Revue de Presse du 6 mars 2019

Aperçu des réponses sécuritaires régionales au Sahel
L’augmentation des attaques des groupes terroristes au Sahel, couplée aux défis transfrontaliers tels que le trafic de drogues, le trafic d’êtres humains, les migrations et les déplacements de population, ont provoqué un ensemble de réponses sécuritaires tant régionales qu’internationales. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

RDC : réduction drastique du nombre de ministres
Les autorités administratives congolaises ont procédé mardi à une restructuration de l‘équipe gouvernementale, écartant des ministres élus députés à l’issue des législatives du 30 décembre 2018, alors que le pays attend la mise en place d’un nouveau gouvernement, selon un document parvenu vendredi à l’AFP. Pas de nouveaux venus au sein de l‘équipe gouvernementale, mais 11 portefeuilles ont été fusionnés, réduisant le nombre de ministre de 35 à 23, selon cette décision signée mardi par le secrétaire général du gouvernement, Xavier Bonane. Cette restructuration intervient après une décision du Conseil d’État, interdisant “le cumul de fonctions” exécutives et législatives pour des responsables politiques. Africa News

RDC : des fruits de la sensibilisation de l’armée à l’endroit des groupes armés
L’est de la RDC enregistre ces derniers temps des redditions d‘éléments appartenant à des groupes armés écumant la zone. Peut-être le fruit d’une campagne de sensibilisation menée par la force publique régulière. Ils sont sortis des buissons avec armes, bagages et munitions. Ce sont les quelque 40 éléments de la coalition Raïa Mutomboki, une milice qui dit lutter contre l’occupation des terres arables par le parc national Kahuzi-Biega (PNKB) situé entre les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et du Maniema à l’extrême est de la RDC. Conduits par un de leurs chefs Raymond Kabishula, ces miliciens ont été accueillis mardi 5 mars par les autorités locales de la ville de Kalehe dans le Sud-Kivu. « Plus de 40 éléments Raïa Mutomboki des différents groupes armés se sont rendus mardi après plus de 30 autres qui se sont rendus le dimanche », s’est félicité Dédé Mwamba, administrateur du territoire de Kalehe. Africa News

L’armée algérienne durcit le ton face aux manifestants
Le chef de l’armée algérienne a déclaré que l’armée n’autoriserait pas un retour aux turbulences des années 1990 qui ont fait 200.000 morts. Le général Ahmed Gaid Salah s’exprimait alors que des milliers de personnes manifestaient à nouveau dans les principales villes du pays pour exiger la démission du président Abdelaziz Bouteflika. Dans la capitale, Alger, les étudiants et leurs enseignants se sont rassemblés au centre ville, exigeant que le chef de l’Etat de 82 ans, qui est extrêmement malade, abandonne son projet de briguer un cinquième mandat présidentiel lors des élections du mois prochain. BBC

Les promesses de Bouteflika résonnent comme autant d’aveux d’échec
En réponse à la protestation, le président Abdelaziz Bouteflika a adressé aux Algériens une lettre avec des promesses de changement. Une feuille de route qui met en évidence les failles du régime en place, estime le site Algerie Focus. Un message écrit attribué à Abdelaziz Bouteflika a été lu le 3 mars par son directeur de campagne, Abdelghani Zaalane. Le message en question traduit un certain nombre d’engagements qui ne répondent pas aux revendications du peuple algérien. Dans cette lettre adressée à la nation et [lue aussi à la télévision par une journaliste qui a quitté depuis son poste de présentatrice], les tenants du pouvoir s’engagent à démanteler le système qui a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui. En réalité, ils veulent donner un nouveau visage au régime et non le faire disparaître ! Cette “lettre-programme” donne l’impression d’être révolutionnaire, mais en réalité, elle reflète le paradoxe du système politique algérien. Algérie Focus

A Paris, des Algériens partagés sur un rôle de la France dans la crise
La France doit-elle jouer un rôle dans la crise inédite qui secoue l’Algérie? A Paris, si les jeunes Algériens voient dans la France un « espoir », les plus âgés, marqués par le passé colonial, craignent un « piège ». Au lendemain du dépôt officiel de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika, la diaspora algérienne, qui s’est rassemblée par milliers deux dimanches d’affilée place de la République à Paris pour dire « non » à un cinquième mandat du président de 82 ans, scrute attentivement une éventuelle réaction des autorités françaises. « Où est la France ? », s’interroge à voix haute Mehdi, Franco-Algérien de 28 ans. Attablé à la terrasse d’un café du nord de Paris, le jeune homme, qui ne donne pas son nom de famille par peur de « représailles » sur sa famille « au bled », dit son « dégoût » pour « cette mafia sans foi ni loi » au pouvoir en Algérie et espère « une réaction forte » de Paris.  TV5

Mali: le secrétaire général de l’ONU voit des « progrès »
Le secrétaire général de l’ONU affirme dans un rapport mardi voir des « progrès » dans l’application de l’accord de paix de 2015 au Mali, où les attaques terroristes demeurent toutefois conséquentes. « C’est le verre à moitié plein ou à moitié vide », résume un diplomate sous couvert d’anonymat à propos de la rare vision positive exprimée dans ce dernier rapport d’Antonio Guterres. Elle permet d’éloigner la perspective de nouvelles sanctions ou d’une prochaine réduction de la mission onusienne, sous l’impulsion des Etats-Unis, alors que mars avait été donné comme échéance à Bamako pour engranger des résultats. VOA

Une « crise sans précédent » menace le Burkina Faso, selon l’ONU
Les Nations Unies affirment qu’une crise humanitaire sans précédent sévit au Burkina Faso, où plus de 100 000 personnes ont dû fuir leur foyer. La plupart d’entre elles se sont déplacées au cours des deux premiers mois de l’année. Plus d’un demi-million de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire. « J’exhorte tous les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile à nous soutenir dans la mise en œuvre du plan de secours d’urgence », a déclaré Hélène Marie Laurence Ilboudo, ministre chargée de l’action humanitaire, dans une déclaration. BBC

Des centaines d’arrestations pour des délits électoraux au Nigeria
Le chef de la police nigériane affirme que plus de 300 personnes ont été arrêtées parce qu’elles étaient soupçonnées d’avoir commis des infractions électorales lors du scrutin du mois dernier.L’inspecteur général Mohammed Adamu déclare que deux policiers ont été tués pendant l’élection, tandis que d’autres avaient été agressés et blessés. Plus de 50 personnes ont été tuées dans des violences liées aux élections, et des dizaines de personnes ont été blessées. Des fonctionnaires chargés de l’organisation des élections ont été attaqués, et certains d’entre eux ont été violés, selon la police.Le scrutin présidentiel, qui était couplé avec des élections législatives, a été remporté par le président sortant Muhammadu Buhari. BBC

RCA: la confusion autour du nouveau gouvernement inquiète la société civile
En Centrafrique, le nouveau gouvernement nommé dimanche ne fait pas l’unanimité. Les démissions s’enchaînent et déjà certains groupes armés déclarent se retirer des accords de paix de Khartoum. La situation est confuse. Les organisations de la société civile commencent à s’inquiéter de la tournure des événements. Le Groupe de travail de la société civile a tenu une conférence de presse mardi à Bangui. Pour cette organisation, le nouveau gouvernement n’est pas satisfaisant. Il faut donc en constituer un nouveau. RFI

Législatives au Bénin: les partis d’opposition invalidés par la Céna
La Commission électorale nationale autonome (Céna) a publié, mardi 5 mars dans l’après-midi, la liste définitive des partis autorisés à prendre part aux législatives du 28 avril 2019. Surprise : aucun parti de l’opposition n’est retenu. Des élections législatives au Bénin sans aucun parti de l’opposition, un fait inhabituel dans ce pays, modèle de démocratie en Afrique. Sur les 7 listes de partis, deux seulement sont jugées « conformes et recevables ». Il s’agit de deux partis : les progressistes et les républicains, tous deux soutiens de Patrice Talon. Parmi les 5 dossiers qui font l’objet de rejet figure la liste USL de l’opposant et homme d’affaires Sébastien Ajavon. Il n’a même pas passé le premier filtre pour « défaut de certificat de conformité ». RFI

Cameroun: arrestation d’une ex-figure du régime Biya
L’ancien ministre camerounais de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o, ex-figure du régime du président Paul Biya, a été arrêté et placé en garde à vue à Yaoundé pour de supposées malversations financières, a appris mercredi l’AFP de sources judiciaires. Convoqué mardi par des enquêteurs d’une unité spéciale du Tribunal criminel spécial (TCS), spécialisé dans la répression de la grande corruption, M. Mebe Ngo’o a été placé en garde à vue, a affirmé à l’AFP un responsable de cette juridiction. « Sa garde à vue se poursuit. Il est dans une cellule du TCS. C’est ce jour (mercredi) qu’on saura la suite », a-t-il ajouté, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Selon lui, l’intéressé et plusieurs autres personnes, dont son épouse et d’anciens proches collaborateurs, sont visés par une procédure pour des « malversations financières » présumées. Slate

L’aéroport de Nairobi paralysé par une grève
Le personnel de l’aéroport Jomo Kenyatta, au Kenya, s’est mis en grève à la suite d’un projet de fusion entre l’administration aéroportuaire et la compagnie aérienne Kenya Airways. Pour parer à la grève, les autorités kényanes ont déployé à l’aéroport des agents de Kenya Airforce, l’armée de l’air, les mettant au service des milliers de passagers bloqués à Nairobi pendant plusieurs heures. La grève affecte aussi les aéroports de Mombasa, Eldoret et Kisumu. Une soixantaine de vols ont été retardés. Des milliers de passagers sont restés à l’aéroport pendant de longues heures avant de pouvoir embarquer, mercredi matin.  BBC



Photo: Adam Jones