Revue de presse du 6 avril 2026

Nigeria : une nouvelle attaque djihadiste fait cinq morts dans le nord-est du pays
La violence djihadiste repart en force au Nigeria. Deux attaques distinctes perpétrées tôt samedi 4 avril, et visant un poste de police dans le nord-est du pays puis un camp de déplacés, ont fait cinq morts au total. Selon la police, « des terroristes soupçonnés d’appartenir à Boko Haram/Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont attaqué le quartier général de la police divisionnaire de Nganzai dans le but de prendre le contrôle de la ville », située à moins de 100 kilomètres au nord de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno. … Les policiers « ont confronté les assaillants dans un violent échange de tirs », a déclaré le porte-parole de la police dans un communiqué, mais « quatre membres des forces de police » ont été tués. Un autre groupe de djihadistes a pris pour cible un poste de sécurité à l’entrée d’un camp accueillant des personnes déplacées à Damasak, près de la frontière avec le Niger. Ils ont tué un membre des volontaires de sécurité locaux et incendié une vingtaine de maisons au toit de chaume, selon la police. Lors de ces deux attaques, la police et les volontaires civils ont « réagi rapidement et repoussé les assaillants », a déclaré la police dans un communiqué. Le Monde avec AFP

Le groupe jihadiste Boko Haram exige de lourdes rançons après l’enlèvement de sept Tchadiens au Niger
« Les sept Tchadiens ont été enlevés mardi matin en territoire nigérien, non loin de Mariyari », a indiqué ce 4 avril Saleh Haggar Tidjani, représentant de l’État dans la province tchadienne du Lac. Les jihadistes ont « égorgé » l’un d’eux, a-t-il affirmé, tandis que les six autres ont été « pris en otage ». Boko Haram demande des sommes particulièrement élevées au regard du niveau de vie au Tchad en échange de leur libération, dont 500 millions de francs CFA – près de 760 000 euros – pour l’un d’eux qui est médecin, a expliqué Mahamat Nour Moustapha, représentant de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme dans la province du Lac. Tisembé Lamsikréo, un jeune médecin qui était parti suivre une formation en chirurgie pédiatrique à Niamey, rentrait au Tchad pour le deuil de son père, a précisé sa famille. Dans des vidéos circulant depuis le 2 avril sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité n’a pas encore pu être vérifiée, on peut voir un homme qui se présente comme Tisembé Lamsikréo et cinq autres appeler à l’aide, affirmant avoir été arrêtés « au nombre de sept » par Boko Haram et qu’une personne parmi eux a été « égorgée ». Les jihadistes demandent 50 millions de francs CFA – environ 76 000 euros – pour chacun des cinq autres. Jeune Afrique avec AFP

La création du poste de vice-président approuvée par le Parlement camerounais
La création du poste de vice-président de la République a été approuvée ce 4 avril par le Parlement réuni en congrès à Yaoundé. Selon cette réforme, il sera nommé par le président de la République et aura la charge de diriger le pays en cas de vacance du pouvoir. Adoptée par 205 voix pour (il y en a eu 16 contre), la réforme permettra au vice-président de diriger le pays à la place du président Paul Biya, doyen des chefs d’État dans le monde et âgé de 93 ans. Issa Tchiroma Bakary, en exil en Gambie, qui continue de se présenter comme le « président légitime », a qualifié cette réforme de « violation des principes démocratiques » et de « dérive monarchique du pouvoir illégitime », ce 3 avril sur Facebook. De son côté, Maurice Kamto a dénoncé un « coup d’État institutionnel et constitutionnel », dans une vidéo publiée sur le même réseau social. La création de ce poste de vice-président s’inscrit dans un mouvement de recomposition des institutions: mi-mars, les présidents des deux chambres du Parlement ont été remplacés. Jeune Afrique avec AFP

Libye-Soudan: coordination militaire et sécuritaire renforcée
Une rencontre de haut niveau s’est tenue à Tripoli entre le chef d’état-major libyen, le lieutenant-général Salah al-Din al-Namroush, et le directeur du renseignement militaire soudanais, le lieutenant-général Mohamed Sabir, consacrée au renforcement des liens militaires et sécuritaires entre les deux pays. Selon le bureau de presse de l’état-major général libyen, cet échange s’inscrit dans une dynamique de coordination accrue face à un environnement régional marqué par des enjeux sécuritaires persistants. Les discussions ont porté en priorité sur le partage de renseignements et le développement de mécanismes conjoints pour faire face aux menaces transfrontalières. Les deux responsables ont également évoqué la nécessité d’améliorer l’efficacité des dispositifs de sécurité, en consolidant les canaux de communication opérationnelle entre leurs institutions respectives. Les autorités libyennes ont indiqué que cette approche vise à structurer une coopération durable et réactive. Ce rapprochement s’appuie sur des liens historiques entre les deux pays, mis en avant par Salah al-Din al-Namroush qui a souligné l’importance d’une coordination plus étroite pour soutenir la stabilité régionale. Cette orientation reflète une volonté partagée de renforcer la sécurité dans un espace sahélo-saharien exposé à des flux transfrontaliers sensibles, notamment en matière de circulation de groupes armés et de trafics. APA

La Chine pousse un projet ferroviaire entre Zambie et Tanzanie pour son accès à des métaux critiques
La Chine renforce son emprise sur les routes du cuivre africain. Avec la relance d’une ligne ferroviaire stratégique entre la Zambie et la Tanzanie, Pékin ne se contente plus de financer des infrastructures : il cherche désormais à contrôler toute la chaîne d’exportation, de la mine jusqu’au port. Un projet à plus d’un milliard de dollars, au cœur d’une rivalité croissante avec les Occidentaux pour l’accès aux métaux critiques. … Avec la rénovation du chemin de fer Tazara, Pékin franchit une nouvelle étape : celle de l’intégration complète de la chaîne logistique. Autour de ce projet à 1,2 milliard de dollars, on retrouve les géants miniers CMOC et Zijin, le groupe maritime Cosco, et des acteurs du transport déjà bien implantés sur le terrain. Leur objectif : fluidifier l’acheminement du cuivre depuis la « ceinture de cuivre » de Zambie et de RDC jusqu’au port de Dar es Salaam en Tanzanie. Aujourd’hui, l’essentiel du minerai transite encore par camion, sur des routes saturées. Demain, le rail doit permettre d’accélérer les flux, de réduire les coûts, et surtout de mieux contrôler les exportations. Car derrière ce chantier, c’est une stratégie plus large qui se dessine de la part de la Chine : sécuriser l’accès à des ressources indispensables à la transition énergétique, comme le cuivre ou le cobalt. RFI

Mauritanie: reprise prévue de négociations entre pouvoir et oppositions autour d’un dialogue national
En Mauritanie, les représentants de la majorité présidentielle et de deux coalitions de l’opposition sont censées reprendre ce 6 avril 2026 à Nouakchott des discussions autour d’un dialogue national. Des discussions qui bloquent, pour le moment, sur la question du nombre de mandats présidentiels. Cette reprise des réunions préparatoires intervient par ailleurs dans un climat social lourd, marqué par des manifestations contre la vie chère dans la capitale. Ces dernières semaines, plusieurs réunions préparatoires ont eu lieu entre la majorité et l’opposition, mais les discussions sont bloquées : l’opposition accuse le pouvoir de vouloir modifier la Constitution pour permettre un troisième mandat du chef de l’État. Les trois pôles de l’échiquier politique – majorité et deux coalitions de l’opposition – se retrouvent ce lundi 6 avril 2026, à 11h. C’est un Palais des Congrès sous haute surveillance qui accueille ce 6 avril 2026 la poursuite de ces réunions. Pour le coordinateur du dialogue, Moussa Fall, l’objectif est de lever le blocage sur la question des mandats présidentiels. Ce point de discorde a provoqué l’arrêt brutal des discussions lundi dernier, entre la majorité et l’opposition. Pour sauver ce processus, le président Mohamed Ould Ghazouani s’est impliqué personnellement. Le chef de l’État, réélu il y a 2 ans pour un second mandat, a multiplié les consultations directes avec les leaders politiques. RFI

Sénégal: pour faire des économies, le Premier ministre restreint les déplacements du gouvernement
« Aucun ministre de mon gouvernement ne bougera du pays », sauf pour une mission essentielle. Annonce faite le 3 avril par le Premier ministre sénégalais. Ousmane Sonko suspend tous les déplacements secondaires à l’étranger en vue de faire des économies. Une mesure justifiée par la dette colossale du pays, estimée à 132% du PIB et par les effets de la guerre au Moyen-Orient. À Dakar, l’annonce fait réagir la classe politique. Le Premier ministre du Sénégal a lui-même renoncé à trois déplacements prévus ce mois-ci : deux visites officielles au Niger et en Espagne et un voyage en France, où il devait tenir un meeting politique de son parti, le Pastef. Il s’agit là de rationaliser les déplacements et, in fine, le train de vie du gouvernement dans la suite de mesures d’austérité prises pour assainir les finances publiques. RFI

Naufrage en Méditerranée : plus de 70 personnes sont mortes ou portées disparues
Plus de 70 personnes sont portées disparues en Méditerranée centrale, dimanche 5 avril, à la suite du naufrage d’une embarcation de migrants qui a fait au moins deux morts, ont annoncé les ONG Mediterranea Saving Humans et Sea-Watch. Trente-deux personnes ont pour l’instant été secourues. L’embarcation « en bois » était partie samedi après-midi de Libye avec à son bord 105 femmes, hommes et enfants, selon Mediterranea Saving Humans. « Tragique naufrage de Pâques. Trente-deux survivants, deux corps repêchés, plus de 70 personnes portées disparues », a écrit l’ONG sur X. Elle a précisé que le bateau avait chaviré dans une zone de recherche et de sauvetage contrôlée par les autorités libyennes. Selon Sea-Watch, les survivants ont été secourus par deux navires marchands et débarqués, dimanche matin, sur l’île italienne de Lampedusa. Une vidéo, publiée sur X par l’ONG et visiblement tournée de l’avion de surveillance Sea-Bird 2, montre des hommes s’agrippant à la coque du bateau chaviré, à la dérive en pleine mer, puis approché par un navire marchand. … Depuis le début de l’année 2026, 683 migrants sont morts ou ont été portés disparus en Méditerranée centrale, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Le Monde avec AFP

En Angola, des inondations font au moins 15 morts et des milliers de déplacés
Des pluies de plusieurs heures se sont abattues sur l’Angola, dimanche 5 avril, causant la mort d’au moins 15 personnes et inondant plus de 4 000 habitations, dont la plupart des résidents ont dû être déplacés, ont annoncé les services d’urgence du pays. Des crues soudaines ont submergé les rues et endommagé les infrastructures de la capitale, Luanda, et de Benguela, ville côtière plus au sud. Douze décès ont été recensés à Benguela et trois à Luanda, ont déclaré les pompiers, en citant un rapport préliminaire. … En Namibie voisine, dans le nord-est du pays, le niveau du Zambèze a fortement monté, contraignant des milliers de personnes vivant sur ses rives à fuir leur foyer. Selon les autorités, le niveau du fleuve a atteint environ 6,8 mètres, soit bien au-dessus des 4 mètres habituels. Les autorités ont temporairement relogé les habitants touchés dans neuf camps, dont l’un accueille plus de 2 700 personnes, ont déclaré des responsables, samedi, à l’AFP. … En mars, l’Afrique de l’Est a connu des précipitations torrentielles qui ont causé de graves inondations. Quarante-huit personnes sont mortes, et 95 ont disparu dans des inondations et des glissements de terrain dans le sud de l’Ethiopie. Au Kenya, pays voisin, au moins 49 personnes ont péri après que des pluies torrentielles se sont abattues vendredi sur la capitale, Nairobi, et sur d’autres régions, selon les forces de l’ordre. Le Monde avec AFP