Somalie : tirs à Mogadiscio, où l’ex-Premier ministre Khaire dit avoir été attaqué par des forces gouvernementales
Des coups de feu ont retenti mercredi dans la capitale somalienne Mogadiscio, l’ancien Premier ministre somalien Hassan Ali Khaire affirmant être victime d’une attaque des forces gouvernementales la veille d’une manifestation prévue par l’opposition. La Somalie replonge dans une crise ouverte, deux semaines après le maintien aux affaires du président Hassan Sheikh Mohamud (HSM) alors que son mandat était échu. Le pouvoir avait fait passer en mars une réforme constitutionnelle instaurant l’élection au suffrage universel des parlementaires et portant de quatre à cinq ans les mandats présidentiel et législatifs. Alors que le camp présidentiel estime que le chef de l’Etat Hassan Sheikh Mohamud voit son mandat automatiquement prolongé d’un an, l’opposition estime que cette réforme est un moyen pour lui de s’accrocher au pouvoir. … La Somalie est entrée mi-mai « dans une période de transition », a annoncé unilatéralement le gouvernement à la fin du mandat du président Mohamud, sans scrutin en vue pour élire un successeur, laissant craindre que le pays qui peine à sortir de décennies de chaos plonge à nouveau dans une spirale de violences. L’opposition et les dirigeants régionaux ont rejeté cette manœuvre unilatérale et des manifestations sont prévues jeudi. L’ancien président Sharif Sheikh Ahmed (2009-2012), s’est également installé dans le centre de Mogadiscio pour la manifestation de jeudi. Figure redoutée de l’opposition, il a également condamné sur X une « attaque » qui « s’inscrit dans les efforts d’Hassan Sheikh Mohamud de faire couler plus de sang après l’expiration de son mandat ». Mais cela « n’arrêtera pas les manifestations contre l’oppression » jeudi à Mogadiscio, a-t-il encore averti. AFP
Législatives en Éthiopie: la mission de l’UA déplore les conséquences sécuritaires et prône plus de pluralisme
Deux jours après les législatives en Éthiopie – élection à un tour qui renouvelle le Parlement et désigne le Premier ministre – l’Union africaine, qui a conduit une mission d’observation, a rendu ses premières conclusions. En conférence de presse, le chef de la mission et ancien président du Kenya, Uhuru Kenyatta, a prôné plus de pluralisme, alors qu’une partie de l’opposition a boycotté le vote. Tout en soulignant la participation élevée du scrutin, il a aussi déploré que le vote n’ait pas eu lieu dans toutes les régions du pays, à cause de l’insécurité. … « Des efforts devraient être déployés pour créer un environnement favorable au pluralisme et favoriser l’intégration des divers groupes au sein du processus politique et de gouvernance nationale, prône l’ancien président kényan. Et afin de consolider davantage la démocratie, la mission encourage le gouvernement éthiopien et toutes les parties prenantes à promouvoir un dialogue politique inclusif et soutenu ». Dans un second temps, le chef de la mission d’observation a regretté l’absence de scrutin au Tigré. Il est aussi revenu sur la suspension des élections dans certaines parties de la région Amhara, à cause de coups de feu à proximité des bureaux de vote : « Le contexte sécuritaire a potentiellement affecté le caractère inclusif du processus électoral et compromis le plein exercice du droit de vote. RFI
RDC : Plus de 300 civils tués en cinq mois à la suite des attaques des ADF en Ituri et au Nord-Kivu
Depuis le début de l’année 2026, plus de 300 civils ont été tués à la suite des attaques des ADF dans les provinces de l’Ituri et du Nord‑Kivu. La dernière attaque remonte à la nuit du 30 au 31 mai contre un campement des peuples autochtones Mbuti à Ngadi, commune de Ruwenzori, à Beni où sept personnes de la communauté Mbuti ont été tuées. Parmi les victimes figurent six membres de la communauté autochtone Mbuti, dont une femme. Le comédien et artiste Shukrani Nzanzu Mangese a également été tué au cours de cette attaque, aux côtés de membres de sa famille. Plusieurs autres personnes sont actuellement portées disparues. Face à ce drame, le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) demande l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin d’identifier formellement les auteurs de cette attaque et de les traduire en justice. L’agence onusienne appelle également les autorités à renforcer la protection des populations civiles et demande le déploiement d’une assistance humanitaire urgente pour les survivants. Cette organisation condamne fermement l’attaque meurtrière perpétrée dans la nuit du 30 au 31 mai 2026 contre un campement des peuples autochtones Mbuti à Ngadi. Cette nouvelle tragédie s’inscrit dans un contexte d’insécurité persistante dans la région de Beni, caractérisée par des violences répétées et des exactions ciblées contre les civils. Radio Okapi
RD Congo: une opération « ville morte » à Kinshasa pour s’opposer à toute modification de la Constitution
Mercredi matin, la capitale congolaise, Kinshasa, a connu une journée inhabituelle, sans embouteillages sur les grands axes et des rues calmes. En cause: l’opération « ville morte » initiée par la plateforme C64, un collectif de partis d’opposition, pour protester contre toute tentative de modification de la Constitution qui permettrait au président Félix Tshisekedi de prolonger son mandat au-delà de la limite actuelle. … C64, qui regroupe cinq grands partis d’opposition, dont Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, a organisé cette journée pour s’opposer à toute révision constitutionnelle. « Chacun reste chez soi »: c’était leur mot d’ordre. Une journée qui avait valeur de test pour le C64. « On n’en doute pas, on sait ce que le peuple veut », ont confié plusieurs responsables militants. Le secrétaire général de cette formation s’est félicité de cette journée de mobilisation, mais sans triomphalisme. … C64 prévoit de faire le bilan de cette journée de mobilisation et d’annoncer de nouvelles actions pour défendre la Constitution et l’état de droit. Cette première initiative marque le début d’une série de manifestations visant à maintenir la pression sur le gouvernement et à empêcher toute modification constitutionnelle qui pourrait prolonger le mandat présidentiel. TV5 Monde
Soudan: les trois plus grands regroupements politiques se retrouvent en Éthiopie pour amorcer un dialogue
Sous l’égide du Mécanisme International à cinq composé de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE), des Nations unies (ONU), de la Ligue arabe et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), des pourparlers entre les trois plus grands regroupements politiques soudanais ont débuté mercredi 3 juin à Addis-Abeba. Censés durer jusqu’au 5 juin, ils rassemblent l’alliance Sumud dirigée par l’ancien Premier ministre Abdullah Hamdok, le Bloc démocratique allié à l’armée, et l’alliance Ta’sis qui a formé un gouvernement parallèle issu des Forces de soutien rapide (FSR). Des représentants de la société civile y participent également, avec pour objectif d’ouvrir un dialogue politique global entre les protagonistes, en vue de former un Comité national unifié de dialogue soudano-soudanais susceptible de mettre fin au conflit armé qui a commencé en avril 2023. Reste que des divisions apparues au sein du Bloc démocratique, dont plusieurs membres refusent de discuter avec des membres dirigeants de l’alliance Ta’sis, pourraient entraver les négociations. Quatorze formations politiques qui y sont affiliées – dont le Parti démocratique, le Mouvement pour la justice et l’égalité et le Congrès Beja dirigé par Tarek Turk – ont ainsi annoncé leur retrait du processus, tandis que onze autres, qui avaient pourtant décidé de se rendre dans la capitale éthiopienne, ont donné une conférence de presse à Addis-Abeba pour dire qu’elles refusaient finalement elles aussi d’entamer un dialogue politique avec Ta’sis. Si ces partis réaffirment leur engagement en faveur du dialogue, leurs responsables rejettent catégoriquement l’idée de s’assoir à une table avec « tout gouvernement parallèle qui chercherait à diviser le Soudan ». RFI
Au Burkina Faso, l’arrestation d’un imam rigoriste révèle des tensions au sein de la junte
Le 26 mai, l’influent imam Mohammad Ishaq Kindo, un des chefs de file du Mouvement sunnite du Burkina Faso – la mouvance la plus rigoriste de l’islam sunnite local, dans un pays où 60 % de la population est musulmane –, a été arrêté à Ouagadougou par des membres des services de défense et de sécurité, pour certains encagoulés. … Deux jours avant cette interpellation musclée, un enregistrement de l’imam Kindo avait largement circulé sur les réseaux sociaux burkinabés. On l’y entendait prendre position contre un projet de loi encadrant l’exercice des libertés religieuses, proposé en mars par le gouvernement et interdisant, entre autres, les lieux de culte dans les services publics, excepté les établissements de santé, les prisons et les casernes. … Dans les jours qui ont suivi, plusieurs centaines de fidèles de l’imam ont manifesté bruyamment contre son interpellation. … [D]epuis qu’il a pris le pouvoir par un putsch, en septembre 2022, et mis son pays sous cloche, réprimant sévèrement toute opposition, jamais le capitaine Ibrahim Traoré n’avait été confronté à de telles protestations publiques. Face à cette fronde sans précédent, la junte au pouvoir a, une fois de plus, usé de la méthode forte. Elle a décrété la fermeture de la grande mosquée sunnite pour « risques de troubles à l’ordre public » et arrêté près d’une centaine de manifestants. … [C]ette crise ouverte avec la communauté musulmane est aussi perçue comme un signe de la rivalité croissante entre une partie du premier cercle du capitaine Traoré, en particulier son frère, Inoussa Traoré, et celui qui fait office de numéro deux de la junte, le capitaine Oumarou Yabré, patron de l’Agence nationale de renseignement. Cet officier madré, considéré comme une des chevilles ouvrières du putsch qui a mené « IB » (le surnom donné à Ibrahim Traoré) au pouvoir, est réputé proche des milieux sunnites et wahhabites burkinabés. … Homme de réseaux au carnet d’adresses bien fourni, le capitaine Yabré connaît personnellement Moussa Kouanda, le président de la Fédération des associations islamiques du Burkina, et Oumarou Zoungrana, à la tête du Mouvement sunnite du Burkina Faso – il était d’ailleurs présent au congrès qui l’a réélu à ce poste, le 29 mars. Il fréquentait aussi l’imam Kindo ainsi que sa mosquée, à laquelle il se rendait pour participer à certaines grandes prières. Le Monde
« On nous a demandé de déguerpir » : au Niger, la junte démolit des quartiers proches de l’aéroport de Niamey
Sous la menace des bulldozers, des habitants de Kobontafa, riverains de l’aéroport de Niamey, s’empressent de démonter toitures, portes et fenêtres de leurs maisons illégalement construites : selon les autorités, c’est notamment par ce quartier que des jihadistes se seraient infiltrés pour commettre une attaque inédite fin janvier. … Le 29 janvier, l’aéroport international Diori-Hamani et une base militaire de drones ont été visés dans la capitale lors d’une attaque revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS), repoussée par l’armée nigérienne et ses partenaires russes. Vingt assaillants sont morts et quatre soldats nigériens avaient été blessés, selon les autorités, en plus des dégâts matériels. … « Déguerpir 26 000 personnes, c’est l’équivalent d’une petite ville. Même si l’opération est jugée nécessaire quelle que soit la raison, le droit nigérien et les standards internationaux imposent un accompagnement strict. Sans ça, ça devient une expulsion forcée et inhumaine », estime Maikoul Zodi, figure de la société civile, sur Facebook. Les autorités ont promis « d’indemniser » les victimes des démolitions qui doivent se faire officiellement recenser. « Le gouvernement aurait dû regarder le côté social, prendre des dispositions utiles pour reloger d’abord les intéressés avant de détruire leurs logements acquis depuis de longues années. La justice sociale est une exigence du peuple souverain », souligne un analyste politique. Jeune Afrique avec AFP
A Madagascar, des figures de l’ancien régime cibles d’une offensive judiciaire
Anciens ministres, gouverneurs de région, parlementaires ou directeurs d’établissements publics : au moins une vingtaine de figures de l’ancien régime sont dans le viseur de la justice, principalement pour des crimes financiers ou des actes supposés hostiles à la junte. Prenant les devants, d’autres sont parvenus à s’enfuir à l’étranger en dépit des interdictions de sortie du territoire qui les visaient. … Un professionnel du droit décrit, quant à lui, des perquisitions illégales, menées en l’absence d’avocats : « Des individus cagoulés font irruption dans des domiciles privés sans communiquer leur qualité ni présenter de mandat. Ils pillent et saccagent les biens. » Menacés et suivis dans leurs déplacements, des proches d’anciens responsables visés par la justice ont été contraints de quitter la Grande Ile en urgence. « L’historique malgache des transitions démontre que des sortes de chasses aux sorcières, de purges contre les ennemis politiques d’hier sont toujours lancées par la voie de la justice lors de l’installation d’un nouveau régime. Nous ne voulons pas que cela se répète », avertissait dès le mois de décembre 2025 Ketakandriana Rafitoson, vice-présidente de l’ONG anticorruption Transparency International. Le Monde
Ebola : la riposte humanitaire est en train de « rattraper » son retard selon l’OMS
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu mercredi que l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale avait bénéficié d’une « avance considérable », que la riposte commence à rattraper. Mais « nous sommes encore en retard », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus devant la presse à Genève. « Seuls 45% environ des contacts ont fait l’objet d’un suivi, et pour maîtriser l’épidémie, nous devons porter ce chiffre à plus de 90% », a-t-il averti. La RDC a déclaré le 15 mai une épidémie de maladie Ebola, la 17e dans le pays africain de plus de 100 millions d’habitants. L’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale. Le chef de l’OMS, en visite récente en RDC, s’est dit « très encouragé par le niveau d’engagement » qu’il a constaté, affirmant que cela lui « a donné espoir, même si des défis persistent ». Il a pointé la détection tardive des premiers cas, l’insécurité dans les régions touchées, la méfiance d’une partie de la population et l’absence de vaccin. … Selon Marie Roselyne Bélizaire, directrice des urgences de l’OMS pour l’Afrique, l’organisation a déployé à ce jour 106 agents dans trois provinces de la RDC et espère en déployer plusieurs dizaines de plus. AFP
Pour la première fois, le Ghana va raffiner son propre pétrole brut, à l’instar du Nigeria, de l’Angola et de l’Algérie
Le président John Dramani Mahama annonçait le démarrage du raffinage de brut national devant un public composé de membres de la diaspora ghanéenne à Londres, le 31 mai 2026. « Nous sommes sur le point de faire l’histoire à nouveau. Nous l’avons fait lors de mon premier mandat, mais après notre départ du pouvoir, cela n’a pas continué. En juin, nous livrerons une cargaison de brut ghanéen de nos propres champs pétroliers à la raffinerie de Tema pour traitement », a déclaré le président. En janvier 2024, l’ancien président ghanéen Nana Akufo-Addo déplorait le fait que 97% de produits dérivés du pétrole étaient importés, ce qui empêchait de contrôler les prix et de garantir un approvisionnement stable. Les Ghanéens sont à la merci de la volatilité des prix mondiaux du pétrole et dépendants des fournisseurs étrangers. … Le président John Dramani Mahama a annoncé que le Ghana avait obtenu environ 1,5 milliard de dollars de nouveaux investissements de la part de l’italien Eni dans le champ offshore de Cape Three Points (OCTP) afin de stimuler la production de pétrole et de gaz naturel. Conscient des défis, le président ghanéen a déclaré qu’une augmentation de la production ne suffirait pas à elle seule à maximiser la valeur des ressources naturelles du pays, arguant que la valeur ajoutée devrait devenir un pilier central de la stratégie de développement du Ghana. TV5 Monde
Christophe Gleizes détenu en Algérie : les avocats du journaliste annoncent la clôture de la procédure judiciaire, dernier obstacle à une grâce présidentielle
Les avocats de Christophe Gleizes, journaliste français emprisonné depuis un an en Algérie, ont annoncé, mercredi 3 juin, le rejet d’un pourvoi en cassation du parquet qui « clôture » la procédure judiciaire, ouvrant la voie à une possible grâce du président Abdelmadjid Tebboune. Dans un arrêt rendu le 25 mai, la Cour suprême a « définitivement statué » : elle a « pris acte du désistement du pourvoi » de Christophe Gleizes et a « rejeté au fond » celui introduit par le parquet, ont déclaré les avocats Amirouche Bakouri et Emmanuel Daoud dans un communiqué. Ce pourvoi en cassation déposé par le procureur général constituait le dernier obstacle à une éventuelle grâce présidentielle. « Le débat juridictionnel étant désormais clos, l’avenir de Christophe Gleizes relève à présent des prérogatives discrétionnaires du président » Abdelmadjid Tebboune, ont-ils ajouté, à propos de la grâce du journaliste réclamée par sa famille. … Deux demandes de grâce présidentielle étaient restées sans réponse, en décembre 2025 et en février. Collaborateur du groupe So Press (So Foot, Society, etc.), le reporter de 37 ans s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour réaliser un reportage sur la Jeunesse sportive de Kabylie, le grand club de football de Tizi Ouzou. … La justice algérienne lui reprochait des entretiens avec des personnalités liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, classé comme une organisation terroriste par Alger depuis 2021. Le Monde avec AFP
