Revue de presse du 6 janvier 2026

Ouganda : Museveni brigue un septième mandat dans un climat de violence électorale croissante
Le président ougandais Yoweri Museveni briguera un septième mandat lors de l’élection présidentielle du 15 janvier, qui marque le coup d’envoi du calendrier électoral africain de 2026. … Âgé de 81 ans, Museveni a prolongé son mandat en supprimant les limites de durée précédemment établies en 2005 et 2017. … Comme lors des élections de 2021, où l’opposition avait été confrontée à près de 3 000 enlèvements et 54 morts (plus 18 personnes sont toujours portées disparues), le processus électoral de 2026 a été marqué par des actes d’intimidation et de violence à l’encontre de l’opposition. Des centaines de partisans de l’opposition ont été arrêtés et les rassemblements de l’opposition sont souvent perturbés, notamment par des barrages routiers, des arrestations arbitraires, des tirs de gaz lacrymogènes et l’utilisation de canons à eau par la police contre les partisans. Des blessés et des morts ont été signalés lors de plusieurs rassemblements électoraux de l’opposition, la police ayant parfois tiré à balles réelles. … Les sondages indiquent que le chômage et la corruption sont les principales préoccupations des électeurs ougandais. … La question la plus importante à surveiller lors des élections de 2026 est peut-être le degré de transparence entourant le dépouillement des votes. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra réélu président avec 76 % des voix, l’opposition dénonce des irrégularités majeures
Elu pour la première fois en 2016, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a décroché un troisième mandat en remportant l’élection avec 76,15 % des voix, a annoncé, dans la nuit de lundi 5 à mardi 6 janvier, l’Autorité nationale des élections lors d’une cérémonie prévue à cet effet. Son principal opposant, Anicet-Georges Dologuélé, est arrivé en deuxième position avec 14,66 % des voix, selon ces résultats provisoires. … Réélu une première fois en 2020 lors d’un scrutin entaché de soupçons de fraude, Faustin-Archange Touadéra, 68 ans, est critiqué pour avoir fait adopter en 2023 une nouvelle constitution lui permettant de se maintenir au pouvoir. Le candidat Dologuélé a revendiqué sa victoire vendredi et dénoncé des irrégularités majeures dans ce scrutin. Le porte-parole du président Touadéra a rejeté ces allégations samedi, les qualifiant de « fausses » et mettant en garde contre les risques de « troubles ». … L’opposition, dont une partie a boycotté les élections, a dénoncé une « mascarade » et reproché aux institutions, dont l’Autorité nationale des élections et la Cour constitutionnelle, d’être aux mains du pouvoir en place. Le Monde avec AFP

A Luanda, Félix Tshisekedi et João Lourenço échangent sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC
Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a effectué lundi 5 janvier une brève visite de travail à Luanda, en Angola, où il s’est entretenu avec son homologue angolais João Lourenço, président en exercice de l’Union africaine. Selon des sources concordantes, les échanges entre les deux chefs d’État ont été essentiellement consacrés à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. A cette occasion, rapportent les mêmes sources, le Chef de l’État congolais a qualifié la situation dans l’Est du pays de « guerre imposée ». … Le 14 décembre dernier, Félix Tshisekedi s’était déjà rendu à Luanda pour une visite de travail. A travers ce déplacement, le président congolais souhaitait, selon certaines sources, relancer le processus de Luanda, une initiative diplomatique visant à restaurer la paix dans l’Est de la RDC. D’autres sources indiquent que Félix Tshisekedi cherchait plutôt à renforcer les efforts de médiation régionale face à la persistance des violences dans le Kivu, notamment celles liées aux rebelles de l’AFC/M23. Radio Okapi

Soudan : les FSR renforcent leur siège sur le Kordofan du Sud
Depuis la prise du dernier bastion de l’armée au Darfour en octobre, les Forces de soutien rapide et leurs alliés se sont enfoncés dans le Kordofan voisin, une région agricole riche en pétrole, divisée en trois États : l’Ouest, le Nord et le Sud . Ces dernières semaines, le groupe paramilitaire a consolidé son contrôle sur le Kordofan occidental, s’est emparé de Heglig, où se trouve le plus grand champ pétrolifère du Soudan, et a resserré son siège sur Kadugli et Dilling dans le Kordofan méridional, où des centaines de milliers de personnes sont désormais confrontées à une famine généralisée. … Cette vague d’opérations militaires a occasionné le déplacement de plus de 50 000 personnes selon l’Organisation mondiale pour les migrations. Plusieurs traversent la frontière et rejoignent le Soudan du Sud tandis que d’autres font reviennent sur leurs pas pour échapper à une ville pétrolière envahie. Les hôpitaux débordés manquent fortement de matériels et les camps de déplacés peinent à nourrir convenablement leurs occupants. Africanews

« C’est le flou général »: au Cameroun, le nouveau gouvernement promis par Paul Biya se fait toujours attendre
Les Camerounais attendent toujours de connaître la composition du nouveau gouvernement, après l’élection présidentielle. Paul Biya, réélu le 12 octobre lors d’un scrutin contesté par son principal opposant, Tchiroma Bakary, continuerait les tractations avec des membres de l’opposition. « Les Camerounais aujourd’hui sont résignés », affirme à TV5MONDE Stéphane Akoa, politologue camerounais. Deux mois ont passé après la prestation de serment de Paul Biya et toujours rien à l’horizon. Le gouvernement, composé de ministres de plein exercice, reste en place. Des bruits de tractation avec l’opposition se font écho ça et là. Tchiroma Bakary, l’opposant qui conteste le résultat du scrutin à la présidentielle d’octobre, a bien été approché à plusieurs reprises par les autorités, selon plusieurs médias dont Jeune Afrique. Celui qui a obtenu près de 35% des voix aux dernières élections aurait refusé tout rôle au sein du gouvernement de Paul Biya, y compris celui de Premier ministre, ou encore « neuf ministères, seize postes dans la haute administration pour ses proches et plusieurs nominations diplomatiques à l’étranger », rapportent nos confrères. TV5Monde

La Chine veut développer un « partenariat stratégique complet » avec la Guinée, la mine de Simandou dans le viseur
Le président chinois Xi Jinping a félicité ce lundi 5 janvier, le président élu de Guinée, le général Mamadi Doumbouya, et exprimé sa volonté de continuer à développer avec lui un « partenariat stratégique complet » entre leurs deux pays. Alors que le général Mamadi Doumbouya vient d’être réélu à la tête de la Guinée, le président chinois Xi Jinping en a profité pour exprimer sa volonté de continuer à développer avec lui un « partenariat stratégique complet » entre les deux pays. Une information rapportée lundi 5 janvier par l’agence Chine Nouvelle. Et dans le viseur de la Chine notamment, le gigantesque projet minier de Simandou (sud-est), censé faire de la Guinée, pays pauvre malgré d’importantes ressources naturelles, un des plus grands exportateurs de fer au monde. En effet, l’arrière-pays forestier de la Guinée est très riche en fer. Et la Chine en est le premier consommateur mondial mais n’en produit pas assez. … Pour la Chine, ses investissements dans la mine de Simandou lui permet donc de réduire ses coûts d’approvisionnement. TV5Monde avec AFP

L’opposition togolaise demande la libération de 70 « détenus politiques »
Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a gracié le 31 décembre quelque 1 500 prisonniers. Parmi eux, 75 étaient des « détenus politiques », selon plusieurs groupements de partis politiques d’opposition et d’organisations de la société civiles. Mais, « beaucoup de nos compatriotes sont encore privés de liberté ou gardés dans la souffrance des prisons aux conditions inhumaines. Près de 70 détenus politiques attendent impatiemment d’être libérés. Ils doivent être libérés », ont ajouté ces organisations, parmi lesquelles on retrouve deux importants groupements, le front « Touche pas à ma Constitution » et la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP). … Le Togo a connu en juin et juillet une série de manifestations critiques du pouvoir dans la capitale Lomé au cours desquelles sept personnes avaient été tuées, selon la société civile. « Nous continuerons de nous battre pour qu’ils soient libérés. Il n’y a pas de raison que certains soient sortis des prisons et que d’autres maintenus », a déclaré à l’AFP Nathaniel Olympio, porte-parole du front « Touche pas à ma Constitution« . « Ce sont des détenus politiques parce qu’ils ont été arrêtés soit dans l’expression de leur opinion politique, soit lors des manifestations », a-t-il ajouté. Jeune Afrique avec AFP

Burkinabè réfugiés au Ghana : survivre face au terrorisme
Fuyant les attaques terroristes au Burkina, plus 33 000 réfugiés se sont réfugiés au Ghana. Dans le camp de Tarikom, ils tentent de démarrer une nouvelle vie en attendant de pouvoir rentrer. … Les attaques sont menées par des groupes affiliés au GISM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) ou à l’État islamique dans le Grand Sahara. Malgré la prise de pouvoir par les militaires en 2022, leur emprise s’étend. Les témoignages des réfugiés décrivent des hommes masqués, surnommés « Girissy », qui tuent principalement les hommes et enlèvent des jeunes garçons. Plus de 33 000 Burkinabè ont déjà trouvé refuge au Ghana, où l’UNHCR et le Conseil pour les réfugiés ont installé des camps, dont celui de Tarikom qui accueille environ 2 000 personnes. … Les autorités ghanéennes envisagent d’accorder des permis de séjour permanents à ceux qui souhaitent rester, tout en favorisant le transfert de compétences agricoles entre Burkinabè et Ghanéens. DW

Tunisie : des responsables de Terre d’asile, jugés pour aide aux migrants, ont été libérés
Des travailleurs humanitaires de l’ONG française Terre d’asile en Tunisie, jugés pour avoir « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants, ont été libérés dans la nuit de lundi à mardi 6 janvier, a annoncé le comité de soutien de l’une d’entre eux. Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’ONG, et plusieurs de ses collègues étaient emprisonnés depuis plus de vingt mois. … Parmi les 23 prévenus figurent aussi les 17 membres du conseil municipal de la ville de Sousse, dans l’est du pays, dont deux en détention, mis en cause notamment pour avoir prêté des locaux à l’association. … Leurs avocats soulignent qu’ils ont mené une action humanitaire d’aide aux demandeurs d’asile et migrants vulnérables dans le cadre d’un programme approuvé par l’Etat tunisien, en coordination directe avec le gouvernement. … Les prévenus emprisonnés avaient été interpellés en mai 2024 en même temps qu’une dizaine d’autres travailleurs humanitaires, parmi lesquels la militante antiraciste Saadia Mosbah, dont le procès s’est ouvert fin décembre. Le Monde avec AFP