Revue de presse du 5 février 2016

Le nombre de jihadistes a doublé en Libye, mais décline en Syrie et en Irak
Le nombre de jihadistes a presque doublé en Libye, pays en proie au chaos vers lequel les combattants islamistes se tournent de plus en plus à défaut de pouvoir gagner l’Irak ou la Syrie, où ils sont bombardés et leur nombre décroit. Des responsables de l’administration américaine ont fait état jeudi d’une présence jihadiste radicale désormais « de l’ordre de 5.000 combattants » en Libye. Les précédentes estimations des autorités américaines tablaient jusque-là sur environ 2.000 à 3.000 combattants extrémistes dans ce pays. Mais le nombre de jihadistes est en revanche en baisse en Syrie et en Irak, où ils sont notamment la cible de nombreuses frappes aériennes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis. La Depeche

Burundi : l’ONU accuse le Rwanda
Le rapport a été rédigé par des experts de l’ONU chargés d’évaluer les sanctions contre la République démocratique du Congo(RDC). Ils expliquent que l’entrainement s’est déroulé dans un camp situé dans une forêt rwandaise. Les experts affirment s’être entretenus avec 18 combattants burundais dans la province du Sud-Kivu en RDC. L’agence de presse qui cite le rapport, souligne Reuters cite le rapport, en soulignant que ces derniers avaient tous affirmé qu’ils ont tous été recrutés en mai et juin 2015 dans le camp de réfugiés Mahama dans l’est du Rwanda. BBC

Crise au Burundi – La Belgique prête à participer à une force d’interposition
Le coeur de Bujumbura frappé par des violences ce lundi. Plusieurs grenades ont explosé en plein centre ville faisant au moins un mort et plusieurs blessés. Face à cette violence qui se poursuit et à l’échec pour l’instant de l’Union africaine à envoyer une mission de maintien de la paix..la Belgique, l’ancienne puissance coloniale continue à plaider pour un dialogue inclusif mais en cas d’échec elle se dit prête à participer à une force sous l’égide de l’Onu…Écoutez le ministre belge des Affaires étrangères. France 24 – YouTube

Mali : un camp de la MINUSMA attaqué
Un camp de la Minusma à Tombouctou, dans le nord du Mali, a été attaqué vendredi matin par des djihadistes. Image copyright Des tirs de roquettes ont été entendus tôt le matin. L’attaque djihadiste a visé une base de la MINUSMA où sont stationnées des forces nigériennes, et un barrage de l’armée malienne à la périphérie de la ville. Les habitants se terrent chez eux. « Tout le monde est croitré. Il n’y a pas de travail. Même les écoles sont fermées », témoigné Abdoulaye Traoré, le directeur de Radio Timbuk. BBC

Le Maroc lance une centrale solaire
Le Complexe de Noor situe dans la ville d’Ouarzazate dans le centre du pays, est la plus grande centrale solaire à concentration dans le monde. Elle devrait être opérationnelle en 2018 et fournir de l’énergie à un million cent mille personnes. Son cout s’élève à 3, 5 milliards de dollars financés par plusieurs institutions dont le Fonds d’investissement climatiques des Etats-Unis. Il réduira les émissions de carbone de 760 000 tonnes par an. Sa construction a démarré en 2013. Le projet Noor va réduire la dépendance énergétique du Maroc. BBC

120 casques bleus virés pour « abus sexuels »
La Mission de l’ONU en Centrafrique a identifié sept nouveaux cas présumés d’abus sexuels de la part de Casques bleus, dont cinq sur des jeunes filles mineures. Ces cas ont été signalés le 21 janvier par une équipe de chercheurs de Human Rights Watch. Farhan Haq, un porte-parole de l’ONU a indiqué que les pays d’origine des soldats indexés ont été saisis et devraient mener des investigations. Les soldats impliqués proviennent de la République du Congo (Brazzaville) et de la République démocratique du Congo (RDC). Les soldats seront rapatriés après la conclusion de l’enquête en cours, précise un communiqué de l’ONU. Dans l’attente, ils seront confinés dans leurs casernes. BBC

« Plus aucun ivoirien envoyé à la CPI »
Il a fait cette déclaration à l’issue d’une rencontre jeudi à Paris avec le président français François Hollande. L’adversaire de M. Ouattara lors de la présidentielle de 2010, Laurent Gbagbo, et le chef des « jeunes patriotes » Charles Blé Goudé comparaissent actuellement devant la cour pénale internationale pour leur rôle présumé dans la crise postélectorale qui avait fait plus de 3.000 morts. Les partisans de Laurent Gbagbo estiment que la CPI tarde à enquêter sur les auteurs des violences au sein du camp d’Alassane Ouattara et dénoncent une « justice des vainqueurs ». Le président ivoirien a rejeté l’accusation. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire n’envisage pas de se retirer de la CPI, a souligné M. Ouattara. Dimanche, les dirigeants africains réunis au siège de l’Union africaine à Addis Abeba ont soutenu l’idée d’un retrait commun de la CPI, lui reprochant de « s’acharner » sur l’Afrique.  BBC

Nigeria: l’ancien patron de la sécurité accusé d’infractions militaires
Sambo Dasuki est déjà visé par trois procès dans le cadre d’un scandale de détournement de fonds initialement destinés à la lutte contre le groupe islamiste Boko Haram, portant sur deux milliards de dollars. En tout, 55 personnes sont accusées d’avoir siphonné plus de six milliards de dollars dans les caisses de l’Etat nigérian entre 2006 et 2013. Alors qu’il devait être libéré sous caution en décembre, M. Dasuki est maintenu en détention par les service de renseignements (DSS), sans pouvoir voir son avocat. Le procureur Rotimi Jacobs a expliqué au tribunal d’Abuja qu’il avait été arrêté de nouveau mais cette fois parce que le gouvernement enquête sur une « violation présumée de la loi » quand il servait dans l’armée comme colonel, avant sa retraite en 1994. VOA

Burkina Faso: le président Kaboré reçoit les responsables de l’armée
Au Burkina Faso, c’est sous sa double casquette de président du Faso et de ministre de la Défense que Roch Marc Christian Kaboré a rencontré, jeudi 4 février, les chefs militaires pour la première fois depuis son investiture le 29 décembre dernier. Le chef de l’Etat est venu faire le point sur la situation sécuritaire du pays, après l’attentat terroriste du Splendid Hotel, et l’attaque d’un dépôt d’armes de l’armée par des éléments de l’ex-régiment de sécurité présidentielle.  RFI

La dissolution du DRS n’implique pas forcément l’avènement de l’Etat civil
Les changements opérés au sein du DRS, puis sa dissolution pure et simple en janvier 2016, ne sont porteurs de progrès que si le nouveau service de sécurité qui l’a remplacé rompt avec les anciennes pratiques. En d’autres termes, si sa mission consiste toujours à contrôler la société en vue d’empêcher l’émergence d’une dynamique de changement, on pourra dire que le DRS n’a fait que changer de nom. Car, bien que l’Algérie doive avoir, comme tous les pays du monde, des services secrets, ces derniers ne doivent, en aucun cas, jouer les premiers rôles dans la vie politique du pays. Maghreb Emergent

Dakar muscle sa sécurité de crainte d’attentats terroristes
Après Bamako et Ouagadougou, Dakar sera-t-elle la prochaine capitale africaine frappée par une attaque terroriste ? C’est ce que craignent les autorités sénégalaises qui multiplient, depuis plusieurs semaines, contrôles et arrestations, et ont publié les noms de plusieurs djihadistes sénégalais ayant rejoint l’Etat islamique (EI) en Libye et les rangs de Boko Haram au Nigeria. La situation est « plus que jamais préoccupante », a insisté mardi 2 février le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique sénégalais Abdoulaye Daouda Diallo, pointant « la porosité des frontières, la circulation des armes, la faiblesse des institutions, le déficit démocratique ». Il a annoncé le lancement d’« une cellule interministérielle de coordination des opérations (CICO) pour lutter contre les actes terroristes ». Selon le journal en ligne Pressafrik, « cette structure permanente et fonctionnelle vingt-quatre heures sur vingt-quatre » regroupera, notamment, « le ministère de l’intérieur, les forces armées, les services de santé ainsi que ceux de la présidence ».  Le Monde

Le témoignage d’un Sénégalais qui a rejoint le groupe EI en Libye
Les Etats-Unis estiment à 5 000 le nombre de combattants de l’organisation EI en Libye, dont une forte proportion de volontaires étrangers. Parmi eux, des Sénégalais. C’est une interview dans la presse sénégalaise qui a révélé leur présence dans le pays. Ils ne sont encore qu’une trentaine à avoir décidé de partir au jihad. Tous sont actuellement dans l’ancien bastion kadhafiste de Syrte, devenu fief des jihadistes depuis février 2015. RFI a pu s’entretenir avec l’un d’eux.  RFI

Pourquoi l’Afrique centrale est absente de la plupart des cartes?
Sur les cartes colorées qui établissent le degré de corruption, d’inégalité, le PIB par habitant ou des dizaines d’autres indices, il y a souvent une région qui reste définitvement vierge de couleurs: l’Afrique centrale – qui englobe habituellement neuf pays du Tchad à l’Angola en passant par le Cameroun et la République démocratique du Congo. « »Pas de données », précise la légende», ironise le site d’informations Quartz qui consacre un article à cette anomalie qui peut sembler être un détail, mais dit en réalité beaucoup de choses des pays de la région. «Souvent toute l’Afrique subsaharienne est manquante, mais les pays d’Afrique centrale semblent disparaître encore plus fréquemment», note Quartz. Mais pourquoi? Ce manque d’informations est un indicateur des nombreux défis auxquels ces pays font face. Slate

Gabon : Ping président ?
Ancien baron du régime, il se lance à la conquête de la magistrature suprême, bien décidé à en découdre avec Ali Bongo Ondimba. Mais si tout indique qu’il sera le principal challenger du chef de l’État, le chemin qui mène au palais est encore long et semé d’embûches. Nous sommes à Florence, en Italie, le 16 décembre 2015. Une trentaine d’invités triés sur le volet assistent, dans la quiétude de la cité toscane, aux noces de Franck Ping et de Marie-Paule Mboussou. Dans l’assistance, certains remarquent l’absence de Lucie Mboussou, belle-mère de la mariée et présidente du Sénat gabonais. Mais pouvait-elle apparaître sur les photos de famille aux côtés de Jean Ping, le père du marié, qui, ancien dignitaire du régime, a basculé dans l’opposition pour briguer la présidence ?  Jeune Africa

Algérie : vers des super-ministères ?
C’est par voie parlementaire, et non référendaire, que la nouvelle Constitution algérienne doit être amendée dimanche. Le Conseil constitutionnel en a en effet validé l’ultime version sans y apporter de modification. Le président Bouteflika a convoqué une session extraordinaire des deux chambres du Parlement pour faire adopter le texte à main levée – sans débat, donc – le dimanche 7 février. Dans la foulée, il devrait procéder à un remaniement du gouvernement. En ces temps de restrictions imposées par la crise pétrolière, on évoque avec insistance à Alger la création de super-ministères (Planification, Économie nationale) dépendant directement d’Abdelmalek Sellal, le chef du gouvernement – assuré pour sa part d’être reconduit dans ses fonctions -, mais dotés de larges prérogatives. Jeune Afrique

Mali: Tombouctou défigurée par les jihadistes, retrouve son visage d’avant
Plus de trois ans après la destruction des mausolées de Tombouctou par les jihadistes, à coups de pioche, de houe et de burin, la cité légendaire du nord-ouest du Mali a repris jeudi possession de ses sanctuaires reconstruits. C’est au nom de la lutte contre « l’idôlatrie » que le groupe jihadiste touareg malien Ansar Dine les avait démolis. C’est par une cérémonie de sacralisation, avec lecture intégrale du Coran et prière collective, que s’achève la patiente œuvre de réhabilitation, qui s’est appuyée sur le savoir-faire traditionnel des maçons locaux. « C’est un symbole fort pour la paix », s’est félicité Sane Chirfi, représentant de la famille responsable du mausolée Alpha Moya, l’un des tout premiers à avoir été vandalisés par les jihadistes. TV5

Présidentielle ougandaise : « Peu importent ses erreurs, Idi Amin Dada doit être honoré »
Abed Bwanika est l’un des huit candidats à la présidentielle ougandaise, dont le premier tour se tiendra jeudi 18 février. Déjà par deux fois candidat (en 2006 et en 2011), le président du People’s Development Party n’a jamais dépassé 1 % des suffrages. Cette fois encore, il a bien peu de chance de l’emporter. A 48 ans, Abed Bwanika a cependant fait parler de lui en évoquant lors de sa campagne un sujet bien connu des Ougandais : Idi Amin Dada. Le candidat souhaite réhabiliter l’ancien dictateur, au pouvoir de 1971 à 1979, décédé en 2003 en Arabie saoudite, et rapatrier sa dépouille en Ouganda. Idi Amin Dada reste connu à l’étranger comme un bouffon sanguinaire, immortalisé sous les traits de Forest Whitaker dans le film Le Dernier Roi d’Écosse de Kevin McDonald (2006). Le Monde



Photo: Adam Jones