Nouvelle Constitution en Somalie : le président élu pour 5 ans, suffrage universel pour les parlementaires
La Somalie a adopté une nouvelle Constitution mercredi, qui fixe à 5 ans la durée du mandat présidentiel et instaure l’élection au suffrage universel de ses parlementaires, des mesures ayant suscité une forte opposition dans ce pays fracturé et instable. Il n’a pas été précisé si le chef de l’État actuel, Hassan Sheikh Mohamud, élu en 2022 pour quatre ans, bénéficiera de cette mesure, adoptée par les deux chambres, alors que des élections présidentielle et législatives sont prévues en juin. … Les députés et sénateurs somaliens étaient jusqu’ici désignés via un système indirect et clanique, dans lequel des personnalités reconnues de ces clans nommaient des délégués qui choisissaient à leur tour les parlementaires. Le président était ensuite élu par l’Assemblée nationale et le Sénat, et non par la population, ce que maintient la nouvelle Loi fondamentale. Le chef de l’État actuel, Hassan Sheikh Mohamud, après un premier mandat de quatre ans 2012 à 2016 – finalement étendu jusqu’en 2017 du fait de l’instabilité politique – militait en faveur de la nouvelle Constitution. Des questions se posaient déjà, avant son adoption, sur la capacité de la Somalie à organiser des élections en juin. Le pays est confronté à une importante insurrection menée par les shebab qui combattent le gouvernement fédéral depuis deux décennies et contrôlent de vastes pans du territoire. L’État somalien garde pleine autorité sur la capitale, Mogadiscio, où un premier scrutin local depuis plus de 60 ans s’est tenu fin décembre. … La Somalie est aussi profondément divisée entre les États qui la composent : les dirigeants du Jubaland (sud) et du Puntland (nord-est) sont ainsi fortement opposés aux efforts de centralisation du président somalien. AFP
Soudan : au moins 18 morts dans une frappe de drone près de la frontière sud
D’après des informations transmises, jeudi 5 mars, à l’Agence France-Presse par une source médicale locale, une frappe de drone a touché la ville soudanaise d’Al-Mojlad dans la journée de mercredi, faisant au moins 18 morts. Située dans le sud du pays, la zone est contrôlée par les paramilitaires soudanais, les Forces de soutien rapide (FSR), engagés depuis près de trois ans dans une guerre contre l’armée régulière. C’est cette dernière qui a lancé l’attaque, toujours selon cette même source. Mercredi, les FSR, dirigées par le général Mohammed Hamdan Daglo, avaient déjà accusé l’armée du pays d’avoir attaqué le marché de la ville, faisant « des dizaines de morts et de blessés parmi les civils ». Al-Mojlad se situe dans l’Etat du Kordofan occidental, proche de la frontière avec le Soudan du Sud, où se trouve la ville de Babanousa, dernier bastion régional de l’armée, pris en novembre par les FSR. La région, riche en or et en pétrole, est aussi un carrefour stratégique pour le contrôle du pays. Elle est devenue ces derniers mois l’épicentre du conflit qui ravage le Soudan, depuis avril 2023. Le Monde avec AFP
Tchad : Un soldat tué, 8 assaillants de Boko Haram neutralisés
Un soldat tchadien a été tué et deux autres blessés dans une attaque attribuée au groupe jihadiste Boko Haram dans la région du lac Tchad, a annoncé mardi le président Mahamat Idriss Déby Itno. « Dans la nuit du 2 mars, une unité avancée de nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS), déployée dans la région du lac Tchad, a été la cible d’une lâche agression menée par des éléments de la nébuleuse Boko Haram », a écrit le président sur Facebook. Selon Mahamat Idriss Déby Itno, la riposte des FDS a permis d’éliminer huit jihadistes. L’attaque a eu lieu dans la localité de Fitine, a précisé le gouverneur de la province du lac Tchad, Saleh Haggar Tidjani. Le lac Tchad, vaste zone d’eau et de marécages à la frontière du Nigeria, du Cameroun, du Niger et du Tchad, est devenu depuis 2009 un bastion jihadiste, accueillant à la fois des combattants de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Pour y faire face, les quatre pays riverains avaient réactivé en 2015 la Force multinationale mixte (FMM), créée initialement en 1994. Le départ du Niger de cette force en mars 2025, en raison de relations tendues avec ses partenaires, a fragilisé la lutte antijihadiste dans la région. Sahel Intelligence
RDC : un glissement de terrain frappe le site minier de Gasasa, plus de 200 victimes redoutées
Un glissement de terrain a frappé, mardi 3 mars, le site minier de Gasasa, situé à cinq kilomètres de Rubaya-Centre, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu). Alors que les recherches se poursuivent, les habitants redoutent un bilan bien supérieur aux 200 victimes, un chiffre estimé sur la base du nombre de personnes qui travaillent quotidiennement dans cette carrière artisanale. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’accès à l’information est verrouillé. Les autorités locales interdisent toute communication autour du drame et interpellent les témoins ayant filmé la scène. … Parmi les victimes potentielles figurent non seulement des creuseurs, mais aussi des petits commerçants installés sur le site pour vendre eau, nourriture ou outils aux exploitants artisanaux. Le questionnement est d’autant plus vif que ce même carré minier de Gasasa, riche en coltan, avait déjà été frappé par un éboulement meurtrier faisant plus de 400 morts, le 28 janvier dernier, selon les informations rapportées par des sources locales et gouvernementales. Quelques jours seulement après ce premier drame, les creuseurs étaient revenus travailler sur le site, faute d’alternative économique. Radio Okapi
Afrique de l’Ouest : le trafic des drogues explose (rapport)
La prolifération des drogues de synthèse en Afrique de l’Ouest constitue l’un des défis les plus urgents et les plus complexes pour la santé publique et la sécurité régionale, selon un rapport publié en mars 2026 par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC). Intitulée « Synthèse – Cartographie des marchés des drogues de synthèse en Afrique de l’Ouest », l’étude, signée par Lucia Bird, Jason Eligh, Kingsley Madueke et Mouhamadou Kane, met en évidence une transformation profonde des marchés illicites. Les substances traditionnelles à base de plantes, contrôlées par des réseaux criminels hiérarchisés, cèdent progressivement la place à un marché fragmenté et décentralisé de composés psychoactifs synthétiques. Le rapport transmis à APA souligne une aggravation continue des préjudices liés aux drogues de synthèse : overdoses, maladies chroniques, troubles mentaux sévères et désintégration du tissu social. Les jeunes sont les premières victimes. Dans certains pays particulièrement touchés, la situation est jugée suffisamment grave pour compromettre la stabilité et le développement économique à long terme. … L’étude met en lumière les facteurs qui favorisent l’expansion rapide de ce marché : faibles barrières à l’entrée, capital de départ limité, anonymat offert par les plateformes numériques et accès facilité aux précurseurs chimiques via des chaînes d’approvisionnement mondialisées. APA
Burundi : la journaliste Sandra Muhoza, condamnée à quatre ans de prison, a été remise en liberté provisoire
La journaliste burundaise détenue depuis avril 2024 et condamnée en janvier à quatre ans de prison ferme a été remise mercredi en liberté provisoire, a-t-on appris le 4 mars. Le 19 décembre, Sandra Muhoza, qui travaille pour le média en ligne La Nova Burundi, avait comparu très affaiblie devant le tribunal de Ngozi (Nord). Elle était apparue marchant à l’aide d’une béquille et un proche avait indiqué qu’elle souffrait d’une hernie discale. Elle avait alors été condamnée à quatre ans de prison pour « atteinte à l’intégrité du territoire national et aversion raciale ». Le parquet de Ngozi a autorisé sa mise en liberté provisoire dans une ordonnance écrite le 27 février. … La journaliste a été condamnée pour des informations qu’elle avait partagées sur un groupe privé WhatsApp, selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui avait dénoncé dans un communiqué une « peine très sévère » et des « accusations forgées de toutes pièces ». … La condamnation de la journaliste « montre les intentions réelles des autorités judiciaires : continuer à considérer le journalisme comme un crime », avait dénoncé RSF, soulignant que Sandra Muhoza est la seule femme journaliste arbitrairement détenue en Afrique subsaharienne. Jeune Afrique avec AFP
Rwanda: recours de l’opposante Victoire Ingabire à la Cour suprême contre son arrestation
Au Rwanda, la Cour suprême a examiné ce mercredi 4 mars 2026 un recours de Victoire Ingabire contre son arrestation en juin 2025, rapporte notre correspondante à Kigali, Lucie Mouillaud. L’opposante avait été arrêtée suite à une convocation pour témoigner dans le procès de certains de ses partisans. En détention provisoire depuis, et poursuivie notamment pour « conspiration en vue d’inciter à l’insurrection », Victoire Ingabire dénonce l’anticonstitutionnalité d’un article de loi. L’article 106 de la loi régulant les procédures criminelles, qui a mené à l’arrestation de Victoire Ingabire, autorise le tribunal à convoquer dans un procès des individus considérés comme potentiels complices des accusés, et à ordonner l’ouverture d’une enquête si leurs explications sont jugées insuffisantes. Une mesure qui viole certains principes constitutionnels selon les avocats de l’opposante, notamment la présomption d’innocence et la séparation des pouvoirs judiciaires. Pour la défense, l’ouverture d’investigations sur ordre du tribunal compromet l’indépendance de celles-ci et du travail du ministère public. Des arguments rejetés par l’avocate représentante de l’État : l’article de loi donne les moyens au tribunal de s’assurer que chaque individu réponde de ses actes, défend-elle, et l’ouverture d’une enquête ne signifie pas que des poursuites seront engagées. La Cour suprême doit se prononcer le 27 mars prochain. … Son cas est régulièrement cité par des ONG et des observateurs internationaux comme un exemple des fortes restrictions pesant sur l’opposition politique au Rwanda. RFI
Le Sénégal se dote d’un nouvel organe de régulation des médias
Adopté par l’Assemblée nationale mercredi 4 mars, le CNRM se veut plus adapté pour réguler le paysage médiatique actuel, notamment les médias en ligne et les plateformes numériques. Mais doté de compétences élargies, le syndicat des diffuseurs et éditeurs de presse au Sénégal s’inquiète d’une menace sur la liberté d’expression. De l’avis général, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel, créé en 2006, n’était plus adapté au paysage médiatique actuel au Sénégal. Le nouvel organe prévoit donc de réguler tous les médias et aussi l’ensemble des contenus en ligne avec un système d’amende en cas de dérive ou de propos diffamants, mais aussi la possibilité de retirer du contenu. Pour le conseil des diffuseurs et éditeurs de presse au Sénégal, c’est là que le bas blesse. « Cette autorité administrative-là peut aujourd’hui supprimer un média et l’interdire de diffuser. Ce pouvoir-là, du point de vue de la Constitution, n’est pas compatible avec la liberté de la presse. Pire, le président de ce nouvel organe peut lui-même prendre cette décision sans procédure de mise en demeure », explique Mamadou Ibra Kane. « Je suis pour la régulation des médias mais dans le cadre d’un État de droit, de respect tel que le définit la Constitution du Sénégal et dans le respect de la liberté de la presse », ajoute-t-il. RFI
Bénin: après la démission de Thomas Boni Yayi, les cadres du parti Les Démocrates réunis en urgence
Quelques heures après la lettre de démission de Thomas Boni Yayi, datée de ce mercredi 4 mars 2026, les hauts responsables du parti d’opposition Les Démocrates se sont réunis en comité permanent, au siège du parti, à Cotonou. L’ancien chef d’État a fait parvenir au secrétariat administratif des Démocrates un courrier annonçant son retrait de la présidence du parti, invoquant des raisons de santé. Le parti n’a pas entériné ce départ pour l’instant et entend d’abord aller à sa rencontre. …À l’issue de la réunion, la direction n’a pas encore validé ce départ, comme l’explique le secrétaire à la communication, Guy Mitokpè. … Le comité permanent souhaite un échange direct avec le président démissionnaire, peut-être pour le convaincre de rester, ou pour respecter sa décision de partir, départ officiellement motivé par des raisons de santé. Mercredi soir, la délégation n’était pas encore constituée, mais les membres du comité permanent entendaient la former rapidement. Leur objectif est de rencontrer Boni Yayi avant vendredi 6 mars, date à laquelle est prévue une réunion de coordination nationale. Initialement cette rencontre devait être consacrée à la position du parti au sujet de l’élection présidentielle du 12 avril prochain, qui désignera un chef de l’État pour un mandat de sept ans. Mais la démission de Thomas Boni Yayi s’invitera inévitablement à la réunion. RFI
Crise du cacao : la Côte d’Ivoire réduit de près de 60 % le prix d’achat aux producteurs
Moins 60 % : c’est une réduction drastique qui a été annoncée ce mercredi 4 mars par le gouvernement aux planteurs de cacao ivoiriens. Le prix d’achat du cacao s’établit désormais à 1 200 francs CFA le kilo. Il était jusqu’à présent fixé au prix record de 2 800 francs (4,26 euros). … Début octobre, juste avant la présidentielle qui a vu la réélection d’Alassane Ouattara, les autorités avaient fixé à 2 800 francs le prix au kilo, un niveau jamais vu dans le pays, et accueilli avec joie par les planteurs. Mais après que les cours mondiaux du cacao ont crevé les plafonds en 2024, une baisse s’était amorcée en 2025. Ils ont définitivement dévissé cette année : le prix à la tonne sur le marché mondial s’élève actuellement à 2 900 dollars (soit 1 600 FCFA le kilo) contre plus de 11 000 dollars début 2024. Le cacao ivoirien coûtait ainsi ces dernières semaines 75 % plus cher que le cours mondial. … En réaction, le Conseil Café Cacao – l’organisme étatique qui gère la filière – avait annoncé le 20 janvier racheter au prix de 2 800 francs CFA les dizaines de milliers de tonnes de cacao entassées dans toutes les coopératives du pays. Les prix du cacao en Côte d’Ivoire sont fixés par l’État deux fois dans l’année, pour la campagne principale qui s’ouvre en octobre et la campagne intermédiaire, habituellement en avril, mais avancée cette année d’un mois. La filière représente 14 % du PIB du pays et fait vivre 5 millions de personnes. Jeune Afrique avec AFP
