Revue de presse du 31 août 2026

Au Niger, la tentative de coup d’Etat met en lumière les faiblesses de la junte du général Tiani
Samedi 29 août, le général Abdourahamane Tiani, le chef de la junte au Niger, lui-même arrivé au pouvoir par les armes le 26 juillet 2023, a failli être renversé par une tentative de putsch. Au cœur de la nuit de vendredi à samedi, un groupe de mutins a attaqué simultanément le palais présidentiel, où il réside, et la base aérienne 101, une importante base militaire située dans l’enceinte de l’aéroport Diori Hamani de Niamey. S’ils n’ont pas réussi à s’emparer de la présidence, ni de la télévision publique qu’ils ont aussi tenté d’investir, les mutins sont parvenus à prendre le contrôle du complexe aéroportuaire, site stratégique où sont par ailleurs concentrés d’importants moyens militaires. … Samedi soir, à la nuit tombée, décision a finalement été prise – malgré les réticences de certains, qui refusaient de faire couler le sang de leurs propres frères d’arme – de lancer un assaut contre les mutins qui tenaient l’aéroport. Avec la garde présidentielle, mais surtout avec le concours décisif d’environ 200 éléments russes d’Africa Corps installés sur la base aérienne 101. Comme ses homologues putschistes au Mali et au Burkina Faso, avec lesquels il a fondé l’Alliance des Etats du Sahel (AES), Abdourahamane Tiani a en effet rompu son partenariat avec la France pour se tourner vers la Russie, qui compte depuis début 2024 un petit contingent à Niamey. … « Ils ont réussi à enrayer le putsch en cours seulement grâce au soutien des Russes. Sans eux, les mutins conservaient l’aéroport et auraient probablement rallié une bonne partie de l’armée à leur cause », estime un opposant qui a requis l’anonymat. … La junte du général Tiani apparaît d’autant plus fragile sur le plan sécuritaire qu’elle n’a pu compter sur ses alliés de l’AES durant cette journée à haut risque. … La réaction de la confédération sahélienne n’est venue que dans la nuit de samedi à dimanche, une fois les mutins délogés de la base aérienne 101. Dans un communiqué, elle a dénoncé une « entreprise de déstabilisation » finalement « contenue et mise en échec » grâce à la « bravoure des forces républicaines loyalistes ». Le Monde

Présidentielle en Zambie: le principal opposant Brian Mundubile inculpé pour trahison, annonce son avocat
En Zambie, le principal opposant, Brian Mundubile, a été inculpé samedi 30 août 2026 de trahison, ainsi que 17 autres opposants. C’est son avocat qui l’a annoncé ce dimanche 31 août. Arrivé deuxième derrière le président sortant Hakainde Hichilema lors de l’élection présidentielle du 13 août, dont il avait contesté les résultats, Brian Mundubile était recherché par la police. Il s’était finalement rendu et avait été placé en détention jeudi, après plus de deux semaines de cavale. Une étape de plus dans la répression postélectorale dans ce pays d’Afrique australe. … L’opposant Makebi Zulu a, lui aussi, été inculpé de trahison. Colistier de Brian Mundubile lors de cette élection, il était également proche de l’ancien président Edgar Lungu, décédé l’an dernier. Les deux opposants restent en détention au commissariat central de la capitale, Lusaka, a précisé leur avocat. Brian Mundubile et Makebi Zulu nient les accusations portées contre eux et assurent que les allégations d’insurrection armée sont une invention des autorités. Amnesty International a, de son côté, dénoncé des « arrestations arbitraires » dans les rangs de l’opposition. Réélu, le président Hakainde Hichilema doit prêter serment mardi 1er septembre pour son second mandat, après une élection qui s’est déroulée dans un climat de grande tension. Un député de l’opposition, Mutotwe Kafwaya, a notamment été tué par balle lors de l’opération policière menée au domicile de Brian Mundubile. RFI

Guerre au Soudan: les frappes de drones continuent de faire de nombreuses victimes civiles
Au Soudan, les frappes de drones ont tué 1 100 civils entre janvier et juin 2026. C’est ce qu’a annoncé Rosemary Dicarlo, secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix des Nations unies, lors du dernier Conseil de sécurité, en début de semaine. En pleine saison des pluies, la guerre au Soudan continue de faire toujours plus de victimes civiles. L’usage des drones par les deux parties change la face du conflit. Selon les Nations unies, les frappes de drones sont responsables de plus de 80 % des victimes civiles au Soudan, sur les six premiers mois de l’année. Le Kordofan du Nord, au sud de Khartoum, continue de subir de nombreuses attaques de ces aéronefs. Les frappes à proximité de la ville d’El Obeid ont provoqué la fuite de plus de 15 000 familles. La région de Tine, dans le Darfour du Nord, frontalière avec le Tchad, n’est pas en reste. Le Tchad lui-même affirme avoir essuyé une frappe la semaine passée. Selon l’ONG Acled, qui fait une veille des conflits dans le monde, la guerre au Soudan s’est transformée en guerre de drones, ce qui révèle l’inefficacité de l’embargo international sur les armes dont fait l’objet le Soudan. L’armée soudanaise utilise des drones iraniens, pakistanais et turcs, essentiellement achetés grâce à son partenaire saoudien. Les Forces de soutien rapide (FSR) quant à elles, disposent de drones chinois et turcs fournis par les Émirats arabes unis, à travers la Libye et le Tchad. Selon l’ONG Acled, la maitrise de ces engins par les deux camps est devenue telle que, le 23 mai dernier, un combat aérien de drone contre drone a été observé. C’est le deuxième depuis le début de la guerre. RFI

En Ethiopie, vers la création d’un régime présidentiel pour renforcer les pouvoirs d’Abiy Ahmed?
Après plusieurs semaines de discussions, un « dialogue national » en Ethiopie a plaidé pour la création d’un régime présidentiel qui pourrait renforcer les prérogatives et le contrôle du Premier ministre Abiy Ahmed sur le pays. M. Abiy, 50 ans, dirige le pays d’Afrique de l’Est d’environ 130 millions d’habitants depuis 2018. Sa formation politique, le Parti de la prospérité, a largement remporté les élections législatives de juin, avec plus de 90% des sièges, dans un climat marqué par la répression des voix dissidentes et des médias. Ces élections ont été suivies d’un « dialogue national » promis depuis plusieurs années, au cours duquel quelque 4.000 délégués se sont réunis dans la capitale, Addis Abeba, pour discuter des nombreux défis du pays, en particulier de ses profondes divisions ethniques et des conflits armés en cours, notamment dans les deux régions les plus peuplées. Au terme d’un mois de discussions parfois animées, qui s’est achevé le 22 août, les délégués ont soutenu à une écrasante majorité les projets visant à fusionner la fonction de Premier ministre et de président, jusqu’alors largement honorifique, en une nouvelle « présidence exécutive ». Le projet pourrait être soumis au Parlement dès sa rentrée en octobre. La plupart des observateurs estiment que M. Abiy, absent du dialogue, obtiendra le poste si le projet aboutit, car le nouveau président sera choisi par un Parlement dominé par ses partisans. Cela créera un « pays plus unifié pour surmonter les défis auxquels la nation est actuellement confrontée », a déclaré à l’AFP Tiglu Melese, secrétaire général de la chambre haute du Parlement. Mais les opposants à cette réforme craignent que ce système ne permette au chef de l’exécutif de renforcer son emprise sur le pays, à l’instar du Turc Recep Tayyip Erdogan lorsqu’il est passé du poste de Premier ministre à une présidence exécutive nouvellement créée en 2014. TV5 Monde

En Guinée-Bissau, un référendum constitutionnel et l’ombre du président déchu
A trois mois de l’élection présidentielle, le général Horta N’Tam, arrivé à la tête du pays par un putsch, en novembre 2025, entend instaurer un régime présidentiel à la place du régime parlementaire en vigueur. L’opposition a appelé au boycott du scrutin. C’est à la hâte qu’a été organisé le référendum constitutionnel pour lequel les Bissau-Guinéens sont appelés aux urnes, dimanche 30 août. Arrivé à la tête du pays lusophone ouest-africain par un coup d’Etat en novembre 2025, le général Horta N’Tam a annoncé le 6 juillet par décret qu’il appelait ses concitoyens à se prononcer sur une révision de la loi suprême. L’enjeu est de taille pour ce pays rompu aux coups d’Etat et à l’instabilité politique. Alors que l’élection présidentielle qui doit mettre fin à la transition est promise pour le 6 décembre, cette réforme concentrerait les pouvoirs dans les mains de l’exécutif en instaurant un régime présidentiel à la place du régime parlementaire aujourd’hui en vigueur. Le chef de l’Etat désignerait le premier ministre, dirigerait les conseils de gouvernement et aurait le pouvoir de dissoudre le Parlement monocaméral. Le nombre de députés serait réduit de 102 à 65, ce qui affaiblirait les plus petites formations politiques. Le nouveau texte prévoit aussi des mesures symboliques, comme renommer Assemblée nationale l’actuelle Assemblée nationale populaire – une référence à la lutte armée marxiste-léniniste contre la colonisation portugaise qui permit l’indépendance, en 1974. Le Monde

En Guinée, les soupçons d’exécutions extrajudiciaires se renforcent après la découverte de nouveaux corps
La découverte, lundi 24 août, de six corps, yeux bandés, mains liées, alignés dans une fosse commune à Sabakhouré, non loin de la préfecture de Forécariah, à 100 kilomètres à l’ouest de Conakry, ajoute aux soupçons d’utilisation de méthodes expéditives par Mamadi Doumbouya, qui assoit brutalement son pouvoir depuis son coup d’Etat militaire sanglant du 5 septembre 2021. Aucune information n’a filtré sur l’identité des victimes ni sur les conditions de leur mort. Le procureur de Forécariah a annoncé l’ouverture d’une enquête. Les corps ont été trouvés de façon fortuite par des jeunes gens qui ramassaient du bois de chauffe dans cette zone forestière. … Bien que les circonstances de ce drame demeurent pour le moment inconnues, celui-ci a immédiatement soulevé l’inquiétude d’organisations de défense des droits humains. « Ce mode opératoire, la dissimulation des corps en zone isolée et l’absence d’identification à ce stade soulèvent de graves préoccupations », peut-on lire dans une lettre que l’ONG de défense des droits humains Tournons la page Guinée a adressé, jeudi, aux représentations diplomatiques à Conakry de la France, des Etats-Unis et de l’Union européenne ainsi qu’au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. … Le Front national pour la défense de la Constitution, principale coalition d’organisations de la société civile, dissoute en 2022 par le pouvoir en raison de ses critiques, demande une enquête approfondie. Toutefois, les défenseurs des droits humains ne sont guère optimistes. « Nous avons documenté de nombreux signalements faisant état d’au moins 35 cas de disparitions forcées [activistes de la société civile, militants politiques, journalistes, militaires…], de 12 enlèvements et détentions arbitraires et d’exécutions extrajudiciaires présumées depuis le 5 septembre 2021 », ajoute Alseny Farinta Camara. Le Monde

Crise de Ceuta : le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, écarte une « participation des autorités marocaines »
Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a écarté lundi 31 août toute responsabilité, « d’une manière ou d’une autre », des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta en provenance du Maroc il y a un mois. « Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation des autorités marocaines », a déclaré le chef de gouvernement socialiste au micro de la radio Cadena SER. … « Nous continuons à enquêter » sur ce qu’il s’est passé, a déclaré M. Sanchez. « Ce que nous savons à ce jour, c’est qu’un arrêt de la Cour suprême du 8 juillet dernier a été déformé, qu’il a été propagé sur les réseaux sociaux à travers des rumeurs, de la désinformation, mais aussi par des organisations criminelles qui trafiquent des êtres humains », a-t-il poursuivi. Certaines informations assuraient alors qu’en cas d’entrée à la nage à Ceuta il était impossible d’être expulsé vers le Maroc, ce qui est faux, a rappelé le dirigeant socialiste. … « Après les 30 et 31 juillet, il y a eu une diffusion de rumeurs et de désinformation, de la part de réseaux sociaux liés aussi bien à la Russie qu’à Israël, et à une internationale d’ultradroite qui utilise toujours la migration non seulement pour attaquer l’Espagne mais aussi pour attaquer l’Europe et la diviser », a ajouté le chef du gouvernement espagnol. Le Monde avec AFP

Gabon: dix ans après la crise post-électorale de 2016, les victimes réclament toujours vérité et justice
Il y a dix ans, le Gabon connaissait la pire crise post-électorale de son histoire. Dans la nuit du 31 août au 1ᵉʳ septembre 2016, dans la foulée de l’annonce extrêmement contestée de la réélection d’Ali Bongo, un assaut armé était lancé contre le QG de son adversaire Jean Ping. Le début d’une semaine de chaos à Libreville, entre pillages et répression féroce, dont on ne connaît toujours pas le bilan réel. Depuis le changement de régime en 2023, la parole des victimes se libère, mais leurs demandes de vérité et de justice peinent encore à être prises en compte. Dix ans après, les événements de 2016 continuent de hanter ceux qui les ont vécus. Gildas-Amour Ngomba Ngomba, membre de l’association Réconciliation, réclame notamment l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur les responsabilités. « Ce n’est pas un événement qui s’est fini le 31 août. Jusqu’à aujourd’hui, il continue. Nous sommes pourchassés, parfois jusque dans nos rêves, par ces morts », témoigne-t-il. « Aujourd’hui, nous demandons la vérité, donc à travers une enquête parce que pour faire sortir la vérité, il faut enquêter. » D’autres poussent au contraire à un examen de conscience. « Il y a des acteurs passifs, il y a des acteurs actifs, il y en a qui sont là, il y en a qui ne sont plus là, il y en a qui détiennent au moins la vérité sur ce dossier. Qui est le donneur d’ordre ? Qui est l’exécutant ? Ce sont des questions qu’on doit se poser », estime le sénateur Marc Ona Essangui. « Pour guérir de ses blessures, il faut absolument que les langues se délient », poursuit le sénateur. RFI

Nigeria: l’opposition se réunit pour définir une stratégie commune pour la présidentielle de 2027
Au Nigeria, un sommet des forces de l’opposition s’ouvre ce lundi 31 août 2026 à Abuja. Il est organisé par le G-100, une coalition de responsables politiques et de la société civile. Atiku Abubakar et Peter Obi, arrivés respectivement deuxième et troisième lors de la dernière présidentielle, sont notamment attendus. Mais l’idée de choisir un candidat unique pour représenter l’opposition, évoquée lors de précédentes réunions, s’est éloignée alors que la campagne présidentielle est déjà entamée. L’objectif est désormais de poser les bases d’une coopération afin de présenter une alternative au président sortant Bola Ahmed Tinubu. … Arrivés deuxième et troisième lors de la dernière présidentielle, ils sont considérés comme les deux principaux concurrents du président sortant Bola Ahmed Tinubu. Quatre autres partis politiques doivent également participer au sommet. Une formation d’opposition, le Parti travailliste (LP), a en revanche rejeté sa participation à ce projet, estimant disposer d’un appareil suffisamment fort et structuré pour mener seul la course à la présidentielle. Pendant ces deux jours de débats, les participants doivent créer cinq groupes de travail thématiques. Ceux-ci disposeront ensuite de quatre semaines pour plancher sur des accords programmatiques et stratégiques, avec l’objectif d’établir une alliance concrète et crédible face au président sortant. Ce processus n’a toutefois rien de contraignant : les éventuelles décisions prises à l’issue de ces travaux resteront soumises au bon vouloir des différents partis. RFI

Libye: un accord signé sous l’égide de l’ONU pour tenter de débloquer les élections nationales
Des représentants de l’Est et de l’Ouest libyen ont signé dimanche 30 août 2026 à Tripoli, sous l’égide de l’ONU, un accord devant permettre d’avancer vers des élections nationales, alors que le pays est toujours coupé en deux depuis une quinzaine d’années. Les élections pourraient avoir lieu dans un délai ne dépassant pas les vingt-quatre mois, à condition que le pays parvienne à unifier les deux gouvernements. Un dossier également porté par la diplomatie américaine. Ce texte est le fruit de discussions menées ces derniers mois à Rome, puis à Tunis, entre représentants des principales institutions et forces politiques rivales en Libye. Modeste, cet accord signé est néanmoins un « pas en avant » dans la bonne direction, selon Jalel Harchaoui, analyste affilié au Royal United Services Institute de Londres. … L’ONU s’est donc prémunie de ce type de scénario en se réservant le droit d’aller emmener ce qui a été signé dimanche directement au Conseil de sécurité, et donc de le faire voter comme une résolution du Conseil de sécurité, « même si les deux législatures décident de gâcher la fête. Ça, c’est peut être le caractère le plus fort et le plus pragmatique de ce qui a été accompli », conclut l’analyste. RFI

RDC : La résistance communautaire complique la riposte contre Ebola en Ituri
La lutte contre la maladie à virus Ebola en Ituri reste entravée par la résistance d’une partie de la population. Malgré les efforts des équipes sanitaires, des décès communautaires continuent d’être enregistrés dans certains quartiers de Bunia et dans plusieurs localités périphériques, favorisant la propagation de l’épidémie. Dans les quartiers où les mesures de prévention sont respectées, les autorités constatent une baisse des nouveaux cas. En revanche, dans d’autres secteurs, certaines personnes persistent à nier l’existence de la maladie ou à refuser de collaborer avec les équipes de riposte. Les quartiers concernés sont Ndibe, Simbilyabo, et une partie de Lembabo. Mais aussi les localités périphériques : Miala, Centrale Soleniama, Nizi et Iga‑Barrière, à une dizaine de kilomètres au nord de Bunia. Pour inverser cette tendance, les équipes de la riposte et leurs partenaires multiplient les campagnes de sensibilisation et impliquent davantage les leaders communautaires. Radio Okapi