Soudan : les soutiens étrangers alimentent la guerre, selon l’ONU
Les réseaux de soutien étrangers contribuent à prolonger et à intensifier la guerre au Soudan, selon un nouveau rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU. Les enquêteurs alertent notamment sur l’arrivée de combattants étrangers et le transfert d’armes et de technologies militaires aux parties au conflit. Depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par une guerre entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Selon la mission, l’appui extérieur a renforcé les capacités militaires des belligérants, leur permettant de mener des opérations plus sophistiquées, avec de lourdes conséquences pour les populations civiles. Les enquêteurs disent avoir identifié des réseaux transnationaux, impliquant notamment des entreprises basées aux Émirats arabes unis, en Colombie et au Tchad, engagés dans le recrutement, la formation et le déploiement de personnel étranger au profit des FSR.… La mission estime également qu’il existe des motifs raisonnables de croire que des entités privées, des recruteurs et des intermédiaires logistiques opérant depuis plusieurs pays ont facilité l’acheminement de personnel, d’armes et de matériel vers les FSR, en utilisant différents points de transit régionaux. AfricaNews/AP
Cinq ans après le coup d’Etat, l’état des libertés en Guinée
Ce 5 septembre 2026, cela fera exactement cinq ans qu’a eu lieu le coup d’État militaire qui a renversé l’ancien président guinéen Alpha Condé et a marqué l’arrivée de l’actuel président Mamadi Doumbouya à la tête du pays.… Arrivé en 2021 avec l’engagement de gérer une courte transition militaire et de partir sans se présenter à une quelconque élection, l’ancien colonel et désormais président Mamadi Doumbouya a fini par prendre goût au pouvoir. Il a été investi chef de l’Etat le 17 janvier 2026, après avoir obtenu officiellement 86,72 % des voix, à l’issue de l’élection présidentielle de décembre 2025.… Sur le plan politique, il y a eu un renouvellement au cours des cinq dernières années. Mais celui-ci semble enfreindre à la règle démocratique, explique Ibrahima Balaya Diallo, un acteur de la société civile. « Sur le plan politique, on a assisté progressivement à la disparition des partis politiques que j’appellerai historiques, tels que le RPG et l’UFDG, note Ibrahima Balaya Diallo. Les grands partis ont été exclus du jeu politique, alors que la démocratie exige la participation de tous. Finalement, on a vu l’émergence d’autres petits partis qui étaient à la limite très confidentiels et qui se sont retrouvés, du jour au lendemain, au-devant de la scène, comme pour dire que quelque part, on a le sentiment qu’il y a eu un renouvellement, même si le renouvellement peut paraître à la limite artificiel ». L’ancienne transition militaire et le pouvoir actuel, tous deux dirigés par Mamadi Doumbouya, ont aussi mis les libertés à l’épreuve dans le pays, poursuit Ibrahima Balaya Diallo. Selon lui, « c’est la disparition des acteurs de la société civile et même des acteurs politiques tout court. Au niveau des médias, on est en train de perdre. Il y a une autocensure, il y a une restriction et il y a un gendarme, en l’occurrence la Haute autorité de la communication, qui brandit toujours le couperet en avant. Tout cela n’augure rien de bon pour notre pays ». DW
Mali: les proches de Mountaga Tall veulent une preuve de vie quatre mois après son enlèvement par la Sécurité d’État
Au Mali, cela fait quatre mois que Mountaga Tall, avocat et ancien ministre, a été enlevé chez lui par des hommes encagoulés de la Sécurité d’État. Après lui, son fils et d’autres défenseurs de la démocratie ont été enlevés. Ils sont détenus dans des lieux inconnus, en dehors de toute procédure judiciaire légale, et leurs proches demeurent sans nouvelles. Les autorités politiques et judiciaires maliennes continuent de leur opposer un silence total, inquiétant et calculé.… Cette attitude, justement, ne surprend plus Maître Mamadou Ismaila Konaté. « C’est la stratégie des dirigeants de la transition, estime l’avocat, ancien ministre malien de la Justice et proche de Mountaga Tall. Ils maintiennent une chape de plomb, ils veulent qu’on oublie Mountaga et tous les autres, que les gens aient peur de parler d’eux… Et malheureusement, cela fonctionne. » Outre Mountaga Tall et son fils, d’autres militants pro-démocratie ont été enlevés par la Sécurité d’État début mai, parmi lesquels Youssouf Daba Diawara, proche de l’imam et opposant en exil Mahmoud Dicko, ou encore Moussa Djiré, président du « Mouvement politique et citoyen Yiriwa 223 ». Début juillet, le comité des disparitions forcées de l’ONU a demandé à l’État malien si Mountaga Tall et son fils sont bien détenus dans un lieu placé sous l’autorité de l’État, de dire lequel et de préciser les « fondements juridiques » de leur emprisonnement. Deux mois plus tard, Bamako n’a toujours pas répondu. RFI
Tunisie : la Cour de cassation confirme la condamnation de 34 opposants pour « complot »
La Cour de cassation tunisienne a rejeté jeudi le pourvoi de dizaines de personnalités de l’opposition accusées de complot contre l’État, une affaire au cœur des tensions politiques nées du tournant autoritaire du président Kaïs Saïed. Trente-quatre prévenus, dont plusieurs figures de l’opposition au chef de l’État, avaient été condamnés en appel en novembre à des peines allant jusqu’à 45 ans de prison. La Cour de cassation a confirmé ces verdicts jeudi.… Les avocats dénoncent, eux aussi, une procédure entachée d’irrégularités. Haifa Chebbi, avocate et fille de l’opposant Ahmed Nejib Chebbi, 82 ans, également poursuivi dans cette affaire, a affirmé que le dossier avait commencé « sur la base de directives politiques ». Elle a également mis en cause l’indépendance de la justice tunisienne. Selon elle, plusieurs avocats n’ont été informés de l’audience que lundi, un délai jugé insuffisant pour préparer la défense.… Amnesty International a appelé les autorités tunisiennes à « rectifier » ce qu’elle qualifie de « parodie de justice », estimant que les condamnations ont bouleversé la vie de 34 figures de l’opposition, défenseurs des droits humains et avocats. Élu en 2019, Kaïs Saïed avait bénéficié de l’image d’une Tunisie présentée comme la principale réussite démocratique issue des Printemps arabes. En juillet 2021, il s’est arrogé de larges pouvoirs, suspendant le Parlement avant de procéder à une refonte progressive des institutions. Les organisations de défense des droits humains dénoncent depuis un recul des libertés publiques et une répression accrue de l’opposition. AfricaNews/AFP
Tunisie: trois grandes organisations de la société civile s’unissent face à la crise
La Tunisie traverse une crise politique et sociale due à la lassitude accumulée durant l’été, entre coupures d’électricité et d’eau à répétition. La centrale syndicale UGTT, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et l’Ordre des avocats, seuls contrepouvoirs encore présents sur la scène politique, bien qu’affaiblis, ont publié un communiqué conjoint appelant à une coordination de la société civile pour une sortie de crise. Une première dans le pays où cette même société civile et l’opposition politique sont de plus en plus réprimées. En Tunisie, l’Ordre des avocats, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale syndicale) et la Ligue tunisienne des droits de l’homme ont joué un rôle politique important après la Révolution de 2010-2011 dans le pays. Avec l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), le syndicat patronal, leur quartet avait permis une sortie de crise politique entre 2013 et 2014 et l’organisation de nouvelles élections. Une initiative pour laquelle, elles avaient reçu le prix Nobel de la paix en 2015, grâce à leur processus vers un dialogue national. Plus d’une décennie plus tard, sans le patronat, ces organisations de la société civile s’unissent à nouveau. Elles dénoncent dans un communiqué les choix politiques qui ont prouvé leur incapacité à résoudre les crises accumulées et qui ont aggravé les souffrances des Tunisiens ainsi qu’un recul dans les domaines des droits et des libertés, l’exercice de l’action syndicale et politique et un resserrement de l’espace civique. RFI
En RDC, une radio locale transformée en lieu de détention
Selon RSF, les rebelles se servent désormais des locaux d’une radio de Munigi, près de Goma, comme bureau pour leurs services de renseignement. Dans l’est de la République démocratique du Congo, Reporters sans frontières dénonce la reconversion en prison des locaux de la radiotélévision Nyiragongo Musisimuke, la RTNM, à Munigi, dans le territoire de Nyiragongo. Le média a été fermé en janvier 2025, peu après la prise de contrôle de la ville de Goma par l’AFC/M23. Ses locaux abriteraient désormais les bureaux des services de renseignements du mouvement rebelle et serviraient également de lieux de détention.… La RTNM était l’unique radio de Munigi, à moins de dix kilomètres de la ville de Goma. Sa reconversion en bureaux des services de renseignements, mais surtout en lieu de détention, inquiète aussi les professionnels des médias. Sous couvert d’anonymat, un journaliste, qui affirme avoir été victime de mauvais traitements dans la zone que contrôle la rébellion, décrit un climat de travail particulièrement difficile pour les médias : « Nous sommes dans la peur la plus totale et dans l’inquiétude parce que, finalement, ce ne sont pas tous les sujets qu’on peut aborder. On ne peut pas aborder ouvertement des sujets d’enquête, on ne peut pas aborder directement des sujets d’impunité, on ne peut pas aborder des sujets de violation grave des droits de l’Homme à tout moment. Voilà la situation : la peur, la résignation, l’autocensure. »… L’AFC/M23 n’a pas encore réagi au rapport de RSF. En attendant, une partie de la population de Nyiragongo reste sans média local. Et le bâtiment de la RTNM est désormais devenu une source de crainte pour les habitants. DW
La CENCO appelle à une mobilisation accrue contre Ebola en RDC
Face à la progression de la maladie à virus Ebola, qui a fait plus de trois mille morts en RDC, la Conférence épiscopale nationale du Congo lance cri d’alarme. Dans un message adressé à la presse mercredi 2 août, elle appelle à une mobilisation accrue autour de la prévention, de la prise en charge des malades et de la protection des communautés. « L’Église catholique affirme suivre avec attention l’évolution de cette 17e épidémie d’Ebola, déclarée officiellement par le ministère de la Santé publique le 15 mai 2026 », indique le document signé par Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO. La CENCO déplore de nombreux obstacles qui obstruent la lutte contre l’épidémie : insuffisance d’équipements dans les établissements de santé, ruptures répétées de stocks, absence du matériel de protection a certains sites, démotivation du personnel de santé liée à une prise en charge financière et logistique insuffisante, [et] actes de violence visant des agents sanitaires. « L’épiscopat déplore ainsi la circulation de fausses informations, de renseignements incomplets et de messages trompeurs autour de la maladie. Certaines croyances attribuant Ebola à la sorcellerie ou à un mauvais sort contribueraient à éloigner des malades des structures de soins », poursuit le document. Pour la CENCO, la réponse à Ebola ne peut, cependant, pas reposer uniquement sur les moyens médicaux. L’adhésion des populations aux mesures de prévention demeure déterminante. Radio Okapi
Nigeria : 37 morts lors d’une tentative de vol de pétrole dans le Delta du Niger
Au moins 37 personnes ont trouvé la mort jeudi dans le sud du Nigeria après avoir inhalé un produit pétrolier toxique lors d’une opération clandestine de siphonnage sur un oléoduc, selon une organisation de défense de l’environnement. Le drame s’est produit à Okrika, près de Port Harcourt, dans l’État de Rivers, au cœur du Delta du Niger, principale région pétrolière du pays. La police locale a confirmé l’incident sans toutefois communiquer de bilan officiel. Selon le Centre pour la défense des jeunes et de l’environnement (YEAC-Nigeria), des individus avaient illégalement raccordé un tuyau à une conduite transportant un produit pétrolier connu localement sous le nom de «carburant indorama», en provenance du complexe pétrochimique Indorama Eleme Petrochemical. Alors qu’ils transvasaient le produit dans des embarcations, les victimes auraient inhalé des émanations toxiques provenant du carburant pompé sous haute pression. L’ONG affirme que plusieurs personnes restent portées disparues et que certains corps auraient été aperçus flottant sur le fleuve. Les vols de pétrole et les actes de sabotage constituent depuis des décennies un problème majeur dans le Delta du Niger. Des réseaux clandestins percent régulièrement les oléoducs afin de détourner du pétrole brut, ensuite transformé dans des installations artisanales et illégales. Ces pratiques provoquent régulièrement des accidents meurtriers et aggravent une pollution déjà importante dans cette région. Sahel-Intelligence
L’Algérie marque une rupture de doctrine en envoyant des avions militaires au Niger
A la suite d’une tentative de putsch avortée à Niamey, Alger a dépêché des avions de chasse et de transport sur le sol nigérien. Cette opération d’assistance militaire inédite marque un tournant historique dans la politique étrangère algérienne. En exposant publiquement la livraison d’un détachement aérien majeur à l’aéroport de Niamey, incluant des chasseurs Soukhoï Su-30 et des avions de transport Iliouchine en présence du général major Rachid Cheblaoui, Alger opère un virage stratégique sans précédent. Historiquement attachée à une stricte doctrine non interventionniste pour se démarquer des puissances néocoloniales, « l’Algérie abandonne sa réserve traditionnelle pour adopter les codes d’une puissance militaire orthodoxe » explique Fréderic Bobin, journaliste au Monde. Alors qu’elle privilégiait jusqu’ici « la médiation discrète dans les zones d’ombre entre gouvernements et groupes rebelles, elle s’arroge désormais le droit de voler ouvertement au secours d’un Etat ami menacé ». Cette projection extérieure ostentatoire concrétise l’aggiornamento stratégique amorcé lors de la révision constitutionnelle de 2020, qui autorisait pour la première fois l’envoi de troupes hors des frontières nationales. Au-delà du soutien immédiat au gouvernement nigérien, ce déploiement sert de levier diplomatique crucial : il offre à Alger le canal le plus accessible pour amorcer un réchauffement de ses relations et renouer le dialogue avec l’ensemble des pays de l’Alliance des Etats du Sahel. Le Monde
L’Algérie va construire une prison pour enfermer des « barons de la drogue » dans le désert hostile du Tanezrouft
L’Algérie va transformer une caserne militaire située dans le désert du Tanezrouft, une région particulièrement inhospitalière, en prison de haute sécurité destinée aux « barons de la drogue ».… La future prison sera réservée aux « barons de la drogue et aux trafiquants », selon un communiqué de la présidence mercredi 3 septembre, qui n’a pas donné d’autres détails. La caserne se situe dans la région du Tanezrouft, dans l’extrême sud-ouest algérien, à la frontière avec le Mali.… Les autorités ont également décidé de créer un organisme sécuritaire spécialisé dans la lutte antidrogue, sur le modèle d’agences existant dans plusieurs pays, notamment la Drug Enforcement Administration (DEA) aux États-Unis, rapporte l’AFP. Cette initiative s’inscrit dans une série de mesures répressives, notamment après l’arrestation et le placement sous contrôle judiciaire de Mehdi Laribi et Djamel Djeha, deux figures de proue du groupe criminel connu sous le nom de DZ Mafia, opérant en France. … La répression accrue en Algérie est liée par l’explosion de la toxicomanie en Algérie. Le nombre de consommateurs de drogue y est aujourd’hui estimé à près de trois millions de personnes (pour près de 46 millions d’habitants), selon des chiffres attribués à l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie. TV5Monde
Zimbabwe: la belle-fille du président inculpée pour blanchiment d’argent et trafic de drogue reste en détention
Kelsea Tafirenyika, belle-fille du président du Zimbabwe inculpée pour blanchiment d’argent et trafic de drogue, va rester en détention, la justice estimant le risque de fuite à l’étranger de la jeune femme trop élevé.… La justice enquête notamment sur l’origine des fonds ayant servi à l’acquisition de plus d’une quinzaine de propriétés enregistrées à son nom. Certaines sont situées à l’étranger, en Afrique du Sud ou à Dubaï, ce qui augmente le risque de voir la jeune femme quitter le Zimbabwe, a fait valoir le parquet. La valeur totale de ses biens s’élève à plus de 9 millions de dollars, selon les premiers éléments de l’enquête. Kelsea Tafirenyika est également poursuivie pour possession d’une fausse carte d’identité avec sa photo mais portant le nom fictif de Gertrude Bazea. La jeune femme, qui nie les faits, affirme que ce document à charge a été créé grâce à l’intelligence artificielle. Ses avocats dénoncent une machination politique autour de la seconde épouse du fils du président, pour nuire à la famille d’Emmerson Mnangagwa. RFI
Afrique du Sud : une manifestation anti-migrants dégénère en violences à Durban
Les tensions autour de l’immigration clandestine se poursuivent en Afrique du Sud. Une manifestation contre les migrants sans papiers a dégénéré jeudi à Durban, dans l’est du pays, faisant plusieurs blessés et provoquant une nouvelle intervention des forces de l’ordre. Selon la police, près d’une centaine de manifestants appartenant à un groupe opposé à l’immigration illégale ont participé à une marche présentée comme une _ »campagne de nettoyage »_visant un campement installé devant un bâtiment gouvernemental. Le site accueille depuis environ treize semaines plusieurs centaines de ressortissants étrangers, principalement originaires de la République démocratique du Congo (RDC). Les occupants du campement affirment être des demandeurs de protection, ayant fui les violences et les attaques visant les étrangers en Afrique du Sud.… Durban est devenue l’un des principaux foyers de mobilisation contre les migrants en situation irrégulière. Depuis plusieurs semaines, des groupes radicaux réclament le départ des étrangers accusés de prendre des emplois et de peser sur les services publics. Cette campagne a provoqué une vague de violences dans plusieurs régions du pays. AfricaNews/AFP
El Niño: le Mozambique classé parmi les trois pays les plus préoccupants d’Afrique australe
El Niño sera de très forte intensité cette année. C’est ce qu’a annoncé, jeudi 3 septembre, l’Organisation météorologique mondiale dans son dernier bulletin. Selon elle, il existe une « probabilité exceptionnellement élevée, près de 100%, qu’il se maintienne jusqu’en février 2027 ». Des phénomènes météo extrêmes sont donc à prévoir, notamment en Afrique australe. Dans leur dernier bulletin, les Nations unies ont inscrit cette semaine le Mozambique parmi les trois pays les plus préoccupants de la région. Le Mozambique intègre ce classement aux côtés du Malawi et de Madagascar. Selon le rapport préparatoire du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha), il y a plus de 90% de chances que l’actuel épisode El Niño atteigne une intensité très forte d’ici mars 2027.… D’après l’Institut de météorologie national, le centre et le sud du pays souffriront de sécheresse. La petite saison des pluies entre octobre et décembre risque d’être la plus faible depuis 1950. Le nord du pays, en revanche, essuiera probablement des précipitations diluviennes, avec un fort risque d’inondations. Dans les deux cas, les conséquences peuvent s’avérer dramatiques pour ce pays qui vit essentiellement de l’agriculture.… La situation du Mozambique est déjà particulièrement difficile. Ocha rappelle que trois millions et demi de personnes se trouvent actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë. RFI
La France abandonne la projection cartographique dite « de Mercator » et demande une représentation du monde plus équitable
Dans le cadre d’un mouvement porté par l’Union africaine, Paris a annoncé, vendredi, abandonner l’utilisation de ce planisphère. Pour respecter la réalité, la place de la France sera désormais plus petite. Faute de solution géométrique pour représenter fidèlement à plat une terre sphérique, la politique a arbitré. Vendredi 4 septembre, la France a officiellement annoncé changer sa représentation cartographique du monde en abandonnant la projection dite « de Mercator ». Cette conversion n’est pas que symbolique, ni artistique. Elle reflète une réalité géopolitique : la place de la France, comme celles des Etats-Unis ou encore de la Russie, sur les nouvelles cartes est sensiblement plus petite qu’auparavant. Le planisphère dessiné au XVIe siècle par le cartographe flamand Gerardus Mercator devait faciliter la navigation maritime. Mais, ces dernières années, elle a progressivement disparu des représentations officielles car elle crée un monde trop distordu. Mercator agrandit artificiellement les régions proches des pôles au détriment des zones équatoriales. L’Afrique – « terra incognita » à l’époque – figure encore aujourd’hui à la même taille que le Groenland, 14 fois plus petit dans la réalité. « Notre diplomatie doit mener deux combats : porter notre propre récit et toujours veiller à représenter le monde avec justesse », a expliqué Jean-Noël Barrot, le ministre des affaires étrangères français, vendredi 4 septembre, à l’ouverture de La Fabrique de la diplomatie, à Paris. « Ces déformations finissent par s’installer dans les perceptions. Le moment est venu pour nous de le corriger. » Le Monde
