Force en attente de la Cedeao : 2 000 hommes pour lutter contre le jihadisme
Maintes fois annoncée, la Force en attente de la Cedeao semble désormais passer une étape supplémentaire vers l’opérationnalisation. Sa mise en place effective a été décidée à l’issue d’une réunion de haut niveau de l’organisation sous-régionale, qui s’est tenue les 28 février et 1er mars à Freetown, au lendemain d’une rencontre qui a rassemblé les chefs d’état-major ouest-africains dans la capitale libérienne. … Cette force antijihadiste, dite « d’attente », sera composée d’hommes stationnés dans leurs pays d’origine et disponibles pour être déployés en cas de besoin. Elle est évoquée depuis des années par les 12 pays membres de la Cedeao, où différents groupes jihadistes étendent leurs actions. Stationnées dans leurs pays d’origine, les troupes disposeront d’une base logistique en Sierra Leone, selon une source officielle sierra-léonaise. Les discussions sur le financement de cette force étaient toujours en cours, selon des informations recueillies par l’AFP. … Quant aux trois États sécessionnistes de la Cedeao (Mali, Burkina Faso et Niger), ayant ensuite créé une confédération, l’Alliance des États du Sahel (AES), leur coopération avec la Cedeao a été encouragée, a indiqué un chef d’état-major ouest-africain. « Les pays de l’AES sont dans un espace dans le Sahel [qui est] l’épicentre de la lutte contre les jihadistes. Il faut les associer [à la force en attente]. Tous nos chefs d’État sont d’accord », a-t-il dit. Jeune Afrique avec AFP
Burkina Faso : Une dizaine de soldats tués dans une nouvelle attaque jihadiste à Titao
Une nouvelle attaque jihadiste a frappé samedi la ville stratégique de Titao, dans le nord du Burkina Faso, faisant plus d’une dizaine de morts parmi les soldats, selon des sources sécuritaires locales. … Le Burkina Faso, dirigé par une junte militaire depuis septembre 2022, subit depuis plus de dix ans les offensives répétées de groupes jihadistes sur de vastes zones de son territoire. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a revendiqué cette attaque et d’autres récentes, affirmant avoir infligé de lourdes pertes à l’armée burkinabè et à ses supplétifs civils, dans un contexte de regain des violences. Selon les sources sécuritaires, les soldats tués étaient chargés de creuser des tranchées autour de Titao pour renforcer la protection de la ville contre de nouvelles attaques. D’importants dégâts matériels ont également été signalés. Le JNIM revendique un bilan de 30 soldats tués, tandis que le détachement militaire de Titao avait déjà été attaqué le 14 février, avec des dizaines de soldats burkinabè tués. Une dizaine de civils, dont huit ressortissants ghanéens, avaient également perdu la vie lors de ce précédent assaut. Sahel Intelligence
Tuerie de Titao, au Burkina Faso : le Ghana peut-il rester à l’abri du Jnim qui sévit au Sahel ?
[L]e 14 février, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Jnim) avait mené un assaut meurtrier sur Titao, chef-lieu de la province du Loroum, tuant plus d’une dizaine de civils, dont sept commerçants ghanéens. Pour rapatrier ses ressortissants blessés lors de l’attentat, Accra a mené une opération conduite par l’armée de l’air ghanéenne. « Ce n’était pas un acte isolé », affirme ainsi Ishmael Norman, directeur de l’Institut d’études sur la sécurité, les catastrophes et les situations d’urgence. « Les tueries au Burkina Faso portent tous les signes d’un acte prémédité, à motivation politique. Les commerçants n’étaient pas la cible finale. Le message, lui, l’était », estime l’expert, également chercheur associé au Collège de commandement et d’état-major des forces armées du Ghana. « Quand on regarde la méthode, la symbolique et le moment choisi, cela correspond à une logique de propagande insurgée, ajoute-t-il. Il s’agissait de montrer que l’engagement diplomatique du Ghana avec Ouagadougou a des conséquences. » Dans un Sahel où les groupes jihadistes étendent leur influence, et alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont quitté la Cedeao pour former l’Alliance des États du Sahel (AES), la question, pour Accra, n’est plus théorique : le Ghana peut-il réellement rester à l’écart de la contagion de la crise sécuritaire ? Jeune Afrique
Guinée: des proches de l’ex-ministre Tibou Kamara enlevés dans le centre du pays
En Guinée, deux proches de Tibou Kamara, qui était conseiller de l’ex-président Alpha Condé, ont été arrêtés. Les faits, qui se sont déroulés le soir du 2 mars 2026, dans la concession familiale dans le centre du pays à Dinguiraye, ont été confirmés par la famille qui dénonce des enlèvements. Contacté par RFI, un proche de la famille a confirmé les arrestations de la mère, Hadja Asmaou Diallo, et de la sœur ainée, Hadja Binta Kamara, de Tibou Kamara, ancien ministre de l’Industrie et des PME de Guinée entre 2018 et 2021. Selon les informations de RFI, au moment de la grande prière, vers 21 heures ce mardi soir, trois véhicules militaires sont arrivés au niveau de la concession familiale et une des voitures est entrée dans l’enceinte. À bord des hommes en treillis, cagoulés, se sont présentés et ont demandé à la mère de l’ex-conseiller d’Alpha Condé – (président entre 2010 et 2021) de sortir. Joint ce mercredi matin, un membre de la famille indique : « Elle a refusé de répondre à l’appel et a été embarquée de force avec sa fille. » Puis il précise : « C’est une femme âgée, elle a plus de 80 ans et elle est malade. » … Pour la famille, ce sont les déclarations critiques contre le pouvoir de Tibou Kamara qui expliquent ces arrestations. Blanchi des accusations de détournements publics à son encontre, en exil depuis 2024, ce dernier a plusieurs fois affirmé qu’il « refusait de se taire » RFI
Présidentielle au Congo-Brazzaville: une première participation pour l’universitaire Vivien Romain Manangou
Au Congo-Brazzaville, la campagne en vue de la présidentielle du 15 mars bat son plein depuis le 28 février. Parmi les sept candidats, l’enseignant universitaire et chercheur Vivien Romain Manangou, 43 ans. Pour sa première participation, il entend bien peser dans ce scrutin face au président sortant Denis Sassou Nguesso, 82 ans, dont plus de 40 ans au pouvoir, pour assainir notamment les finances publiques. Pour montrer à ses potentiels électeurs à travers le Congo-Brazzaville que la bataille pour la présidentielle du 15 mars est rude, Vivien Romain Manangou, a laissé pousser sa barbe dominée par des cheveux blancs. Il vient de boucler une descente dans le département des Plateaux au centre du pays. Leader du parti « Debout pour le Congo » et coordonnateur de la dynamique « les Mécontents », Vivien Romain Manangou se présente en indépendant et rêve de remporter l’élection pour des visées clairement affichées. « La première, c’est l’assainissement des finances publiques. Il faut assainir les finances publiques pour avoir une marge budgétaire. Et, la seconde priorité qui est la conséquence de l’assainissement des finances publiques, c’est la réduction de la pauvreté. Pour réduire la pauvreté, il faut avoir de l’argent, et quand on aura assaini les finances publiques, les marges que nous dégagerons, nous permettront de réduire la pauvreté », a-t-il expliqué. RFI
Bénin: l’ex-président Thomas Boni Yayi quitte la tête du parti d’opposition Les Démocrates
Au Bénin, l’ancien chef d’État et opposant, Thomas Boni Yayi, se retire de ses fonctions à la tête des Démocrates et cesse ses activités politiques au sein de cette formation. Il l’a annoncé dans un courrier adressé au parti. Thomas Boni Yayi explique sa décision par « des raisons de santé », il indique qu’il veut pouvoir pleinement consacrer cette nouvelle étape de sa vie « au repos ». La direction des Démocrates, qui est le principal parti d’opposition au Bénin, est confiée aux vice-présidents et aux instances dirigeantes jusqu’au prochain congrès. L’ancien chef de l’État a annoncé son retrait de la direction des Démocrates, le principal parti d’opposition dont il avait pris les rênes en octobre 2023 à Parakou. Invoquant des « raisons de santé » dans un courrier adressé aux instances du parti, l’ex-président met ainsi fin à un engagement politique marqué par des tensions avec son successeur à la tête du Bénin, Patrice Talon, et à un bras de fer permanent entre son camp et le pouvoir en place. Un départ qui intervient dans un contexte difficile pour les Démocrates : le parti n’a décroché aucun siège lors des législatives du 11 janvier et sera absent de la prochaine présidentielle du 12 avril 2026, après le rejet du dossier de son candidat pour non-conformité. RFI
Gabon: l’opposant Bilie-By-Nze dénonce la coupure des réseaux sociaux et saisit la justice
Au Gabon, cela fait deux semaines que les réseaux sociaux sont coupés par décision de la Haute autorité de la communication (HAC), qui a dénoncé des dérives en ligne et des risques pour la stabilité du pays. Cette décision a d’importantes conséquences économiques et sociales. Et pour l’opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze, elle est manifestement illégale et inconstitutionnelle. Le leader du parti Ensemble pour le Gabon a saisi ce 3 mars 2026 le Tribunal de première instance de Libreville via une procédure de référé pour faire cesser ce qu’il qualifie d’atteinte grave aux libertés fondamentales. « Nous avons choisi de saisir le Tribunal de première instance de Libreville parce que, pour nous, ce qu’a fait la HAC au Gabon est une voie de fait, parce que ça ne repose sur aucune base légale, accuse-t-il. Et lorsqu’il s’agit de restreindre les libertés, il faut au moins avoir une décision du tribunal, une décision du juge. Mais là, fait de manière aussi massive et de cette façon-là, ils n’avaient aucune autorité pour, ni dans la Constitution, ni dans la loi sur la HAC, ni dans aucun texte gabonais ». … Les autorités gabonaises ont fait couper le 18 février dernier plusieurs réseaux sociaux, dont Facebook et TikTok, accusés de porter atteinte à la « stabilité » et la « sécurité » du pays, une mesure décrite par la présidence gabonaise comme « temporaire » en vue de « légiférer » et « encadrer » leur usage. RFI
Aide humanitaire, fournitures d’armes… Ces signes d’un rapprochement entre la Russie et Madagascar
Depuis qu’il a accédé au pouvoir en octobre 2025, le président de la Refondation de la République de Madagascar Michaël Randrianarina a démontré son ouverture à un renouveau des relations avec la Russie dans le cadre de relations diplomatiques décomplexées. Dès la chute du régime du président Andry Rajoelina, plusieurs signaux ont témoigné d’un rapprochement entre la Russie et les autorités malgaches. Premier d’entre eux: les nombreux voyages du président et de hauts dignitaires malgaches à Moscou. Le Président de l’Assemblée nationale, M. Siteny Randrianasoloniaiko, a par exemple conduit une délégation parlementaire malgache en mission officielle en Russie du 5 au 10 novembre 2025. … Avec le mouvement de la Gen Z à Madagascar et la chute du président Andry Rajeolina, une fenêtre d’opportunité s’est ouverte pour la Russie. Le tapis rouge est déroulé par son hôte le président Poutine au Kremlin, le 19 février 2026, pour la première visite extérieure du chef de l’État malgache, traditionnellement faite à Paris qui attendra son tour quelques jours après. Après la visite à Moscou, deux hélicoptères, six camions et 60 tonnes d’aide alimentaire sont reçus à Antananarivo de la part de la Russie en guise d’aides humanitaires après le cyclone meurtrier Gezani. TV5 Monde
Le Ghana souhaite industrialiser son agriculture avec l’aide de la Chine
À Accra, lors du gala du Nouvel An chinois, le message était clair : il ne s’agit plus d’acheter à l’étranger, mais de produire sur place, avec des partenaires chinois engagés dans des coentreprises. Le ministre de l’Agriculture a présenté un plan ambitieux centré sur le programme intégré de développement du palmier à huile (2026–2032). Il prévoit 100 000 hectares de nouvelles plantations, 250 000 emplois et une baisse marquée des importations, qui pèsent sur les réserves en devises. L’initiative s’inscrit dans une réforme agricole plus large. Des milliers de tonnes de semences de riz, maïs et soja sont distribuées cette année, ainsi que 272 000 tonnes d’engrais. L’expansion de l’irrigation et la construction de barrages dans le nord doivent réduire la dépendance aux pluies et stabiliser les rendements. Pékin est sollicité pour son expertise en irrigation, mécanisation et agro-transformation. Accra met en avant un argument clé : l’accès au vaste marché de la Cédéao, plus de 400 millions de consommateurs. Le Ghana ambitionne ainsi de devenir un hub régional agricole et industriel. Reste à transformer l’intérêt affiché des investisseurs chinois en engagements concrets et durables. RFI
