Revue de Presse du 4 décembre 2017

Nigeria: au moins 13 morts et une cinquantaine de blessés dans un double attentat
Un double attentat-suicide dans un marché samedi matin dans le nord-est du Nigeria a fait au moins 13 morts selon la police, 18 selon des sources locales. Ce double attentat a eu lieu dans le marché de Biu (185 kilomètres au sud de Maiduguri, la capitale de l’état du Borno), à proximité d’une gare routière vers 11h30 samedi, période de grande affluence. « Deux femmes kamikazes se sont infiltrées dans la ville (…) où elles ont déclenché leur ceinture explosive », a rapporté Victor Isuku, porte-parole de la police pour l’Etat du Borno. « Au total 13 personnes ont été tuées (le chiffre excluant les kamikazes), et 53 souffrent de blessures variables », a-t-il ajouté dans sa déclaration. Le représentant des milices civiles locales, Ibrahim Saidu Maniya, avance quant à lui un bilan de 18 morts et 36 blessés. RTBF

Trois personnes arrêtées au Sénégal pour trafic de migrants
Au Sénégal, au moins trois personnes ont été arrêtées durant le week-end pour « convoi international de migrants en société » et « trafic de migrants ». Le premier, Adama Mbaye, est un présumé passeur, cité dans des faits de trafic de migrants et de traite de personnes, en Libye. Il a été arrêté samedi nuit par les gendarmes de la Brigade de recherches, dans les locaux de la Radio Futurs Futurs Médias (RFM) où il participait à l’émission « Thème de la semaine ». Des victimes ont cité plusieurs fois son nom au cours de l’émission et il était venu donner sa version des faits. L’affaire a éclaté après une plainte d’une certaine Ndèye Sonko contre un tiers pour abus de confiance portant sur 800 milles francs CFA. Durant les investigations, les enquêteurs découvrent que la plaignante recevait de fortes sommes d’argent en provenance de la Libye. BBC

En Tunisie, les migrants naufragés de Libye
Le centre du Croissant-Rouge de Médenine, dans le sud tunisien, voit affluer les migrants qui fuient la Libye ou sont sauvés en mer. « Tu as été vendu ? Alors tu vaux combien, je peux t’acheter ? » Mongi Slim a le regard chaleureux et l’humour affûté pour aborder les pires sévices de la vie. Le pharmacien, vieux routier de l’humanitaire, président bénévole du comité régional du Croissant-Rouge à Médenine dans le sud tunisien, chahute affectueusement les jeunes hommes rassemblés dans la cour du centre d’accueil des migrants, après avoir pris soin de recueillir en aparté le récit de chacun d’eux. « À force d’entendre des témoignages se répéter, on a dû admettre cette réalité : les migrants sont parfois vendus en Libye. Il y a des prisons de “marché de gros”. Mais depuis l’an dernier, nous parlions dans le vide », rappelle Mongi Slim. « Que va-t-il se passer ? », s’interroge-t-il, maintenant que la vidéo de CNN sur les ventes aux enchères de migrants a créé une onde de choc planétaire. La Croix

Défense et sécurité : des drones américains bientôt déployés sur le territoire nigérien
Nigériens et Américains signent un mémorandum d’entente sur les opérations de drones armés, pour lutter contre le terrorisme. Mais au Niger, des risques d’erreurs et de pertes civiles inquiètent. L’information a été donnée par le New York Times. Depuis la mort des soldats américains près de la frontière malienne à Tongo Togo, Niamey et Washington réfléchissent sur les moyens appropriés pour venir à bout des groupes terroristes. Des drones américains non armés volent déjà à partir de la base aérienne de Niamey où sont aussi basés les drones Reaper français, en attendant que la base d’Agadez soit en mesure de les accueillir. Ils pourront intervenir dans les zones grises du Niger et du sud de la Libye. On parle de « drones tueurs ». Des aéronefs qui peuvent être un risque pour la population civile. Officiellement, c’est uniquement sur ordre des autorités nigériennes que ces drones armés américains seront autorisés à frapper des cibles, notamment en terrirotire nigérien, à la frontière libyenne et malienne. Adiac-Congo

Centrafrique : Nouvelles Échauffourées Entre Civils Et Militaires À Bangui
De nouvelles échauffourées ont opposé samedi soir des habitants d’un quartier de Bangui à des militaires en charge de la sécurité de l’aéroport de la capitale, faisant au moins un mort. Des jeunes du quartier « Boeing », qui jouxte l’aéroport de Bangui, armés de couteaux, machettes et cailloux sont descendus dans la rue pour affronter les militaires en faction, et ont érigé quelques barricades, rapporte une source policière, précisant que la police est intervenue avec des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. La colère des habitants fait suite à la mort d’un taxi-moto qui s’était aventuré sur la piste de l’aéroport, une zone en théorie interdite au public, et qui aurait été abattu par un militaire des Faca (Forces armées centrafricaines). Selon d’autres témoins oculaires, un autre jeune homme a été tué par balles par des soldats lors des échauffourées de Bangui. Mais le calme était revenu dimanche autour de l’aéroport et dans les quartiers concernés. Le Griot

Togo: dans les rues, la mobilisation de l’opposition ne faiblit pas
L’opposition togolaise était dans la rue samedi 2 décembre pour réclamer le départ du président Faure Gnassingbé. Malgré les incessants contacts des chefs d’Etat de la sous-région pour un dialogue qui sorte le Togo de la crise, la mobilisation ne faiblit pas. Une fois encore, samedi, les manifestants étaient dans les rues de Lomé et dans certaines villes du pays. La mobilisation ne faiblit pas. La coalition des 14 partis d’opposition a encore fait le plein, samedi. Les organisateurs estiment que la marche a réuni 600 000 personnes dans les rues de Lomé. Cette journée d’action était la troisième de la semaine et la dix-septième depuis le 19 août, quand des manifestations organisées par un petit parti de l’opposition dans plusieurs villes du pays avaient tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Dans la déclaration sanctionnant la longue marche, l’opposition félicite les manifestants : « Grâce à votre détermination, le pouvoir est contraint de négocier, de libérer quelques manifestants ». RFI

Au Burkina, Ouahigouya sous la menace islamiste
Dans la grande ville du nord du Burkina et sa région, à la frontière malienne, l’islam wahhabite gagne du terrain sous l’influence des pays arabes du Golfe. Un islam radical qui séduit une partie de la jeunesse désœuvrée, prête à renforcer les groupes djihadistes actifs dans la bande sahélienne. Une violente tempête tropicale s’est abattue toute la nuit sur Ouahigouya et ses environs et, au matin, les villageois de Bembéla, à une dizaine de kilomètres de la grande ville du nord du Burkina, à la frontière malienne, affichent un grand sourire. « Si la pluie se répète, les champs devraient bien donner », se réjouit Noufou Sawadogo, le chef du comité local. La Croix

RDC : plus de 12.000 Congolais ont fui en Zambie (HCR)
Plus de 12 000 Congolais ayant fui la violence des groupes armés dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC) se sont réfugiés en Zambie, a annoncé vendredi 1er novembre le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Parmi ces 12.000 réfugiés, 8.400 sont arrivés sur le territoire zambien au cours des trois derniers mois. Environ 80% des réfugiés congolais en Zambie sont des femmes et des enfants chassés par l’extrême brutalité des milices. Les informations reçues par le HCR font état de civils tués, de femmes violées, de biens privés pillés et de maisons incendiées, indique le Centre d’actualités de l’ONU. « La plupart des réfugiés viennent des provinces du Haut-Katanga et du Tanganyika (RDC) », a précisé le porte-parole du HCR, Babar Baloch, lors d’un point de presse à Genève.

HRW accuse Kabila d’avoir recruté d’ex-rebelles du M23 pour mater des manifestations
Human Right Watch accuse le régime du président congolais Joseph Kabila d’avoir recruté d’ex-miliciens du M23 pour réprimer les manifestations de décembre 2016 en République démocratique du Congo, une répression qui a fait des dizaines de morts. « Des officiers supérieurs des forces de sécurité en République démocratique du Congo ont mobilisé plus de 200 anciens combattants rebelles du M23 venant des pays voisins », affirme HRW dans un rapport publié lundi. Les 19-20 septembre 2016, puis les 19-20 décembre 2016, des Congolais ont manifesté pour demander au président Kabila de quitter le pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat, intervenue le 20 décembre 2016 selon la Constitution. VOA

Cameroun: l’armée combattra « sans état d’âme » les séparatistes anglophones
L’armée camerounaise mettra en oeuvre « sans état d’âme » les instructions du président Paul Biya pour mettre « hors d’état de nuire » les séparatistes anglophones violents, a assuré samedi le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo. « Lorsque le chef de l’Etat prend une décision politique comme celle-là (éradiquer les combattants séparatistes), nous allons la mettre en oeuvre sans état d’âme », a affirmé M. Beti Assomo dans une déclaration à la radio d’Etat. « Il y a des mesures qui seront mises en oeuvre immédiatement et le processus va se poursuivre jusqu’à ce que cette situation incommode que nous vivons soit éradiquée », a-t-il promis, sans préciser la nature de ces mesures. … « Des opérations massives de l’armée (dans les régions anglophones) sont en préparation », a confirmé à l’AFP, sans plus de précision, une source sécuritaire. Depuis novembre 2016, la minorité anglophone du Cameroun – environ 20% des 23 millions d’habitants – proteste contre sa marginalisation, certains exigeant le fédéralisme, d’autres la sécession. Le régime de Yaoundé rejette ces deux options. AFP

Guinée Bissau : la CEDEAO préoccupée
La CEDEAO est profondément préoccupée face à la crise persistante en Guinée Bissau. Une délégation de l’organisation sous régionale s’était rendue à Bissau ce week-end pour procéder à l’évaluation de la mise en œuvre des accords de Conakry et de Bissau en vue d’une sortie de crise. Et le constat est plutôt décevant, selon la CEDEAO. La délégation de la CEDEAO constate que les trois mois accordés aux autorités bissau-guinéennes, pour mener des consultations internes en vue d’une solution consensuelle à la crise, sont arrivés à échéance le 3 Décembre 2017 sans résultat. La délégation note également que l’engagement pris par les autorités bissau-guinéennes de présenter un plan de sortie de crise n’a pas été respecté. Face à cette impasse, la CEDEAO n’exclut pas d’adopter des sanctions. BBC

Le Darfour vit un « moment dangereux » après l’arrestation d’un chef de milice
L’arrestation du puissant chef de milice Moussa Hilal a permis à Khartoum de renforcer son contrôle sur la région du Darfour, mais elle pourrait donner lieu à de nouvelles violences dans une région déchirée par les conflits depuis plus d’une décennie, estiment experts et diplomates. M. Hilal, un ancien allié du président soudanais Omar el-Béchir dans la lutte contre les rebelles au Darfour, a été arrêté la semaine dernière près de Mustariaha, sa ville natale dans l’Etat du Darfour-Nord, après des combats meurtriers. Le Darfour est en proie depuis 2003 à un conflit entre une minorité ethnique rebelle et le pouvoir central, dominé par les Arabes. Cette guerre a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU. « En arrêtant Moussa Hilal, ils ont monté deux clans arabes du Darfour l’un contre l’autre, estime Magnus Taylor, spécialiste du Soudan à l’International Crisis Group (ICG). C’est un moment dangereux. » M. Hilal, influent chef de la branche Mahamid de la tribu arabe Rezeigat, a été arrêté par une unité des Forces de soutien rapide (RSF) conduite par des membres de cette même tribu, la plus importante des tribus arabes du Darfour. AFP

Premier Remaniement Du Gouvernement Au Zimbabwe Sous Le Mandat De Mnangagwa
A peine nommé, le premier gouvernement au Zimbabwe du nouveau président Emmerson Mnangagwa, a connu son premier remaniement avec le remerciement des ministres du Travail, Clever Nyathi et de l’éducation, Lazarus Dokora. Si ce remaniement était nécessaire «pour s’assurer du respect de la Constitution» et pour des considérations notamment liées «au genre et à la démographie», selon un communiqué du gouvernement, la composition même du gouvernement avait suscité de nombreuses critiques. Lazarus Dokora remplacé au portefeuille de l’Education par le professeur Paul Mavima, un député du parti au pouvoir Zanu-PF, avait notamment fait l’objet de vives critiques pour ses réformes controversées du système éducatif depuis 2013, sous le régime du président déchu Robert Mugabe. En février déjà, 500.000 Zimbabwéens avaient signé une pétition pour réclamer sa démission. Le président Mnangagwa a également remplacé Clever Nyathi, ministre du Travail, par une députée de la Zanu-PF, Petronella Kagonye. Nyathi a été nommé conseiller spécial pour la réconciliation nationale. Le Griot

Crise au Lesotho: la SADC déploie 250 hommes
L’organisation régionale d’Afrique australe a déployé samedi une force conjointe de 250 hommes au Lesotho, en proie à l’instabilité depuis l’assassinat en septembre de son chef d’état-major des armées. La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui tente depuis des années de promouvoir la paix et la stabilité dans le petit royaume à l’histoire politique mouvementée, avait annoncé en septembre l’envoi prochain d’une équipe. « C’est notre ferme conviction que la présence de cette mission est nécessaire pour établir un environnement sûr, stable et pacifique, qui permette la mise en oeuvre de réformes constitutionnelles, parlementaires, judiciaires et de sécurité », a déclaré le vice-Premier ministre Monyane Moleleki lors d’une cérémonie d’inauguration. Le rôle de la mission de la SADC « n’est pas de remplacer l’armée du Lesotho ou ses forces de sécurité, mais d’apporter son soutien et son expérience » aux autorités, a souligné le directeur de la SADC chargé de la politique, de la défense et de la sécurité, Jorge Cardoso. La force, déployée pour six mois, comprend au total 258 hommes issus de sept pays, en majorité des militaires, mais aussi des spécialistes du renseignement et des policiers. AFP

Négociations de paix : « le Burundi répond au désir de la communauté internationale »
Une nouvelle session du dialogue interburundais de sortie de crise s’est ouverte mardi à Arusha dans le nord de la Tanzanie. Mais selon certains diplomates, les négociations ont peu de chances d’aboutir. Mardi 2 décembre, une nouvelle session du dialogue burundais de sortie de crise s’est ouverte à Arusha, dans le nord de la Tanzanie. Cette session à huis clos a pour ambition d’aboutir à la signature d’un accord le 8 décembre en présence des chefs d’État de la Communauté des états d’Afrique de l’Est (EAC), selon un programme distribué aux délégués par le médiateur dans cette crise, l’ancien président tanzanien, Benjamin Mkapa. Les délégués sont censés négocier autour de huit points incluant « l’engagement à mettre fin à toutes les formes de violences », l’application de l’accord de paix d’Arusha qui a ouvert la voie à la fin de la guerre civile (1993-2006), la mise en place d’un « gouvernement d’unité nationale ». … Cependant, selon plusieurs diplomates et participants, les chances d’aboutir sont mitigées. Selon un diplomate cité par l’AFP, le niveau du représentant envoyé par le Burundi, le n°2 du ministère de l’Intérieur, Thérence Ntahiraja, n’augure pas de discussions fructueuses. … Même si ces discussions sont présentées comme « totalement inclusives » par l’équipe du facilitateur, le Cnared, une plateforme regroupant l’opposition en exil, n’y est pas présente. France24

An I de l’election d’Adama Barrow : La nouvelle Gambie se fait toujours attendre
Il y a un an, précisément le 2 décembre 2016, le miracle se réalisait en Gambie. En effet, Yahya Jammeh perdait les élections qu’il avait lui-même organisées, face à une coalition de partis d’opposition menée par l’homme d’affaires Adama Barrow. Il s’en est suivi un feuilleton à rebondissement, avec pour premier épisode le rejet des résultats par le dictateur qui totalisait déjà 22 ans de règne sans partage et ce, après qu’il eut, dans un premier temps, reconnu sa défaite. La suite est connue : de longues tractations sur fond de menaces d’intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sous la houlette du Sénégal, auront raison du satrape de Banjul, contraint à s’exiler au pays de Teodoro Obiang. Une nouvelle ère venait ainsi de s’ouvrir en Gambie, avec de nombreux et grands espoirs. La question que l’on est en droit de se poser, un an après, est celle de savoir si Adama Barrow a satisfait les attentes des populations. Dans un premier temps, force est de constater que la cote de popularité de l’homme n’a pas faibli. En témoigne la grande foule amassée le 2 décembre 2017 en périphérie de Banjul, pour célébrer la date clé de la victoire de leur champion. Ce grand rassemblement peut s’inscrire dans la lignée des scènes de liesse qui avaient accompagné la chute du régime Jammeh et l’avènement du nouveau pouvoir. Le Pays



Photo: Adam Jones