans un contexte politique sensible, marqué par des discussions entre les différents acteurs sud-soudanais sur les conditions de la tenue du scrutin et la consolidation du processus de paix. Le Kenya joue depuis plusieurs années un rôle dans les efforts régionaux visant à accompagner la transition au Soudan du Sud, notamment à travers l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). APA
Accra et Le Caire renforcent leur coopération stratégique
Les présidents ghanéen et égyptien se sont rencontrés en marge du huitième Sommet de coordination de l’Union africaine, où ils ont réaffirmé les liens historiques entre leurs deux pays et leur volonté de consolider la coopération politique et économique. John Dramani Mahama et Abdel Fattah al-Sissi ont notamment évoqué l’héritage panafricain porté par l’ancien président ghanéen Kwame Nkrumah et son homologue égyptien Gamal Abdel Nasser, considérés comme des figures de la coopération africaine. Sur le plan économique, les échanges ont porté sur la facilitation de l’enregistrement au Ghana des produits pharmaceutiques égyptiens. Cette mesure vise à favoriser l’accès aux médicaments et à encourager les investissements dans le secteur de la santé. La coopération en matière de défense et de sécurité a également occupé une place importante dans les discussions. Le président Mahama a exprimé l’intérêt du Ghana pour une collaboration accrue avec l’Égypte, notamment dans le renseignement, le renforcement des capacités et la lutte contre le terrorisme. APA
Côte d’Ivoire: une partie de l’opposition propose une nouvelle Commission électorale après sa dissolution
En Côte d’Ivoire, plusieurs partis d’opposition se sont accordés sur des propositions communes concernant la future institution chargée d’organiser les scrutins, après la dissolution en mai dernier de la Commission électorale indépendante (CEI). Le document, élaboré après plusieurs semaines de concertation, a été remis lundi 5 octobre au ministère de l’Intérieur. Mais les deux principaux partis d’opposition étaient quant à eux absents. En Côte d’Ivoire, le PPA-CI de Laurent Gbagbo, la CAP-CI, qui comprend notamment le FPI de Pascal Affi N’Guessan, l’ADCI d’Assalé Tiémoko et la plateforme HCE emmenée par l’ancienne première dame Simone Ehivet ont participé aux discussions sur les contours du futur organe électoral. Depuis l’annonce, en mai dernier, de la dissolution de la Commission électorale indépendante, les partis de l’opposition, très critiques à l’égard de l’ancienne CEI, qu’ils accusaient notamment de partialité, se concertaient pour élaborer une feuille de route commune. L’une des propositions, qualifiée d’« exigence » par les partis, concerne la composition de la future institution. L’opposition ne veut pas y voir de « représentants de partis politiques, du gouvernement ou des pouvoirs publics ». Elle souhaite au contraire que des « experts » y siègent, afin que la structure « puisse mener sa mission sans aucune considération partisane », explique Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI). RFI
