Revue de Presse du 6 août 2018

Soudan du Sud : le gouvernement et les rebelles signent un accord sur le partage du pouvoir
Au Soudan du Sud, les belligérants ont signé dimanche à Khartoum un accord sur le partage du pouvoir. Celui-ci doit mettre fin à une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Le gouvernement et les rebelles du Soudan du Sud ont signé dimanche 5 août à Khartoum un accord sur le partage du pouvoir, une initiative qui doit mettre fin à la guerre civile meurtrière ravageant le plus jeune pays du monde. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés en plus de quatre ans. Le président Salva Kiir et son rival, le chef rebelle Riek Machar, ont signé l’accord à Khartoum, la capitale du Soudan voisin, a constaté un correspondant de l’AFP. En vertu de l’accord, M. Machar va intégrer un gouvernement d’unité nationale et devenir premier vice-président. France 24

Zimbabwe: les 24 opposants arrêtés restent en prison
Au Zimbabwe, 24 personnes proches de l’opposition comparaissaient ce samedi devant un tribunal sous l’accusation de trouble à l’ordre public, en lien avec la manifestation de l’opposition mercredi dernier pour protester contre les résultats des élections. Une manifestation réprimée par l’armée et qui s’est soldée par la mort d’au moins 6 personnes et de nombreux blessés. Ils sont 24 dans le box des accusés. Tous membres ou sympathisants du mouvement d’opposition, le MDC de Nelson Chamisa. Ils ont été arrêtés par la police dans les locaux du parti, jeudi, au lendemain de la manifestation meurtrière qui a fait au moins 6 morts. Tous sont accusés de violences sur la voie publique, pour avoir participé ou organisé la manifestation. La plupart sont de simples employés du parti. L’un est un cadre important qui a quitté la ZANU-PF de Robert Mugabe pour rejoindre l »opposition. RFI

Présidentielle au Zimbabwe : l’opposition conteste la victoire de Mnangagwa
L’opposition zimbabwéenne vent debout contre les résultats de la présidentielle qui donnent le chef de l’Etat sortant Emmerson Mnangagwa vainqueur. Nelson Chamisa, chef de l’opposition a qualifié de faux ces résultats et exhorté la Commission électorale à publier ceux validés par les partis. Selon des résultats annoncés dans la nuit de jeudi à vendredi par la commission électorale (ZEC), Emmerson Mnangagwa a remporté de justesse au premier tour l‘élection présidentielle avec 50,8 % des voix, devant Nelson Chamisa qui en a recueillies 44,3 % dans un climat tendu. Mercredi, lors de la répression d’une manifestation d’opposants, au moins six personnes avaient été tuées. Nelson Chamisa, qui n’a cessé pendant la campagne d’accuser la ZEC de partialité, a sans surprise dénoncé les résultats. Africa News

Des violences agitent la région Somali dans l’est de l’Éthiopie
Des scènes de pillage, d‘émeutes et d’attaques à caractère ethnique, consécutives au déploiement de troupes gouvernementales, ont continué à être observées dimanche dans l’instable région Somali (est) de l‘Éthiopie, d’après plusieurs témoignages. Les raisons exactes de ces violences qui ont débuté samedi ne sont pas claires, mais des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des véhicules blindées de l’armée éthiopienne dans les rues de la capitale régionale Jigjiga. L’arrivée des troupes fédérales semble avoir provoqué la colère de la population Somali, déclenchant des émeutes et violences ethniques à Jigjiga et dans d’autres villes de la région. Africas News

L’est de l’Ethiopie s’enlise dans la violence
Pillages, émeutes, attaques ethniques… Telles sont les conséquences du déploiement de troupes gouvernementales dans l’instable région somali (est) de l’Éthiopie, révèlent les habitants ce dimanche. Les raisons exactes de ces violences qui ont débuté hier ne sont pas claires, mais des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des véhicules blindés de l’armée éthiopienne dans les rues de la capitale régionale Jigjiga. Le Point

Egypte: 52 jihadistes tués dans le Sinaï
L’armée égyptienne a annoncé dimanche avoir tué 52 jihadistes au cours des derniers jours dans la péninsule du Sinaï où elle mène une vaste opération contre la branche locale du groupe Etat islamique (EI). Plus de 200 jihadistes et une trentaine de soldats sont morts depuis le lancement le 9 février de l’opération baptisée « Sinaï 2018 », selon des chiffres officiels. Les forces armées ont éliminé 52 « takfiristes (extrémistes) très dangereux » et arrêté 49 autres lors d’opérations dans le centre et le nord du Sinaï, selon un communiqué de l’armée publié sur sa page Facebook. Quatre ouvertures de tunnel ont été découvertes et détruites » dans la ville de Rafah dans le nord du Sinaï, à la frontière avec la bande de Gaza, a ajouté l’armée. Les autorités accusent les jihadistes d’utiliser ces passages sous-terrains pour se déplacer entre le nord du Sinaï et le territoire palestinien. TV5

Katumbi bloqué par la police congolaise à la frontière zambienne
Le bras de fer est engagé entre l’opposant congolais Moïse Katumbi et le pouvoir en République démocratique du Congo. Interdit d’atterrir à Lubumbashi où sa notoriété reste intacte, l’opposant a livré un baroud d’honneur à la frontière zambienne, qu’il a gagnée par voie terrestre, afin d’accéder au territoire congolais. Mais là encore, son retour semble impossible. Deux jours après le retour triomphal de l’ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba, Katumbi prétendait comme lui revenir au pays pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle avant la date-butoir du 8 août. Africa News

Présidentielle en RDC: que peut faire Katumbi?
La Direction générale de migration (DGM) vient d’interdire à toutes les compagnies aériennes qui desservent la RDC d’embarquer tout passager détenteur de l’ancien passeport semi-biométrique. Cette mesure viserait particulièrement l’opposant Moïse Katumbi à qui les responsables congolais interdisent le retour dans son pays. Deux tentatives infructueuses de Katumbi la semaine dernière pour rentrer en RDC ont déjà eu lieu. Devant ce refus catégorique des responsables congolais, l’opposant a décidé de se tourner désormais vers les organisations sous régionales, régionales et internationales pour plaider sa cause. Entre-temps, des stratégies sont peaufinées par ses partisans. Mais il ne reste plus beaucoup de temps, deux jours seulement, pour la clôture du dépôt de candidature pour la présidentielle de décembre 2018. RFI

RCA: l’armée poursuit sa reconstruction
En Centrafrique, la reconstruction de l’armée après la crise est une phase importante. Samedi 4 août, un troisième volet de formation s’est terminé à Berengo, l’ancien domaine du président Bokassa transformé en camp de formation militaire. Là-bas, les Russes, dans le cadre d’un accord, forment les Forces armées centrafricaines notamment au maniement des armes livrées en début d’année. Une cérémonie officielle est venue boucler la formation d’un nouveau contingent de 400 soldats, en présence de nombreux officiels et du président Touadéra. Une démonstration est réalisée devant le président. « Joujou, ça veut dire je te couvre ». Quatre cents éléments en ont donc terminé avec la formation menée par l’équipe russe. Le président Touadéra se dit fier de cette armée en reconstruction : « Ce qui est un fait important, c’est que dans cette formation il y a aussi les 200 éléments qui ont été dans le DDR pilote. Aujourd’hui, ils ont réintégré l’armée nationale et ils sont formés au même titre que tous les autres. Notre vision c’est de construire une armée républicaine, apolitique, représentative ». RFI

En Centrafrique, une présence armée russe de plus en plus marquée
A la faveur d’un accord militaire conclu entre Moscou et Bangui en décembre 2017, la Russie est devenue un nouvel acteur sécuritaire en Centrafrique. Le 30 juillet, trois journalistes russes y ont été tués.
On aurait pu en apprendre un peu plus sur les activités de la société militaire privée russe Wagner en Centrafrique, si trois journalistes russes qui enquêtaient sur cette entreprise controversée proche de Vladimir Poutine n’avaient pas été assassinés, lundi 30 juillet. Kirill Radtchenko, Alexandre Rastorgouïev et Orkhan Djemal, très connus dans leur pays, ont été tués par neuf “ravisseurs enturbannés” ne s’exprimant ni en français ni en sango – la langue principale du pays – dans la ville de Sibut, à 300 km au nord de la capitale centrafricaine Bangui, où est déployé un bataillon militaire centrafricain entraîné par la Russie. France 24

Présidentielle au Mali: trois candidats déposent des recours
Au Mali, après l’annonce des résultats provisoires du premier tour de la présidentielle, les candidats avaient jusqu’à ce samedi soir pour déposer leur recours devant la Cour constitutionnelle en cas de contestation. Le délai est maintenant expiré et au moins trois candidats ont saisi la haute juridiction. Aliou Diallo et Cheikh Modibo Diarra ont apporté leurs recours à la Cour constitutionnelle dans la journée ce samedi. Mais ni l’équipe de campagne du troisième homme, ni celle du quatrième homme de l’élection n’ont voulu donner de précisions sur le contenu de ces recours. Les avocats du candidat qualifié pour le second tour, Soumaïla Cissé, ont également saisi la haute juridiction. « Une vingtaine de recours ont été déposés », indique Tiébilié Dramé, le directeur de campagne du chef de file de l’opposition. RFI

A Gao, les soupçons de fraude électorale réveillent les tensions ethniques
Thé à la main, Alassane Maïga ne décolère pas: « On a bourré les urnes dans les zones nomades, pour le candidat du pouvoir ». Dans le nord du Mali, les soupçons de fraude électorale attisent les tensions ethniques. « On », ce sont les « peaux claires », Touareg et Arabes, précise cet enseignant de Gao convaincu que ce sont les mêmes qui « tous les jours » causent de « l’insécurité », sans pouvoir préciser laquelle de ces communautés il accuse. « Quand dans un village, il y a 5.000 personnes mais 6.000 qui votent… c’est du bourrage, c’est trop! », tempête cet homme de 45 ans, observateur électoral à Gao lors du premier tour le 29 juillet, dont le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, est sorti largement en tête, loin devant le chef de l’opposition, Soumaïla Cissé. VOA

Tunisie : Béji Caïd Essebsi vit son moment « Bourguiba »
Le président de la République tunisienne doit annoncer dans les prochains jours un projet de loi sur les libertés et l’égalité. La bataille entre modernistes et conservateurs est relancée. La date n’a pas été officiellement annoncée. Le sérail affirme que la présidence a opté pour le 13 août, jour de la fête de la femme et de la famille, qui commémore la promulgation du Code du statut personnel (CSP), pour rendre ses arbitrages en matière de libertés et d’égalité. Jeune Afrique

Côte d’Ivoire : à quoi songe Alassane Ouattara ?

Confronté à la contestation inédite de ses alliés du PDCI, le président ivoirien bat le rappel de ses troupes. Et prépare sa contre-attaque. Il est des discours politiques plus attendus que d’autres. Celui prononcé le 16 juillet, à Abidjan, par Alassane Dramane Ouattara (ADO) lors de l’Assemblée générale constitutive du parti unifié, était de ceux-là. Un mois plus tôt, à sa grande surprise, son principal allié depuis 2005, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), avait décidé de ne pas adhérer à ce Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) avant la présidentielle d’octobre 2020. Et depuis, Henri Konan Bédié (HKB) répète qu’il n’est pas concerné par ce projet. Jeune Afrique



Photo: Adam Jones