Revue de presse du 6 mars 2026

Tendances migratoires africaines 2026 : gestion des facteurs, de la sécurité et des opportunités
Le continent le plus jeune du monde continue d’être très mobile. Avec 12 des 20 économies les plus dynamiques au monde, un âge médian de 19 ans et environ 600 millions de personnes en âge de travailler, des millions de travailleurs africains de plus en plus qualifiés s’installent chaque année dans les villes et les zones urbaines. La migration intra-africaine est la forme la plus courante de mouvement transfrontalier de population, avec plus de 25 millions d’Africains qui vivent dans un autre pays d’Afrique. … Le nombre de cas documentés de migrants interceptés alors qu’ils tentaient d’entrer illégalement dans l’Union européenne s’élevait à 99 846 en 2025, soit environ deux fois moins qu’il y a deux ans. Cette baisse reflète le renforcement des mécanismes de contrôle aux frontières dans tous les pays d’Afrique du Nord, ainsi qu’en Mauritanie et au Sénégal. … Ces tendances en matière de migration hors du continent occultent une situation migratoire plus complexe et variée pour l’Afrique. Le renforcement des mesures d’interception a conduit les migrants à emprunter des routes secondaires et à dépendre davantage des passeurs. Cette situation a enrichi et renforcé les réseaux criminels, tout en augmentant les risques pour la sécurité des migrants. Cette dynamique souligne l’importance de comprendre et d’atténuer les facteurs sous-jacents de la migration. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Guerre au Soudan : les combats s’intensifient à Kordofan, épicentre du conflit
Jeudi 5 mars, l’armée soudanaise a affirmé avoir repris aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) la ville de Bara, une des lignes mouvantes du front dans cette région cruciale pour le contrôle du pays. La prise de la ville a été suivie par une frappe de drone contre un bâtiment public à El-Obeid, a indiqué un responsable local à l’AFP, en imputant l’attaque à « la milice des FSR ». La localité de Dilling, dans l’État du Kordofan-Sud, a également été la cible toute la journée de tirs d’artillerie et de frappes de drones, ont indiqué des sources sur place. Une source médicale à l’hôpital local a indiqué sous le couvert de l’anonymat que 28 personnes avaient été tuées et 60 blessées, « dont des enfants et des femmes ». … Mercredi, une frappe sur Dilling avait déjà fait cinq morts et sept blessés, selon une source médicale. … Le même jour, une frappe de drone avait fait 18 morts et 25 blessés à Al-Mojlad, selon un médecin de l’hôpital de la ville qui a imputé l’attaque à l’armée régulière. La ville d’Al-Mojlad, dans l’État du Kordofan-Ouest, se situe à quelques dizaines de kilomètres au sud de Babanousa, le dernier bastion régional de l’armée pris en novembre dernier par les FSR. Ces derniers avaient accusé mercredi leurs rivaux d’avoir ciblé un marché de cette ville faisant « des dizaines de morts et de blessés parmi les civils ». Jeune Afrique avec AFP

Bénin: quinze militaires tués dans une attaque du Jnim contre une position militaire dans le nord du pays
Le nord-est du Bénin est endeuillé. Mercredi 5 mars, la localité de Kofonou, nichée près de Karimama, à l’extrême nord-est du Bénin, est devenue le théâtre d’une attaque meurtrière contre l’armée béninoise. Quinze militaires y ont laissé la vie, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec le Niger. Cela faisait près d’un an que le pays n’avait pas subi une attaque d’une telle ampleur. À plus de 750 kilomètres au nord de Cotonou, dans la commune de Karimama, zone frontalière avec le Niger, une position des Forces armées béninoises (FAB) a été prise pour cible par des hommes armés. L’armée a officiellement reconnu la mort de quinze militaires et cinq blessés dont le pronostic vital n’est pas engagé, selon son porte-parole. Ce n’est pas la première fois que cette zone est frappée. Karimama et ses environs ont déjà été le théâtre d’incidents sécuritaires par le passé. Face à l’attaque, un aéronef militaire a été engagé en riposte et a intercepté une colonne d’assaillants motorisés. L’intervention aérienne a neutralisé quatre terroristes et détruit plusieurs motos, le mode de déplacement privilégié des combattants. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) a revendiqué l’attaque, affirmant dans un communiqué contrôler la position visée. Une version fermement démentie par les autorités militaires béninoises. « Ils ne contrôlent rien du tout », a déclaré un haut gradé contacté par RFI. RFI

Niger : la junte serre à nouveau la vis aux compagnies minières et pétrolières
Le régime militaire nigérien a résilié les conventions de trois sociétés aurifères et a refusé de prolonger une autorisation accordée à une société pétrolière britannique, leur reprochant de ne pas avoir respecté plusieurs engagements légaux, a appris l’AFP jeudi 5 mars de source officielle. Le Niger est dirigé depuis un coup d’État en juillet 2023 par une junte militaire qui prône la souveraineté, particulièrement sur les ressources minières du pays dont l’uranium, le pétrole et l’or. Selon un communiqué du Conseil des ministres, les trois conventions résiliées – approuvées entre 2017 et 2020 – concernent trois sociétés dont la nationalité n’est pas précisée : la Compagnie des mines du Niger (Comini Sarl), Afrior SA et Ecomine SA, actives dans l’exploitation et l’affinage de l’or. Le Niger regorge de sites d’orpaillage sauvage mais ne dispose que d’une mine industrielle active à Samira dans l’ouest du pays, nationalisée en août 2025 par la junte. En outre, les autorités nigériennes ont refusé une « prorogation de la période de validité de l’autorisation » délivrée à la société britannique Savannah Energy pour la prospection et l’exploitation de pétrole dans le sud-est du pays, où sont aussi présents des entreprises chinoises depuis 2011. Jeune Afrique avec AFP

RDC: l’ONU nomme l’américain James Swan à la tête de la Monusco
Le patron de l’ONU Antonio Guterres vient de nommer un nouveau chef pour sa mission pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco). L’Américain James Swan, ancien ambassadeur américain en RDC sous Barack Obama et ex-chef de la mission onusienne en Somalie, prend la tête de la Monusco et remplace la Guinéenne Bintou Keita. L’essentiel de sa mission sera de guider la Monusco à aider à faire respecter le cessez-le-feu entre les forces militaires de Kinshasa et l’AFC/M23 dans l’est du pays. Nommé à la tête de la Monusco par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres ce jeudi 5 mars 2026, James Swan est un habitué des pays africains confrontés à des transitions politiques et sécuritaires complexes. Diplomate de carrière, parlant français couramment, il a occupé divers postes onusiens en Somalie depuis 2019, dont celui de chef de la Manusom, la mission des Nations Unies en Somalie, qu’il occupait depuis mai 2024. Son tropisme africain s’est reflété tout au long de ses 32 ans de carrière de diplomate américain : secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines entre 2006 et 2008, il a ensuité été, sous Barack Obama, successivement ambassadeur à Djibouti (2008-2011), en RDC (2013-2016), puis représentant spécial pour la Somalie (2011-2013). RFI

L’ICG préoccupé par la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC
Le Groupe de contact international pour la région des Grands lacs (ICG), composé des États‑Unis, de la Belgique, du Danemark, de la France, de l’Allemagne, des Pays‑Bas, de la Suède, de la Suisse, du Royaume‑Uni et de l’Union européenne, a publié ce jeudi 5 mars une déclaration commune exprimant une inquiétude croissante face à l’escalade des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon le communiqué, l’ICG dénonce les violations persistantes et récentes des cessez‑le‑feu, pourtant actés dans les accords de Washington du 4 décembre 2025 et dans l’engagement de Doha du 19 juillet 2025. Parmi les violations pointées figurent notamment l’usage de drones dans des attaques militaires, jugé particulièrement dangereux pour les populations civiles. Le groupe appelle toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités et à revenir à la table des négociations, rappelant qu’aucune solution militaire n’est possible. L’ICG exhorte également les acteurs impliqués à respecter leurs engagements dans le cadre des accords régionaux ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, dont les résolutions 2773 et 2808, et insiste sur le respect de l’intégrité territoriale de la RDC. La déclaration salue les efforts diplomatiques en cours, en particulier la médiation conduite par Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine, ainsi que les initiatives conjointes du Qatar, de la CIRGL et de la MONUSCO pour mettre en place un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez‑le‑feu. L’ICG soutient également les consultations menées par la République d’Angola en vue d’un dialogue intercongolais inclusif, considéré comme essentiel pour une paix durable. Radio Okapi

Guerre en Ukraine : des Kenyans manifestent contre les recrutements par la Russie
Les familles de recrues kenyanes trompées par des promesses d’emploi en Russie et qui se sont retrouvées sur le front en Ukraine ont adressé jeudi une pétition au Parlement de leur pays pour demander l’interdiction du recrutement de Kenyans pour la guerre de Moscou. Les familles ont brandi des photos de leurs fils qui se trouvent actuellement sur le front ou qui ont été tués, blessés ou portés disparus pendant la guerre. … Le mois dernier, le gouvernement a déclaré que plus de 1 000 Kenyans avaient été recrutés pour combattre pour la Russie en Ukraine et qu’au moins 89 Kenyans se trouvaient toujours au front. Il a confirmé un décès et déclaré que 39 Kenyans avaient été hospitalisés, 28 étaient portés disparus au combat, tandis que d’autres étaient rentrés chez eux. … Un rapport des services de renseignement présenté le mois dernier au Parlement kenyan par le leader de la majorité Kimani Ichung’wah indique que des responsables gouvernementaux kenyans et russes ont collaboré avec des agences de recrutement pour attirer des Kenyans sur le front. Les familles qui ont adressé une pétition au Parlement jeudi ont déclaré que les responsables de ce complot visant à attirer leurs proches devaient être poursuivis pour « traite d’êtres humains, recrutement forcé et violations éventuelles du droit international humanitaire et du droit du travail ». À ce jour, deux Kenyans ont été inculpés de traite d’êtres humains dans cette affaire. Africanews avec AP

À Moscou, le président de la Centrafrique salue la contribution russe à la tenue des élections générales
Faustin-Archange Touadéra est depuis dimanche en visite en Russie. Après plusieurs jours à Saint-Pétersbourg « à titre privé » selon la présidence centrafricaine, il est arrivé à Moscou pour la partie officielle de son déplacement. Il s’est entretenu ce 5 mars avec Vladimir Poutine. L’occasion pour les deux hommes d’évoquer l’approfondissement de la coopération entre Moscou et Bangui. Reçu au Kremlin par Vladimir Poutine, Faustin-Archange Touadéra a remercié le président russe pour la contribution apportée par Moscou en matière de sécurité pour la tenue de l’élection présidentielle qu’il a remportée le 28 décembre dernier. Le président centrafricain s’est, en outre, réjoui du soutien russe en matière d’hydrocarbures qui a, dit-il, permis au pays de résoudre les difficultés que la Centrafrique traverse actuellement. RFI

Suspension des réseaux sociaux au Gabon : Oligui Nguema hausse le ton
Les Gabonais qui comptaient retrouver l’usage normal de WhatsApp, Instagram, Facebook ou TikTok sous peu ne sont pas au bout de leur peine. La décision de la Haute autorité de la communication (HAC) de suspendre les réseaux sociaux au Gabon est effective depuis deux semaines et les autorités réfléchissent à la durcir. Les VPN dans le viseur des autorités. Le 2 mars, le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a annoncé dans une interview à L’Union vouloir s’attaquer aux réseaux privés virtuels (VPN), massivement utilisés pour contourner la mesure. Un VPN permet en effet de se géolocaliser hors du Gabon et de profiter des plateformes suspendues sans problème. Reste à trouver les financements d’un tel durcissement, et à scinder les circuits d’usage des VPN des circuits bancaires numériques, afin que ces derniers ne pâtissent pas de la décision. … La HAC est pourtant un organe de surveillance indépendant de l’État. Après la suspension des réseaux sociaux et la polémique qui fait rage depuis, le président a décidé d’aller encore plus loin pour appuyer cette mesure « exceptionnelle » en faisant adopter des projets d’ordonnance en conseil des ministres. Jeune Afrique

Libye : les suspects de l’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi identifiés
La justice libyenne affirme avoir identifié les trois suspects de l’assassinat le 3 février à Zenten de Seif al-Islam Kadhafi. Si leurs noms et leur nationalité n’ont pas été révélés, les enquêteurs disent avoir des informations sur le lieu de rencontre des suspects et l’heure à laquelle ils se sont rendus sur le lieu du crime. L’enquête a permis de confirmer que le corps de Seif al-islam avait été criblé de balles. La défense souligne que la victime a été tué par un commando de quatre personnes. Le parquet de Tripoli avait annoncé l’ouverture d’une enquête après la confirmation de la mort du fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Une équipe s’était rendue à Zenten accompagnée de médecins légistes. Seif al-Islam Kadhafi était recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Condamné à mort dans son pays en 2015, il avait bénéficié d’une amnistie. Et ne cachait pas ses intentions de briguer la magistrature suprême en Libye. Mais depuis 2011, le pays d’Afrique du Nord peine à organiser des élections faute d’une autorité unifiée. Plusieurs groupes se disputant. Africanews