Revue de Presse du 5 décembre 2018

Congo-Kinshasa: Des experts électoraux préviennent – « Les élections du 23 décembre ne seront pas crédibles »
« Vers un énième rendez-vous manqué pour le peuple congolais ? ». C’est le titre interrogatif du rapport du Réseau pour la Réforme du Secteur de la Sécurité et de Justice (RRSSJ), rendu public en début de semaine. Ce réseau, composé d’experts électoraux congolais, établit un certain nombre de facteurs qui, selon eux, laissent planer le spectre d’une contestation post-électorale après le 23 décembre 2018. Le processus électoral en RDC est entaché de controverses liées, notamment, à l’identification et à l’enrôlement dont des doublons ont réduit sensiblement le nombre d’électeurs dans d’autres circonscriptions électorales. L’on note autant d’électeurs sans empreintes digitales. La question n’a pas été éclairée comme elle se devait pour que toutes les parties prenantes s’accordent finalement sur le fichier électoral. Une autre question et très délicate, c’est celle de l’usage de la machine à voter. Une situation préoccupante. La polémique s’enlise. Le Potentiel

Ebola en RDC: au total, 260 morts en quatre mois
Deux cent soixante personnes sont mortes de la fièvre hémorragique Ebola en quatre mois dans l’est de la République démocratique du Congo, a rapporté mardi le ministère congolais de la Santé. Depuis le début de l’épidémie déclarée le 1er août, « le cumul des cas est de 444, dont 396 confirmés et 48 probables. Au total, il y a eu 260 décès (212 confirmés et 48 probables) et 140 personnes guéries », indique le dernier bilan du ministère de la Santé. Le ministère note par ailleurs que « 72 cas suspects sont en cours d’investigation ». La RDC est touchée par une épidémie d’Ebola qui sévit dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, région orientale du pays en proie à l’insécurité en raison de la présence de plusieurs groupes armés nationaux et étrangers. RTBF

Indice 2018 du terrorisme mondial : moins de victimes mais une fragmentation des groupes
La chute est sensible. Depuis 2016, le nombre de morts liés à des actes de terrorisme a baissé de 27 %, pour atteindre 18 814 en 2017. C’est le fait saillant qui ressort de la sixième édition de l’Indice du terrorisme mondial, publié mercredi 5 décembre par le think tank « Institute for Economics and Peace ». Le recul de Daech en Irak et en Syrie, et la perte d’influence de Boko Haram dans le nord du Nigeria, contribuent largement à cette évolution. En Irak et en Syrie, les auteurs du rapport comptent respectivement 5 500 et 1 000 morts en moins causés par le terrorisme en 2017. L’Irak est le pays dont la situation s’est le plus améliorée, avec une baisse de 56 % de tués en 2017. Les quatre organisations terroristes les plus meurtrières sont, dans l’ordre, l’État islamique, les Talibans, les Shebab et Boko Haram. Jeune Afrique

Au Mozambique, l’armée et la police accusées de « graves violations » des droits humains
Les forces de sécurité du Mozambique se rendent coupables de « graves violations » des droits humains en réprimant l’insurrection islamiste dans le nord du pays, a accusé, mardi 4 décembre, Human Rights Watch (HRW). Sur la foi de témoignages recueillis depuis août, l’ONG affirme que l’armée et la police ont pratiqué des dizaines d’exécutions sommaires et recourent aux détentions arbitraires et aux mauvais traitements contre les suspects d’appartenance au groupe extrémiste qui sème la terreur dans la région. Depuis plus d’un an, ces islamistes, qui prêchent l’application pure et dure du Coran, multiplient les attaques contre les villages et les forces de sécurité dans la province à majorité musulmane de Cabo Delgado, riche en ressources gazières. Le président Filipe Nyusi a promis l’éradication de ce groupe et envoyé de nombreux renforts dans la région. Le Monde

Cameroun : Manifestations post électorales, arrêt des poursuites contre une quarantaine de militants de l’opposition
Le tribunal de première instance de Bonanjo-Douala Search Bonanjo-Douala vient d’ordonner l’arrêt des poursuites d’une quarantaine de militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc, de l’opposant Maurice kamto). Interpellés après une manifestation interdite le 27 octobre dernier, les militants du Mrc Search Mrc étaient appelés à comparaitre ce mardi. Ils étaient poursuivis pour « avoir publiquement fait l’apologie des crimes ou délit en faisant des appels à insurrection ou en organisant des marches interdites en vue de remettre en cause l’ordre public et de déstabiliser le fonctionnement des institutions ». Les militants du Mrc Search Mrc avaient été brièvement interpellés après avoir participé à une manifestation interdite sur la voie publique, dans le cadre du plan de résistance nationale de Maurice Kamto, (2e à la présidentielle à un tour du 7 octobre 2018 avec 14,23%), qui dénonce un « holdup » électoral. Koaci

Déplacé camerounais : « Je dors dans les agences de voyages parce que j’ai perdu toute ma famille »
Obili, un quartier populaire de la ville de Yaoundé. Sa spécificité est qu’il abrite la plus forte communauté de populations en provenance du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Clément Fai est mécanicien, il y réside depuis de nombreuses années et fait partie de ceux qui subissent les conséquences de la crise dans la partie anglophone du Cameroun. Il accueille, dans sa petite maison à Obili, ses frères, ses sœurs et leurs enfants qui ont fui la guerre à Bamenda, dans le Nord-Ouest. … Depuis 2015, on enregistre un nombre important de déplacés dans les grandes métropoles camerounaises. La situation socio-économique se dégrade de plus en plus. Morgan Palmer, expert en gestion de crise, estime que c’est une situation qui surprend le gouvernement. « Il y a un contexte qui est qu’aujourd’hui le Cameroun a plusieurs conflits au sein de son territoire. On a Boko Haram à l’extrême nord, la République centrafricaine qui menace notre frontière à l’est. Le gouvernement n’avait pas forcément prévu ce qui est en train de se passer au Nord-Ouest et au Sud-Ouest. » DW

Le G5 Sahel démontrera-t-il sa capacité à concilier sécurité et développement humain ?
Lors de la conférence de Nouakchott du 6 décembre, les pays membres du G5 Sahel devront démontrer aux bailleurs de fonds les atouts de l’organisation et sa capacité à générer un cercle vertueux entre sécurité et développement dans les zones frontalières. Alors que le déploiement des contingents militaires de la force du G5 Sahel et son opérationnalisation ont pris du retard, les cinq pays membres (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) organisent le 6 décembre à Nouakchott une conférence des bailleurs visant à assurer le financement de leur Programme d’investissements prioritaires (PIP). Cet ambitieux plan régional représente 1,9 milliard d’euros d’investissement sur la période 2019-2021, dont près des deux tiers doivent être consacrés aux infrastructures et au développement humain. Jeune Afrique

Maroc: Le pays et le Front Polisario renouent le dialogue après six ans de rupture
Genève abrite mercredi et jeudi une conférence sur le Sahara occidental, sous les auspices de l’envoyé spécial de l’ONU au Sahara occidental, après l’échec en 2012 des négociations de Manhasset aux Etats-Unis. Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, fera face au chef de la délégation sahraouie lors des négociations de Genève. L’objectif du médiateur et ancien président allemand, Horst Koehler, est d’accélérer la reprise des négociations directes entre les deux protagonistes. Conformément aux exigences des différentes résolutions de l’ONU qui garantissent au peuple sahraoui l’exercice de son droit à l’autodétermination. DW

L’Ethiopie confrontée à une grave crise ethnique
Depuis deux mois en Ethiopie, des affrontements répétés à la frontière entre la région Oromia et la région Benishangul-Gumuz, dans l’ouest du pays, ont fait des dizaines de morts. Les autorités essaient tant bien que mal de faire face à la situation. Abiy Ahmed a réussi là où beaucoup avaient échoué. Le Premier ministre a fait la paix avec l’Erythrée et plusieurs groupes d’opposition. Mais les conflits ethniques constituent un point noir de son mandat. Depuis janvier, le pays a enregistré un million et demi de déplacés du fait de violences. Un record mondial. Selon un chercheur, le fédéralisme éthiopien, structuré sur une base ethnique, avait tenu grâce au contrôle ferme de l’Etat central, notamment du temps du Premier ministre Méles Zenawi, mort en 2012. RFI

Joao Lourenço rencontre la société civile en Angola
Le président angolais Joao Lourenço a reçu mardi en son palais une dizaine de représentants de la société civile pour un entretien sans précédent dont a toutefois été privé la bête noire du régime de son prédécesseur, le journaliste Rafael Marques. La discussion avec le chef de l’Etat – une heure environ – sur des « sujets d’actualité » a été saluée comme il se doit par ses invités, parmi lesquels le rappeur Luaty Beirao qui a purgé près d’un an de prison pour rébellion en 2015-2016. « Cette réunion constitue un pas en avant pour la construction d’un dialogue national », s’est ainsi réjoui au nom des participants Jose Patrocinio, responsable de l’ONG Omunga. VOA

Shamila Batohi première femme procureure générale en Afrique du Sud
Elle a été désignée à l’issue d’un processus de recrutement diffusé en direct à la télévision. Cette procédure sans précédent, répondait selon le gouvernement à une volonté de montrer la détermination de l’exécutif à combattre la corruption. Elle succède à Shaun Abrahams, surnommé « Shaun le mouton » pour sa proximité présumée avec l’ancien président Jacob Zuma. Sa nomination qui datait de 2015 a été invalidée en décembre 2017 par la justice pour vice de forme. « Alors que nous avons engagé le combat sur les dossiers qui inquiètent le plus les Sud-africains, tels que la corruption et le crime, notre pays a besoin d’un parquet général au-dessus de tout soupçon », a estimé Cyril Ramaphosa en annonçant sa nomination à la presse. L’ancien président Jacob Zuma a été contraint à la démission en février dernier par son propre parti, suite à son implication dans des scandales de corruption. BBC

Sao Tome a un nouveau Premier ministre
Le social-démocrate Jorge Lopes Bom Jesus est devenu le nouveau Premier ministre socialiste de Sao Tome et Principe, succédant à Patrice Trovoada, du centre-droit. Lors de son investiture lundi, le nouveau Premier ministre a déclaré vouloir « lutter contre la corruption », alors que son parti est lui-même accusé par ses adversaires d’être corrompu. Président du Mouvement pour la libération de Sao Tomé-et-Principe – Parti social-démocrate (MLSTP-PSD), Jorge Bom Jesus, 56 ans, a pris la tête du 17e « gouvernement constitutionnel » de Sao Tome, petit archipel lusophone du Golfe de Guinée au régime parlementaire. VOA

Somalie: la diplomatie américaine rouvre une ambassade après 28 ans d’absence
Les Américains rouvrent une ambassade en Somalie, vingt-huit ans après avoir fermé leur représentation diplomatique. En 1991, la guerre civile faisait rage à Mogadiscio, la capitale. Washington avait dû fermer son ambassade en catastrophe. Cette annonce d’une réouverture confirme le retour d’une sécurité relative dans le pays. 5 janvier 1991 : les combats entre des rebelles et le pouvoir de Siad Barré font rage dans Mogadiscio. Washington décide de fermer son ambassade. L’ambassadeur et son équipe sont exfiltrés par hélicoptère. Vingt-huit ans plus tard, une représentation diplomatique va rouvrir dans la capitale. Un « événement historique » selon le département d’État et « qui reflète les progrès de la Somalie ces dernières années », dit-il. RFI



Photo: Adam Jones